Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation du Collectif des 12 Singes

 

Nous sommes un Collectif
d’écriveurs autoédités.

Pour nous suivre, connectez-vous à facebook et/ou twitter

Tous nos textes sont présentés sur http://Collectif12Singes.over-blog.com et nos livres ont une version eBook : "Lendemain du Grand Soir" ; "La philosophie south-parkoise, ça troue le cul !!!" ; "Bouquin Coquin et Taquin d’une Catin et d’un Libertin" ; "Photograffi(ti)es d’Expressions Murales : Pierres Philosophales"

*** TÉLÉCHARGEMENT ***

*** COMMANDE ***

 

L’idée, pour Partager auprès du plus grand nombre et facilité la lecture, est de mettre à disposition les contenus synthétisés par nos soins, puis les internautes le désirant peuvent télécharger les pdf illustrés ou commander les livres papier imprimés par un professionnel

 

  1. Téléchargement pdf
    illustré

     
  2. Commande livre papier personnalisé

 

 

COMMANDEZ NOS
LIVRES CRÉATIFS

Publié par Collectif des 12 Singes

Plusieurs figurines olmèques de Méso-Amérique (-1 500 à 300) peuvent montrer le syndrome de Down/trisomie 21. Les croyances religieuses de la culture olmèque peuvent avoir attribué un statut élevé aux personnes ayant la trisomie 21 parce qu'elles étaient considérées comme la progéniture d'un accouplement entre une femme et un jaguar, qui était le plus puissant totem olmèque

Plusieurs figurines olmèques de Méso-Amérique (-1 500 à 300) peuvent montrer le syndrome de Down/trisomie 21. Les croyances religieuses de la culture olmèque peuvent avoir attribué un statut élevé aux personnes ayant la trisomie 21 parce qu'elles étaient considérées comme la progéniture d'un accouplement entre une femme et un jaguar, qui était le plus puissant totem olmèque

 

Une cellule diploïde possède deux copies de chaque chromosome présent dans le noyau, soit 46 chromosomes chez l'espèce humaine (en avril 1956, Hereditas publia la découverte par les cytogénéticiens Joe Hin Tjio et Albert Levan de l'Université de Lund en Suède, que le nombre normal de chromosomes dans les cellules diploïdes humaines était de 46 et non de 48 comme on l'avait cru durant les trente années précédentes). C'est le cas par exemple de toutes les cellules somatiques (cellules n'étant pas des cellules germinales, elles ne transmettront jamais à leur descendance les mutations qu'elles ont pu subir) et des cellules germinales (cellules qui sont susceptibles de former les gamètes : spermatocytes et ovocyte) primordiales.

 

Il existe deux types de divisions cellulaires chez les eucaryotes (tous les organismes unicellulaires ou pluricellulaires qui se caractérisent par la présence d'un noyau et de mitochondries dans leurs cellules : les animaux, les champignons, les plantes et les protistes) : la mitose, qui concerne les cellules somatiques et assure la naissance de cellules identiques à la cellule mère lors de la multiplication asexuée (elle conserve donc l'information génétique) et la méiose qui aboutit à la production de cellules sexuelles ou gamètes pour la reproduction. Chez l'Homme, les cellules diploïdes contiennent 2n chromosomes (une cellule normale contient 2n = 46 chromosomes, donc 23 paires) alors qu'un gamète contient n = 23 chromosomes au cours de deux divisions. Chaque cellule va donc séparer son patrimoine génétique (contenu dans des chromosomes) en deux afin de ne transmettre que la moitié de ses gènes aux cellules filles. Ainsi, il existe chez les eucaryotes une alternance de phases haploïdes où les cellules ont n chromosomes et de phases diploïdes, où elles ont 2n chromosomes : c'est la reproduction sexuée grâce à laquelle les cellules eucaryotes échangent de l'information génétique.

Si les chromosomes homologues (appartenant à la même paire, de même taille) portent les mêmes gènes, cela ne signifie pas qu'ils codent la même information génétique puisque le même gène paternel et maternel peut présenter des mutations : on parle alors d'allèles. Au cours de la méiose, les chromosomes homologues s'apparient et s'échangent des fragments de brin mélangeant les gènes avec des allèles maternels avec des gènes aux allèles paternels. C'est le phénomène d'enjambement (aussi appelé crossing-over) ou recombinaison intra-chromosomique, qui entraîne une importante diversité génétique. La recombinaison génétique, ainsi que le réassortiment aléatoire des chromosomes vont fournir une source importante de diversité qui permet aux populations eucaryotes de s'adapter aux conditions environnementales.

 

Chez les animaux, la méiose est un processus se déroulant durant la gamétogenèse (spermatogenèse ou ovogenèse), c'est-à-dire durant l'élaboration des gamètes (les spermatozoïdes chez le mâle et les ovules chez la femelle) chez les espèces dites diploïdes. Elle se déroule en plusieurs étapes formant un ensemble de deux divisions cellulaires, successives et inséparables. La première division méiotique est dite réductionnelle car elle permet de passer de 2n chromosomes "doubles" (le chromosome comporte un bras court et un bras long) à n chromosomes "doubles" (les spermatozoïdes et les ovules ont le même nombre de chromosomes, et ceux-ci sont en quantité deux fois moins importante que dans les cellules germinales qui leur ont donné naissance). La seconde est dite équationnelle car elle conserve le nombre de chromosomes : on passe de n chromosomes doubles à n chromosomes simples. La méiose est donc la division particulière qui permet le passage de la phase diploïde à la phase haploïde. Cette division est précédée, comme pour la mitose, de la duplication du matériel génétique (réplication de l'ADN). Au cours de la méiose, il y a deux divisions successives qui aboutissent à la formation de 4 cellules filles haploïdes (ou gamètes).

Les gamètes créés par la méiose sont différents bien qu'ils descendent de la même cellule. Cette différenciation joue un rôle clef dans l'évolution des espèces. Un premier facteur de diversité, différenciation appelée brassage inter-chromosomique, provient de l'attribution aléatoire des allèles, c'est-à-dire de chacun des deux chromosomes d’une même paire (chromosomes homologues) vers les cellules filles haploïdes. Au moment de la métaphase I de la méiose, les chromosomes se disposent aléatoirement de part et d’autre du plan équatorial. Chaque chromosome (allèle) d'une paire migre ensuite vers un pôle (anaphase I), sans influencer les sens de migration des allèles des autres paires. Chaque cellule fille possèdera donc un jeu de chromosomes (et donc de gènes) différent de celui de la cellule mère.

Le mécanisme de répartition des chromosomes dans les cellules issues de la méïose est illustré par l'animation ci-dessous :



Auteur : Jacqueline Laurent, Université Paris-Sud, 1999
Télécharger l'animation
 <

La mitose et la méiose sont différentes en plusieurs points mais elles ont aussi de grandes similitudes. La mitose se produit au cours de la multiplication asexuée alors que la méiose a sa place dans la reproduction. Presque toutes les cellules peuvent subir une mitose alors que la méiose ne concerne que celles des organes de reproduction chez les espèces diploïdes (les ovogonies et les spermatogonies). À la fin de la mitose, il y a deux cellules génétiquement identiques alors qu'à la fin de la méiose il y a quatre cellules qui ne sont pas nécessairement génétiquement identiques.

 

Normalement, après duplication de l'ADN, chaque chromosome est constitué de deux chromatides (un des deux nucléofilaments qui constituent le chromosome) complètement identiques, reliées par le centromère (région spécialisée du chromosome eucaryote qui dirige la ségrégation équitable des chromatides sœurs entre les deux cellules filles lors de la division cellulaire. C’est le site d’assemblage du kinétochore, complexe protéique par lequel les chromosomes sont accrochés aux microtubules du fuseau mitotique), donnant ainsi aux deux bâtonnets la forme d'un X.

 

Bien entendu, des erreurs peuvent survenir lors de la formation des nouvelles cellules : le processus peut en effet mal se dérouler et lorsque ces erreurs mitotiques surviennent pendant les premières divisions cellulaires d'un zygote [la cellule œuf est le premier stade de la vie d'un individu. Il s'agit d'une cellule diploïde non encore divisée issue de la fécondation de gamètes haploïdes, c'est-à-dire de la fusion d'un ovocyte (gamète femelle chez les animaux) avec un gamète mâle (spermatozoïde pour les animaux), créant ainsi un embryon], elles peuvent avoir des conséquences particulièrement néfastes. Les anomalies chromosomiques se produisent dans 1 naissance sur 160, et une conception sur deux s'arrête pour raisons chromosomiques. L'âge maternel élevé semble constituer un facteur de risque, car il augmente la proportion de méioses anormales [comme tous les gamètes, l'ovule est haploïde, il contient la moitié des chromosomes de la mère. Toutefois, dans l'espèce humaine, ce n'est pas une vraie haploïdie car l'ovule n'a pas terminé sa méiose (il est bloqué en métaphase II), ainsi on parle plutôt d'ovocyte II, il contient donc 2C ADN et N chromosomes à 2 chromatides. À partir de la puberté et jusqu'à la ménopause, au cours du cycle menstruel féminin, un ovocyte I par cycle pourra terminer sa première division de méiose lors de l'ovulation, l’expulsion de l'ovule. L'ovocyte II entame ensuite sa deuxième division de méiose où il sera de nouveau bloqué au stade de la métaphase II. Cet « ovocyte II bloqué en métaphase II » constituera le gamète féminin : il est dans l'état dit « d'instabilité méiotique » (il n'est pas encore tout à fait « pur » haploïde puisqu'il a encore un contenu 2C ADN). Il ne devient ovule qu'après fécondation avec la pénétration du spermatozoïde qui déclenche le déblocage et la fin de la deuxième division de méiose].

 

Exemples d'erreurs mitotiques :

1. Phénomène de non-disjonction : un chromosome ne se sépare pas. Cela pourrait provenir d'une défaillance des chromosomes homologues (chez les organismes diploïdes, comme les humains/mammifères, l'un des chromosomes homologues est d'origine maternelle, l'autre d'origine paternelle) à se séparer dans l’anaphase de la méiose I, ou l'échec des chromatides sœurs à se séparer lors de la méiose II (phase dite équationnelle car elle conserve le nombre de chromosomes : on passe de n chromosomes doubles à n chromosomes simples ; juste après une mitose, ou après la deuxième division méïotique, chaque chromosome n'est constitué que d'une chromatide), spécialement pendant l'anaphase (phase très rapide de la méiose et de la mitose où chaque chromosome s'éloigne de son homologue ou les chromatides se séparent, et migrent vers les pôles opposés de la cellule). Dans le cas de la non-disjcontion, une cellule fille recevra les deux chromosomes homologues et l'autre n'en recevra aucun. Une des cellules filles aura alors une trisomie et l'autre une monosomie, qui sont des cas d'aneuploïdie.

2. Délétion, translocation, inversion, duplication chromosomiale : la mitose est un processus traumatique. La cellule subit des changements importants dans son ultrastructure, ses organites se désintègrent et se reforment plusieurs heures après, et les chromosomes sont constamment déplacés par les microtubules. Occasionnellement, les chromosomes peuvent être endommagés. Un bras du chromosome peut être cassé et le fragment est alors perdu, causant une délétion. Le fragment peut être incorrectement rattaché à un autre chromosome non homologue, ce qui cause une translocation. Il peut être réattaché au chromosome initial, mais en sens inverse, causant une inversion. Ou encore, il peut être considéré à tort comme un chromosome séparé, causant alors une duplication chromosomale.

 

On réalise des caryotypes (ou caryogramme : arrangement standard de l'ensemble des chromosomes d'une cellule, à partir d'une prise de vue microscopique. Les chromosomes sont photographiés et disposés selon un format standard : par paire et classés par taille) dans le but de détecter ces aberrations chromosomiques.

Une cellule aneuploïde est une cellule qui, à la suite d'une mutation, ne possède pas le nombre normal de chromosomes (elle pourra en avoir par exemple 45 ou 47 au lieu de 46 chez l'Homme). Cette mutation, présente dans près de la moitié des fausses couches spontanées, peut être viable ou non (elle l'est généralement chez les plantes). Elle cause des malformations parfois non viables chez les mammifères, mais les poissons et les amphibiens semblent pouvoir inhiber l'expression de ces gènes surnuméraires ; Squalius alburnoides (de la famille des carpes) possède un triple jeu de chromosomes, mais dont l'un est rendu muet.

