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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Cromlech de Lacam de la Rigalderie (90 m de diamètre, il compte une trentaine de menhirs de calcaire de 0,80 m à 1,80 m de hauteur, espacés d'à peu près 6 m)

Cromlech de Lacam de la Rigalderie (90 m de diamètre, il compte une trentaine de menhirs de calcaire de 0,80 m à 1,80 m de hauteur, espacés d'à peu près 6 m)

*** Cet article est le résultat d’une compilation/synthèse de sources scientifiques dont les liens sont en bas de page. Malgré nos efforts, certaines de ces informations sérieuses sont peut-être datées/éculées, Merci de nous le signaler en commentaire, ça évitera de propager des hypothèses invalidées depuis x temps. ***

 

 

Au Sud des Cévennes, à l’Est du Larzac et à environ 40 km au Nord-Ouest de Montpellier, le Causse de Blandas, entre 600 et 900 m d’altitude, constitue l’une de ces concentrations remarquables qui associe dolmens et menhirs. Aucune connexion directe n’a cependant été observée, sachant que les dolmens ont été érigés aux abords de terres arables alors que les menhirs sont souvent proches de sources d’eau. On observe d’ailleurs sur toute l'étendue de ce causse de nombreux trous plus ou moins élargis, plus ou moins profonds. Il ne faut voir dans les grottes des hauts niveaux que les témoins des anciennes dérivations souterraines : ce sont des fragments de couloirs presque toujours en relation avec les cheminées ou avens du Causse. Quelques-unes portent des traces du passage de la Vis au début du quaternaire ou à la fin des temps pliocènes. On citera : dans la Virenque, celles de Grailhe, de Baoumo Ferrenco, du Garot, de la Paillère, etc. ; dans le Vissec, celles de Trouiaou, du Ferlet, des Fades, etc., toutes de très faible étendue. Dans toutes on a retrouvé soit des ossements quaternaires, soit des traces d'habitat néolithique.

Les pierres dressées sont en calcaire ou en dolomie, affichant alors des formes très déchiquetées. Isolées, elles se dressent aussi bien à mi-pentes (Serre de Gleiza), en bas de pentes (Avernat et les Combes), qu’en espace ouvert (La Trivalle). Les plus grands menhirs (entre 3 et 6 m de haut) sont généralement isolés alors que les plus petits (de 1,5 à 2,5 m de haut) sont proches des cromlechs.

Le Causse de Blandas recèle également des cercles de pierres, monuments relativement rares dans le Midi (d’autres cercles ont existé dans le Gard : La Cam de Ceyrac à Conqueyrac et le Devois-de-Tourre à Pompignan). Les cromlechs, cercles parfaits constitués de menhirs comme sur le Causse de Blandas, ne sont pas connus sur les Grands Causses. Par contre, on rencontre des cercles de pierres constitués de petites dalles enfouies dans le sol d'où elles émergent à peine, les stèles qui les composent ne semblant pas avoir été, autrefois, plus visibles qu'elles ne le sont aujourd'hui. Beaucoup de ces monuments paraissent actuellement incomplets car ils se présentent souvent comme des demi-cercles de pierres plantées. Mais pour beaucoup d'entre eux la forme d'origine n'était probablement pas très différente de la structure actuelle.

 

 

Pour faciliter la balade mégalithique, nous partirons des 2 menhirs du Travers des Noyers, juste au-dessus de la grotte du Roc du Midi et à côté de Pié Lat, un habitat de plein-air du Néolithique final.

Situés sur une crête surplombant à 200 m le Cirque de Navacelles, un des menhirs du Travers des Noyers mesure 5 mètres de long ; à 10 mètres se trouve un autre menhir de 4,80 m.

 

À proximité de ces 2 menhirs et de la grotte du Roc du Midi s’ouvrent les Baumes des Trouchenques et le Bel Fournet. Elles constituent le second et troisième niveau d'un ensemble hydrologique important, le premier étant la Baume du Roc du Midi. Elles ont donné des tessons du Chalcolithique et du Bronze, parmi lesquels prédominent ceux à cordons en relief de la culture de Fontbouisse.

Dans la profonde et si pittoresque coupure de la Vis, en aval de la Foux, plusieurs sources importantes méritent d'attirer vivement l’attention. Toutes ont leur origine au sein même du Causse et deux d'entre elles fournissent d'intéressants aperçus sur la manière dont les eaux pluviales circulent dans l'épaisseur de la masse calcaire.

Les trois grottes superposées du Roc-du-Midi, du Bel Fournet et de la Trouchenque forment un ensemble des plus curieux. La Baume du Roc-du-Midi tire son nom d'un immense rocher formant promontoire au bord de la falaise (située sur une butte résiduelle de 42 m, le Rocher de la Grotte du Midi, à 656 m d’altitude, est coupé par le recul de la haute falaise du canyon) et qui n'est entièrement éclairé qu'à l'heure de midi. C'est comme une horloge solaire qui indique au loin, sur le causse voisin et dans le fond de la vallée, l'heure du déjeuner. Son ouverture est d'un accès presque périlleux, car 8 mètres à pic la séparent d'une petite corniche à peine assez large pour supporter le pied d’une échelle, et au-dessous il y a un abîme de près de 300 mètres ! Et cependant la grotte a servi de refuge à toutes les époques et on y a recueilli de nombreux objets en silex, en céramique (poterie à chevrons du type Ferrières, poterie cannelée de type Fontbouïsse, grands vases à eau du Néolithique final/Chalcolithique) et en bronze. De l'entrée, on jouit d'un spectacle, peut-être unique au monde, sur tout le cratère de Navacelles. Aux deux premières petites salles fait suite une descente de 4 mètres, laquelle donne accès à une galerie perpendiculaire où abondent les restes de toutes les époques. D'un côté, ce couloir est terminé par une petite galerie remplie par des débris de squelettes humains et par un grand puits circulaire de 25 mètres de profondeur à pic, obstrué par les cailloux. L'autre branche de la galerie est beaucoup plus étendue. Elle se termine par une petite salle basse obstruée par la terre végétale, qui pourrait bien être une entrée primitive. Vers le milieu, deux couloirs conduisant l'un au bord d'un petit lac long de plus de 20 mètres, l'autre à l'entrée d'un second étage de galeries où l'on n'arrive qu'au moyen d'échelles de 7 mètres. Ce dernier est caractérisé par la présence de nombreux avens ou fissures montantes qui communiquent certainement avec la surface du plateau. C'est par là que les eaux pluviales pénètrent dans la grotte : en hiver, elles doivent remplir toute l'immense galerie, car elles ont laissé sur la paroi une trace nette s'élevant jusqu'à 1,50 m du sol. Sur le plancher même de la galerie, plusieurs ouvertures donnent accès à un troisième étage de couloirs beaucoup plus profond, mais inaccessible. Ainsi, les préhistoriques saisissaient sur le vif ce mécanisme des eaux pluviales qui, d'un étage à l'autre, s'écoulent à travers la masse entière du causse, utilisant les anciennes dérivations, élargissant de nouvelles fentes et, lorsqu'elles sont trop abondantes, s'accumulant dans leurs étroites cavités de façon à former des réservoirs temporaires.

Mais ce n'est pas tout. Si on descend à 150 mètres dans la vallée, on trouve une nouvelle grotte qui se rapporte au même ensemble. Sa forme spéciale lui a valu le nom de Bel Fournet. Longue de 150 mètres environ et assez large dans sa seconde salle, elle descend en pente très inclinée vers l'intérieur du causse. En temps ordinaire, les eaux s'y infiltrent à travers les cailloux. Mais, à l'époque des inondations exceptionnelles, la masse des eaux souterraines remonte des entrailles du sol et se précipite avec fracas de l'ouverture. C'est donc un trop-plein des galeries souterraines qui ne fonctionne que lorsque les sources inférieures ne suffisent plus à cette tâche. En descendant encore un étage de 40 mètres, la Baume des Trouchenques fournit un nouvel exemple d'exutoire qui fonctionne beaucoup plus souvent. À l'intérieur, le niveau s'abaisse jusqu'à une sorte de petit lac, dont il est impossible de reconnaître l'étendue. Une source permanente et impénétrable, située un peu au-dessous de l'entrée, est certainement alimentée par les eaux de ce lac. On a trouvé dans ces deux ensembles uniquement de grands vases à eau ou à provisions du Néolithique final/Chalcolithique.

En résumé, tout l'ensemble peut être exposé de la manière suivante : 1) à une hauteur de 280 mètres, ancienne issue de la Grotte du Roc-du-Midi ; 2) à 250 mètres, second étage impénétrable ; 3) à 100 mètres environ, issue exceptionnelle des eaux souterraines, au Bel Fournet ; 4) à 50 mètres, autre évent temporaire des Trouchenques ; 5) à 25 mètres, sources plus ou moins abondantes suivant la saison. Ainsi reparaissent au jour une partie des eaux pluviales absorbées aux environs de Blandas.

 

 

À 500 m au Nord-Ouest du Travers des Noyers, l’habitant de plein-air du Pié Lat est situé sur la bordure méridionale du Causse de Blandas, où il domine au Nord l’imposant cratère que forme le Cirque de Navacelles. L’emprise totale était comprise entre mille à deux mille mètres carrés. Les décors céramiques se composent principalement de chevrons traités en incisions érodées ou en cannelures. Les formes semblent simples et souvent ouvertes ou droites au niveau des cols. On peut également noter la découverte d’une perle en cuivre (peut-être en tôle enroulée), ainsi qu’une petite hache polie en roche verte de 3,5 cm de long pour 2,8 cm de large. Il est à noter la rareté des restes de faunes. En conclusion, on peut définir cette occupation comme étant les restes d’une installation villageoise de faible importance, située sur la face Sud-Ouest d’une petite colline dominant la vallée de la Vis, qui se rattache au Néolithique final et correspond au faciès caussenard de la culture de Ferrières (dont le Causse de Blandas recèle la quasi-exclusivité, dans le cadre du tiers méridional de la région des Grands Causses).

 

 

À 700 m au Nord-Est du Travers des Noyers, l’aven-grotte de la Figueirolle (la grotte est au bas de l'aven) est la plus importante grotte-citerne du Causse (grotte-citerne permanente), tant par l'étendue et la multiplicité des gisements que par l'énorme masse du matériel recueilli, aussi divers en âge (l'occupation va du Chasséen typique jusqu'aux Champs d'Urnes) qu'en type. La cavité est importante en dimensions et s'étend en forme de T sous la surface du causse à une profondeur moyenne de 45 m. L'entrée actuelle est un abri sous roche au plafond surbaissé situé dans les dolomies du Kiméridgien. À l'intérieur de cet abri, débouche un boyau tortueux, étroit, en pente assez accentuée. Ce boyau qui sert actuellement d'accès à la grotte est un couloir funéraire ainsi qu'en témoignent les nombreux ossements humains (il faut passer sur les morts avant d'atteindre l'eau) mêlés à des tessons. Au bout d'une soixantaine de mètres, ce boyau finit par un à-pic au-dessus d'une salle chaotique de dimensions relativement importantes. Un étroit passage entaillé dans une paroi de cette grande salle conduit vers une galerie renfermant une laisse principale ainsi que vers une laisse exiguë mais pérenne : la paroi est entièrement noircie par la fumée des torches. Une cheminée subverticale s'ouvre dans le plafond de cette salle et communique avec la surface. Sous l'à-pic, s'amorce une galerie remontante parallèle au couloir d'accès et qui débouchait jadis à l'air libre par un exutoire (un important éboulis rocailleux s'est formé sous la cheminée avec les matériaux en provenance de l'extérieur). Au-delà de l'éboulis, la salle se poursuit en conservant sensiblement les mêmes dimensions puis se termine par un fond d'argile craquelée. Au milieu de son développement s'ouvre une galerie de dimensions plus modestes avec une laisse, actuellement temporaire, assez étendue. Un puits d'une trentaine de mètres s'ouvre au niveau d’un premier coude. Le développement total de cette cavité est de l'ordre de 500 mètres.

