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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Carte du svastika en Asie (hors bouddhisme et shintoïsme nippon) et aux Amériques (https://mapsengine.google.com/map/edit?mid=zRpXnMc9mISE.kp_wY2YqCJU4)

Carte du svastika en Asie (hors bouddhisme et shintoïsme nippon) et aux Amériques (https://mapsengine.google.com/map/edit?mid=zRpXnMc9mISE.kp_wY2YqCJU4)

 

Plaque de Mal'ta, avec serpentiformes, spirales et esses

Les Hommes de la préhistoire ont reconnu, comme les pseudo-primitifs actuels, la Grande Ourse qui indiquait le Nord, le pays des ours, ces ours qui sont associés à un symbole bisexuel à la fin du Paléolithique (la Madeleine, Massat) et peut-être à une cérémonie (Péchialet). En Grèce antique, la Grande Ourse s'appelait l'Hélice. Une extrapolation un peu téméraire pourrait permettre, à partir de cette image d'hélice, d'interpréter la plaquette paléolithique de Malta/Mal’ta (une des plus anciennes stations sibériennes, de -22 000 à -13 000) : sur une face, trois serpents sont les symboles probables de la "Déesse Mère" (une Vénus paléolithique de Gagarino a une tête ophidienne), l'autre face présente, à la partie inférieure, un fer à cheval qu’on peut interpréter comme la Terre ; à côté d'elle, à partir de deux "conduits" prennent naissance deux spirales, une grande, centrale (l'Ourse ou Hélice ?) et une petite latérale (Sirius ?). Autour de la grande spirale, trois petites spirales doubles en "S" pourraient symboliser le tonnerre. À côté des animaux qui avaient une importance économique pour l'Homme préhistorique, on représentait des oiseaux, des serpents, des poissons. Ceci est vraisemblablement lié au développement de la mythologie, aux conceptions de la terre, du ciel et des forces de la nature.

Interprétation astronomique de la plaquette de Mal'taPour les peuples anciens, les diverses formes de simulation numérique étaient les moyens les plus puissants de recherche et compréhension des processus dynamiques complexes du monde réel. Ainsi, cette plaque montrait des connaissances avancées sur les mouvements visibles du ciel étoilé, résultat de l'observation exacte à long terme du soleil, de la Lune et des planètes visibles. La précision de l'enregistrement et de la représentation de l'information est suffisante pour une prédiction sûre des éclipses lunaire et solaire. Cette plaque permettait de compter les années solaires et lunaires, des cycles de quatre ans, les formes sidérale (temps mis par un astre pour accomplir sa trajectoire, ou révolution, autour d’un autre astre) et synodique (temps mis par un astre pour revenir à la même place dans le ciel par rapport au soleil, vu de la Terre) des saros (période de 223 mois synodiques ou lunaisons - 18,6 ans - qui peut être utilisée pour prédire les éclipses de soleil et de Lune : un saros après une éclipse, le soleil, la Terre et la Lune retrouvent approximativement la même géométrie relative et une éclipse presque identique se produit), les temps de cycles synodiques de planètes (Vénus, Mars, Jupiter et Saturne). De fait, la plaque peut être interprétée comme "modèle du monde" ou "arbre du monde" : elle fait donc partie des outils spéciaux de simulation de comptage avec des fonctions en temps réel (calendrier) et interface avec le monde réel (observatoire). En outre, le chiffre 14 peut être facilement utilisé pour l'observation du cycle reproducteur féminin. Cette forme de fixation et de transfert de l'information a permis à l'étape initiale de l'histoire de la civilisation d'accumuler, d'appliquer et de transmettre des connaissances sans alphabet et autres formes d'écriture.

Hormis ces spirales et esses, on ne trouve pas de développement en svastika en Sibérie.