L'aneuploïdie peut aussi se distinguer suivant le fait qu'elle touche toutes les cellules du corps (problème avant la fécondation) ou qu'elle touche juste des parties du corps ; on parle alors d'individu « mosaïque » (dû à une séparation anormale des chromosomes lors des divisions cellulaires qui ont suivi la formation de la cellule-œuf). Les conséquences du syndrome sont souvent moins importantes chez les individus mosaïques.

 

L'aneuploïdie se produit au cours de la division cellulaire quand les chromosomes ne se séparent pas correctement entre les deux cellules. Cela se produit généralement lorsque la cytokinèse/cytodiérèse (division du cytoplasme dans les dernières phases de la méiose et de la mitose, pour séparer la cellule en deux et former des cellules filles) commence alors que la caryocinèse (séparation du noyau d’une cellule en deux parties) est encore en cours.

La grande majorité des monosomies/trisomies/tétrasomies/pentasomies survient suite à une mauvaise répartition des chromosomes lors de la gamétogenèse ; comme généralement toutes les aneuploïdies, leur occurrence augmente avec l'âge de la mère.

 

 

La monosomie (un seul chromosome : caryotype à 45 chromosomes au lieu de 46) trouve souvent sa cause dans une erreur lors de la méiose qui vise à générer des gamètes nécessaire à la création d'une cellule-œuf (zygote). Les chromosomes sont mal séparés lors de la méiose I. De ce fait, deux cellules sur quatre manquent de certains chromosomes. Par la suite, après la fécondation, seul le gamète venant du partenaire apportera de l'information génétique. Par conséquent, une des paires de chromosomes du descendant ne sera pas complétée.

La monosomie complète concerne les chromosome 5, 14, 18, 21 et X. Chez l'espèce humaine, toute monosomie autosomique (concernant les chromosomes homologues) est fortement létale, éliminée dans les premiers stades de la vie embryonnaire ; seule la monosomie X0 (monosomie gonosomique) est souvent viable.

La maladie du cri du chat (le pleur du nourrisson est très caractéristique, souvent comparé à un chaton miaulant, dû à un arrêt du développement du larynx), ou syndrome de Lejeune, est un trouble génétique rare chez l'être humain dû à une délétion (perte d'un fragment de chromosome) d'une partie du chromosome 5, perte pouvant être très petite ou impliquer la totalité du bras court (monosomie complète).

 

 

La trisomie est un cas particulier d’aneuploïdie, une anomalie chromosomique. Normalement, les chromosomes vont par paires (23 paires chez l'être humain). Dans le cas d'une trisomie, au moins une des paires est un triplet, d'où le nom de trisomie (la tétrasomie ou pentasomie désignent les cas où le chromosome est respectivement quadruplé ou quintuplé). La trisomie peut survenir si l'un ou l'autre des géniteurs apporte deux chromosomes au lieu d'un, cela peut également intervenir par mauvaise répartition lors de la première division cellulaire, ce qui est le cas le plus fréquent, et cela peut intervenir lors de la deuxième division cellulaire ou des suivantes. Les cellules de l'individu seront dans ce cas un mélange de cellules saines et de cellules trisomiques.

 

La trisomie peut se produire sur n'importe quelle paire mais la fréquence n'est pas la même. Suivant le nombre ou le type de trisomie, l'individu affecté sera viable ou non (la plupart des trisomies entraînent un avortement naturel, mais exceptionnellement quelques individus trisomiques sur un chromosome, quel qu’il soit, survivent quelques temps après la naissance).

 

  • "Trisomie complète", également appelée "trisomie primaire" : tout un chromosome supplémentaire a été copié.
  • "Trisomie partielle", également appelée "trisomie secondaire" : le chromosome supplémentaire est un bras dupliqué (si les bras sont identiques, il s'agit d'un "isochromosome").
  • "Trisomie tertiaire" : le chromosome supplémentaire est constitué de copies de bras à partir de deux autres chromosomes.

 

 

Les trisomies aboutissant à des enfants vivants sont, entre autres :

  • Trisomie 8 (Syndrome de Warkany) qui concerne le chromosome 8 [long de 146 millions de paires de base, il représente 5 % de l'ADN nucléaire et son nombre total de gènes est compris entre 700 et 1 000 – environ 8% de ces gènes sont impliqués dans le développement et le fonctionnement du cerveau (ils représentent un immense écart entre l'Homme et le chimpanzé, ce qui suggère que leurs taux de mutation élevés ont contribué à l'évolution du cerveau humain)]. Les personnes atteintes de trisomie 8 mosaïque peuvent vivre comme les personnes atteintes de trisomie 21, les symptômes et les anomalies physiques étant sensiblement les mêmes, alors que les fœtus atteints de trisomie 8 complète arrivent très rarement à terme et décèdent in utero. Les trisomies 8 homogènes résultent d'une anomalie de ségrégation des chromosomes à la méiose. Elles conduisent le plus souvent à une fausse couche spontanée au premier trimestre. Exceptionnellement, un embryon peut survivre, le phénotype est alors similaire à celui des mosaïques. Les patients présentant un isochromosome 8p [tétrasomie pour le bras court (p) du chromosome 8] ont un phénotype comparable à celui de la trisomie 8p. Son incidence annuelle est comprise entre une naissance sur 25 000 à 1/50 000 (elle affecte davantage les garçons que les filles, dans un rapport de 5:1). Elle est caractérisée par une dysmorphie faciale, un déficit intellectuel modéré (QI entre 50 et 75, mais certains sujets ont une intelligence normale ; il n'y a pas de corrélation entre le pourcentage de cellules trisomiques et le degré du déficit intellectuel) et des anomalies articulaires, urinaires, cardiaques et squelettiques variables.
  • Trisomie 9 [long de 136 millions de paires de base, il représente 4,5 % de l'ADN nucléaire et son nombre total de gènes est compris entre 800 et 1 200 – notamment ceux responsables du groupe sanguin d'un individu]. La trisomie 9p est l'une des anomalies autosomiques les plus fréquentes compatible avec un taux de survie à long terme. Elle est due à une duplication partielle du bras court (trisomie partielle) du chromosome 9. Les patients présentent un retard mental, une microcéphalie et une brachycéphalie (petit crânes humains, plus large que profond), un nez bulbeux, des oreilles basses et dysplasiques (altération acquise de l'architecture et de la fonction d'un tissu cellulaire), des commissures labiales inversées, une fente labio-palatine ("bec-de-lièvre"), un retard de croissance osseuse, des malformations cardiaques, des anomalies du squelette, une brachydactylie (brièveté d'un ou de plusieurs doigts), une clinodactylie (déviation latérale des doigts ou des orteils : cette angulation excessive d’un doigt dans le plan radio-ulnaire peut aller jusqu'au chevauchement d'un doigt ou orteil qui enjambe son homologue interne), une hypoplasie unguéale (développement insuffisant des ongles). Les manifestations oculaires sont les suivantes : cataracte (opacification d'une ou de toutes les structures du cristallin), atrophie optique (atteinte du nerf optique), enophtalmie (enfoncement du globe oculaire dans l'orbite, hypertélorisme (augmentation de distance entre les yeux), obliquité antimongoloïde des fentes palpébrales (ouverture des paupières), entropion (enroulement vers l'intérieur (vers la cornée) du bord libre de la paupière) et strabisme.
  • Trisomie 13 (Syndrome de Patau) qui concerne le chromosome 13 [long de 113 millions de paires de base, il représente 4 % de l'ADN nucléaire et son nombre total de gènes est compris entre 300 et 700]. C’est la plus rare des trisomies pouvant aboutir à une naissance à terme d’un enfant vivant (80 à 90 % des fœtus atteints décèdent in utero avant 6 mois, les fœtus présentant un retard de croissance intra-utérin), et son incidence est estimée entre 1/8 000 et 1/15 000 naissances. Environ 75% des cas sont des trisomies libres. Dans 20% des cas, il s'agit d'une translocation robertsonienne, le chromosome 13 surnuméraire étant attaché sur un autre chromosome acrocentrique (chromosomes 14, 15, 21 ou 22, dont le centromère est très proche de l'une de ses extrémités). Rarement, la trisomie 13 est due à une translocation réciproque entre le 13 et un chromosome non acrocentrique. Un petit nombre de patients présentent une trisomie 13 en mosaïque (mélange de cellules trisomiques et de cellules normales). Cette pathologie atteint de très nombreux organes. Elle est caractérisée par l'association de malformations cérébrales (holoprosencéphalie : absence de séparation du cerveau primitif), de dysmorphie faciale, d'anomalies oculaires, de polydactylie postaxiale (existence de doigts/orteils supplémentaires sur les côtés), de malformations viscérales (cardiopathie) et d'un retard psychomoteur très sévère.
  • Trisomie 16 [chromosome long de 90 millions de paires de base, il représente 3 % de l'ADN nucléaire et son nombre total de gènes est compris entre 850 et 1 200]. C’est la plus fréquente dans les grossesses humaines (plus de 1%). Seules celles où certaines cellules normales existent en plus des cellules trisomiques, ou trisomie 16 en mosaïque, survivent (si la trisomie est totale, cet état se traduit généralement par une fausse couche spontanée au premier trimestre).
  • Trisomie 18 (Syndrome d'Edwards) qui concerne le chromosome 18 [long de 76 millions de paires de base, il représente 2,5 % de l'ADN nucléaire et son nombre total de gènes est compris entre 300 et 400]. On peut observer chez les bébés atteints (une naissance sur 6 000) de nombreuses anomalies physiques au niveau du cœur et du squelette. De plus, on note un mauvais développement des muscles, une déformation de la main, des pieds (ils sont anormalement perpendiculaires au segment jambier), ainsi qu’une malformation des oreilles (oreilles faunesques) et un profond retard mental, une hypotrophie importante (diminution du volume ou du poids d'un tissu, d'un organe). Tout cela est associé à de très nombreuses malformations viscérales qui sont généralement létales in utero avant 6 mois (les enfants atteints ne survivent généralement que quelques semaines, même s’il y a quelques cas décrits de malades ayant survécu au moins jusqu’à l’âge de 19 ans). Pour une raison méconnue, la survie des foetus féminin est meilleure, d'où une prépondérance de filles trisomiques 18 observée à la naissance.
  • Trisomie 21 (Syndrome de Down) qui concerne le chromosome 21 {plus petit des chromosomes ; avec le 13 – le 14, 15 – et le 22, c’est l'un des 5 chromosomes acrocentriques [le centromère est plus proche de l’une des deux extrémités (les télomères)], long de 47 millions de paires de base, il représente 1,5 % de l'ADN nucléaire et son nombre total de gènes est compris entre 450 et 650}. C’est la plus fréquente et la plus viable des trisomies.
  • Trisomie 22 [chromosome long de 49 millions de paires de base, il représente 2 % de l'ADN nucléaire et son nombre total de gènes est compris entre 650 et 800]. C'est une cause fréquente d'avortement spontané pendant le premier trimestre de la grossesse (les progressions au deuxième trimestre et naissances vivantes sont rares). Il existe plusieurs types de troubles associés à la trisomie 22. Le syndrome Phelan-McDermid / syndrome 22q13 Radiation est une affection causée par la suppression de la pointe du bras q sur le chromosome 22. La plupart des personnes atteintes ont des retards cognitifs ainsi que des problèmes pour dormir, manger et de comportement. Le syndrome Emanuel / Syndrome 22 Dérivé est une maladie rare associée à des anomalies congénitales multiples, y compris un retard mental profond et des malformations cardiaques. Les personnes atteintes ont un chromosome supplémentaire consistant en un morceau de chromosome 11 fixé à une partie de chromosome 22.

 

Les enfants trisomiques 13 et 18 ne vivent en général que quelques jours à quelques semaines en raison de l'importance des malformations associées (10% atteignent 1 an).

 

 

La trisomie la plus fréquente est la trisomie 21 : 255 000 personnes atteintes du syndrome de Down naissent chaque année dans le monde, de toute ethnie et tous statuts socio-économiques.

Le chromosome humain 21 est né il y a 30-50 millions d’années. Fait intéressant, la trisomie 21 n'est pas limité aux humains : la trisomie 22 est l'équivalent génétique du syndrome de Down chez les singes et a été rapportée chez le chimpanzé et l'orang-outan (chez les singes non humains, le chromosome 22 est analogue au chromosome 21 humain : les humains ont deux chromosomes en moins que nos cousins singes en raison d'une fusion chromosomique qui a eu lieu il y a moins de 7 millions d'années pour produire le chromosome humain 2). Pris ensemble, ces éléments de preuve indiquent que la trisomie 21 a une très longue histoire dans la lignée des primates.