Malgré des conditions très médiocres (degré d'humidité très élevé, même en période estivale), cette cavité a été utilisée comme habitat au moins temporaire : il existe en effet, au moins en un point, de nombreux fragments d'ossements constituant des reliefs de cuisine et provenant de cerf, de bœuf, de porc, de mouton, de lièvre. En outre, le charbon de bois abonde partout, même au fond des puits. À chaque extrémité de la branche transversale du T, il y a un puits. Celui se terminant à -70 (sous la bouche) contient beaucoup de morceaux de charbon de bois, ce qui prouve que pendant longtemps la caverne fut fréquentée. Étant donnée la disposition des lieux, c'est-à-dire la position de la bouche du puits en contre-haut, après une pente stalagmitée, il semble que ces cendres aient été jetées là volontairement. Le transport de ces restes de feux est assez rare pour qu'il soit signalé. Les pièces d'outillage sont limitées à des poinçons en os de mouton, une lame de silex à section triangulaire brisée à ses deux extrémités et recouverte de cortex sur sa partie gauche, une hache en roche verte très délitée et longue de 7 centimètres. Ces pièces, ainsi qu'une amulette en os de lièvre proviennent d'un diverticule et de la partie de la galerie où débouche ce diverticule. Les armes sont représentées, à ce jour, par une seule pointe de flèche grossière. La poterie occupe de très loin, la place primordiale parmi les découvertes. Ainsi, l’attention est attirée, dès le bas du premier puits d'accès de 25 cm de large, par d'innombrables fragments de poteries (notamment de la poterie à chevrons du type Ferrières), jalonnant le parcours à partir d'un gros bloc rocheux jusqu'à des diverticules contenant des gours pleins d'eau ou des stillations de la voûte. La décoration en est très variée ; celle à nervures circulaires montre bien que le tour était alors inconnu. Il y a toutefois une chose digne d'être mentionnée : c'est une certaine répartition des époques par endroits dans cette cavité. En effet, les vases de caractère chasséens proviennent tous du fond de la galerie de gauche ; la majorité des poteries de style chalcolithique (Fontbouisse), celles décorées de chevrons, de pustules, de boutons bilobés ou trilobés, de cordons en relief, etc. ont été trouvées dans la grande galerie (presque tous les types céramiques connus au Chalcolithique y sont représentés) ; les tessons qui rappellent les décors de l'époque du Fer (Champs d'Urnes) étaient plongés dans la grande laisse située environ au milieu de la galerie adventive de gauche.

Il ressort que La Figueyrolle servait de point d’eau pour des populations vivant en surface dans une région dépourvue de ce précieux liquide (la rivière la plus rapprochée est La Vis, à environ 300 mètres plus bas dans le canyon voisin). Il ne pouvait être question pour ces Hommes de venir prendre de l'eau en descendant par l'aven qui conduit là. Or à l'extrémité de la base du T derrière le gros bloc, il y a un étroit couloir dont le sol est jonché de fragments de vases et d'os d'animaux : il abouti sur le flanc du mamelon à un abri sous roche extrêmement bas, ou si l'on préfère entre deux strates. C'était là le passage normal.

Outre ses nombreux vases de toutes formes et de tous âges, on trouve également de grands vases à eau à cordons multiples. L'occupation a donc été continue, même durant l'exploitation des grottes-citernes intermittentes et de la création du vase à cordons. On notera que si les Chasséens n'ont pas hésité à s'installer dans des grottes vertigineuses, ils ne se sont par contre pas aventurés dans les avens. Le seul à avoir été fréquenté à cette époque reste l'aven de Figuerolle, accessible par une galerie latérale en pente.

 

 

À 600 au Sud-Est de l’aven de la Figueirolle, la grotte du Serras (ou aven des Robert) s'ouvre dans le Séquanien par une vaste ouverture broussailleuse. Les cavités Mio-Pliocène les plus spectaculaires, surtout par leurs formes d’érosion, sont situées sur la partie caussenarde proprement dite : ce sont les avens du Séras (des Robert), de la Figairolles, du Buquet, de la Rabassière et la grotte des Calles. L'aven du Serras doit être un des plus profonds de la région. Un puits vertical de 18 m, encombré à la base par les matériaux provenant de la surface, permet d'arriver dans une galerie orientée Nord-Sud et caractérisée par une très forte pente, longue de 80 m environ. Elle débouche dans une salle assez vaste qui communique avec une autre par un couloir perpendiculaire à la grande galerie. De la seconde salle, on atteint une laisse assez vaste mais sèche en période estivale. Des parois du puits d'accès partent deux diverticules qui constituent des couloirs funéraires comme le prouvent les ossements humains mêlés à des tessons de poteries.

L'Aven-grotte des Robert a donné neufs crânes (et deux fragments de calotte crânienne) dont un anormalement épais et divers ossements humains d'individus adultes ; des ossements de capridés, de bovidés et de cervidés ; des tessons de poteries à pâte grossière provenant de vases à tétons dépourvus d'ornementation, plus deux fragments d'un grand vase à cordons en relief (vase à eau du Néolithique final/Chalcolithique). La rareté des vestiges de ce type, si abondants ordinairement, pourrait s'expliquer par l'existence des "bénitiers naturels" qui conservaient l'eau.

 

 

800 m au Sud, la Borie d'Arre (de l’occitan boria, « ferme », il s’agit probablement de la borie d’Arisistum, ancien nom du pays Viganais) regroupe 3 dolmens. Le dolmen A est couvert par une dalle épaisse. Le dolmen B est situé en face du A, à 250 mètres à l'Est, sur une épaule rocheuse plate. Le C est situé à 30 mètres au Sud-Est du B. De l’autre côté de la colline du Gros Caou (doline, à 564 m d’altitude, en baquet caractéristique et à dissymétrie structurale), au pied de celle-ci se trouve le dolmen Cote 564. Des lapiaz (champ de roches calcaires creusées par le ruissellement des eaux de pluie qui dissolvent la roche) les séparent. Ce type de géomorphologie déchiquetée, aux aspérités coupantes lorsqu'il s'agit de calcaire dur, est sillonné de nombreuses rigoles, fissures et crevasses de taille variable, dont certaines peuvent atteindre plusieurs mètres. On note ainsi sur cette butte à corniches structurales une ceinture étagée de rochers sculptés par la dissolution (butte 622, à l’Est de la Borie d'Arre). La roche est également souvent perforée, donnant à voir en surface les mécanismes karstiques qui président ailleurs au creusement des grottes, avens et autres cavités naturelles. On trouve justement 6 avens à proximité immédiate de la Borie d’Arre. Les ouvalas (dépressions fermées) les plus caractéristiques sont celles de la Borie d'Arre (contour sinueux dû à la coalescence de dolines élémentaires).

 

On notera qu’un gros rocher, situé quelques mètres au-dessous de la bordure rocheuse, se trouve environ dans le troisième méandre en aval de Navacelles, à la hauteur de la Borie d'Arre sur le plateau. En outre, de vieilles légendes locales assurent qu’au pied de la falaise de la Borie d'Arre, un monstre terrifiant appelé le « Romamau/Roumamaou » pouvait lancer un cri dévastateur qui aurait couvert l'ensemble de la vallée. La grotte de Roumamaou est située dans la falaise terminale du Causse de Blandas entre les abris sous roche de la Burle et la Baume du Roc du Midi. On y a découvert, en surface dans le couloir de droite, de gros fragments épars de poterie (les teintes des pâtes s'échelonnent de l'ocre clair au brun noirâtre). Ils appartiennent en majeure partie à des vases à eau typiques du Chalcolithique (FontBouïsse). À proximité et sensiblement au niveau d'une petite laisse desséchée, une sépulture par inhumation avait été pratiquée. On y a recueilli quelques ossements très abîmés et quatre dents dont deux incisives, une prémolaire et une molaire, en excellent état provenant d'un individu adulte. Un petit sondage a donné d'autre part deux perles en cuivre, très oxydées, ayant respectivement 11 et 8 mm de diamètre extérieur et six perles en roche. La nature monstrueuse de l’ophidien Roumamaou est localisée dans l'imaginaire des personnes âgées, pour exorciser leur crainte d'un trou rempli d'eau sans visibilité.

 

Ceci est lié à l'exsurgence de Gourneyras [dont l’étymologie serait à rapprocher de l’italien grugnire signifiant « grogner », allusion au bruit de la résurgence, sachant que le nom médiéval du proche village de Gorniès (latin pour Santa Maria di Gornerio) semble se référer à une « gorge noire » (« Gorg Negron » puis « Gorg Negras »), les deux sources remplis d'eau noir, la petite et la grande]. En serpentant le long de la rive droite de la Vis puis en allant jusqu'à un cône de pierrailles qui conduit, après un ressaut, à un éboulis pentu, on arrive à l'exsurgence de Gourneyras (source de Peyra), un gouffre noyé aux dimensions exceptionnelles. Un replat ombragé surplombe la magnifique vasque de 10x20 m (une des plus belles de France) que l'on atteint en contournant un mamelon calcaire recouvert de tufs. Au pied d’une falaise de 30 mètres, l’eau est bleue et fraîche. La vasque d'entrée plonge le long d'un chaos de blocs jusqu'au palier de -10m qui marque l'amorce de la galerie. Un puissant corridor, comme il est rare d'en rencontrer (15x10m), dégringole par crans verticaux entrecoupés de paliers sur des coulées de tuf jusqu'à la cote -48, où on atteint une plage de galets. Une pente de galets mène à -50 dans la galerie horizontale (5x3). Au bout de 100 m un ressaut plonge à -60. La galerie se prolonge sur encore 650 m jusqu'à un point bas à -81 m avant de remonter jusqu'à -38 au niveau d'une trémie située à 800 m de la vasque.

Le Mas del Pont est intéressant à plus d'un titre. À 500 mètres en aval de la Follatière (rive droite), les eaux du plateau de Saint-Maurice viennent y former les deux belles résurgences - et événements sonores - de Gourneyras et Gourneyrou/Gourniôou. La première est une source de fond qui s'échappe d'un remarquable bassin circulaire au milieu de dépôts de tuf calcaire. La seconde offrait jadis une large ouverture par laquelle on pouvait remonter "assez avant dans le Causse" à l'aide d'un radeau. Lors des crues, Gourneyrou dégorge une eau boueuse (2 à 3 m3/s) alors que Gourneyras, 150 m en aval, coule clair.

 

On sait combien est sauvage et resserrée la gorge qui fait suite aux cascades de Navacelle : c'est ce qui explique pourquoi une des principales curiosités du canyon est demeurée "longtemps ignorée". Il est rare que les sources des bas niveaux laissent découvrir une partie de leurs secrets. En profitant d'une sécheresse exceptionnelle, on peut remonter jusqu'à 600 mètres de la sortie de l'étrange rivière souterraine de la Follatière. En face du Mas del Pont, on aperçoit une ouverture gigantesque de plus de 50 mètres de haut. En temps ordinaire, une source fraîche et limpide sort du milieu des éboulis (elle fut longtemps suffisante à faire tourner les roues d'un moulin). Après les orages du Causse, une formidable nappe d'eau s'échappe en mugissant des entrailles de la terre et se répand en cascades par-dessus les montagnes d'éboulis qui barrent son orifice. Lorsqu’ons pénètre au-delà du dernier talus formé de cailloux blancs polis et roulés par les eaux, on ne rencontre d'abord qu'un large tunnel à voûte basse tout encombré de flaques d'eau. Sur la gauche, une fente horizontale entre deux strates livre passage aux eaux de la source pérenne. À 300 mètres de là, à partir d’une galerie latérale, la marche devient extrêmement difficile. L'eau occupe toute la largeur de la galerie, où elle forme parfois des gours profonds de plusieurs mètres : c'est avec toutes les peines du monde qu’on gagne encore une cinquantaine de mètres en s'appuyant sur des corniches glissantes analogues à celles du Bramabiau.

Les résultats obtenus sont cependant des plus intéressants puisqu'ils permettent de saisir sur le vif la relation qui existe entre les avens du Causse et les sources du fond de la vallée. On ajoutera que des cascades d'eau ont creusé de nombreuses marmites de géants qui se montrent pleines de ces petits albarons ou cailloux roulés quartzeux entraînés de la surface du Causse où on les voit si abondamment répandus. La source Follatière doit servir d'exutoire à toutes les eaux englouties par les avens de la Jurade, de la Borie d'Arre et du château d'Assas : on la voit jaillir avec force certains jours où l'orage épargne la vallée et n'a sévi avec violence qu'aux environs de ce dernier château.