 

En Chine ainsi qu’au Japon (chiffre 10 000, qui symbolise l’infini, le parfait, l’excellent et s’emploie comme signe de bonheur), le svastika décore des vases, des coffrets, des représentations de divinités ; il figure même sur la poitrine de certaines statues du Bouddha et des Boddhisattvas, où il symboliserait le cœur (il est également le troisième signe de l'empreinte du Bouddha/Çakya, appelé Nandavartaya, un bon augure, ce sens étant le "cercle de la fortune").

 

Bouddha et son cœur en svastika

Nandavartaya, troisième signe de l'empreinte de Bouddha

 

Le svastika est un phénomène répandu en Chine, de nombreuses régions ayant connu ce motif, là-bas appelé wàn en Mandarin, man en coréen, cantonais et japonais, vạn en vietnamien, signifiant « tout » ou « éternité » (littéralement « myriade ») : le Qinghai (culture Majiayao), le Guangdong (culture Shek Kip), la Mongolie intérieure (culture Xiaoheyan), le Hunan (cultures Pengtoushan et Gaomiao), le Zhejiang (culture Hemudu), le Shandong (culture Dawenkou), le Liaoning (culture Aohanqi). Le svastika serait alors l’ancien caractère chinois che, qui comporte l’idée de perfection, d’excellence ; il signifierait donc le renouvellement et la perpétuité de la vie.

Poterie Dawenkou avec svastikas dextrogyre et sénestrogyre

La culture néolithique de Beixin-Dawenkou était constituée de deux cultures : la culture de Beixin (de -5 300 à -4 300) et la culture de Dawenkou (de -4 300 à -2 600), au contact de la culture de Yangshao (de -4 500 à -3 000) dans la région du Fleuve jaune, ici dans le cours inférieur du fleuve tandis que la culture de Yangshao se développait dans le cours moyen. Elle témoigne d'une grande continuité dans le temps et d'une hiérarchisation croissante de la société. Elle a été précédée par la culture de Houli (de -6 500 à -5 500) qui relève, quant à elle, de la néolithisation de la Chine. On distingue trois phases : la phase précoce (-4 300 à -3 500), la phase intermédiaire (-3 500 à -3 000) et la phase finale (-3 000 à -2 600). La première phase était très égalitaire, alors qu’au cours de la phase intermédiaire les objets funéraires ont commencé à mettre l'accent sur la quantité plutôt que la diversité. Au cours de la phase tardive, des cercueils de bois ont commencé à apparaître dans les sépultures Dawenkou. La culture est devenue de plus en plus stratifiée, des tombes ne contenant aucun mobilier funéraire tandis que d'autres en contenaient une grande quantité.

Sur le site type de Dawenkou, situé à Tai'an (Shandong), seule la couche intermédiaire était associée à la culture Dawenkou, alors que la première couche correspondait à la culture Beixin et les dernières à la variante précoce locale de la culture de Longshan. Idéogrammes Dawenkou

Les inscriptions sur les pots en argile découverts à Dawenkou et Dinggongcun sont censées porter la première langue écrite chinoise, où l’on retrouve le svastika/wàn. La culture qui s'y est développée s'est étendue ensuite en débordant tout autour dans les provinces voisines, le Henan, l'Anhui et le Jiangsu. Le svastika se serait alors développé dans cette aire, située à l’Ouest de la péninsule coréenne et de l’archipel nippon. D’ailleurs, les cultures de Dawenkou et Hemudu sont des cultures des Pré-Austronésiens (ou de langues austronésiennes) avant que ceux-ci ne s'établissent à Taïwan.