 

Jusqu'à présent, il a simplement été supposé que la maladie était très rare dans le passé, car elle est associée à un âge maternel élevé (passant de 0,5% de risque à 8% après 40 ans), et l'on pense que les gens ne vivaient pas très vieux à ces époques (à l'époque gréco-romaine, il y a environ 2400 ans, l'espérance de vie moyenne en Europe était de 20-30 ans).

Très peu de dépouilles ou de représentations anciennes de trisomiques ont été découvertes :

  • -5 200, squelette d’une indienne de Californie trouvé dans un cimetière à Santa Rosa Island.
  • -5 000, Thessalie (Grèce) : une figurine d'argile pourrait être la plus ancienne représentation de syndrome de Down dans la culture matérielle. La figurine en question est dépeinte avec des fentes palpébrale obliques vers le haut et une base nasale tombante (éventuellement une hypoplasie médio-faciale).
  • Plusieurs figurines olmèques de Méso-Amérique (-1 500 à 300) peuvent montrer ce syndrome. Les croyances religieuses de la culture olmèque peuvent avoir attribué un statut élevé aux personnes ayant la trisomie 21 parce qu'elles étaient considérées comme la progéniture d'un accouplement entre une femme et un jaguar, qui était le plus puissant totem olmèque. Comme preuve de cette théorie, une peinture trouvée dans la grotte Oxtotitlan, près de Chilapa (Mexique) montre une doyenne de tribu copulant avec un jaguar hargneux, et certaines figurines olmèques représentées avec des caractéristiques semblables au syndrome de Down ont aussi des crocs comme ceux du jaguar. Les personnes ayant la trisomie 21 auraient été vénérées comme des dieux humains hybrides car elles sont nées de femmes seniors qui s’étaient accouplées avec le jaguar, car seuls quelques-unes survivaient ce qui les rendaient rares, et parce qu’elles avaient des caractéristiques phénotypiques qui devaient être expliquées de quelque manière que ce soit (sans explication scientifique, les Olmèques utilisaient des explications mystiques pour comprendre ces formes). Fait intéressant, sur ces figurines il n'y a pas de trait phénotypique unique qui est toujours présent dans le syndrome de Down. Au contraire, c'est la combinaison de plusieurs caractéristiques qui se traduit par l'apparence caractéristique du visage avec le syndrome.
  • Âge du fer, Rome : Equus Domitiani 2, conservée à l’antiquarium du Forum romain : squelette d'une jeune fille (121 cm, âge dentaire 13-14 ans) tuée par le coup violent d’une petite hache à la tempe, probablement un sacrifice.
  • -550, Tauberbischofsheim, Allemagne (chef-lieu de l'arrondissement de Main-Tauber au nord-est du land de Bade-Wurtemberg, sur la Tauber et la Route Romantique) : restes d'une femme trisomique de 18-20 ans.
  • -500 : une figurine a plusieurs caractéristiques suggestives du syndrome de Down. Cette figurine provient de la culture Tumaco-La Tolita (qui a duré plus de 1000 ans, de -600 à 350), qui a habité la frontière de l'actuelle Colombie avec l'Équateur. Cette culture a laissé beaucoup d’artefacts de poterie dépeignant la vie de tous les jours et divers problèmes de santé, mais la qualité de ces représentations a changé au cours du temps, acquérant des caractéristiques de portraits au cours de la période classique (-300 à -90).
  • 100 : une figurine égyptienne a un pont nasal aplati, des fentes palpébrales obliques, de petites oreilles, un visage arrondi, et une petite tête. Il est également intéressant de noter que cette figurine présente une posture de bouche ouverte.
  • 500 : une figurine en terre cuite de la culture toltèque du Mexique semble certainement saisir l'essence du phénotype facial du syndrome de Down : fentes palpébrales courtes, yeux obliques, hypoplasie médio-faciale, bouche ouverte et langue en saillie.
  • 700-900, Breedon-on-the-Hill, Leicestershire, centre de l’Angleterre : squelette d’un enfant de 9 ans trouvé dans un cimetière tardif de Saxons (environ 200 personnes avaient été excavés du site) qui a pu avoir été associé à un monastère.
  • Règne de Jayavarman VII (1181-1220), Cambodge : plusieurs sculptures de la terrasse des éléphants représenteraient des personnes ayant le morphotype des trisomiques 21. Située devant le palais royal d'Angkor Thom, cette terrasse formait le soubassement de la "salle du trône" des rois khmers et des pièces qui l'accompagnaient. Du haut de cette terrasse, qui s'étend sur 300 m de longueur, le roi regardait défiler son armée victorieuse.
  • Un vase en poterie du Pérou daté de 1200-1500 représente un visage humain avec un front en forme de bulbe, de grands yeux, une hypoplasie médio-faciale et un prognathisme mandibulaire. Le profil facial suggère une apparence concave.
  • 1460, Qilakitsoq, Groenland : momie 2 (sur 8 momies : la première tombe contenait 3 femmes empilées les unes sur les autres avec un garçon sur le dessus et un bébé très bien conservé au-dessus de tous) : un garçon de quatre ans à quatre ans et demi présentant des anomalies osseuses fréquentes chez les trisomiques 21. Il n’aurait pas été abandonné par eugénisme (alors que le bébé fut placé vivant dans la tombe suite à la mort de sa mère, comme le voulait la tradition inuit) car la dysmorphie est visible dès le plus jeune âge.
  • L'enfant dans la peinture intitulée Madonne et l'Enfant (1460) d’Andrea Mantegna (1431-1506), qui est estimé représenter l'enfant Jésus (la mère et l'enfant ont une forme ronde autour de leur tête), aurait une trisomie 21. Du même auteur et de la même année, la peinture Vierge et l'Enfant montre également une femme tenant un enfant affichant les caractéristiques d'un syndrome semblable. Une autre peinture, de 1455, qui peut représenter un enfant avec le syndrome de Down est Vierge et l'Enfant avec Saint Jérôme et Louis de Toulouse. Cet enfant est très semblable à l'enfant représenté dans les peintures suivantes. Il est possible que le même modèle ait été utilisé pour chaque peinture, et on pense que Mantegna peignait son propre enfant (l’un de ses 14 enfants avait ce syndrome) ou un enfant de la riche et puissante famille italienne Gonzaga de Mantoue. La famille Gonzaga aurait embauché Mantegna parce que l'un de leurs enfants avait également cette trisomie (il a peut-être vécu une vie meilleure en raison du prestige et de la richesse de cette famille, mais cet enfant serait mort à l'âge de 4 ans).
  • Une image d'une peinture ecce homo (expression latine signifiant « voici l'Homme ». C'est l'expression utilisée par Ponce Pilate dans la traduction de la Vulgate de l'évangile de Jean lorsqu'il présente Jésus à la foule) datée vers 1505 représente un individu atteint du syndrome de Down. Cette peinture, attribuée à l'artisan de la chapelle d’Aachen (Aix la Chapelle), dépeint une vue latérale du visage d'un enfant avec une fente palpébrale oblique, une arête nasale déprimée, une posture avec la bouche ouverte, un menton fendu, un court et large cou. Fait intéressant, un singe est représenté épouillant les cheveux de l'enfant.
  • Une peinture flamand de la nativité nocturne, intitulée L’Adoration de l'Enfant Jésus (artiste inconnu, 1515), semble représenter deux personnes atteintes du syndrome de Down : un individu est représenté avec des ailes d'ange et l'autre est représenté en tant qu’admirateur terrestre (un berger). Quelques-unes des figures angéliques volant dans la marge supérieure de la peinture peuvent montrer les caractéristiques d'un syndrome semblable. Fait intéressant, il existe deux versions de ce tableau particulier : en plus de la version nocturne, dans la version diurne ces individus sont remplacés par des personnes qui n'ont pas les apparences d’un visage distinctif. Les peintures du 16ème siècle représentent généralement des personnes avec handicap comme des symboles de la comédie ou du mal. Cette représentation bienveillante d'un ange ayant un handicap tel que le syndrome de Down suggère que les personnes handicapées ont été peintes à des fins symboliques, que l'artiste avait des sentiments chaleureux envers les modèles qui ont un handicap, ou que les signes physiques du syndrome de Down n’étaient pas reconnus au moment de cette peinture comme révélateurs de handicap.
  • Dans la peinture intitulée L’Adoration du berger, de Jacob Jordaen (1593-1678) et qui est daté de 1618, une femme tient un enfant qui peut avoir le syndrome de Down. Cependant, si les fentes palpébrales sont évidentes, d'autres caractéristiques semblables au syndrome de Down sont absentes. Pour autant, Jordaen et sa femme Catherine van Noort auraient eu une fille nommée Elizabeth qui avait le syndrome de Down. Dans la toile Satyre avec des paysans (1635-1640), Jordaen a peint un enfant avec des fentes palpébrales inclinées vers le haut et la langue tirée. Il est à noter que les deux enfants dans ces toiles ne sont pas représentés avec de nombreuses caractéristiques semblables au syndrome de Down.

 

Le syndrome de Down a été décrit pour la première fois dans la littérature médicale par John Langdon Down en 1866 dans un article intitulé Observations sur une classification ethnique des idiots dans lequel il classe les personnes selon des caractéristiques physiques et ethniques et dans lequel il donne une description clinique détaillée de la maladie qu’il appelle « idiotie mongoloïde » : « Un très grand nombre d'idiots congénitaux sont typiquement mongols [...] Les cheveux ne sont pas noirs, comme chez les vrais Mongols, mais de couleur brune, raides et étriqués. La face est plate et large, et dénuée de proéminence. Les joues sont rondes et élargies latéralement. Les yeux sont placés en oblique, et les canthi internes (commissures des paupières) sont anormalement distants l'un de l'autre. La fente palpébrale (distance du coin le plus interne de l'oeil au coin le plus externe : ouverture des paupières) est très étroite. Le front est plissé transversalement [...] Les lèvres sont larges et épaisses avec des fissures transversales. La langue est longue, épaisse, et râpeuse. Le nez est petit. La peau a une teinte légèrement jaunâtre, déficiente en élasticité, donnant l'apparence d'être trop large pour le corps [...]. Il ne peut y avoir aucun doute que ces caractéristiques ethniques sont le résultat d'une dégénérescence. [...] Le type mongolien d'idiotie représente plus de 10 pour cent des cas qui se sont présentés à moi. Ce sont toujours des idiots congénitaux, et jamais la conséquence d'accidents après la vie intra-utérine [...] Ils ont une capacité considérable d'imitation [...] Ils sont comiques [...] Ils sont habituellement capables de parler ; le langage est simplet et indistinct, mais peut être amélioré grandement par une méthode bien dirigée de gymnastique de la langue. La faculté de coordination est anormale, mais pas si défectueuse qu'elle ne puisse être grandement renforcée ». Bien que d'autres auteurs, tels Esquirol (psychiatre français, considéré comme le père de l'hôpital psychiatrique français : il fit voter la loi de 1838 obligeant chaque département à se doter d'un hôpital spécialisé, et fit la première description médicale de la trisomie 21 la même année) et Seguin, ont décrits des personnes trisomiques 21 avant la publication de Down en 1866, ce dernier est crédité être la première personne à avoir regroupé ces personnes en fonction de leurs similitudes phénotypiques pour définir une sous-catégorie de personnes souffrant de troubles cognitifs (mais cette maladie ne découle pas d'une « régression raciale » ou d'une « forme archaïque de l'Homme », comme le supposait John Langdon Down, mais de la présence d'un chromosome 21 surnuméraire).