 

À 2,5 km au Sud des 3 dolmens de la Borie d’Arre et juste au-dessus de la source Follatière (4 km au Sud-Est des 2 menhirs du Travers des Noyers) se trouve le menhir B de la Jurade, long de 3 mètres de long et dont le sommet est taillé. À moins de 200 mètres au Sud-Est, le long du même champ, le menhir A de 4,50 m de haut, large de presque 1 m sur toute la hauteur, a une de ses faces remarquablement lisse. À 250 mètres au Sud, on trouve le dolmen Lepuech et à proximité de la vallée de la Vis des avens (sachant qu’il existe aussi une grotte de la Jurade). Des chapelets de dolines forment des ouvalas allongés dans la direction de fracturation (ouvala du Puech : 500 m de long).De dimensions modestes, les champs de lapiés/lapiaz situés au Nord, à l'Ouest et au Sud de la dépression de l'Éouze (que les mégalithes bordent) présentent des aspects intéressants : vasques de corrosion ou kamenitza (ou cupule, forme en creux), lapiés tubulaires (trous tubulaires remontants percés sur les faces verticales ou sub-verticales des lapiés et cela toujours à l’opposé des intempéries), petits couloirs ou bogaz (couloirs étroits des régions karstiques, souvent alignés le long d’une fracture). Dans la partie Sud du plateau, vallons et plaines fortement garnis de cailloutis siliceux ont un caractère plus nettement karstique et ressemblent, en particulier les plaines de l'Éouze, à des ébauches de poljés dominés par les reliefs résiduels dolomitiques.

 

1,5 km au Sud-Est, l’importante source de Madières (ou évent de la Tuilède) sert d'exutoire à toutes les eaux de la plaine de Rogues. On y accède en remontant un talweg sur environ 150 m jusqu'à l'entrée de la cavité située une trentaine de mètre au-dessus de la rivière d’où sortent plusieurs sources pérennes issues de la cavité. Une étroiture et un chaos de blocs mènent au bout de 40 m à un premier lac. Une escalade de 2 m permet d'accéder au Siphon 1 situé à 150 m de l'entrée (75 m ; -11) précédé d'un lac de 20 m de long. On peut franchir le premier siphon en apnée ou profiter de la sécheresse estivale pour passer le S1 désamorcé (et atteindre le S5 par des galeries supérieures). Suit le S2 (25m ; -5) qui sort dans la salle Lombard où il faut remonter par un passage supérieur pour shunter le S3 (10 m ; -2). Une nouvelle escalade permet d'accéder au S4 (110 m ; -14) où à 90 m du départ une sortie communique avec le réseau de galeries supérieures. Sorti du siphon 4 une grande salle et 120 m de galeries actives conduisent au S5 (30 m ; -4) L'eau s'échappe avec abondance à travers les joints des strates. Au point de vue géologique, elle paraît en étroite relation avec la faille de Rogues.

 

1 km au Sud-Est, aligné avec l’évent ainsi qu’avec le dolmen Lepuech et le menhir de Jurade (B), le petit menhir de la Descente de Madières est situé au bord du chemin permettant de monter du cours de la Vis au Causse.

 

 

3,5 km au Nord-Ouest, alignée avec le menhir de Jurade (A), la baume de l'Elze (en fait, deux avens, à ne pas confondre avec la cavité très connue et dénommée Grotte du Cengle de l'Elze, la seule qui n'ait pas donné le moindre fragment de vase à eau) se trouve sur un replat de la corniche surplombant la Vis. Cette grotte, fréquentée depuis le Chasséen, comprend une salle surbaissée de petites dimensions ainsi que deux diverticules. Un des diverticules renferme une sépulture par inhumation où les ossements humains se trouvent mêlés à des ossements d'ovidés. En surface, dans l'autre diverticule, on a recueilli un volumineux tesson de vase à eau, quelques autres plus petits de même type, des tessons de poterie rougeâtre grossière non ornée, un tesson décoré de chevrons incisés de la civilisation de Ferrières. Dans la salle, au sol plat encombré de cailloux, on a trouvé trois tessons ornés de pastillages au repoussé et un tesson de type Fontbouisse qui, avec celui de la Grotte de la Figueirolle, sont les rares trouvés sur le Causse de Blandas.

 

500 m au Nord-Ouest, également alignée sur l’axe menhir de la Descente de Madières-menhir de Jurade (A)-Baume de l'Elze, la baume des Ratapenades (« chauve-souris » en provençal), de haut niveau de la Vallée de la Vis, s'ouvre à la base des falaises terminales. L'entrée, masquée par de grands buis et des broussailles, a environ 4 m de haut sur 1,5 m de large. Elle se prolonge en un couloir de 6 à 7 mètres de long qui débouche dans une vaste salle très aérée, propice à une occupation permanente. Un passage permet d'accéder sans grande difficulté à une laisse (zone d'alluvion des bords de cours d’eau) pérenne occupant le fond d'une salle concrétionnée. Cette cavité a donné deux grattoirs, une lame de silex, un fragment de hache, deux poinçons en os de mouton, des ossements constituant des reliefs de cuisine et une énorme quantité de tessons appartenant en majorité à l'époque du Bronze (quelques-uns sont d'époque gallo-romaine) mais de grands vases à eau ou à provisions sont du Néolithique final/Chalcolithique. Comme dans la Figueirolle et la Baume du Roc du Midi, il faut passer sur les morts avant d'atteindre l'eau.

 

 

500 m au Nord, les grottes du Cingle de l’Elze sont une série de grottes situées dans la falaise, sur la rive gauche de la Vis. Comme les abris de la Burle, de la Lègue, etc., les baumes du Cengle de l'Elze sont en relation étroite avec des cheminées ouvrant sur le plateau. Les cavités Mio-Pliocène sont assez nombreuses et caractéristiques du modèle régional : puits d’entrée assez vaste, cône d’éboulis, galeries, salles dont certaines peuvent être imposantes, enfin, colmatages d’éboulis, de calcite massive, argile de décalcification. Sur les versants de la Vis et du bloc Caucanas-Le Serre-Anjeau, ce sont les grottes du Cingle de l’Elze, de la caverne du Maure et d’Anjeau qui en sont les plus évocatrices. Les grottes des hauts niveaux, par beaucoup de côtes, se rattachent aux avens du Causse. La plupart ne sont en effet que les exutoires des anciens courants et se relient aux avens dont elles forment le premier étage souterrain. Quelques-unes sont tout simplement des dérivations anciennes de la Vis. Leurs dimensions sont généralement assez restreintes.

On y a trouvé du Chasséen méridional classique représenté par une écuelle en calotte à sillon interne, un vase de forme indéterminée portant à l'extérieur un bandeau hachuré et deux boutons prismatiques à perforation sous-cutanée.

 

 

1 km à l’Est, l’aven de la Rouvière est situé au Sud de la butte résiduelle de Méjeannas de 47 m, dôme à 622 m d’altitude offrant un point de vue remarquable sur tout le Causse. Devant l’entrée de l’aven de la Rouvière, un ensemble de bâtiments à murs de pierre sèche chalcolithique, dont un communiquait avec l’aven, a subi des modifications successives de sa construction selon les crues qui ont affecté le thalweg. En outre, la toiture faite de torchis et de dallettes de calcaire fin s’est effondrée sur le sol à l’occasion d’un incendie.

En bordure d’un champ, l’entrée de l’aven se présente sous la forme d’un petit puits ouvert dans le sol. À la base de celui-ci part une galerie dont le sol présente une forte déclivité. L’aven se compose de la zone l comprenant les abords extérieurs proches de l’entrée préhistorique et la zone ll est le couloir d’accès aux deux premières salles de la cavité (zones lll et lV).

Au bout d’une dizaine de mètres, un passage situé entre un dôme de calcite et une draperie stalagmitique permet de déboucher dans la première salle. L’axe général de celle-ci est perpendiculaire à celui de la galerie d’accès. Face à l’entrée de cette première salle, un passage bas permet d’accéder au prolongement de la cavité, en traversant une zone dont le sol est totalement concrétionné. Les préhistoriques ont aménagé trois marches en pierres, qui permettent la descente d’une coulée stalagmitique très accidentée. Ce petit couloir domine un ressaut. La galerie se prolonge dans des proportions croissantes. Il semble en fait que la hauteur de voûte reste sensiblement horizontale (marquant quand même une légère pente), alors que le niveau du sol s’abaisse plus ou moins régulièrement. Une suite de petits ressauts permet d’accéder dans la salle qui constitue le point bas actuel de la cavité, à 25 m sous le niveau de l’entrée. Sur la droite, on remarque un écoulement d’eau d’instillation qui provient de la voûte, haute à ce point de 10 m à 15 m. Cette eau, qui forme une petite vasque, s’évacue par une diaclase qui fonctionne en perte. On peut la suivre sur moins d’une dizaine de mètres, mais très vite elle devient impénétrable à l’Homme. Parallèlement à la diaclase de perte, mais plus haut dans la salle, au sommet d’un cône de déjection terrigène, part une diaclase étroite qu’on peut remonter sur une dizaine de mètres.

 

 

800 m au Sud-Est, le dolmen à couloir (orienté Az 116°, Dec -17) du Sotch de Gardie est situé sur une légère hauteur dans un pâturage situé en bordure de chemin, à proximité immédiate d'un vaste enclos dont la construction paraît très ancienne.

Ce dolmen est entouré à la base d'un amas de pierrailles dont le premier rang est nettement bâti en pierre sèche. Le tumulus très délabré paraît avoir une forme arrondie, d’environ 9 m de diamètre. Il ceinture une chambre limitée au Nord par une belle dalle très régulière, longue de 2,80m, haute de 1,20 m et épaisse de 0,18 m ; à l'Ouest par deux petites dalles accolées ayant respectivement 0,58 m et 0,70 m de long, 1 m de haut et une épaisseur moyenne de 0,24 m ; à l'Est par une dalle analogue aux deux précédentes. Au Sud, seule la pierraille indiquait la fin de la chambre, séparée du couloir par une pierre longue et étroite posée à plat. Le couloir lui-même, long de 2,30 m, large de 0,30 m et profond de 0,45 m est limité à droite par 3 petites dalles discontinues et à gauche par de grosses pierres posées à plat puis simplement par de la pierraille. À son extrémité le couloir était barré par deux pierres dressées. De forme en « q », ce dolmen est entièrement construit en dalles assez plates de calcaire local compact du Kimméridgien supérieur.

Si les dolmens languedociens s'ouvrent souvent au couchant du soleil, le Sotch de la Gardie s'oriente au levant, vers l’Est. Ce type de dolmen, d'influence atlantique, occupe toute la façade Ouest de l'Europe. Il aurait été diffusé de la Bretagne aux hauts plateaux du Midi, en passant par la voie des petits causses du Sud-Ouest du Massif Central.

Le mobilier exhumé se compose pour le silex de trois lames à section trapézoïdale et triangulaire (cette dernière taillée sur les deux côtés d'une seule face porte le lustrage des faucilles) ; deux flèches ovales, l'une retouchée sur les deux faces, l'autre taillée sur les deux bords laisse voir qu'elle provient d'une lamelle ; un racloir long et étroit pourrait être issu d'une plaquette ayant conservé son cortex (provient-elle de Salinelles ?). Pour les objets de parure et objets rituels, le dolmen a livré deux palettes de grande taille en schiste poli, un triangle en calcaire dur poli sur ses deux faces, 2 pendeloques, deux dents perforées dont une humaine et une de Canis familiaris. Au niveau des armes, on trouve deux pointes foliacées à cacholong crème, une pointe foliacée en silex rose corail, une pointe en calcaire dur local, à base rectiligne et de section triangulaire.Le mobilier a été recueilli en quasi totalité dans la chambre. Le couloir n'a donné que la pointe en silex rose et les deux dents perforées.