Triscèle dans du jade de la culture LongshanLa culture de Longshan (ou mieux : « les cultures de Longshan ») désigne un groupe de cultures du Néolithique tardif ayant certaines caractéristiques communes. Ces cultures se sont développées en deux groupes distincts, sur des chronologies distinctes : l'une au Shandong, au Liaodong et l'autre dans le bassin inférieur et moyen du Fleuve jaune, au Henan, Shanxi, Shaanxi, Hebei, Jiangsu et Hubei. Sur le cours inférieur du Fleuve jaune, souvent appelée région de Haidai, à la suite de la culture de Dawenkou tardif (-3 000 à -2 600), la culture de Longshan dite « du Shandong » (-2 600 à -1 900) s'est développée dans le Henan de l'Est, dans l'Anhui du Nord et dans le Nord du Jiangsu. On a retrouvé un triscèle taillé dans du jade. C'est dans ce bassin du Shandong que se serait imposée la mythique dynastie Xia (première des Trois dynasties de la Chine pré-impériale, fondée par Yu le Grand, qui aurait régné de -2 205 à -1 767 selon la chronologie traditionnelle chinoise, mais ce serait un mythe d'origine qui pourrait avoir été composé au premier millénaire avant notre ère), et que se sont constitués les royaumes des dynasties Shang et Zhou. La céramique de la dynastie Shang (-1 767 à -1 122 selon les dates traditionnelles), la deuxième dynastie royale à avoir dominé la Chine, resta dans la continuité des céramiques de Longshan.

Pot de la dynastie Shang

Sur un vase de type bu à décor géométrique, en terre cuite blanche (kaolin) de la fin de l'époque des Shang, on peut voir un svastika juste sous le col, dont les branches verticales sont nettement plus petites que les horizontales.

Trois triscèles découpés dans une fine plaque d’or

 

Trois triscèles découpés dans une fine plaque d’or peuvent également appartenir à la fin de cette période, ou la suivante.

 

 

 

La culture de Hongshan est une culture néolithique (-4 700 à -3 000) du Nord-Est de la Chine, s’étendant au Nord des monts Yan au Hebei et de part et d'autre des cours supérieurs du Daling et du Xiliao au Liaoning et en Mongolie-Intérieure. Cette culture est particulièrement célèbre pour ses objets de jade ainsi que pour quelques sites funéraires et cultuels tout à fait remarquables comprenant temples, autels, cairns et constructions pyramidales. Hongshan serait contemporain des phases moyenne et tardive de Yangshao avec qui elle aurait eu des échanges. Vers -3 000, on assiste à sa disparition aussi rapide que quasi totale et inexpliquée.

Culture xiaoheyan de Mongolie intérieureLa culture de Xiaoheyan (-3 000 à -2 600), qui suivit dans cette région, témoigne d'une très faible "complexité" sociale : quasi aucune hiérarchie, effondrement numérique de la population et l'agriculture est remplacée par une forme de pastoralisme extensif. Les habitats fixes et les lieux rituels ont été abandonnés. La seule explication actuellement plausible reste la soudaine détérioration du climat avec une sécheresse prononcée et un affaiblissement de la mousson d'été. Cette culture présente quelques svastikas.

Culture de MajiayaoLa culture de Majiayao est une culture néolithique du Nord-Ouest de la Chine sur le cours supérieur du Fleuve jaune, aux frontières du désert de Gobi. Quelques objets utilitaires et décoratifs de bronze trouvés dans les couches Majiayao (de -3 500 à -2 700), les plus anciens découverts en Chine, témoignent de contacts avec des populations de l'Ouest, sachant que justement cette culture est une succession de « phases » situées de plus en plus vers l'Ouest (vers -2 000, le svastika chinois de Majiayao rencontra alors le svastika des momies indo-européennes du Tarim). Culture de Majiayao : stylisation d'un triscèle

D'après les offrandes funéraires déposées dans les tombes de Majiayao l'égalité entre hommes et femmes semblait exister à cette époque. Plus tard, un changement majeur est intervenu dans les pratiques d'inhumation, les hommes et les femmes étant enterrés séparément, chacun avec des dépôts différents : les hommes étaient enterrés avec des instruments nécessaires au labour et aux travaux des champs, alors que les femmes étaient enterrées avec des outils nécessaires au filage et avec des pots.

Phase BanshanAlors que la spirale se développa dans la phase tardive de la Culture de Yangshao (de -4 500 à -3 000), Phase Machangelle devint populaire dans les cultures Majiayao puis dans les phases Banshan (de -2 700 à -2 000) et Machang (de -2 500 à -1 800).