Pendant cette période, les personnes souffrant de troubles cognitifs (retard mental) étaient souvent dénommées « idiots » et «  imbéciles », et rarement différenciées en sous-catégories en fonction de diagnostics différentiels. Utilisant un système de classification "raciale" hiérarchique qui était populaire à son époque (division de l’espèce humaine en cinq "races" par Blumenbach en 1779), John Langdon Down nota la ressemblance des traits du visage chez les personnes atteintes du syndrome de Down et les personnes d'origine mongole. Il nota également l'aspect caractéristique du visage et des caractéristiques phénotypiques communes d'individus non apparentés ayant le syndrome de Down (« lorsqu'ils sont placés côte à côte, il est difficile de croire que les spécimens comparés ne sont pas des enfants de mêmes parents »). Se basant sur ces observations, Down détermina que les personnes ayant le syndrome de Down différaient d'autres types de personnes souffrant de troubles cognitifs et étiqueta ces individus comme « Idiots mongoles » ou « Mongoliens » (l'échelle raciale hiérarchique de l'époque de Down envisageait les "races" de l'humanité comme étant fixes et précises, avec les Caucasiens étant supérieurs à toutes les autres "races" et les Mongols étant au bas de l'échelle ; Down présupposait que la "race" blanche était la "race" supérieure et il avait décrit, outre la "régression mongolienne", une "régression éthiopienne" et une "régression malaise"). En combinant ce cadre interprétatif avec ses observations phénotypiques des individus atteints de trisomie 21, Down donna un argument à l’unité de l'espèce humaine : « Si une maladie peut passer outre les barrières "raciales" prétendument fixes en produisant un enfant mongol à partir de parents non-mongols, alors les catégories "raciales" de l'humanité ne sont probablement pas fixes du tout et très variables ». Il s'agissait d'une opinion impopulaire au moment de la publication de Down. Fait intéressant, si Down n'avait pas favorisé ce système de classification raciale hiérarchique pour comprendre les différences entre les individus atteints de déficience cognitive, il est probable que cela aurait pris beaucoup plus de temps aux scientifiques médicaux pour classer le syndrome de Down comme différent des autres formes de dépréciation cognitive.

Après la classification de Down de la trisomie 21, de nombreux chercheurs ont tenté de documenter exactement comment les individus atteints de cette maladie diffèrent. Plusieurs études ont déterminé que les personnes ayant le syndrome de Down diffèrent phénotypiquement à bien des égards des individus qui n'ont pas ce syndrome. Les différences générales sont : yeux en amande (Shuttleworth 1886 ; Oliver 1891), des fentes palpébrales obliques (Muir 1903), une posture du visage avec la bouche ouverte qui peut inclure une langue tirée, des mains et pieds courts, larges et petits (Fraser et Mitchell 1876-7), mains qui peuvent avoir un pli palmaire de singe (Hall 1966), petits doigts se courbant vers l'intérieur (Smith 1896, Muir 1903), et une grande fréquence de défauts cardiaques congénitaux (Garrod 1898). Avant que le caryotype ne soit possible, les personnes avec le syndrome de Down ont généralement été diagnostiquées sur la base de différences dans les caractéristiques cranio-faciales : forme brachycéphale de la tête (Fraser et Mitchell 1876-7), os nasaux petits ou absents (Jones1890, Greig 1927a), mandibule et maxillaire sous-développé (Benda 1941), milieu de la face plat ou concave (Greig 1927b), développement pauvre ou absent des sinus (Spitzer et Robinson, 1955 ; Roche et al 1961), morphogenèse des dents pauvre ou absente et séquences d'éruption très variable (Jones 1890 ; Greig 1927b), taux réduits de la croissance cranio-faciale globale (von Höfe 1922), plis épicanthiques (Shuttleworth 1886 ; Oliver 1891), pont nasal plat ou déprimé, nez retroussé (Jones1890 ; Greig 1927a), face courte qui peut être carrée lorsqu'on regarde en avant (Fraser et Mitchell 1876-7).

 

Avec la montée de l'eugénisme, 33 des 48 états des États-Unis (d’avant guerre) et plusieurs pays ont commencé des programmes de stérilisation forcée des personnes atteintes du syndrome de Down et de handicaps de degrés comparables. L’"Aktion T4" (abréviation de Tiergartenstraße 4, adresse de la villa dans le quartier berlinois de Tiergarten – « jardin des animaux » – qui était le quartier général de Gemeinnützige Stiftung für Heil- und Anstaltspflege, littéralement « Fondation de bienfaisance des soins curatifs et institutionnels ») de l'Allemagne nazie fit une politique publique d'un programme systématique d'euthanasie involontaire, de septembre 1939 à la chute du régime (200 000 personnes physiquement ou mentalement handicapées ont été tuées dans les chambres à gaz, par des médicaments, ou par famine délibérée).

En 1959, Jérôme Lejeune, Marthe Gautier et Raymond Turpin découvrirent qu'une copie supplémentaire (trisomie) du chromosome 21 provoquait le syndrome de Down (ce que Waardenburg avait déjà déduit en 1932). Ce fut la première anomalie chromosomique décrite chez l'Homme, et la première maladie pour laquelle était mise en évidence la relation entre le génotype et le phénotype (entre les caractéristiques génétiques et physiques observables).

 

Dans la plupart des pays développés, depuis le début du 20ème siècle, de nombreuses personnes atteintes du syndrome de Down avaient été placées dans des institutions ou des colonies et étaient exclues de la société. Cependant, depuis le début des années 1960, les parents et leurs organisations, les éducateurs et autres professionnels, ont généralement préconisé une politique d'inclusion, amenant autant que possible les gens souffrant de troubles mentaux et / ou physiques dans la société. En 1961, 18 généticiens ont écrit au rédacteur en chef de The Lancet pour suggérer que « l'idiotie mongolienne » avait « une connotation trompeuse », était devenue « un terme embarrassant » et devait être changé. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) délaissa officiellement la référence au mongolisme en 1965 après une demande du délégué de Mongolie : les groupes de défense et de parents se félicitèrent de l'élimination de l'étiquette mongoloïde qui avait été un fardeau pour leurs enfants. Le premier groupe de parents aux États-Unis, le Conseil de développement mongoloïde fondé en 1960, changea en 1972 son nom en Association nationale pour le syndrome de Down.

Pour la première fois, en 2012, la Journée internationale de la trisomie 21 a été reconnue par une résolution de l’ONU instituant la « Journée mondiale de la trisomie 21 » le 21 mars : « Trisomique ... et alors ! ». Cette date du 21/03 est hautement symbolique : elle fait référence aux 3 chromosomes 21 à l'origine de la maladie. Le but de cette Journée est de sensibiliser et d’informer sur la trisomie 21.

 

 

La trisomie 21 (il existe également une tétrasomie 21q) touche 1 naissance sur 800, mais son incidence à la naissance a diminué significativement dans plusieurs pays, après la mise en place du dépistage prénatal (la prévalence à la naissance est actuellement estimée à 1/2 000 naissances vivantes en France). Egalement appelée syndrome de Down, cette anomalie chromosomique se définit par la présence d'un 3ème exemplaire, en totalité ou en partie, du chromosome 21.

Le chromosome 21 supplémentaire vient presque toujours de la mère (le tabagisme maternel et l'utilisation de contraceptifs oraux contribuent à sa fréquence). L’incidence varie en fonction de l'âge de la mère : environ 1/1 500 à 20 ans, 1/900 à 30 ans et 1/100 à 40 ans.L'origine de cette maladie génétique se situe lors de la gamétogenèse, et plus précisément lors de la répartition des chromosomes homologues au cours de la méiose :

- Lors de l'anaphase 1 : les chromosomes homologues de la paire n°21 appariés en bivalent ne se sont pas séparés et ont migré vers un même pôle de la cellule en division.

- Lors de l'anaphase 2 : les deux chromatides (branches en X) du chromosome 21 ont migré vers un même pôle après clivage du centromère, donnant ainsi un trisome et un monosome (sachant que le monosome n'est pas viable).

 

Dans 95% des cas, il s'agit d'une trisomie 21 libre (par non-disjonction méiotique) et homogène ; elle est en mosaïque dans 2-3% des cas. Enfin, dans 2-3% des cas, elle est non libre, c'est à dire que le chromosome ou la partie du chromosome 21 surnuméraire est intégré à un autre chromosome. En conséquence, une personne a les deux copies habituelles du chromosome 21, ainsi que du matériel supplémentaire du chromosome 21 attaché à un autre chromosome. Ces cas sont appelés translocation du syndrome de Down.

 

Les facteurs pris en compte pour le calcul du risque de trisomie 21 sont l'âge maternel, le terme de la grossesse, le poids et le tabagisme de la future maman ainsi que les antécédents de trisomie 21 dans la famille. Pour le diagnostic, le marqueur échographique utilisé au premier trimestre est la clarté nucale : elle est due à un petit décollement entre la peau et le rachis et correspond à une zone dite anéchogène (c’est-à-dire qui ne renvoie pas d’écho lors de l’examen). Tous les fœtus présentent une clarté nucale au cours du premier trimestre, mais cette clarté disparaît ensuite, toutefois chez 70-75% des foetus trisomiques 21 la clarté de la nuque vers 12 semaines d'aménorrhée est augmentée (tout comme dans les cas de malformations cardiaques et de nanisme). Il existe un autre marqueur échographique mais de mesure plus délicate : l'os propre du nez (os nasal plat qui donne sa forme à l'aile du nez), selon son développement insuffisant ou son absence.

Le dépistage par les marqueurs sériques HCG libre [l'hormone chorionique gonadotrope est une hormone glycoprotéique produite au cours de la grossesse, fabriquée par l'embryon peu de temps après la conception et plus tard par le trophoblaste (partie du placenta). Il n'existe des gonadotropines chorioniques que chez les primates et chez les équidés. Sa fonction est essentiellement le maintien du corps jaune durant la grossesse (jusqu'à la 9e semaine) et de sa sécrétion de progestérone (elle est dite stéroïdogène car elle stimule la sécrétion des stéroïdes des gonades fœtales), mais elle a aussi un effet anti-gonadotrope] et la PAPP-A (Pregnancy-associated plasma protein : impliquée dans des processus prolifératifs locaux tels que la cicatrisation des plaies et le remodelage osseux) se fait entre la 11e et la 14e semaine aménorrhée sur une simple prise de sang.

A partir du 2ème trimestre, outre des malformations, (notamment cardiaques et digestives) dans 60% des cas, des signes morphologiques plus discrets peuvent être présents (le caryotype foetal par amniocentèse ou ponction des villosités choriales confirme le diagnostic). Un certain nombre d'anomalies mineures ou majeures qui se rencontrent plus fréquemment dans cette maladie chromosomique peuvent être mis en évidence.

Anomalies mineures :

  • fémur court, inférieur au 5e centile (5è/100) pour l'âge,
  • épaisseur de nuque supérieure à 6 mm à la 20è semaine,
  • écartement important entre le premier et le deuxième orteil,
  • brièveté de la deuxième phalange du cinquième doigt (brachymésophalangie),
  • langue protruse (poussée en avant).

Anomalies majeures :

  • des malformations cardiaques [en particulier, dans 40 % des cas le canal atrio-ventriculaire (malformation cardiaque complexe qui touche la partie basse du septum inter-auriculaire, la partie haute du septum interventriculaire, les valves mitrale et tricuspide. Les valves mitrale et tricuspide sont remplacées par une seule valve, il manque la partie supérieure du septum interventriculaire et la partie inférieure du septum inter-auriculaire)],
  • des sténoses (rétrécissements) digestives (image en « double bulle » de sténose duodénale, dans 10 à 18 % des cas).

 

L'évaluation biochimique se fait entre « 14+0 » semaines d'aménorrhée et « 17+6 » semaines d'aménorrhée. Les marqueurs utilisés sont l'alpha-fœtoprotéine (protéine qui n'est normalement produite que par le fœtus au cours de son développement, sachant que chez des adultes, il peut servir de marqueur tumoral. Selon le taux d'AFP dans le liquide amniotique, il peut indiquer un trouble du développement chez le bébé : les taux peuvent baisser légèrement en cas de syndrome de Down, et les taux sont souvent plus élevés en cas de déficiences du tube neural telles la spina bifida) et l'HCG libre. Certains laboratoires ajoutent l'estriol plasmatique (un des trois principaux œstrogènes produits dans le corps humain, ce n'est qu'au cours de la grossesse qu'il est produit en quantités significatives vu qu'il est produit par le placenta) mais le recours à ce troisième marqueur n'augmente pas la sensibilité et il est de fait peu fréquent.

 

Pour les parents d'un enfant porteur de trisomie 21 libre, le risque de récidive est peu modifié (1% jusqu'à 40 ans, lié à l'âge maternel ensuite). En cas de trisomie 21 non libre, le risque n'augmente que si l'un des deux parents est porteur d'une anomalie équilibrée. Pour une personne porteuse de trisomie 21, le risque de transmission est de 1/3. En France, 65 000 à 70 000 personnes atteintes de la trisomie 21 sont recensées.