La poterie trouvée principalement dans le couloir se divise en deux catégories. L'une comprend des tessons de poterie beige à surface polie. Un tesson provient d'un vase à bord légèrement rentrant de type "Chasséen" récent. On trouve également plusieurs tessons de céramique noire, plus grossière, très friable, mal cuite. Un fragment plus important a permis de reconstituer une écuelle carénée de la Lagozza, de type Ferrières.

 

Les ossements étaient abondants tant dans le couloir que dans la chambre sépulcrale. On a également relevé la présence au milieu de la chambre d'une sépulture épigénique par incinération accompagnée d'un gros clou fragmenté et d'une fusaïole en terre cuite.

Les ossements concassés se présentent généralement par petits tas. Le dolmen a livré les restes de 36 individus au minimum, individus répartis en : 8 adultes très âgés (vieillards, plus de 65 ans), 8 adultes âgés (entre 50 et 60 ans), 11 adultes d'âge moyen (40-50 ans), 3 adultes jeunes (25-40 ans), 4 adultes très jeunes (15-25 ans), 2 enfants (jusqu’à 15 ans). Parmi ceux-ci, on a au moins 1 individu de sexe féminin et la présence certaine de 5 individus de sexe masculin. Autant que l'état de fragmentation très poussé des os le laisse voir, on a affaire à des individus de taille moyenne, dont l'ossature est assez fine.

On trouve également quelques fragments d’animaux apportés intentionnellement par l'Homme. Il s'agit par exemple des 5 fragments de mouton et de porc. Le reste est peu important puisqu'il s'agit de lièvre (lepus europeus Pal.), d'un petit oiseau et de petits rongeurs du type campagnol (Microtus arvalis et agrestis).

 

 

2 km au Sud-Est, l’aven-grotte de Camasso (on compte 3 avens) est composé d'une vaste salle. Un couloir, en pente assez forte, orienté Nord-Sud et débouchant dans la salle, a donné des ossements humains provenant de sépultures pillées et des tessons de poteries grossières appartenant en majeure partie à des vases à eau du Néolithique final/Chalcolithique.

 

 

1,5 km au Nord-Ouest, le menhir de Trivalle mesure 1,70 x 1,15 x 0,5 m. Ce menhir est un des trois palets que Gargantua lança depuis le mont Saint-Guiral ou sur la montagne de la Tude, les deux autres étant le menhir de Campaillou, détruit depuis longtemps, et le menhir de Saint-Guiral (ou de l'Escoutet, commune de Gorniès). Il est intéressant d’observer que Trivalle (« trois voies ») marque l’intersection de 3 routes antiques, notamment allant du Vigan à Lodève.

Parmi les anciennes pistes, certaines furent aménagées en véritable voies de communication afin de relier la Méditerranée au Massif Central. C'est préciesément aux carrefours de ces grands axes que se développeront des villages tel Rogues, dont l’appellation vient du gaulois ruga qui donnera en vieux français raie et par dérivation « rue » et « route », qui ne sont pas latins.

 

200 au Nord, l’Aven de Rogues est un des plus importants avens du Causse. L’ensemble des galeries de la cavité se développe vers le Nord, c’est-à-dire à contresens des gorges de la Vis. Il est sans aucun doute la cavité type de la phase Plio-quaternaire dont les étapes d’enfouissement dans le karst sont repérables sur les versants de la Vis médiane au niveau des systèmes étagées qui s’ouvrent au sein même et dans l’environnement direct du ravin de la Rouveyrolle (aven du Puech, aven-perte Philippe, grotte du ravin de la Rouveyrole, grotte de la Sardine). On y retrouve en effet les niveaux respectifs de ses galeries et ceci à partir de la partie supérieure du causse. On notera cette configuration comme exceptionnelle pour l’ensemble des gorges en l’état actuel des explorations. Cette stratigraphie à "ciel ouvert" pour ainsi dire de l’aven de Rogues est bien calée dans la zone intensément fracturée correspondant au faisceau de la faille Avéze-Montdardier-Madières, c’est-à-dire entre les exurgences de la Magnanerie et l’évent de la Tuillède, exutoires pérens aval les plus importants du réseau. On y constate une intense activité hydrologique temporaire, hormis celle très importante du ravin de la Rouveyrolles, notamment la mise en charge par étape de ces cavités situées au-dessus de l’évent de la Magnanerie.

Il existe de nombreux petits avens à Rogues, fentes plus ou moins élargies dans l'épaisseur de la dolomie brune qui s'étend jusqu'aux environs de Montdardier. Les cros ou sottschs sont aussi abondants que sur le Causse de Campestre. Il y en a de bien curieux aux environs de la Jurade ainsi que de Rogues et de la Rigalderie (ces deux derniers abritant deux cromlechs). Leur rôle absorbant est aussi important que celui des avens, car leur ouverture plus large leur permet de recevoir un plus grand volume d'eau.

 

250 m au Nord, le menhir dolomitique du Camp de Boissière mesure 1,50 m.

 

100 m à l’Est, près du lieu-dit le Camp de Pécoul, le cromlech de Lacam de Rogues (A, ou La Clastre) s'étend sur environ 95 m de diamètre et compte une trentaine de menhirs de calcaire de 1,75 m de hauteur maximum. Un menhir central s'élève à 1 m de hauteur.

Un deuxième cromlech s'élevait à 110 mètres. En 1950, il ne restait que 5 pierres couchées.

Les blocs de pierre ne viennent pas de très loin : la roche affleure du sol en contrebas des cromlechs.

Le cloisonnement du plancher actuel au droit de la Clastre correspond aux conditions de soutirage en aval-pendage vers les émergences de la Magnanerie et de la Tuilède (exsurgences des eaux circulant dans la galerie du ruisseau de l'aven de Rogues).

 

250 m à l’Ouest des 2 cromlechs de Lacam de Rogues, le menhir de Lacam (ou Peyroplantodo de las Viquos) mesure 1,75 x 0,90 x 0,35 m. En calcaire jurassique, sa forme est extraordinairement contournée.

 

1 km à l’Est, il aurait existé au sommet des Costes (environ 700 m) un dolmen du Serre Payas.

 

700 m à l’Ouest s’ouvre l’Aven Durand (Rogues II). On y a trouvé des fragments de céramique dans une petite salle, au sommet d'une remontée. Étant donné leur situation dans un étroit boyau, proche de la surface, ces récipients étaient destinés sans doute à recueillir l'eau de percolation. On a d’ailleurs les restes d’un grand vase et quelques tessons décorés dans le style Fontbouïsse (pastillage repoussé). Le vase, aux parois épaisses et à la pâte grossière, sans décor, est muni de quatre oreilles perforées verticalement.

 

 

2,5 km au Nord-Est, le petit dolmen de Caucanas (orienté à l'Est) est situé sur la pente d'une petite colline secondaire qui descend vers le Sud, au croisement du valat de Rénégade et du valat de Montenargues, quittant le Causse de Blandas pour aller vers Gorniès. Il existe également un aven de Caucanas (15 à 20 m de profondeur) dans le lit desséché de ce ravin, 2 exsurgences et 2 grottes.

 

300 m au Nord-Est, l’imposant dolmen de la Tude (ses dalles latérales mesurent 2 mètres de haut et son tumulus est en place), situé sur un promontoire, domine le Causse de Blandas. L'entrée est orientée au Sud. Le menhir de la Tude est situé à 20 mètres au Nord-Est du dolmen. Il existe également un aven grotte de la Tude.

Le massif de la Tude constitue une arête calcaire, avec des pics et des rochers (le rocher de la Tude culmine à 895 m) au sommet desquels on observe un vaste panorama. D'un côté, au premier plan, les vallées avec leurs villages et hameaux, au loin le massif de l'Aigoual et le Lingas. De l'autre côté, le Causse de Blandas, le Pic St Loup et à l'horizon, la mer. Les bergers utilisent la Tude comme baromètre et un dicton dit Can Tudo cargo soun capel, pastré, met toun mantel [« Quand la Tude met son chapeau (nuages), pâtre, mets ton manteau »].

Le penchant méridional de la montagne de la Tude n'appartient déjà plus au Causse proprement dit. Les profonds ravinements qu'on y observe possèdent le régime de tous les ruisseaux en terrain calcaire : chacun d'eux est accompagné en dessous d'une dérivation souterraine qu'il n'est pas toujours facile de pénétrer. Le long ravin de Caucanas est le plus typique à ce point de vue. Nous avons déjà signalé un aven; la petite grotte du Goutal nous a permis d'arriver jusqu'aux eaux souterraines. D'autres grottes, de formation analogue, existent aux environs de Rogues et de l'Escoutet. Celle du Claux est une des plus remarquables

 

 

1 km à l’Ouest, les menhirs de Campouillas sont deux blocs en calcaire local (séquanien), distants d'une vingtaine de mètres. Le plus grand menhir est un beau bloc, arrondi au sommet, long de 2,40 m, large en moyenne d’1 m et dont l'épaisseur ne dépasse pas 24 cm. Ce menhir est accompagné d'un deuxième bloc, plus petit, assez massif et quadrangulaire. Ses dimensions sont de 1,30 x 1,26 m x 0,34 m. Le cône rocheux (rock-fan) du Campouillas, situé au débouché d'un modeste vallon, ne peut se concevoir que comme le résultat d'une évolution de longue durée, où sont intervenues, au cours de multiples phases : crypto-corrosion active sous les dépôts siliceux cévenols, exportés maintenant vers le plancher du poljé de Rogues ; corrosion active par les eaux acides de l'aquifère épikarstique (qui a pu être soutenu par l'aquifère local du plancher du poljé ; ablation aréolaire, facilitée à la fois par ces processus d'altération, et la faible résistance mécanique des calcaires en petits bancs du Jurassique moyen et supérieur ; la dernière phase d'évolution de ce cône rocheux se situe dans un contexte périglaciaire (léger pavage de cryoclasts).

 

450 m au Nord se trouvent les avens de Flouirac.

Il faut noter que tous ces monuments/avens de Rogues, sauf bien sûr l’éventuel dolmen du Serre Payas et les dolmens/menhir sur La Tude, suivent un chemin néolithique repris par le tracé de la route actuelle (d’où les destructions sur les deux cromlechs).

 

500 m à l’Ouest, le petit dolmen I de Flouirac a été surnommé l’Ostalet de la Fada, soit « Maisonnette de la Fée ». Il est recouvert d’une dalle en calcaire dolomitique de 2,35 m de long sur 1,50 m de large pour 0,45 m d’épaisseur. Trois pierres en calcaire oxfordien supportent cette dalle à un mètre au-dessus du sol.

Le dolmen est situé à quelques centaines de mètres au Nord-Ouest des 2 menhirs de Campouillas et au Sud-Ouest des 4 avens de Flouirac et 3 avens avec une source de Flouirac Viel, tous ayant un grand nombre de fentes plus ou moins obstruées (profondeur des avens, de 10 à 50 m et plus). Pour information, sur le Causse aride, la forêt de Flouirac occupe 33,5 ha.

 

À peu de distance de l’Oustalet de la Fade, se trouve un second dolmen (ces deux dolmens sont connus sous le nom de Peyros cabusselados ; pour l’un et l'autre la table est en calcaire dolomitique, les supports en calcaire oxfordien). La dalle de recouvrement du dolmen de la Caucalière mesure 2,90 m en longueur sur une largeur de 1,30 m. Deux supports encore debout élèvent une de ses extrémités à 1,80 m. À 80 mètres au Sud-Ouest, le menhir de la Caucalière mesure 1,60 m de haut.

 

500 m à l’Ouest, le menhir de Campaillou, détruit depuis longtemps, est lié aux trois palets que Gargantua lança depuis le mont Saint-Guiral (avec le menhir de Trivalle et celui de Saint-Guiral). Il existe également 4 avens de Campaillou avec un grand nombre de fentes plus ou moins obstruées ; profondeur des avens, de 10 à 50 m et plus.

 

400 m au Sud-Ouest, le petit dolmen de Barral est blotti contre un muret de pierres. La légende raconte qu'il abrite des Dames Rouges ou Rajadas, des êtres maléfiques. Un menhir l’accompagne et on trouve à proximité la lavagne du Barral.