Le motif de la figure céleste en svastika, également appelé « motif en grenouille » (comme sur les amulettes de jade de l'ère néolithique bulgare), commencé sur la poterie de la culture Majiaoyao, sera le trait le plus distinctif des types de Banshan et Machang.

 

On a fait à Ma Wang Dui (province du Hunan) de multiples trouvailles archéologiques, dont la plus ancienne version connue du Yi-Jing, « Traité canonique des mutations », système de signes binaires utilisé pour faire des divinations. Il est lié au Fleuve jaune et à Yu le Grand, fondateur de la dynastie Xia). On a également trouvé un rouleau de soie connu maintenant sous l'appellation « Le Livre de la Soie ».

Le Livre de la Soie avec le svastika comme forme cométaireDans une tombe de la dynastie Han datant du -IIè siècle on a en effet retrouvé un ruban de soie d'environ 1,5 m de long daté du -IVè siècle. Le commentaire indique qu'il s'agit d'un inventaire des différents aspects de comètes (ou de météorites, en tout cas de corps célestes) observées par les astronomes de la cour. Vingt-neuf aspects sont représentés. Si les vingt-huit autres signes présentent des ressemblances certaines, un svastika "détonne" quelque peu dans l'ensemble. Comme représentation d'une comète, celle-ci a dû se présenter à l'observateur de face et être du même type que la comète Hale-Bopp, c'est-à-dire une comète en rotation sur son axe en raison d'éruptions de gaz. C'est la seule représentation connue d'un svastika clairement associé à une comète.

 

Par de nombreux traits communs, certains anthropologues voient des liens entre la civilisation de l’Indus et la culture maya, bien plus tardive et sur un autre continent. On sait toutefois que vers -1 200 les Dineh arrivèrent en Alaska en provenance d'Asie, puis se divisèrent en quatre groupes majeurs : les Eyaks, les Haïdas, les Tinglits et les Athabascans. Une relation entre les langues na-dené et les langues ienisseïennes parlées en Sibérie a été proposée. La migration des peuples Na-Dené d'Asie vers le Nouveau monde se serait déroulée il y six à huit mille ans, soit environ quatre mille ans après l'arrivée des populations à l'origine des langues amérindes. Les Na-Dené ont pu arriver par bateau, et accoster initialement près des Îles de la Reine-Charlotte, dans la province canadienne actuelle de Colombie-Britannique. S’il y a une forte relation avec les langues sino-tibétaines, l'analyse génétique des populations Ojibwé, Sioux, et Navajos, indique, par l'intermédiaire de l'ADN mitochondrial X, une lointaine parenté avec les populations européennes. Peut-être résulte-t-elle de contacts avec des Caucasiens du désert du Tarim vers -3 000. Une petite figurine sculptée d'un saint homme Natchez (peuple amérindien qui vivait dans la région de l'actuelle ville de Natchez dans le Mississippi) assis dans une position de lotus porte un svastika le front, la même marque qui désigne un Initié en Asie. Il est à noter que le svastika n’est pas apparu sur ce continent dans des phases néolithiques anciennes ; au contraire, on ne le retrouve qu’aux environs du début de notre ère. Toujours est-il que le svastika se trouve dans de nombreuses œuvres d'art méso-américaines, ce qui montre qu'il doit avoir circulé : on le retrouve sur des sculptures mayas, dans des édifices incas, sur des poteries aztèques, dans les peintures Zuni et Navajo, sur les boucliers des Blackfoot, etc. Pour les Mayas, le svastika représentait la création, pour les Incas et les Aztèques il représentait les quatre saisons grâce à ses quatre bras, le centre symbolisant le soleil.