 

 

Certains signes physiques permettent souvent le diagnostic de la trisomie 21 après la naissance :

  • la tête est petite et ronde avec un visage plutôt aplati et une nuque plate. Les fentes des paupières sont obliques, en haut et en dehors, les yeux sont très écartés. Il y a souvent un strabisme ou un nystagmus (mouvements pendulaires anormaux des yeux). Les iris, lorsqu'ils sont clairs, peuvent avoir des tâches blanches caractéristiques, dites de Brushfield. La racine du nez est peu marquée en raison du moindre développement des os du nez et s'accompagne d'un épicanthus, repli cutané formant comme une troisième paupière. Les pavillons des oreilles sont petits et mous, avec des conduits auditifs souvent étroits. Le palais est parfois ogival et la langue peut sortir de la bouche (en position de repos, la langue est normalement collée au palais qui se développe sur elle, chez les trisomiques 21, elle est en position basse ce qui entraîne une insuffisance de développement du palais) ;
  • le cou est parfois court et large, le thorax déformé, l'abdomen mou avec un écart des muscles abdominaux grands droits, source de hernie ombilicale, le pénis est souvent petit avec des testicules fréquemment non descendus dans les bourses ;
  • les mains sont souvent trapues, avec une inclinaison du 5e doigt vers l'intérieur. Les doigts sont courts car les phalanges du milieu y sont trop courtes (brachymésophalangie). Dans la paume de la main, les plis peuvent être horizontaux, il existe souvent un seul pli transverse. L'examen à la loupe des dermatoglyphes (petits reliefs cutanés présents sur la pulpe des doigts et sur les paumes) montre aussi des figures spécifiques ;
  • les pieds sont, eux aussi, courts, avec un grand espace entre les deux premiers orteils, et assez souvent une mauvaise implantation d'un ou plusieurs orteils. Il peut exister des syndactylies (fusion de deux doigts ou orteils) aux mains ou aux pieds.

 

À la naissance, le médecin recherche systématiquement certains types de malformations :

  • cardiaques : communications inter-auriculaires, inter-ventriculaires ou auriculo-ventriculaires ;
  • oculaires : cataracte ou glaucome congénitaux ;
  • digestives : sténose duodénale (rétrécissement du duodénum au niveau de l'intestin) ou maladie d'Hirschsprung (anomalie de fonctionnement de la partie terminale de l’intestin se traduisant par une constipation ou une occlusion intestinale) ;
  • orthopédiques : au niveau des hanches et des vertèbres.

 

Aucune personne trisomique 21 ne présente l'ensemble de ces malformations qui peuvent être parfois très discrètes et parfaitement compatibles avec une vie épanouie. Une déficience intellectuelle variable, souvent légère (certaines personnes trisomiques 21 atteignant l'âge adulte savent lire et écrire avec aisance et ont une autonomie pratiquement complète quand d'autres ont une faible autonomie), une hypotonie musculaire (tous les muscles sont mous) et une laxité articulaire quasi-constantes (les articulations sont anormalement souples) sont les conséquences habituelles, souvent accompagnées de signes morphologiques et d'un risque de complications, justifiant un suivi adapté.

 

 

Les principales complications possibles incluent : maladie de Hirschsprung (cette anomalie est le résultat de l’absence de développement congénital des cellules neuroganglionnaires assurant la transmission des informations nécessaires à la régulation intestinale), syndrome de West (aussi connu sous le nom de spasmes infantiles, c’est une forme rare d'épilepsie du nourrisson, souvent causée par un mauvais fonctionnement du cerveau), épilepsies, leucémies (40 % des trisomiques peuvent en contracter), apnées du sommeil, déficits sensoriels, pathologies auto-immunes et endocriniennes (hypothyroïdie, intolérance au gluten, diabète, alopécie), vieillissement plus précoce et maladie d'Alzheimer.

En raison de l'amélioration de la santé, l'espérance de vie des personnes atteintes du syndrome de Down a constamment augmenté, à partir de 9 ans en 1900 (cela peut avoir été biaisé en raison d'une tendance culturel à institutionnaliser les personnes souffrant de troubles cognitifs au cours de cette période, combiné avec les pauvres conditions de vie et les résultats développementaux associés à bon nombre de ces institutions), 30 ans dans les années 1960, et à plus de 50 ans aujourd'hui, ce qui a entraîné une augmentation de la prévalence. Il est à noter que la trisomie 21 diminuerait le risque de développer des tumeurs solides. Cela serait, au moins pour les cancers intestinaux, la surexpression d’un gène présent en trois exemplaires (du moins dans un modèle expérimental de souris de laboratoire caractérisée par une centaine de gènes orthologues du chromosome humain 21), qui réprime (de 44 % chez cette souris) la croissance tumorale dans les cancers intestinaux.

 

Les conséquences de la trisomie 21 dépendent beaucoup de facteurs individuels et familiaux, comme pour tous les enfants, mais aussi de la qualité de la pertinence des rééducations précoces ou pas, des accompagnements spécifiques et du regard porté sur la personne porteuse de trisomie 21. Par ailleurs lorsque l'adulte éducateur pense que l'enfant n'arrivera pas à un niveau d'autonomie sur un point précis, la probabilité est plus forte que l'enfant en effet n'y arrive pas. Ce facteur accentue fortement les disparités entre les personnes trisomiques, les adultes éducateurs, parents en général, ayant des difficultés à imaginer jusqu'où leur enfant peut aller.

Les personnes porteuses de la trisomie 21 auraient une moindre activité du gyrus denté (ou corps godronné) de l'hippocampe, lui qui est impliqué dans les fonctions d'apprentissage. Ceci serait l'une des explications de la déficience variable de la mémoire de ces sujets. Par ce souci de mémoire, ils ont besoin de repères pour évoluer plus facilement : ils ont des difficultés à « s’adapter » correctement. Des gènes surexprimés seraient en cause et notamment ceux de la cystathionine bêta-synthase (CBS), DSCR1 et DYRK1A (à l’origine d’altérations morphologiques et comportementales observées chez des souris porteuses de trois copies de ce gène. Ce gène code pour une enzyme impliquée dans de nombreux processus de signalisation qui s’effectuent dans la cellule nerveuse). Plusieurs anomalies du fonctionnement interne de la cellule ont été identifiées et sont potentiellement impliquées dans le retard mental.

D'une manière générale, on peut noter que la trisomie 21 entraîne un développement neuronal différent, avec une quantité de connexions plus faibles que pour les personnes non porteuses. Ceci entraîne une capacité de traitement des informations plus faible, et donc un délai de traitement plus long. On observe donc très souvent chez la personne porteuse de trisomie 21 un temps de latence, plus ou moins important, entre l'information reçue et la réaction à celle-ci. Ceci explique aussi en partie les difficultés d'expression rencontrées par les personnes porteuses de trisomie 21, qui mettent souvent un peu de temps à exprimer de manière claire ce qu'elles veulent dire. Cet état de fait peut amener certains à écrire : « Entre autres règles de communication, il est recommandé de s'exprimer par des phrases claires et concises, de répondre aux questions avec pertinence et dans un délai court ».

Il est généralement admis que des rééducations précoces en orthophonie et kinésithérapie sont utiles. Au Brésil, il est préconisé jusqu'à 4 heures de kinésithérapie par semaine pour le bébé porteur de trisomie 21, de façon à ce qu'il puisse aller à l'école au même âge que les autres et avec les mêmes capacités motrices. Cette approche est vue comme très contraignante pour l'enfant en France. Autant que possible il est conseillé de ne pas cantonner les enfants trisomiques à la fréquentation d'un milieu spécialisé : de nombreuses études montrent que le contact de l'école et d'enfants sains a une influence extrêmement positive sur le développement général et sur le quotient intellectuel du sujet atteint de trisomie (QI allant de 20 à 80 environ, selon divers paramètres, notamment les stimulations intellectuelles offertes par l'environnement ; certains ont un QI dit « normal », supérieur à 70). Avec une prise en compte de leurs insuffisances physiologiques et en les traitant comme les êtres pensants et aimants qu'ils sont, la médecine parvient aujourd'hui à leur donner une espérance de vie presque normale et il n'est pas rare qu'ils prennent une place dans la vie active. Certains trisomiques sont capables de s'intégrer à la société de façon autonome à l'âge adulte. Ainsi, Pablo Pineda fut la première personne trisomique à obtenir une licence en psychopédagogie, conseiller social à la mairie de Malaga et enseignant, élu « personnalité de l'année » par le journal El Pais 2004. Nommé en 2009 au festival de San Sebastian pour son rôle dans le film Yo tambien (Daniel a 34 ans et travaille dans un centre social à Séville où il fait la connaissance de la jeune et indépendante Laura. Leur amitié se fait instantanément. Mais Daniel est différent… et cette amitié devient l’objet de toutes les attentions au travail et dans leurs familles. La situation ne manque pas de se compliquer quand Daniel tombe définitivement amoureux de Laura. Refusant de se plier aux convenances sociales, Daniel et Laura finiront par construire une amitié unique comme aucun d’eux n’a jamais connu), il définit la trisomie comme « une caractéristique personnelle supplémentaire ». De même, Angela Bachiller, est devenue conseillère municipale à la municipalité de Valladolid (Espagne) ; Dr Karen Gaffney est devenue la première personne à vivre avec le syndrome de Down à recevoir un doctorat ès lettres (présenté par l'Université de Portland en 2013) ; Nathalie Nechtschein, écrivain et poétesse française, dont l'un des textes se retrouve sur l'album D'Elles de Céline Dion ; Chris Burke, acteur américain connu pour avoir joué pendant quatre saisons le rôle de Corky dans la série télévisée Corky, un adolescent pas comme les autres (1989) ; Stéphane Ginnsz, premier acteur trisomique à obtenir, en 1995, le premier rôle dans un film intitulé Duo (racontant l'histoire d'un jeune garçon trisomique amoureux d'une violoniste et dont le rêve est de pouvoir un jour l'accompagner au piano), vainqueur du prix Martin Scorsese et du prix Warner Bros Pictures, finaliste au Festival international de films de Chicago pour les enfants (le tout en 1996) ; Pascal Duquenne, acteur, lauréat (ex-æquo avec Daniel Auteuil) du prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes 1996 pour son interprétation dans le film Le Huitième Jour ; Luke Zimmerman, acteur américain qui joue dans la série La Vie secrète d'une ado ordinaire (qui a débuté en 2008 et qui est arrivée maintenant à la quatrième saison) ; Tommy Jessop, acteur britannique qui en 2012 joua Hamlet professionnellement.

 

La recherche tente actuellement non pas de supprimer les chromosomes en trop, mais d'annuler leur influence. Plusieurs résultats expérimentaux récents désignent certains gènes du chromosome 21, présents en 3 exemplaires au lieu de 2 dans la trisomie 21, comme des cibles thérapeutiques potentielles. Le but est de réduire l’expression de ces gènes pour arriver à une réduction suffisamment importante des troubles, augmenter la capacité cognitive des personnes porteuses de trisomie 21 et leur permettre de vivre en réelle autonomie.

Plusieurs pistes thérapeutiques sont actuellement à l’étude, dont certaines donnent déjà lieu à des essais cliniques : l’un concerne l’enzyme DYRK1A, l’autre concerne le neurotransmetteur GABA (principal neurotransmetteur inhibiteur du système nerveux central chez les mammifères et les oiseaux, soupçonné d’avoir une part active dans le déficit mental de la trisomie 21 : on note l’existence de troubles de la transmission nerveuse GABA dans le cerveau de souris modèles de trisomie 21. Elles ont montré que l’inhibition des récepteurs GABA entraînait une quasi-disparition de ces troubles, en particulier des troubles de mémoire). Par ailleurs, la Fondation Lejeune (en 1959, Jérôme Lejeune découvrit la cause de la trisomie 21) a déposé en 2011 un brevet sur une famille de molécules potentiellement thérapeutique, pouvait désinhiber l’enzyme CBS. Chez la souris de laboratoire traitée dès la naissance, un agoniste de la signalisation hedgehog (protéine impliquée dans le développement embryonnaire, elle joue un rôle important dans la mise en place du plan de l'organisme, dans le développement embryonnaire tant chez les vertébrés que chez les non vertébrés) améliore le comportement et les résultats à l'épreuve du labyrinthe de Morris (dispositif aquatique circulaire très utilisé en neurosciences comportementales pour évaluer la mémoire).