 

 

1 km à l’Ouest, le dolmen de Regos est perdu dans le bois de chênes, dit Bois de Régonos (ou Regagnas), à mi pente du versant Sud-Ouest de la colline de Regos, au milieu de grands rochers noirs et escarpés qui donnent à ce coin du Causse un aspect sauvage et pittoresque. La table, à peu près carrée, a 2,20 m de long sur 2 m de large pour une épaisseur moyenne de 0,35 m, est orientée Est-Ouest comme tous les monuments de ce genre dans cette région, et présente une légère inclinaison de dix degrés à l'Est, faisant face de ce côté à un petit monticule qui s'élève en amphithéâtre. Les piliers, au nombre de trois, sont placés deux au Sud (le pied a 1,40 m de large) et un au Nord (le pied a 1,80 m de large). Le monument était fermé sur ses quatre faces : on trouve la base d'une quatrième pierre formant un peu saillie du côté du couchant. D’ailleurs, l'entrée est orientée Ouest-Sud-Ouest. Table et supports sont en calcaire gris dolomitique. La surface de la table est couverte d'aspérités disposées en sillons allongés et continus. Cette particularité doit uniquement son origine à la propriété naturelle que possède la roche dolomitique de se décomposer ainsi partiellement. Un peu au-dessous du dolmen, une hache en pierre polie a été trouvée dans le bois. Un oppidum celte s’est ensuite installé à proximité.

Ce dolmen est en contrebas au milieu de deux collines, proche d’une cavité naturelle.

 

Sur la colline 400 m au Sud, le dolmen du Château d'Assas est un coffre à 4 dalles. Pour information, le château de Lavit, dit Assas (des XVIIè et XVIIIè siècles), domine la route qui va du Vigan à Lodève.

 

Sur la colline 650 m au Nord, le menhir de la Bouissonnade de 3,20 m de haut voisine avec l’aven-grotte de la Bouissonnade, dominé par le Cap Barré du Mazel. Cette cavité, profonde de 30 à 40 mètres, présente une analogie frappante avec l'Aven d'Auguste (situé dans la commune de Saint-Maurice-de-Navacelles sur le Plateau du Larzac). Une forte pente conduit à un puits vertical comblé. Plusieurs diverticules constituent des couloirs funéraires. Les fragments de poteries sont assez variés et dénotent une utilisation de la cavité comme grotte-citerne allant du Chalcolithique au Premier Âge du Fer.

 

 

En redescendant dans la combe del Serre, où se trouve le dolmen de Regos, à 1 km à l’Ouest de celui-ci on arrive à la grotte Baumelle. La Baumelle (nom francisé dérivé du mot occitan Baumèla qui signifie « petite grotte », même si le développement de la cavité est estimé à 90 m et sa profondeur doit approcher les 25 m), située aujourd’hui à plus de 400 m au-dessus du niveau de la nappe, correspond à une cavité fossile, formée dans un contexte et un climat bien différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. Une partie de la galerie file sous une colline proche : la présence de ce vieux conduit karstique recoupé par la surface du causse a donc constitué un environnement particulier qui a immanquablement attiré les Hommes préhistoriques qui sillonnaient le causse. On retrouve d’ailleurs dans la grande doline allongée en contrebas un habitat probablement important (grande quantité d’épierrements, nombreux fragments de torchis, tessons de poteries, traces de foyers, silex taillés en plaquette de Salinelles, une parure représentée par une perle discoïdale en stéatite …).

À l’époque préhistorique, une vaste entrée voire deux, permettaient d’accéder à la cavité. La bouche d’entrée (4 x 1,50 m), au ras du sol, donne à -1 m, au sommet d’un cône d’éboulis. Dans le prolongement, un large couloir, rempli de blocs, plonge sur 8 m jusqu’à -3 m. On note ça et là de grosses concrétions fossiles. Au bout de 7 m environ, on peut se redresser dans une petite salle de 3 x 2,50 x 2 m de hauteur. On débouche rapidement sur un laminoir suivi d’une petite salle dans laquelle était une stèle-menhir, au niveau d’une trémie. Ce gros bloc était planté là pour barrer le passage que l’on devine au-delà de cette grosse galerie, et il se prolonge en surface ("tête" qui dépasse à peine de 15 cm du sol, juste à côté de l’entrée actuelle).

Il s’agit d’une stèle en grès (même type de formation à Montdardier, à 7 km de là) qui a des proportions qui se rapprochent de celles d’un être humain (1,75 m de hauteur pour 65 cm de large et 30 cm d’épaisseur), mais pesant 540 kg. La base est aplanie, alors que le sommet parait avoir été en pointe. Les flancs sont parfaitement mis à plat et régularisés, et surtout les deux faces sont superbement aménagées, présentant des gravures et des cupules. Plusieurs lignes gravées, associées mais non figuratives, se trouvent sur une des faces. Sur l’autre, des gravures partiellement érodées sont également visibles sur le haut, ainsi qu’une dizaine de cupules de 3 à 5 cm de diamètre a été creusée. Ces éléments indiquent qu’il s’agit plutôt d’une stèle gravée que d’un menhir, dont ceux connus sur ce territoire sont différents dans leurs natures (les menhirs du causse sont en calcaire ou dolomie) et proportions. Une deuxième stèle plus petite (0,60 m de haut), en dolomie, présentant également des traces de mise en forme et cupules a été retrouvée cassée en deux, en réemploi dans le remplissage de condamnation. Son aspect (forme, taille, présence de deux cupules indiquant des yeux) la rapproche assez bien des statues-menhirs de la région des Garrigues de l'Hérault et du Gard.

La grande stèle est prise dans un remplissage qui l’enserre, comblement organisé et comprenant des tessons de céramique du Néolithique final. Stèle appuyée contre la roche lapiazée, sa base repose sur un talus réalisé de main d’Homme. En outre, deux grandes dalles en calcaire local, brutes d’extraction (environ un mètre de hauteur pour une largeur légèrement supérieure et une trentaine de centimètres d'épaisseur), se trouvent dans son prolongement, fermant le porche rocheux. Ces dernières présentaient la même disposition que la stèle, leurs bases assises au sommet d’un talus d’origine anthropique et leurs sommets en appui contre la paroi calcaire qui forme le rebord de l’excavation. Ce dispositif retenait un comblement volontaire d'une doline de 8 à 10 m de diamètre constitué d’une importante quantité de blocs de calcaire local, dont le volume peut être estimé entre 30 et 40 mètres cubes. Ce colmatage devait rendre imperceptible la doline à la surface du causse, et donc de la grotte qu'elle pouvait abriter. Il est à noter, comme à la Rouvière, que l’ancienne entrée de la grotte était située au sein d’un habitat : elle devait bénéficier d’un aménagement dans lequel la grande et la petite stèles mégalithiques ont été mises en œuvre. En conclusion, après s'être dressées dans un habitat à l’entrée de la cavité, les stèles ont été réutilisées pour fermer l’accès à la grotte-citerne sépulcrale à la fin du néolithique.

 

Cette stèle enlevée, on marche courbée sur une quinzaine de mètres. Un long mur d’un mètre de haut a été construit pour délimiter un couloir aplani le long de la paroi gauche. À l’endroit où on peut se redresser, deux dalles débordantes au sommet du chenal de voûte ont été un dispositif de couverture, réalisé en parfaite concordance avec la morphologie naturelle.

On débouche ensuite sur une plate-forme qui domine une vaste galerie à forte pente de 60 m de long environ, d’une douzaine de mètres de hauteur par endroits pour 5 à 8 m de large.

Très vite, on arrive sur les premières structures : un mur construit dans l’axe du conduit, comme pour aménager un couloir dans la trémie et recouvert de grandes dalles. La galerie est rectiligne sur plusieurs dizaines de mètres et on voit là des choses partout. Si plusieurs dizaines de cavités ont toutes sortes de traces d’aménagements, à la Baumelle c’est une véritable compilation, le "best of" de la spéléologie préhistorique : le sol est jonché de vestiges archéologiques (gros fragments de jarres à cordons de plusieurs dizaines de litres brisées sur place, petits vases intacts, nombreux ossements humains dont des crânes entiers, murs bâtis en pierre sèche, chenal d’écoulement aménagé).

Tout au long de la descente de la galerie, qui avoisine les 30° à 40° d’inclinaison, et longeant la paroi de droite, un couloir de 1,50 m a été aménagé. Son sol a été épierré sur 40 m pour constituer un véritable axe de circulation dans la grotte. La présence d’un axe de circulation dans une cavité est obligatoire. Néanmoins, il est rare de le percevoir. Il peut être généralement induit par certains aménagements comme des points de passages obligatoires. Un seul cas assez proche de celui de la Baumelle est connu. Il s’agit de la grotte n°2 de Trèves (Gard). On a pu y identifier un épierrement central de l’éboulis qui descend depuis la salle d’entrée jusqu’à la partie sépulcrale. Les blocs ont été rejetés de part et d’autre du passage, formant ainsi une auge longitudinale placée dans l’axe de la pente. Plusieurs impacts involontaires de torches ont été découverts sous la voûte et à l’aplomb de cet aménagement. Le couloir qui permettait la circulation dans la Baumelle est donc unique dans son organisation.

Sur la gauche et régulièrement espacés tout au long de la descente, les Hommes ont construit cinq murs de soutènement qui forment de vastes terrasses horizontales (sur 3 à 5 m de largeur environ) en "pierre sèche". Plusieurs de ces murs ont été doublés à l'avant, signe de l'ancienneté de la fragilité de ces constructions à cause de l'instabilité du sol. Si la réalisation des terrasses paraît adaptée à la pente du couloir et à la gestion de l’éboulis, elle peut également être associée au partage d’un espace, peut-être collectif.

Plusieurs cavités naturelles présentent de nombreux aménagements en pierre sèche liés à leurs fonctions spécifiques, stockage, collecte d’eau ou utilisation funéraire (Gard : La Baumelle ; Aven de la Rouvière ; Aven de la Boucle à Corconne ; Grotte de la Rouquette à Saint-Hilaire-de-Brethmas. Hérault : Les Vautes à Saint-Gély-du-Fesc).

 

Au plus pentu de la descente, deux concrétions sont percées à hauteur d’Homme par des trous subovalaires : il s’agit probablement des points de fixation d’une corde pour aider à la remontée (prémices du double amarrage/"ancrage").

En bas, la galerie, qui avoisine les 6 à 8 m de large pour une dizaine de haut, se poursuit sur une trentaine de mètres. Son sol, curieusement subhorizontal (aplani ?), est constitué d’un comblement argilo-limoneux qui paraît épais et…meuble !

Un mur en pierre sèche de 0,50 m d’épaisseur barre toute la largeur de la galerie sur une hauteur d’environ 0,60 m. Une "porte" y est aménagée dans l’axe du couloir de descente. La position de la "porte" dans le mur qui partage la partie basse indique une réelle volonté d’organisation. Il y a ici, pour ce qui concerne le partage de l’espace dans la cavité, une donnée essentielle à prendre en compte et à inclure dans la distribution des accès aux zones fonctionnelles.

Au pied des parois, deux "caniveaux", creusés par l’Homme, aussi larges que profonds (0,40 m environ), paraissent servir de drainage des eaux d’écoulement jusqu’à un point de perte.

Sous les points d’instillation, là où l’eau a lessivé l’argile, de nombreux ossements humains sont empilés sur une bonne épaisseur.

Au terme de la galerie, une large coulée de calcite plonge du plafond et marque la fin pénétrable du réseau. À la base, un mur en pierre forme comme une "table" (autel ?), une terrasse étroite en appui sur la paroi rocheuse, qui domine de 1 m le niveau de circulation sous un pendant de concrétions. Une plaque d’argile qui recouvre la paroi est maculée de plusieurs dizaines de traces digitées (pas d'exploitation ou de récupération de l'argile, traces plutôt cultuelles). À plus de 5 m de hauteur, des concrétions ont été cassées à leur extrémité par les Néolithiques : on a ici une récupération volontaire de la calcite, qui a de très grandes applications, notamment dans la construction (ciment, chaux, pierres d’ornement, ...), ou comme fondant dans la métallurgie. Bien que la série des concrétions cassées soit modeste au sein de la Baumelle, c'est une constante que l’on trouve dans de très nombreuses cavités. D’autres exemples sont connus comme dans la grotte d’Avril (Saint Jean-de-Buèges, Hérault) ou encore dans l’aven de la Rouvière.