 

Poterie Mochica avec svastikas géométriques, montrant une fellationSipán est un village du Nord du Pérou, situé près de la côte Pacifique, à environ 35 kilomètres au Sud-Est de Chiclayo, dans la région de Lambayeque. Huaca Rajada est un complexe funéraire de la culture Moche abritant de nombreuses tombes, où l’on a trouvé un vase avec un svastika grossier. Parallèlement, on retrouve ce symbole très géométrisé sur une cruche représentant une fellation. La culture Moche (parfois appelée Mochica) était une culture précolombienne qui s'est étendue tout au long de la côte Nord péruvienne, à la même époque que la culture Nazca qui occupait la côte Sud péruvienne. On sait désormais que Sipán fut l'un des deux foyers principaux autour desquels se développèrent les Moches et fut à ce titre une ville très importante entre l'an 100 et l'an 700 de notre ère.

 

Civilisation de TiwanakuLa civilisation de Tiwanaku (en aymara, ou Tiahuanaco en espagnol), était une civilisation pré-inca qui a dominé la moitié Sud des Andes centrales entre le Vè siècle et le XIè siècle. Elle a pris naissance sur la rive Sud du lac Titicaca, à plus de 3 800 mètres d'altitude, aux environs du site archéologique de la Cité du Soleil de Tiahuanaco et a occupé l'actuel Nord du Chili et l'Ouest de la Bolivie. La civilisation de Tiwanaku présentait une grande maîtrise de la taille de la pierre et une architecture préfigurant celle des Incas.

Le svastika comme nombre 4Ils n’avaient pas d'écriture mais utilisaient les signes et les traces des nombres hérités de la nature en se basant sur le Sumaqi (le svastika) : si maya signifiait « un », pusi était le « quatre », lié à la trace des quatre doigts laissée par le jaguar Uturunk (urqu titi kayu est un svastika à base de lignes droites symbolisant le 4 masculin alors que le qachu titi kayu aux bras courbes est le 4 féminin). La culture Tiwaniku se développa sur les hauts plateaux entre 550 et 900. Son influence sur les Huari est notable dans le domaine religieux et les rites funéraires : sur certaines céramiques, apparaît la représentation de divinités aux traits anthropomorphes et zoomorphes, similaires à ceux de Viracocha (dieu des bâtons) de la culture tiahuanaca. Cette divinité se retrouve dans les cultures ultérieures.

Triscèle sur un cheval de la civilisation Huari (ou Wari)La civilisation Huari (ou Wari) fait référence à un peuple qui fleurit durant la période pré-incaïque de l’horizon moyen. Elle prit naissance au VIè siècle (jusque vers 1200) dans la région d’Ayacucho située dans les Andes du Sud du Pérou actuel. La capitale du même nom était le centre d'une civilisation qui couvrait bien des hautes terres et la côte du Pérou moderne. D'abord, leur territoire s'étendit pour inclure le centre de l'ancien oracle de Pachacamac, bien qu'il semble avoir retrouvé largement son autonomie. Plus tard, il s'agrandit pour inclure beaucoup des territoires de l'ancienne culture Moche et de la tardive culture Chimu. Ils structurèrent leur royaume grâce à de nombreuses routes que les Incas intègreront plus tard à leur système de communication, sachant qu’on considère souvent que les Incas, qui émergèrent trois siècles après la disparition des Huari, sont les héritiers de cette civilisation. Une de leur céramique montre un cheval porter des triscèles, sachant que ce symbole trilobé fonctionnait comme une marque de serpent, et représentait la capacité supranaturelle de voyager du Monde Inférieur au Monde Supérieur.

 

Svastika doublé, céramique de la culture ComechingónComechingón est la dénomination vulgaire (« habitants de grottes, troglodytes », ceci à cause du type d'habitations semi-souterraines des Henia-Kamiares) utilisée pour appeler une ancienne ethnie amérindienne vivant en Argentine, alors que les deux groupes principaux se donnaient le nom de Hênîa au Nord et de Kâmîare au Sud. À l'arrivée des Espagnols au XVIè siècle, ils habitaient les Sierras pampéennes des provinces actuelles de Córdoba et de San Luis. On pense que l'origine des Henia-Kamiare remonterait à la très ancienne culture Ayampitín (existant au moins depuis -6 000), culture qui a laissé des traces jusqu'à Tarija dans le Sud de la Bolivie ; de fait, on peut parler de culture Comechingón pour la période allant de 500 à 1600 de notre ère.