 

 

La tétrasomie/pentasomie complète d'un individu est due à la non-disjonction lorsque les cellules se divisent (méiose I ou II) pour former l'œuf et les spermatozoïdes (gamétogenèse). Après la fécondation, le fœtus résultant a 48 chromosomes (pour la tétra-, une "paire" à 4 chromosomes ; pour la pentasomie, 50 chromosomes, soit une "paire" à 5 chromosomes) au lieu de 46.

 

  • Syndrome de Pallister-Killian (également tétrasomie 12p en mosaïque) : maladie génétique rare chez l'humain (environ 1 naissance sur 25 000), elle est due à la présence anormale d'un isochromosome (chromosome qui a perdu un de ses bras et l'a remplacé par une copie exacte de l'autre bras) 12p supplémentaire (dans la plupart des cas d'origine maternelle), le bras court du douzième chromosome. Ses caractéristiques comprennent divers degrés de déficience intellectuelle, l'épilepsie, l’hypotonie, l’hypopigmentation et l'hyperpigmentation. Les patients présentent également une structure du visage distinctif, caractérisée par un front haut, des cheveux clairsemés sur les tempes, un large espace entre les yeux et un nez plat. Les patients peuvent également présenter des anomalies cardiaques congénitales, un reflux gastro-oesophagien, des cataractes et des mamelons surnuméraires.
  • Le syndrome de duplication inversée 15q11 ou syndrome du chromosome 15 isodicentrique (1 naissance sur 30 000) est caractérisé par une hypotonie centrale précoce (diminution du tonus musculaire), un retard de développement, un déficit intellectuel, une épilepsie et des troubles du spectre autistique (TSA). Les troubles du développement et le déficit intellectuel sont en général modérés ou profonds et touchent tous les porteurs. Le langage expressif est absent ou très pauvre, souvent écholalique (tendance spontanée à répéter systématiquement tout ou une partie des phrases). La compréhension est très limitée et contextuelle. L'intention de communiquer est absente ou très limitée. Les troubles particuliers du comportement, observés chez l'enfant et l'adolescent s'apparentent aux TSA. Une épilepsie peut se manifester entre l'âge de 6 mois et 9 ans, sous diverses formes de crises souvent rebelles. La dysmorphie faciale, quand elle existe, est discrète et les malformations majeures sont rares. Des troubles de l'alimentation ont été rapportés chez le nourrisson.
  • Syndrome Schmid-Fraccaro ou syndrome des yeux de chat (ou cat eye syndrome ou inversion duplication 22q11) : trisomie ou tétrasomie extrêmement rare (1 naissance sur 74 000) due à la présence d'un petit chromosome supplémentaire provenant du chromosome 22. Il se caractérise par une association de malformations congénitales dont les plus fréquentes sont par ordre décroissant : une atrésie anale, c’est-à-dire une occlusion/fermeture de l'anus, plus ou moins complète, avec présence de fistules ; un colobome de l'iris, c’est-à-dire un défaut de fermeture de l'iris, qui rappelle la forme de la pupille du chat et qui donne son nom au syndrome, même si la moitié des patients atteints n'ont pas de colobome ; une fente vélo-palatine [absence de chair affectant le voile et le palais osseux jusqu’au rebord alvéolaire des incisives et exposant le vomer (os du pied de la cloison nasale) de la voûte buccale, cette fente constituant une large communication bucco-nasale] ; des malformations cardiaques congénitales, avec notamment des anomalies du retour veineux pulmonaire et une tétralogie de Fallot [sténose, rétrécissement, de la voie d'éjection du ventricule droit ; présence d'une communication entre le cœur droit et le cœur gauche à travers la cloison séparant les deux ventricules (septum interventriculaire)] ; des malformations rénales, comme absence d'un ou des deux reins, hydronéphrose (augmentation du volume du bassinet, des calices et aussi le plus souvent du rein, empêchant l'urine de s'écouler normalement), reins surnuméraires ou hypoplasiques ; des hernies ; des malformations auriculaires avec des atrésies du canal auditif externe. Un déficit intellectuel, souvent modéré, est présent chez un tiers des patients.
  • Tétrasomie 18p (1 naissance sur 180 000) : anomalie chromosomique structurale caractérisée par un déficit intellectuel modéré à sévère, un retard de croissance pré et postnatal, des signes pyramidaux, une dysmorphie crânienne particulière et des malformations rénales.
  • Tétrasomie 9p : maladie génétique rare due à l'inclusion d'un isochromosome du bras court du chromosome 9.

 

 

Les anomalies caryotypiques impliquant le chromosome Y sont assez fréquentes, mais il existe très peu de cas signalés de trisomie, tétrasomie ou pentasomie du chromosome Y (et X). Tous les cas, cependant, semblent présenter un certain degré de retard mental et des dysmorphies faciales mineures.

Comme la femelle mammifère possède deux chromosomes X, et le mâle un seul, il est nécessaire d’inactiver l’un des chromosomes X [inactivation réalisée par la non-transcription de l'hétérochromatine (forme sous laquelle se présente l'ADN dans le noyau, ici à l’état condensé) du chromosome X inactif]. Ce chromosome, contrairement au chromosome Y, possédant de nombreux gènes impliqués dans le fonctionnement des cellules, sans l'inactivation la femelle produirait donc deux fois plus de certaines protéines que le mâle. Le choix du chromosome X se fait au hasard juste après l'implantation de la blastula (ou blastocyste : stade du développement embryonnaire précoce des mammifères, de 5 à 7 jours chez l'Homme) dans la paroi utérine.

Chez les mammifères ou la drosophile, le chromosome Y ne comporte que très peu d'information, 105 gènes). Le chromosome X quant à lui en comporte bien plus (950 gènes). Mais la majorité de ces gènes ne sont pas impliqués dans les caractéristiques sexuelles. Ce sont par exemple des gènes de métabolisme ou de ménage (gènes qui sont exprimés de façon à peu près identique dans toutes les cellules d'un organisme, quelles que soient les conditions). Chez la femelle, il y a donc deux allèles pour les gènes portés par X, alors qu'il n'y en a qu'un chez le mâle, d'où un problème de dosage génique. De fait, chez les mammifères l'expression d'un des deux chromosomes X de la femelle est réprimée, pour compenser le seul chromosome X mâle. Chez les mammifères, le processus qui consiste pendant l'embryogenèse à réprimer l'expression d'un des deux chromosomes X, en le mettant sous forme d'hétérochromatine facultative (formant le corpuscule de Barr) est appelé lyonisation. Alors que l'inactivation est réalisée au hasard chez la plupart des mammifères, chez les marsupiaux elle est appliquée uniquement au X paternel.

Des observations récentes ont indiqué une diminution moyenne de 10 à 15 points de QI pour chaque chromosome X supplémentaire.

 

Bien que rarement vues avec des autosomes, certaines aneuploïdies atteignent les chromosomes sexuels, X ou Y [appelés hétérochromosomes ou gonosomes : les deux chromosomes X de la femme sont homologues, mais le chromosome Y n'est homologue que dans une petite région avec le chromosome X (= régions pseudo-autosomiques)]. Chez les échidnés (mammifères qui partagent avec les ornithorynques – au sein de l'ordre des monotrèmes, à la fois ovipares et mammifères : ils pondent des œufs mais allaitent leurs petits – un mélange de caractères reptiliens et mammifères typiques), ce genre d'arrangement chromosomique est normal : 63,XXY pour les mâles ; 64,XXXX pour les femelles.

Les anomalies sur les chromosomes sexuels se produisent dans au moins 1 naissance sur 400 et comprennent les caryotypes 47,XXX ; 47,XXY ; 47,XYY ; et 45,X. La visualisation d'aneuploïdie touchant le chromosome X peut être réalisée par l'absence ou la présence d'hétérochromatine « femelle » (corpuscule de Barr) dans les noyaux des cellules en interphase lors de l'étude d'un frottis buccal (technique développée dix ans avant le rapport de la première aneuploïdie sexuelle). La technique analogue pour visualiser les aneuploïdies sur le chromosome Y par la présence excessive d'hétérochromatine « mâle » ne fut pas développée avant 1970 (dix ans après la première aneuploïdie sur les chromosomes sexuels).

L'ajout de plus d'un chromosome X ou Y supplémentaire (tétrasomie) se produit rarement (sujets qui sont tous identifiés après la naissance), et peu d'informations sont disponibles dans la littérature médicale concernant les 48,XXXX ; 49,XXXXX ; 48,XXYY ; 48,XXXY ; 49,XXXXY ; 49,XXXYY ; 48,XYYY ; 49,XYYYY ; et 49,XXYYY.

Une relation directe entre le nombre de chromosomes sexuels supplémentaires et la gravité du phénotype est généralement admise. Les symptômes peuvent être relativement mineures ou plus graves. Ils peuvent inclure des difficultés d'apprentissage, des difficultés sociales, des malformations cardiaques congénitales, et différents attributs physiques communs à de nombreuses anomalies chromosomiques.

 

Le syndrome de Turner (1 naissance féminine sur 2 500, ou 1 naissance sur 5 000) est une maladie chromosomique rare (98 % des grossesses débouchent sur une fausse couche précoce) caractérisée par une monosomie partielle (dans un cas sur quatre, deux chromosomes X sont présents, mais l'un des deux est incomplet) ou totale au niveau de la paire de chromosomes sexuels (génotype X0, le phénotype étant presque toujours féminin). Dans plus de la moitié des cas on retrouve à la fois des cellules 45,X et des cellules 46,XX : il s'agit alors d'un syndrome de Turner en mosaïque (dans 40% des cas, toutes les cellules sont concernées par cette absence du chromosome X, caryotype dit 45,X). Dans de très rares cas un caryotype mêlant des cellules 45,X et 46 XY peut donner un phénotype masculin.

Le chromosome X provient de la mère, ceci pouvant être dû à une non-disjonction chez le père.

Le syndrome de Turner est caractérisé par :

  • à la naissance, il se manifeste par une petite taille (quasi constante) et en général, un gonflement du dos, des mains et des pieds ainsi qu'un cou à l'aspect palmé caractéristique (pterygium colli) ;
  • un syndrome d'infantilisme quasi constant avec impubérisme ou dysgénésie gonadique (absence ou insuffisance de développement de l'ovaire) ; dans certains cas, une puberté et une fertilité spontanées peuvent se développer (principalement dans le cas de Turner en mosaïque) ;
  • une dysmorphie cranio-faciale (souvent modérée, voire absente) : visage triangulaire, hypoplasie du maxillaire inférieur, rétrognatie, oreilles basses ;
  • des cheveux implantés bas, un cou court, un thorax large « en bouclier » (pectus excavatum), un écartement mamelonnaire ;
  • un risque accru de malformations cardiaques et rénales ; un risque accru d'atteintes de la thyroïde ; un risque accru d'atteintes ORL, notamment d'otites à répétition durant la petite enfance pouvant entraîner une perte d'audition plus ou moins sévère.

 

La trisomie X (Syndrome Triple X ou aneuploïdie 47,XXX) est l'anomalie chromosomique féminine la plus fréquente, avec une prévalence d’une naissance sur 1 000 (la plupart des femmes concernées n'étant que peu touchées ou asymptomatiques, on estime que 10% seulement des patientes ayant une trisomie X seraient actuellement diagnostiquées). La fille possède trois chromosomes X, le chromosome supplémentaire étant toujours donné par la mère (le risque augmente avec l'âge). Cette anomalie chromosomique se déclenche lors de la méiose, à l’occasion de la division des gamètes des parents (20% des cas environ sont dus à une non-disjonction post-zygotique). Cette mauvaise répartition peut se produire tant lors de l'ovogenèse (anaphase I ou anaphase II) que lors de la spermatogenèse (anaphase II uniquement, lorsque le chromosome X double paternel se sépare en deux chromosomes X simples et que les deux copies partent du même côté de la cellule). Le phénotype de la trisomie X serait dû à une surexpression de gènes du chromosome X échappant à l'inactivation du deuxième X maternel. En raison de la lyonisation (inactivation) et de la formation d'un corpuscule de Barr (ou chromatine sexuelle : hétérochromatine sexuelle appliquée contre la face interne de l'enveloppe nucléaire de la plupart des cellules somatiques chez les femelles de mammifères. Il correspond à l'un des deux chromosomes X inactivé, indifféremment d'origine maternelle ou paternelle) dans toutes les cellules femelles, un seul chromosome X est actif à tout moment. Ainsi, le syndrome Triple X n’a le plus souvent que des effets légers, ou n'a pas d'effets insolites du tout (parfois, on observe un léger retard dans l'acquisition de la marche, une acquisition du langage un peu tardive, des difficultés scolaires et une tendance à l'isolement). Les femmes atteintes de trisomie X sont typiquement grandes [dû à la présence du gène SHOX (gène responsable de la taille, présent sur le bras court de X, et donc ici en 3 exemplaires) qui est alors surexprimé] et peuvent avoir des cycles menstruels irréguliers. Les retards moteur et du langage sont plus fréquents dans la trisomie X avec un risque élevé de troubles cognitifs et de l'apprentissage en âge scolaire (allant rarement jusqu'au retard mental). Des troubles psychologiques, en particulier des troubles de l'attention, de l'humeur (anxiété et dépression), et de l'adaptation sont aussi plus fréquents que dans la population générale.Une épilepsie, des anomalies rénales et génito-urinaires, et une insuffisance ovarienne primaire peuvent être associées. La plupart des femmes avec un syndrome triple X ont un développement sexuel normal et sont capables de concevoir des enfants sains.