 

Tout au long du réseau, les nombreux restes de vases jonchent le sol au pied de points d’infiltration. Ils appartiennent à de grosses jarres à cordons d’environ 40 à 100 litres de contenance. Souvent brisés en place par l’usure de l’eau et du temps, les récipients marquent bien l’organisation d’un espace. D’autres, plus petits, sont intacts.

 

De même, les ossements humains sont omniprésents dans la galerie. Une accumulation de crânes se dessine à la base de la descente, une dizaine de blocs crâniens se trouvant dans un secteur limité contre la paroi droite. Un écoulement d’eau a entraîné un fort concrétionnement de cette zone : certains des crânes humains se trouvent surmodelés par la calcite. Une deuxième concentration se trouve dans la salle plane qui termine la galerie : au niveau d'égouttoirs qui suintent depuis la voûte, on constate la présence de très nombreux ossements humains qui traduisent des dépôts sépulcraux plus conséquents.

 

Sur les parois et à hauteur de circulation, de nombreuses traces noires sont bien visibles : ce sont les vestiges des éclairages employés voici plusieurs millénaires.

Par contre, certaines d’entre elles ne sont pas des impacts de torches : on notera ces ensembles trop bien construits et les tracés précis et organisés, qui soulignent les concrétionnements ou constituent des concentrations de traits, tout au long de la cavité et sur les deux parois latérales. D’ailleurs, à plus de 4 m et jusqu’à 5 à 6 m du sol, plusieurs panneaux inaccessibles, de 2 à 4 mètres carrés, sont décorés par les tracés énigmatiques d’un art schématique linéaire (la présence en très grand nombre de traces pariétales organisées constitue un aspect original dans ce type de gisement).

 

En résumé, on a à la Baumelle tous les vestiges qui permettent de caractériser une grotte citerne. Cet espace était destiné à la récupération et au stockage des eaux d’instillation. Dans l’obscurité, pas de développement de micro-organisme. Dans l’atmosphère souterraine saturée en humidité, pas d’évaporation du précieux liquide. À une vingtaine de mètres sous terre, avec un accès relativement facile, grâce à de nombreux aménagements, les Néolithiques possédaient là une véritable richesse. En effet, le causse est aride environ six mois de l’année. La seule rivière, la Vis, est 400 m plus bas au fond de la vallée. La grotte était donc un lieu autour duquel s’établissait la vie. Avec l’existence autour de l’entrée de la cavité d’un habitat contemporain, l’ouverture de la grotte devait constituer un véritable sanctuaire où se trouvait mis en œuvre la statuaire préhistorique retrouvée. Mais cette grotte a également servi de cavité sépulcrale : les Néolithiques plaçaient la mémoire des leurs dans leur quotidien et la mort côtoyait de très près l’eau, symbole de vie. L’utilisation des cavités naturelles dans les pratiques funéraires reste très marquée dans les régions calcaires malgré la concurrence des tombes dolméniques qui occupent les mêmes territoires. Les sites souterrains sont liés à une gestion particulière, peut-être cyclique, des cadavres. Plusieurs cavités sont exclusivement dédiées à une période donnée aux morts. Une deuxième catégorie de sites funéraires souterrains concerne des cavités où les dépôts jouxtent directement les lieux d’habitats ou d’activité économique (Gard : La Baumelle ; La Rouvière ; Grotte du Cimetière à Tharaux. Hérault : Les Vautes à Saint-Gély-du-Fesc). Ces cas se rapprochent des sépultures plus ou moins isolées ou démantelées observées dans certains sites de plaine. De même, on note que si des gisements paraissent exclusivement liés à la mort, la proximité du monde des morts avec celui des vivants est assez fréquente. L’ampleur de la cavité et de ses aménagements peut certainement justifier de l’importance du groupe humain qui utilisait ce site.

Il faut néanmoins préciser que l’accumulation constatée des vestiges ne présume en rien de leur contemporanéité fonctionnelle, la fin du Néolithique dans cette région s’étageant sur plusieurs siècles. Cette situation se retrouve dans plusieurs autres sites des Grands Causses. On peut estimer qu’une dizaine de cavités similaires ont été découvertes par le passé dans cette région. Si les types de vestiges décrits y ont été retrouvés, ils ne l’ont jamais été dans une telle concentration et avec une pareille variété.

 

La mise en évidence de l’abandon du site est matérialisée par le rebouchage de l’entrée de la cavité naturelle, celle-ci se trouvant au centre d’un lieu d’habitat.

La condamnation des accès aux cavités paraît être rituelle dans le cadre des grottes sépulcrales. Dans le cas de la Baumelle, le dispositif mis en place présente une ampleur jamais constatée. On peut y voir la destruction volontaire du lieu de vie et de mort de villageois lors de leur départ vers d'autres zones plus favorables à la vie après l'épuisement d'un environnement consécutif à une surexploitation domestique.

Cette situation particulière doit interroger sur les gisements retrouvés incendiés et dont les niveaux d’abandon paraissent intacts et en parfait état de conservation (Gard : La Rouvière. Hérault : Boussargues à Argelliers ; Le Rocher du Causse à Claret ; Les Vautes à Saint-Gély-du-Fesc). Dans ces sites où rien ne paraît avoir été perturbé après l’abandon, le petit matériel est souvent absent (outillage lithique léger). Il ne reste sur place que les mobiliers difficilement transportables (céramique, outillage de mouture, ...). En conséquence, l’incendie d’un habitat peut être un mode d’abandon.

 

 

À 1 km à l’Ouest, aligné sur un axe grotte Baumelle-dolmen de Regos-avens de Flouriac-dolmen et menhir de la Tude, se trouve dans le petit vallon de la Lavagne le dolmen du même nom (sur les Causses, les lavagnes/lavognes occupent de légères dépressions naturelles argileuses ou artificielles : ces petites mares où viennent s'abreuver les animaux sont alimentées par les eaux de ruissellement). Celui-ci se résume aujourd’hui à une grande dalle de 3,75 m de longueur, 2m de largeur et 0,55 m d’épaisseur. Cet imposant débris offre une particularité singulière : sept trous ronds, de six à dix centimètres de diamètre, traversent la pierre de part en part. Ils ont été creusés à l'aide d'un ciseau et on a mis à profit, pour abréger le travail de perforation, les cavités tubuleuses naturellement fréquentes dans les roches dolomitiques. Ces trous sont groupés : quatre en haut, c'est-à-dire vers la partie la plus large de la pierre, et trois en bas, un espace de deux mètres séparant les deux groupes. Les premiers sont rangés en forme de carré régulier, laissant entre chaque paire un intervalle de 75 cm. Les trois trous de la base sont disposés à peu près sur une même ligne transversale dans le sens de la largeur et distants les uns des autres de 50 centimètres. Un peu plus bas, vers le centre de la table, une cavité naturelle forme comme un réservoir communiquant par une petite rigole avec un huitième trou, long de 20 cm et large de 10 cm, irrégulier, perforant aussi et qui correspond à peu près exactement au centre de la dalle. On distingue en outre plusieurs autres cupules non perforantes, dont l’agrandissement avait été entrepris.

Un certain nombre de mégalithes bien déterminés, dolmens ou menhirs, présentent des cupules (dans les Pyrénées, l'allée couverte de Taillant montre quatre ou cinq cupules gravées sur la tranche de la table de recouvrement). On notera que ce sont surtout les blocs erratiques des Alpes et des Pyrénées (pour la France), qui sont ainsi entaillés. De ces mégalithes à cupules on peut rapprocher les galets à cupules trouvés dans diverses sépultures préhistoriques du Finistère.

Le thème des cupules est très classique dans l’ornementation des monuments mégalithiques. Pour se borner tout d’abord au territoire hexagonal, rappelons que la partie supérieure de plusieurs tables de dolmens du Roussillon offrent des cupules de 3 à 8 cm de diamètre, parfois reliées entre elles par des rigoles. De même, il faut souligner que ce décor est largement répandu en Bretagne (notamment deux orthostates du dolmen du cairn II du Petit Mont d’Arzon, Morbihan : les deux montants portent en effet des cupules organisées en cercle et en triangle).

En général, ces cupules sont arrondies et de dimensions différentes ; il est rare qu'elles dépassent 5 cm de profondeur, mais on peut en voir, comme à Blandas, qui traversent la dalle de part en part. Il n'est pas très rare enfin de relever à côté des cupules, des rigoles, des lignes droites se coupant sous différents angles, et aussi ces curieuses figures rappelant la plante du pied humain, comme celles sur les rochers du Caroux (partie du Massif central la plus rapprochée du littoral méditerranéen, le mont Caroux - localement appelé la « femme couchée » ou « femme allongée » du fait de sa forme qui rappelle le corps d'une femme - constitue la terminaison orientale des monts de l'Espinouse, entre Lacaune dans la Montagne Noire et Bédarieux, à l’Ouest du Salagou et de Lodève. Il est constitué par un plateau culminant à 1 091 m d'altitude, limité au Sud par la vallée de l'Orb) ou celles à Lanslevillard et à Montmélian (Haute-Maurienne, sur le territoire de Lanslevillard, et l'autre sur les hauteurs qui, en face de Montmélian, séparent la vallée de l'Isère de celle du Gelon, son affluent. Le bloc se trouve sur un terrain très découvert, légèrement en pente, favorable aux rassemblements, et de cet emplacement on jouit d'une vue saisissante de grandeur sur la chaîne des Arves dont les trois aiguilles se dressent au Sud comme de gigantesques monolithes. Le bloc est orienté de l'Ouest à l'Est dans le sens de la longueur). Comme la roche est dure, il a fallu du temps et de la patience pour effectuer ce travail.

 

 

1 km au Nord-Est, le menhir dolomitique du Sotch des Genièvres mesure 4,50 x 1,20 x 0,55 m. La base est fendue et le sommet a été arrondi. Il pourrait s’agir d’une longue table de dolmen, renversée au pied d'un monticule artificiel. À peu de distance, on trouve l’aven et la grotte de Perrarines.

 

600 m au Nord-Est, proche du fond du polje, le cromlech de Lacam de Peyrarines 1 serait le plus grand d’Europe avec 120 m de diamètre. Ce cromlech est un ensemble mégalithique magnifique comprenant 46 menhirs. Les pierres sont régulièrement espacées, à environ 6 mètres de distance. Les pierres qui constituent le cercle sont toutes de différentes formes et tailles, allant de 0,75 mètre à 1,90 mètre de haut. Il y en a des fines, des grandes dalles rectangulaires et de petits blocs trapus, en forme de diamant, d’amande et de triangle, certaines sont inclinées et une autre est pleine de trous. Au centre du cercle, comme un doigt géant pointant vers le ciel, se trouve un beau menhir de 2,15 mètre de haut. La plupart des pierres sont en calcaire feuilletée local (blanc ou brun clair), mais pas toutes, quelques-unes des plus grosses pierres étant en grès.

À environ 300 mètres, on peut voir ce qu'il reste d'une possible carrière de menhirs. Les bancs rocheux de calcaire sont là, tout comme au moins 5 menhirs qui ont été extraits et ont été abandonnés. Un menhir en cours de dégagement du banc rocheux est aussi visible. Par contre, les menhirs en dolomie ont été traînés d'un autre endroit. À environ 250 mètres au Sud, on peut voir ce qu'il reste d'une possible carrière de menhirs. Les bancs rocheux de dolomie sont bien visibles. Une énorme pierre de plus de 2,50 mètres de long ressemble beaucoup à un menhir en cours de dégagement. Elle a peut être été abandonnée car elle risquait de se casser lors du transport car la pierre semble fissurée par le milieu.

 

Encadré de monts (Serre des Trois Prieurs, Bois Rayan, Devès de Rigal, Devès du Landre - carrière de menhirs - et le mont Régos), au lieu-dit Planas, entre le cromlech n°1 et le dolmen enfoui sous son tumulus, se trouve au centre l’aven n°1 des Soutasses. On compte deux avens dits les Soutasses (grands sottschs), au milieu du champ des Biques, l'un d'eux étant extrêmement profond.