 

 

Dans le Syndrome de Jacob, l'enfant de sexe masculin possède un chromosome Y en double exemplaire, et un chromosome X (XYY). Le chromosome Y supplémentaire est dû à un problème au cours de la spermatogenèse chez le père (environ un homme sur 850 développe au moins un spermatozoïde double Y). Une erreur dans la séparation des chromosomes durant la métaphase II de la méiose appelée non-disjonction peut faire apparaître des cellules germinales avec une copie supplémentaire du chromosome Y. Si un de ces spermatozoïdes atypiques intervient dans une fécondation, l'enfant aura un chromosome Y supplémentaire dans toutes ses cellules. Dans certains cas, l'erreur se produit au niveau de la division cellulaire de la mitose post-zygotique au début du développement embryonnaire. Ceci peut produire une mosaïque entre 46,XY et 47,XYY. Le syndrome touche 1 naissance mâle pour 1 000.C’est la dernière des aneuploïdies touchant les chromosomes sexuels découverte (47,XXY ; 45,X et 47,XXX furent découverts deux ans plus tôt en 1959 ; même le cas très rare de 48,XXYY avait été mis en évidence un an auparavant en 1960).

Les personnes concernées ont un phénotype normal et une grande partie ne connaissent même pas leur caryotype. La plupart du temps, la présence d'un chromosome Y supplémentaire ne s'accompagne pas de traits physiques inhabituels ni de problèmes médicaux (dans la mesure où le syndrome XYY n'est pas caractérisé par des traits physiques distinctifs, l'anomalie n'est souvent relevée que lors d'analyses génétiques effectuées dans un autre but). Au stade de l'enfance, les enfants ont une croissance accélérée avec, en moyenne, une taille finale qui sera supérieure de 7 cm à celle attendue (les gènes SHOX ont été avancés comme cause possible de la stature élevée vue dans les trois trisomies des chromosomes sexuels : 47,XXX ; 47,XXY ; et 47,XYY). Un retard de développement des habiletés motrices (comme s’asseoir et marcher), un faible tonus musculaire (hypotonie), des tremblements des mains ou d'autres mouvements involontaires (tics moteurs), et des difficultés comportementales et émotionnelles (telle l’impulsivité) sont également possibles, mais ces caractéristiques varient largement entre les garçons et les hommes touchés (un petit pourcentage d'hommes avec ce syndrome sont diagnostiqués avec des troubles du spectre autistique). Les niveaux prénatal et postnatal de testostérone sont normaux. Beaucoup d'hommes atteints du syndrome ont un développement sexuel et une fertilité normale.

La moitié des enfants atteints du syndrome 47,XYY ont des problèmes d'apprentissage et un retard dans le développement du langage. Toutefois, contrairement aux autres aneuploïdies des chromosomes sexuels [47,XXX ; 45,X (syndrome de Turner) ; et 47,XXY (syndrome de Klinefelter)], les tests de QI des garçons 47,XYY ne sont pas plus faibles que ceux de la population générale [pour les enfants atteints des anomalies 47,XXY (garçons) et 47,XXX (filles), les scores aux tests de QI sont en moyenne entre 10 et 15 points en dessous des résultats de leurs frères et sœurs, cependant cet écart (12 points en moyenne) est celui qui est habituellement observé entre des enfants d'une même famille].

Dans les années 1960 et 1970, une idée fausse voulait que les hommes possédant un caryotype XYY aient tendance à avoir un comportement criminel. En décembre 1965 et mars 1966, Nature et The Lancet avaient publié les premiers rapports préliminaires d'une enquête de chromosomes de 315 patients de sexe masculin de l'hôpital d'état de Carstairs (seul hôpital de sécurité spéciale du Lanarkshire, Ecosse), où l’on a trouvé 9 patients ayant un caryotype 47,XYY, mal interprétés comme des criminels agressifs et violents. En janvier 1968 et mars 1968, le Lancet et le Science publièrent les premiers rapports des États-Unis, où la biochimiste Mary Telfer trouva cinq grands garçons et hommes XYY avec une déficience mentale dans les hôpitaux et les établissements pénitentiaires de Pennsylvanie. Après avoir appris que le meurtrier de masse Richard Speck avait été caryotypé, Telfer non seulement supposa à tort que Speck était XYY (il avait de l’acné comme quatre des cinq, qui avaient au moins de l'acné modérée sur le visage), mais elle arriva à la fausse conclusion que Speck était l’archétype du mâle XYY (ou « supermâle » comme Telfer l’a appelé), et que l'acné était une caractéristique déterminante du syndrome XYY (en mai 1969, à la réunion annuelle de l'American Psychiatric Association, Telfer et ses collègues de l'Institut Elwyn indiquèrent que des études de cas d’hommes XYY et XXY les avaient convaincus que les hommes XYY avaient été faussement stigmatisés et que leur comportement n’était pas significativement différent des hommes 46,XY chromosomiquement normaux). En décembre 1970, lors de la réunion annuelle de l'Association Américaine pour l'Avancement des Sciences (AAAS), son président sortant, le généticien H. Bentley Glass, ravi par la légalisation de l'avortement à New York, envisagea un avenir où les femmes enceintes devraient se soumettre au gouvernement pour avorter des « déviants sexuels » XYY. La caractérisation erronée de la maladie génétique XYY a été rapidement intégrée dans les manuels de biologie du secondaire et les manuels de psychiatrie de la faculté de médecine, où la désinformation persista encore des décennies (alors qu’en août 1976, Science publia une étude rétrospective indiquant une augmentation du taux de condamnations pénales pour des crimes mineurs contre les biens chez seize XXY et douze XYY hommes nés à Copenhague entre 1944-1947, pouvant être liée à l'intelligence inférieure de ces condamnés, mais ne trouvant aucune preuve que les hommes XXY ou XYY ont tendance à être agressifs ou violents).

Ainsi, la série littéraire de Kenneth Royce The XYY Man (publiée en juin 1970 et portée à l'écran dans une série TV en Angleterre de 13 épisodes pendant les étés 1976 et 1977) met en scène un homme dont le caryotype est XYY, l'anti-héros William « Spider » Scott (recruté par les renseignements britanniques pour des missions dangereuses) dont le chromosome supplémentaire est pointé du doigt comme étant responsable de son ancienne carrière en tant que cambrioleur de très haut niveau (quoique non violent). Dans le film Alien3 (1992), la protagoniste atterrit sur une planète prison peuplée de criminels au caryotype XYY, avec le sous-entendu qu'ils sont plus enclins aux crimes et viols. Dans l'épisode Born Bad (novembre 1993) de la série New York, police judiciaire, la stratégie de la défense de Chris Pollit, un jeune homme de quatorze ans accusé d'avoir battu à mort un autre garçon, repose sur son chromosome Y supplémentaire. Des experts sont appelés pour témoigner du fait que le syndrome XYY est très commun parmi la population pénitentiaire, mais ils admettent plus tard que leurs études ne sont pas complètes. La psychologue appelée à la barre par le procureur met un point d'honneur à préciser que cette théorie n'est pas prouvée et que la communauté scientifique ne la soutient pas. Même en 2007, l'épisode final (Born To Kill) de la saison de la série américaine CSI: Miami représentait un tueur en série XYY de 34 ans. Pour autant, Robin Chapman, scénariste de la série fiction Doomwatch (1970 - 1972) diffusée sur la BBC, dépeint dans un épisode (By the pricking of my thumbs, 1971) les conséquences tragiques de cette idée reçue prise comme vérité générale par les figures de l'autorité : un garçon XYY était expulsé de l'école parce que son état génétique lui avait valu d'être accusé à tort d’avoir presque aveuglé un autre garçon. Dans la série de jeu Hitman, on apprend dans le premier volet (Hitman: Codename 47, 2000) que le tueur à gages « Ultime code 47 » porte ce nom car son créateur a enfin percé les secrets qui entourent le chromosome 47.

 

 

Le syndrome de Klinefelter regroupe un ensemble d'anomalies chromosomiques caractérisées par la présence d'au moins un chromosome X supplémentaire dans un caryotype masculin 46,XY.

L'aneuploïdie 47,XXY est l'affection chromosomique sexuelle la plus fréquente, avec une prévalence d’une naissance sur 650 hommes. D'autres aneuploïdies des chromosomes sexuels ont été décrites mais sont moins fréquentes, les caryotypes 48,XXYY et 48,XXXY touchant de 1/50 000 à 1/17 000 naissances de garçons. Quant à l'incidence du caryotype 49, XXXXY, elle est comprise entre 1/100 000 et 1/85 000 naissances de garçons.

Les effets sur le phénotype physique et sur le développement physique et cognitif sont d'autant plus importants que le nombre de X supplémentaires est élevé ; chaque X supplémentaire est associé à une baisse de Quotient Intellectuel d'environ 15 à 16 points, le langage étant le plus affecté, et notamment les capacités d'expression.

 

Dans l'aneuploïdie 47,XXY, l'individu possède deux chromosomes féminins X et un chromosome masculin Y (le chromosome X supplémentaire peut provenir aussi bien du père que de la mère). L'enfant est de sexe masculin – dans la plupart des cas, mais peut aussi être de sexe féminin ou indéfini/intersexué (malformations probables) – mais potentiellement infertile (3,1% des mâles infertiles ont ce syndrome). Dans 10 à 20 % des cas, l'individu est composé d'une mosaïque de cellules, certaines ayant 46 chromosomes (XY) et d'autres 47 (XXY).

Les origines de cette particularité se trouvent lors de la méiose des gamètes des parents du sujet, lorsque les chromosomes sexuels ne se répartissent pas normalement. L'âge maternel élevé semble constituer un facteur de risque, car il augmente la proportion de méioses anormales, produisant des ovules avec deux chromosomes X au lieu d'un seul. La non-disjonction se produit lorsque les chromosomes homologues, dans ce cas, les chromosomes sexuels X et Y, ne parviennent pas à se séparer, produisant un sperme avec un chromosome X et Y. La fertilisation d’un oeuf normal (X) produit une descendance XXY. Un autre mécanisme pour retenir le chromosome X supplémentaire est un événement de non-disjonction lors de la méiose II chez la femelle. La non-disjonction se produit lorsque les chromatides sœurs sur le chromosome sexuel (dans ce cas, un X et un X) ne parviennent pas à se séparer. Un oeuf de XX est produit qui, lorsqu'il est fécondé par un spermatozoïde Y, donne une progéniture XXY.

Un autre groupe nommé « mosaïque » trouve ses origines lors de la mitose (à peu près 10 % des cas de syndrome de Klinefelter). Les individus dits « mosaïque » n'ont pas toutes les cellules atteintes par la particularité chromosomique et sont donc pour certains en mesure d'avoir des enfants. Ce syndrome est l’aneuploïdie des chromosomes sexuels la plus commune chez les hommes (environ un individu masculin sur 500) et la deuxième condition la plus fréquente causée par la présence de chromosomes surnuméraires. D'autres mammifères ont également le syndrome XXY, y compris les souris (la présence de calicots ou de marques d’écaille chez les chats mâles marque également ce syndrome). De nombreux individus portent ce caryotype sans être réellement affectés (hormis leur infertilité potentielle). Le caryotype 47, XXY (80 % des cas de Klinefelter) est à distinguer des caryotypes 48,XXXY, 48,XXYY et 49,XXXXY et autres mosaïques qui présentent alors d'autres conséquences que celles précitées et qui constituent 20 % des syndromes. Moins de 10 % de ces syndromes sont diagnostiqués avant l'âge adulte et il est probable que seul un quart des cas soit dépisté.

Les manifestations du syndrome, liés à une mauvaise sécrétion de testostérone, sont variables d'un individu à l'autre et ne deviennent généralement visibles qu'à partir de la puberté. On constate dans le cadre de ce syndrome une taille en moyenne plus grande que la fratrie, un retard pubertaire possible, une possibilité durant l'enfance de troubles d'apprentissage du langage ou de la lecture, une taille des testicules plus petite à partir de la puberté, une possibilité à l'adolescence s'il existe un manque en testostérone d'une faible pilosité, un manque de tonus musculaire, du développement des glandes mammaires ou gynécomastie, un émail dentaire fragile et une ostéoporose à l'âge adulte. L'expression de ce syndrome est donc atypique, ce qui en explique le retard fréquent du diagnostic, qui est souvent fait uniquement dans le cadre d'une recherche de stérilité. Le risque de cancer du sein est majoré ainsi que celui de maladie thrombo-embolique, de diabète ou d'ostéoporose. La mortalité globale est augmentée, essentiellement de causes cardio-vasculaires, neurologiques ou pulmonaires (le roi Charles II d'Espagne – dit l’Ensorcelé, 1661-1700 : il fut roi des Espagnes, des Indes, de Naples, de Sardaigne et de Sicile, duc de Bourgogne et de Milan et souverain des Pays-Bas – souffrait de cette « maladie », ce qui provoqua la fin de la dynastie espagnole des Habsbourg ; le tueur en série Francis Heaulme en est également atteint).

 

Les variantes du syndrome de Klinefelter sont (même si des risques accrus de malformations congénitales, des problèmes médicaux additionnels et l'implication psychologique plus complexe les distinguent de ce syndrome) :

  • XXYY : caractérisée par la présence d'un chromosome X et d'un chromosome Y supplémentaires chez un garçon, elle a une incidence annuelle d’une naissance masculine sur 18 000 à 40 000. Cette variante partage avec le syndrome le phénotype clinique (grande taille, infertilité, microorchidie, hypogonadisme hypergonadotrope) mais auquel s'ajoutent des troubles comportementaux (anxiété, agressivité, difficultés de communication), psychiatriques (hyperactivité, dépression...), des troubles de langage et d'apprentissage en général légers (difficulté de lecture, dyslexie) et parfois un déficit intellectuel léger (QI moyen à 77). Un retard du développement moteur, souvent associé à une hypotonie, est fréquent. Une très légère dysmorphie faciale, non spécifique, (hypertélorisme, plis des épicanthus, asymétrie faciale, occiput plat...) et d'autres caractères dysmorphiques (clinodactylie, pieds plats, déviation du coude en cubitus varus...) sont plus fréquents que dans le syndrome de Klinefelter. Des malformations congénitales cardiaques et squelettiques (synostose radio-ulnaire...) peuvent être également présentes. Des troubles neurologiques (épilepsie), dentaires (anomalies de l'émail, retard d'éruption dentaire, taurodontisme), ophtalmologiques (strabisme) et digestifs (reflux gastro-oesophagien, constipation) sont courants pendant l'enfance. Avec l'âge, d'autres manifestations peuvent apparaître tels que des tremblements, une scoliose, une obésité, un diabète de type 2 et/ou des troubles respiratoires (asthme, infections respiratoires). L'étiologie la plus probable est la non-disjonction des chromosomes homologues (lors de la première division méiotique) ou des chromatides soeurs (lors de la deuxième division méiotique) pendant la spermatogénèse. Le risque de récurrence est très faible, les cas de 48,XXYY étant sporadiques.
  • XXXY : caractérisée par la présence de deux chromosomes X supplémentaires chez un garçon, elle a une incidence annuelle d’une naissance masculine sur 50 000. Le syndrome 48,XXXY diffère du syndrome de Klinefelter par un déficit intellectuel modéré avec un QI moyen à 50, par une hypoplasie génitale plus marquée (microorchidie, micropénis, hypoplasie du scrotum) et par une dysmorphie faciale plus fréquente (nez plat, épicanthus, prognathisme, cou court, hypertélorisme, asymétrie faciale). D'autres caractères dysmorphiques (clinodactylie du cinquième doigt, coxa valga...) sont souvent associés. Des malformations congénitales squelettiques (cyphoscoliose, synostose radio-ulnaire, dysplasie épiphysaire) peuvent être également présentes ainsi que des anomalies génitales (cryptorchidisme) et une gynécomastie. Avec l'âge, d'autres manifestations peuvent apparaître tels que des arthropathies, une obésité, des troubles du comportement (hyperactivité, irritabilité, anxiété, immaturité, passivité, colère, troubles de communication et de socialisation) et un retard du langage. L'étiologie la plus probable est la non-disjonction des chromosomes homologues (lors de la première division méiotique) ou des chromatides soeurs (lors de la deuxième division méiotique) dans les cellules germinales parentales. Les mosaïques avec d'autres polygonosomies ne sont pas rares (48,XXXY/ 48, XXYY/ 49,XXXXY).
  • XXXXY : caractérisée par la présence de trois chromosomes X supplémentaires chez un garçon, elle a une incidence annuelle d’une naissance masculine sur 85 000 à 100 000. Le syndrome 49,XXXXY diffère du syndrome de Klinefelter par un QI variable avec un déficit intellectuel souvent léger pendant l'enfance mais avec une détérioration progressive (modérée à sévère) avec l'âge (QI variable entre 70 et 20), par l'absence d'une grande taille avec une croissance retardée parfois déjà in utero et en dessous du troisième percentile après la naissance et parfois par une petite taille avec un déficit en hormone de croissance. L' hypogonadisme est sévère avec un micropénis, une microorchidie, une hypoplasie du scrotum et une cryptorchidie mais la gynécomastie n'est pas habituelle. Une dysmorphie faciale remarquable (hypertélorisme, nez large et plat avec une ensellure nasale déprimée, fentes palpébrales en haut et en dehors, épicanthus, prognathisme, oreilles peu ourlées, cou court) et d'autres caractères dysmorphiques (cubitus valgus, pieds plats, clinodactylie du cinquième doigt, laxité ligamentaire) sont fréquents. Des malformations congénitales cardiaques (canal artériel...), squelettiques (synostose radio-ulnaire, dysplasie polyépiphysaire, coxa valga, cyphoscoliose, luxation des hanches et des genoux), cérébrales (hypoplasie du cours calleux, arrhinencéphalie) et des malformations rénales (hypoplasie rénale) peuvent être également présentes. Une hypotonie axiale est souvent fréquente dans l'enfance. Avec l'âge, le déficit intellectuel s'aggrave associé à un retard de langage, souvent important. Un strabisme et une myopie sévère et progressive peuvent apparaître pouvant aboutir à une baisse de la vision. Des troubles du comportement à type de timidité peuvent également apparaître. L'étiologie est la non-disjonction des chromosomes homologues (lors de la première division méiotique) ou des chromatides soeurs (lors de la deuxième division méiotique) dans les cellules germinales maternelles.

 

 

La tétrasomie X (syndrome XXXX ou 48,XXXX) est une anomalie du chromosome sexuel X, due à la présence de deux chromosomes X surnuméraires chez des femmes (48,XXXX au lieu de 46,XX). Elle résulte d'un défaut dans la méiose, lorsque les chromosomes homologues X ne parviennent pas à se séparer dans la formation de l'œuf ou du sperme.La prévalence est inconnue, et 40 cas environ ont été rapportés dans la littérature jusqu'ici. La tétrasomie X est associée à un retard du langage, des troubles de l'apprentissage, un retard du développement et une dysmorphie faciale. Bien que la sévérité du syndrome soit variable, les troubles de l'apprentissage et le retard du développement sont en général légers ou modérés. Les traits dysmorphiques associés sont, en général, un hypertélorisme (augmentation de distance entre deux organes ou parties du corps), des fentes palpébrales obliques vers le haut, des plis épicanthiques (replis verticaux de la peau qui s'étendent de la paupière supérieure au bord du nez, à l’origine des yeux bridés) et une racine du nez plate. D'autres anomalies peuvent être observées : anomalies dentaires, hypotonie avec laxité articulaire, synostose radio-cubitale [soudure entre les extrémité des os longs supérieures du radius et du cubitus, qui empêche les mouvements de pronation (prendre un objet) et de supination (tendre la main la paume vers le haut)], anomalies cardiaques, dysplasie de la hanche et dysfonctionnement ovarien. Une susceptibilité accrue aux infections dans l'enfance a aussi été rapportée.

 

On note également des pentasomies (5 chromosomes sexuels au lieu de 2).

  • XXXXX : la pentasomie X est la présence de trois chromosomes X additionnels. Environ 25 femmes dans le monde entier ont été décrites dans la littérature médicale avec cette condition extrêmement rare. La pentasomie X est associée à un retard du développement, une petite taille, des anomalies crâniofaciales et musculo-squelettiques. Les anomalies crâniofaciales peuvent être à type de microcéphalie (tête réduite), micrognathie (mâchoire réduite), plagiocéphalie (aplatissement unilatéral de la voûte crânienne), hypertélorisme (augmentation de distance entre deux organes ou parties du corps souvent utilisé pour décrire une augmentation de la distance entre les deux yeux), fentes palpébrales obliques vers le haut, racine du nez plate et malformations des oreilles. Les mains et les pieds sont en général petits, et une camptodactylie (flexion irrégulière d'un ou de plusieurs doigts), une clinodactylie (déviation latérale des doigts ou des orteils), et une synostose radio-cubitale sont fréquents. Des anomalies des immunoglobulines et une susceptibilité accrue aux infections ont aussi été rapportées. Des malformations cardiovasculaires sont possibles. Les organes génitaux externes sont en général normaux mais un dysfonctionnement gonadique a été rapporté (les ovaires sont anormalement formés, avec un petit utérus). Le profil développemental montre en général un retard du développement global et un déficit intellectuel (des observations récentes ont indiqué une diminution moyenne de 10 à 15 points de QI pour chaque chromosome X supplémentaire. Ainsi, le QI moyen des individus XXXXX a tendance à se situer entre 55 et 70), mais les troubles du langage touchent la perception moins sévèrement que l'expression. La pentasomie X est considérée comme due à des non-disjonctions méiotiques d'origine maternelle.
  • XYYYY : il n’a été recensé que 5 cas de tétrasomie Y complète (non mosaïque).

 

La trisomie 21 à travers les âges : squelettes et oeuvres matérielles

Commenter cet article

Aurélie 14/11/2014 18:53

Je n'ai pas vu le documentaire d'Arte, mais de nombreux organismes de presse ont relayé l'information depuis 11 mois. Il est difficile de ne pas être enthousiaste car ces labos sont effectivement capables d'isoler l'ADN du foetus, sans mettre les grossesses en danger. Le problème c'est que le test est mal connu et c'est peut être mieux car il n'y aurait pas assez de laboratoires en Europe pour absorber toute la demande. Pour le moment seuls quelques gynécologues en parlent à leurs patients. Espérons que le test soit mieux connu.

Aurélie 11/09/2014 10:44

Bonjour,
Votre article est extrêmement complet. A l'époque où vous l'avez écrit, vous n'aviez peut être pas l'information. Je voudrais ajouter que depuis le mois de novembre 2013, un petit nombre de laboratoires en Europe et aux Etats-Unis ont mis au point une technique de dépistage prénatal des anomalies chromosomiques les plus fréquentes à partir d'une simple prise de sang périphérique maternel. Cette technique permet de faire un premier test vers la 9 semaine de grossesse, qui sera suivi d'un prélèvement invasif (l'amniocentèse et PVC) uniquement dans les cas positifs. En France, il n'y a qu'un seul laboratoire capable de proposer ce test, ce qui est insuffisant pour pouvoir satisfaire toutes les demandes. Espérons qu'il soit suivi par d'autres.
http://expertadn.fr/le-diagnostic-prenatal-non-invasif-de-la-trisomie-21-disponible-en-france-en-novembre-2013

Collectif des 12 Singes 14/09/2014 18:37

Bonjour, Merci pour le commentaire-publicitaire ;-) On se trompe ou ça a à voir avec une info qui nous avait fait kiffé dans un docu Arte où on montrait que des formules mathématiques permettaient d’isoler le code génétique de la mère pour uniquement analyser l’ADN/le génotype du fœtus ?