 

200 m au Nord-Est, le menhir St Pierre se trouve près de l'entrée du dolmen de Planas. C’est un beau menhir de 1,70 m de long et 1 mètre de large en forme d’amande, qui a agi comme un marqueur.

Au milieu d'un champ où végètent quelques vieux chênes, ce dolmen est édifié sur le bord d’un petit tertre artificiel presque circulaire fait de pierres et de terre meuble (12 mètres de diamètre et 2 mètres de haut).

Il s’agit d’un dolmen à couloir d'environ 5 mètres de long et d'un demi-mètre de large, où des ossements humains et des tessons de poteries ont été retrouvés. Son toit, d'une longueur de 2,70 x 2 m, est à peu près carré et fait en dolomie jurassique. Il est bordé latéralement par des parements de pierres sèches dans la chambre et le couloir, qui s'ouvre au à 235°.

Le dolmen du Planas et celui des Arques s'ouvrent au soleil couchant comme l'immense majorité des dolmens d'ascendance méditerranéenne. Son tumulus important a la forme d'un cercle décentré vers le Nord, le dolmen étant rejeté à son pôle Sud-Est avec orientation au Sud-Ouest. Cette étrange position l'apparenterait au niveau de la forme aux dolmens atlantiques sous long tumulus mais il est de type languedocien dans la structure et l’orientation. Dans le groupe méditerranéen, les dolmens languedociens occupent un triangle dont les angles se situent à Frontignan sur le littoral, à Rodez au Nord-Ouest et Privas (Ardèche) au Nord-Est. On y compte plus de 2000 mégalithes. Ces monuments se composent d'un tumulus rond recouvrant un dolmen à couloir avec ou sans antichambre. Malgré quelques variations, ils possèdent une grande homogénéité. Dans la garrigue héraultaise et gardoise, et sur les Hauts plateaux, ils s'orientent au Sud-Ouest (entre 220° et 250°).

 

À quelques dizaines de mètres, le cromlech de Lacam de Peyrarines 2 se trouvait à proximité du menhir du Serre de la Gléisa. Il y a tout lieu de penser que le menhir couché sur le tumulus du dolmen du Planas pourrait être un vestige du cromlech ruiné lors de la construction de la route entre Le Landre et Montdardier. Quelques menhirs débités témoignent de son existence autour du carrefour.

 

200 m au Nord-Est, aligné sur l’axe aven + grotte de Perrarines-menhir du Sotch des Genièvres-cromlechs-aven n°1 des Soutasses-dolmen de Planas, l’aven des Albarons se trouve au fond d'une doline et est très profond. Il tire son nom des galets si abondants partout que les paysans les désignent sous le nom spécial d'albarons. À la surface du plateau, ils sont colorés en rouge par le limon oxydé, mais, entraînés au fond des avens et lavés par les eaux souterraines, ils redeviennent d'un beau blanc laiteux. Ces albarons remplissent tous les creux ou marmites de géant où on peut les ramasser à poignées.

 

À 200 m au Sud, le menhir du Serre de Gleyse de 2,60 m de haut avec une largeur maximale de 97 cm est érigé sur une colline.

On aperçoit au milieu d'une petite plaine inculte une grande dalle (3,45 x 1,25 x 0,45 m) en calcaire gris dolomitique provenant de la montagne de Régonos, éloignée de là d'environ 700 mètres au Sud. C'est la dalle de recouvrement du dolmen du Serret de Glaies, à peu près vis-à-vis du dolmen de Planas, mais à 500 mètres au Sud-Est, dont les supports ont disparu.

 

 

1,5 km au Nord-Est, à l’Est du Bois Rayan se trouve une carrière. Dans cette carrière de pierres lithographiques, on découvrit entre deux dalles verticalement posées des ossements humains (la tête correspondait à la dalle faisant face au levant, les pieds à celle tournée vers le couchant) et une lame en silex, ainsi qu’un objet qui parut être une espèce de bracelet semblable à du fil de fer (une tige de bronze filiforme et contournée en spirale, probablement). C’était les restes du dolmen du Bouscas/Navas. Navas était connu pour être dans une des vallées les plus fertiles du plateau, avec une étendue de terres labourables assez importante. Un "demi-dolmen" (table inclinée qui s'appuie sur le sol d'un côté et se dresse de l'autre sur un pilier vertical : dolmen en partie effondré), dont la table était longue de trois mètres et large de deux, se trouvait dans la descente de Navas.

Le menhir du Bouscas/Bousquet, 3,60 x 2 x 1,20 m, sur le penchant de la colline au milieu du bois du Bouscas, accompagne le dolmen du Bouscas. Il est en roche calcaire très dure qui provient de la formation jurassique sur laquelle il est dressé.

Il faut savoir qu’on appelait Montdardier la « montagne désirée », appellation due sans doute aux riches gisements de minerais et de pierres lithographiques calcaires que le sol renfermait (plusieurs carrières sont ouvertes autour de Montdardier : La Couronne, Les Lauzières, Baume Teyzonnières…), et aussi à la présence d’eau, véritable trésor sur le plateau calcaire aride du Causse. Au cours de l’ère secondaire, la mer occupait une partie du Sud de la France : elle a déposé des couches épaisses de sédiments qui sont à l’origine des calcaires présents en ce lieu. À proximité se trouve également la grotte de la carrière.

 

 

2 km au Sud-Est, deux menhirs gisaient dans un bas-fond au milieu de nombreux tas de pierres au lieu-dit quartier de Las Mattas. Distantes l'une de l'autre de 40 mètres environ, une des pierres était triangulaire, à arêtes émoussées manuellement (longueur de 3,40 m, largeur à la base de 1,20 m et à la pointe de 0,70 m, pour une épaisseur moyenne de 0,75 m). L'autre ressemblait à une table de dolmen : sa longueur était de 4,40 m pour une largeur de 1,35 m à la base et de 1 m au sommet, son épaisseur moyenne étant de 0,50 m.

 

1 km au Nord-Est, il aurait existé un dolmen du Château de Montdardier, sachant que Montdardier commande dès l'époque médiévale l'antique voie qui reliait le Vigan à Lodève. Le Château est situé à la limite des Cévennes et du Causse de Blandas. Sa localisation offre une vue imprenable sur toute la vallée de la Glèpe jusqu'au Vigan et à l'Est jusqu'à Saint-Hippolyte-du-Fort, et même par beau temps jusqu'au Mont Ventoux. Il est à noter que ce dolmen aurait pu se situer entre le village, le hameau de la Sanguinède et le mas de la Gardie, le lieu ayant d'ailleurs gardé le nom de « castel viel ».

 

 

3,5 km au Nord-Ouest, l’aven de Counon est une excavation profonde de quelques mètres seulement et au bas de laquelle on accède par des marches entaillées dans la roche. Trois diverticules très exigus renferment des sépultures ainsi qu'en témoignent des ossements humains.

On a recueilli en surface dans l'un de ces diverticules des fragments d'un vase à eau et une perle en roche d'un beau vert clair. Les fragments céramiques pourraient constituer ici un dépôt votif. On a également trouvé de la poterie à chevrons du type Ferrières.

Au Nord, dans le même petit massif, l’ouvala la plus caractéristique du causse est celle située au Nord de la Quinquillère (cote 709, ouvala étoilée liée à l'intersection de fractures). Le commandement (par rapport aux dépressions voisines les plus profondes) des buttes résiduelles est dans l'ensemble plus grand dans la partie Nord du Causse, plus relevé structuralement, que dans la partie Sud. Ainsi, celle de la Quinquillère (près de Navas) fait 117 m de long. La dissolution superficielle directe a été efficace surtout sur les calcaires en bancs massifs, comme sur les mégalapiés de la Quinquillère. Le sommet tabulaire de la Quinquillère (cote 771, Est de Navas) présente de remarquables tables de lapiés, où les couloirs (bogaz) de dimensions métriques, envahis par la buxaie, traduisent les directions de fracturation. C'est un mégalapié, avec les formes de détail classiques, cannelures de dissolution sur les surfaces planes faiblement inclinées (Rillenkarreri) et sur les parois des couloirs (Wandkarren), empreintes de pas et cuvettes (Trittkarren, Kamenitza).

 

 

3,5 km au Sud-Ouest, on compte 3 menhirs. Le menhir de Landre (B) est une belle pierre de 3,50 mètres de long. À 160 mètres au Nord, au sommet de la colline adjacente, le menhir de Landre (A) est une pierre penchée de 2,70 x 0,90 x 0,35 m. Du croisement de Planas, après quelques kilomètres sur le chemin vers Landre, juste après avoir franchi le sommet d'une colline, on voit ce menhir sur le haut de son monticule, dominant un petit coteau inculte dit le Cam-del-Peras et offrant une vue splendide sur le Nord et les Cévennes.

Les dolines stricto sensu sont des formes nettement circonscrites et soulignées par la mise en culture et les murs en pierres sèches. Les petites dolines en cuvette, à peine esquissées, de quelques dizaines de mètres de diamètre et de quelques mètres de profondeur sont les plus fréquentes. Les essaims de dolines, tels ceux au Sud du Landre, sont commandés par les systèmes de fractures.

 

 

1,5 km au Nord-Nord-Est, le nom que porte le hameau des Tres-taulières (« des trois tables ») semblerait indiquer l’ancienne existence d'un petit groupe de dolmens.

À proximité, Les Très Toullières est un aven très intéressant et très profond. Il présente au moins trois étages de galeries. Les eaux qui s'y précipitent vont peut-être alimenter les fameux évents de Bez.

 

À 1,5 km, alignée sur un axe menhirs de Landre-dolmens des Tres-taulières, la grotte des Fades est située au flanc de la Tessonne et d'accès assez malaisé. Cette cavité assez exiguë a donné en surface des tessons de poterie grossière semblables à ceux de l'aven-grotte des Robert (poterie à chevrons du type Ferrières) et plusieurs fragments de vases à eau du Néolithique final ainsi que des ossements d'ovidés.

 

 

1,8 km au Sud-Ouest, sur la crête de la montagne dite le Serre de Latune, le dolmen Serre de la Tune/dit Peyre Cabucelade possède une grande table de 3,70 m par 3,20 m dont l'épaisseur varie de 40 à 50 centimètres. Ouvert du côté Nord, l'écartement d'un pilier à l'autre étant de 2,20 m et l’ouverture haute de 1,10 m, le monument forme un assez vaste abri. À ses pieds gisent trois grandes pierres plates qui ont fait partie des supports. Toutes proviennent de la dolomie jurassique qui constitue la base de la montagne d'où elles furent hissées jusqu'au sommet. Les dolmens sont érigés près des terres arables, sauf celui du Serre de Latune, perché au sommet d'une colline où seul l'élevage paraît être une ressource possible. Or les menhirs suivent les mêmes lois de la nature puisque l'un deux est situé à 30 m du dolmen.

Le menhir de 3,80 m de la Serre de la Tune se trouve près du haut de la colline, qui, à 879 mètres, est un point culminant alentour. Il est situé en face du rocher d'Esparon, belvédère du Pays Viganais, qui porte sur son flanc de gigantesques blocs de pierre suspendus au-dessus de l’abîme, avec entre les deux l’abrupte Tessonne, tapissée de bois sauvages, avec ses « calles » et ses roches géantes. Selon la légende, au roc d'Esparon (Bez-et-Esparon), Gargantua boit à l'Arre et avale un char, les bœufs et le bouvier.

La cryoclastie reste active sur les calcaires en plaquettes, dans les pelouses-pâturages à moutons. Ainsi, on note des sols géométriques sur le Serre Goutèze (ou Tour d'Arre car sommet élevé à 955 m), 1 km à l’Ouest du menhir. Il existe également à proximité l’aven grotte de la Tune et l’aven de la côte 886.

 

 

1,8 km au Sud, près d’une doline, en descendant du serre de Latune et en se dirigeant sur Blandas, on rencontre au Sud-Ouest du Landre un dolmen à couloir dont la dalle et trois de ses appuis encore debout sont remarquables par leurs grandes dimensions. Au pied d'une colline, au milieu d'un étrange ruiniforme (paysage qui présente, en morphologie karstique, un aspect caractéristique de ruines ; il s'agit de formes dues à l'érosion de certains faciès hétérogènes, comme les dolomies ou les grès calcaires, évoquant des villages ruinés, avec des tours et des pans de murs, etc.), le dolmen d'Arques est un dolmen à couloir avec un assez large tumulus (15 m x 13 m, dans l'axe du monument). La chambre est de 3 mètres de long et 2,5 mètres de large, avec une hauteur 0,20 à 0,30 m pour 2 à 4 rangs de pierres.

Un couloir de 7 mètre de long par 0,7 mètres de large (1,30 m près de la chambre) court à travers le tumulus, qui s'ouvre, comme ils semblent tous faire par ici, vers le Sud-Ouest, à 237°°, le rapprochant de l'orientation des dolmens de type méditerranéen. Ce genre de dolmen, bordé uniquement de parements, se retrouve uniquement en Languedoc et en Provence (à 450 km de Grasse dans le Var), avec une exception pour un petit groupe installé à San Severa, en Ligurie italienne.

Sur les dalles inclinées du dolmen, grisâtres pertuisées de trous venant de roches dolomitisées (carrière toute proche), les cupules suivent deux axes d'enfoncement : un premier, perpendiculaire à la surface de la dalle et un second, suivant la verticale (progression de plusieurs centimètres).

On a trouvé dans ce dolmen six pointes de flèches denticulées « en sapin » typiquement rodéziennes ; 12 pendeloques faites de dents d'animaux percées à la racine parmi lesquelles il y a du chien ou loup, du sanglier, de l'ours brun et du cheval ; 66 perles en stéatite, calibrées, allant de 2 à 4,5 mm ; 7 perles tubulaires en stéatite plus 14 perles diverses et une perle en callaïs ; 3 perles à 1, 2 et 3 gorges en os, 5 perles globuleuses en os, 3 perles rondelles en calcaire, 3 perles en calcaire ou os (soit 257 perles en tout) ; 153 rondelles en test de coquillage ou calcaire blanc ; 3 tessons de céramique de la civilisation de Ferrières ; 1 perle métallique de type ferrérien probable (chauffées et écrouies plusieurs fois) ; 2 spirales en ruban et des fragments du Bronze moyen ou Final.

Le mobilier révèle la présence de Rodéziens représentés uniquement par les six armatures de flèche suffisamment caractéristiques en l'absence d'autres témoins de cette civilisation comme les pendeloques en crochet ou triangles à double perforation. Le métal ne présente rien de particulier mais la céramique appartient au Ferrérien. Trois hypothèses peuvent expliquer cette dualité : ou les Ferrériens ont succédé aux Rodéziens ou le contraire. Troisièmement les cadavres ferrériens ont été introduits dans la chambre sépulcrale avec les flèches rodéziennes dont ils étaient victimes.

 

Dans cette sorte de bassin qu’est cette plaine gît à 600 m au Sud-Ouest du mégalithe un menhir bien conservé haut d'environ 4 m. Proche d’un aven obstrué, le menhir des Combes est en creux et en bosses du fait de l’érosion du calcaire.

150 m à l’Ouest, le menhir d’Avernat fait 2,70 mètres de haut. Fait de pierre calcaire, sa face exposée aux intempéries est également très découpée/bosselée.

Ces deux menhirs voisins sont situés en contrebas de la poche de Coste Plane. Les mamelons, aux formes convexes, plus ou moins surbaissés, sont surtout développés dans les calcaires bien lités. Ce type de butte, comme le prouve la coupe de la carrière de Coste-Plane, a subi les effets d'une cryoclastie très active, génératrice de versants régularisés, sur un relief résiduel antérieur, particulièrement corrodé. On notera également qu’un système de vallées à l'écoulement incertain et de dépressions plus ou moins dessinées se suit du Quintanel (1 km au Nord) jusqu'à l'Est de Perrarines.

 

 

800 m au Sud-Ouest, le cromlech de Lacam de la Rigalderie/Mercoulines (B) est proche du haut de la colline. D’un diamètre d’environ une cinquantaine de mètres, peu de pierres sont visibles et il n’y a pas/plus de menhir au centre.

150 m au Nord, dans un champ sur une pente douce s'élevant vers une petite colline, le cromlech de Lacam de la Rigalderie/Mercoulines (A) s'étend sur 106 m de diamètre et compte 37 menhirs de 0,80 m à 1,80 m de hauteur, espacés d'à peu près 6 m. La partie Nord du cercle est envahie par des buis et cache quelques petits blocs plus ou moins jointifs qui pouvaient marquer la limite complète du cercle. Une levée de terre est visible à cet endroit. Les menhirs plantés devaient donc être en partie stabilisés par ce cordon de terre et de pierraille. Le cromlech ne semble pas avoir comporté de menhir central. Un dernier menhir, sur la partie la plus élevée du site, est nettement plus grand que les autres, mesurant 2,50 m de hauteur. La plupart des pierres est en calcaire local pâle, mais encore une fois comme avec Lacam de Peyrarines, une ou deux sont de couleur brune. Les pierres sont pour la plupart en forme de colonne (phallique, masculin), mais il y a un ou deux triangles (pubien, féminin). Les blocs portent souvent un épaulement. On peut les considérer comme brut, cependant une dalle de 2 m aurait été entièrement mise en forme et pourvue d’un sommet apiculé (sommet en pointe courte et aigüe).

 

1 km au Nord, le dolmen de Belfort-Falgueyrettes est situé sur une hauteur et bénéficie d’une vue imprenable sur la vallée de l’Arre.

Le commandement des buttes résiduelles (par rapport aux dépressions voisines les plus profondes) est dans l'ensemble plus grand dans la partie Nord du Causse, plus relevé structuralement, que dans la partie Sud. Tel est le cas du Rocher de Belfort qui mesure 86 m de long. La dissolution superficielle directe a été efficace surtout dans les reliefs dolomitiques, où l’arénisation différentielle, suivie du soutirage des arènes, a produit sur ce rocher des couloirs du type « Canolles ».

On notera qu’à La Rigalderie, une lavagne est alimentée par une source (ce qui est rare sur le Causse, le plus souvent l’alimentation se fait par les eaux de ruissellement). Un peu plus au Nord, mais toujours en contrebas du Rocher de Belfort, on trouve l’aven de Rigalderie et l’aven de la route Alzon-Blandas. Il existe également bien curieux cros ou sottschs dans ces environs.

 

 

Le Cirque de Navacelles offre le spectacle surprenant et inattendu d'une oasis verdoyante perdue dans un océan minéral. Ce vaste amphithéâtre ne révèle sa présence qu’une fois parvenu sur les balcons qui le surplombent. Sur ces hauteurs balayées par le souffle du vent, on perçoit l’écho timide des eaux de la Vis. Cheminant le long des corniches vertigineuses, de nouvelles perspectives époustouflantes s’ouvrent sur le Cirque.

Le spectateur ne peut que contempler, silencieux et stupéfait, ce grandiose décor. Le Cirque de Navacelles offre une dimension éminemment picturale : douceur des courbes, perspective des gorges, contraste des couleurs… Le fond du cirque, pittoresque, captive le regard. Les yeux s’attardent sur un socle pyramidal ceint d’un anneau vert. De délicates touches de vie, dans un décor minéral et pétrifié, comme pour parfaire l’œuvre inachevée de la Nature.

Heureuse alchimie ! Une harmonie étrange en émane et fascine l’âme. Inévitablement, le Cirque de Navacelles interpelle, provoque, et l’on se laisse aller à ses rêveries, à ses propres méditations. Le Cirque de Navacelles est avant tout un haut lieu de contemplation : face à ce monument naturel, le temps s'arrête, on se sent minuscule, presque ridicule. Puis émergent les questions sur les puissances créatrices de ce cirque vertigineux, les hypothèses sur sa forme étrange.

Passé le temps de la surprise, les détails du panorama apparaissent peu à peu, comme d’infimes indices sur la genèse de cet amphithéâtre géant : strates rocheuses, étrange pyramide, discret cours d’eau ou grotte aménagée. Les questions affleurent sur cette forme étonnante et sur la présence improbable des Hommes. Le nom même de Nova Cella  est évocateur. L’imaginaire peut y voir un phénomène surnaturel, l’impact d’une météorite, le fruit du génie humain ou le vestige d’une histoire mythologique. Ici, tout paraît possible. La raison préfèrera le lent travail de l’érosion karstique, la force de l’eau au fil de centaines de millions d’années. Ce grandiose caprice de la nature a offert aux Hommes un oasis bienvenue, au cœur d’un Causse inhospitalier. Depuis des millénaires, ils y ont apprécié l’eau poissonneuse de la Vis, la terre fertile, le climat doux et l’abri rocheux des gorges.

 

 

Le Causse de Blandas est un petit plateau calcaire du niveau inférieur des Grands Causses : environ 16 kilomètres de longueur du Nord au Sud et sa plus grande largeur de l’Ouest à l’Est est de 12 kilomètres. Ce territoire présente une variété de paysages évoluant entre plaine et montagne. C’est un plateau situé entre les rivières de l’Arre et de la Vis au Sud du massif cévenol et à l’Est du Larzac. C’est le plus méridional et le moins élevé des causses bien que par endroit il puisse atteindre 1000 mètres.

Dans ce paysage aride, au Sud le Cirque de Navacelles réserve la surprise d’un patrimoine naturel exceptionnel.

 

 

À l'époque préhistorique, la surface des plateaux ne semble avoir été occupée qu'exceptionnellement au paléolithique ou au mésolithique (par contre, les vallées ont été occupées au paléolithique moyen et supérieur ainsi qu'au mésolithique). La présence, très ponctuelle, des Hommes y est attestée depuis environ trente mille ans. Dans la vallée de la Vis, vaste coupure partageant le Causse en deux, on a découvert des traces de Paléolithique. La grotte de l'Elze, par exemple, a fourni une mâchoire de type très archaïque et deux éclats de silex de la même époque. De même, la grotte de la Foux révèle des traces d'industrie attribuable au Paléolithique. Les vestiges de cet âge sont très rares (les gens du paléolithique affectionnaient les habitats proches des cours d'eau) et, s'il en existe, ils sont enfouis sous une épaisse couche de dépôts néo et chalcolithiques. Pas de traces non plus du néolithique ancien (à poterie impressionnée) dont on trouve des traces dans les vallées.

 

Par contre, dès le néolithique moyen, les hauts plateaux se couvrent d'une quantité de dolmens formant un ensemble homogène appelé groupe languedocien. À ces dolmens on ne peut opposer que quelques habitats de plein-air, mais il s'agit de gisements très pauvres, sans vestiges d'architecture, qui ressemblent davantage à des campements de nomades (campements de transhumance que l'absence de poterie caractéristique ne permet pas d’identifier avec certitude) qu'aux grandes et nombreuses agglomérations des garrigues du Gard ou de l'Hérault. On compte toutefois une grande quantité d'habitats et de cimetières situés dans les innombrables puits et avens du plateau ou sources des flancs des montagnes. Jusqu'au Bronze moyen, les civilisations néo-chalcolithiques, bien implantées surtout sur les Causses, ne reçoivent que des apports minimes venus des zones périphériques.

 

 

Il y a 6000 ans, les Néolithiques ont pu observer un phénomène qui fera l’originalité du cirque : 300 mètres en contrebas, la rivière la Vis a quitté une partie de son cours pour prendre un raccourci par la cascade. Elle a laissé un méandre abandonné au milieu duquel se dresse une colline pierreuse en forme de pyramide.

Les premiers Hommes ayant trouvé refuge au Causse de Blandas se sont installés dans des grottes ou baumes s'ouvrant dans les falaises de part et d'autre du cirque, au sommet de pentes abruptes difficiles d’accès. La circulation de l'eau souterraine étant pratiquement abolie en dehors de rares cas, les grottes étaient fossilisées sur tous leurs étages supérieurs et depuis fort longtemps. Les préhistoriques n'ont pas manqué de les occuper malgré les difficultés.

Le site de la Baumelle à Blandas : une découverte majeure pour la connaissance de la fin du Néolithique sur les Grands Causses

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