 

Cholula, officiellement Cholula de Rivadavia, est une ville mexicaine située à 2135 mètres d'altitude, au pied du Popocatepetl, un volcan toujours en activité, à une dizaine de kilomètres à l'Ouest de Puebla. Son nom vient de Cholōllān en langue nahuatl, qui peut signifier « le lieu où l'eau tombe » ou bien « lieu de la fuite ». Cholula fut une cité précolombienne multiethnique fréquentée par de nombreux peuples de l'époque comme les Mayas, Mixtèques, Zapotèques, Olmèques, etc. Elle daterait d'au moins du -IIè siècle et serait donc une des cités les plus anciennes de Mésoamérique. Un des premiers peuples qui s'y installa, les Epatláns, en firent déjà un lieu de culte. Vers 200, la première pyramide de Cholula est construite. Elle fait 120 m de côté et 17 m de hauteur. Vers la fin de l'époque classique (800), la ville serait tombée sous le joug des Olmèques-Xicallanca et ses habitants auraient été expulsés. Mais il apparait que contrairement à Teotihuacán, elle échappa en majeure partie à la destruction. Vers 1164 (1 Tecpatl du calendrier aztèque), les Toltèques et les Chichimèques y arrivèrent et y introduisirent le culte de Quetzalcóatl. À l'arrivée d'Hernán Cortés en 1519, c'était la seconde plus grande ville de l'empire Aztèque (après la capitale Tenochtitlan). Cholula est célèbre pour sa Grande Pyramide construite du IIè au XVIè siècle par les différentes ethnies ayant peuplé la cité sacrée. C'est la plus grande pyramide faite par l'Homme en termes de volume déplacé (4,45 million de m³) : elle fait 350 m de côté et 66 m de haut. Construite à l'origine par les Olmèques trois siècles avant notre ère, elle a été complétée et utilisée par les Toltèques et les Aztèques comme lieu de rituel religieux et de sacrifice humain. Dans la mythologie aztèque cette montagne a été la maison des géants fils de Cihuacoatl et Mixcoatl, qui habitait sur la terre pendant le déluge Atonatiuh. Les mayas utilisaient le svastika comme symbole du serpent : un œil circulaire est placé dans le centre et deux têtes dos à dos l’enferment, l'une étant inversée. L'alternance des mâchoires inférieure et supérieure, chacune avec son crochet terminal, forment ainsi les bras du svastika (une molaire unique apparaît de chaque côté). La culture de Cholula a fait évoluer ce glyphe sur ses poteries.

Serpent maya stylisé en svastika   

 

Les premiers bâtiments de Teotihuacan ont été datés des environs de -300. À cette époque, le bassin de Mexico comptait deux centres importants : Cuicuilco au Sud-Ouest du lac Texcoco et Teotihuacan au Nord-Est du lac. Lorsque, vers -50, le volcan Xitle ensevelit Cuicuilco, Teotihuacan devint le seul centre dominant de la vallée, s'accroissant probablement de la population déplacée par l'éruption. On débuta alors la construction de la chaussée des Morts, des pyramides du Soleil et de la Lune ; durant cette phase Tzacualli, la ville occupait une superficie de 17 km². La plus grande pyramide, la Pyramide du soleil, fut achevée en 150 et la cité connut alors son apogée jusqu’à 450 de notre ère. La phase Miccaotli (150 à 250) vit la construction de la pyramide du Serpent à plumes et de la Citadelle et la ville atteignit son expansion maximale (22,5 km² et environ 45 000 habitants). Durant la phase Tlamimilolpa (250 à 450), la production artistique atteignit un haut degré esthétique et la cité vit la construction de la pyramide adossée à la Pyramide du Serpent à plumes et de l'édifice des Conques emplumées. Des relations intensives avec la zone maya et la côte du Golfe du Mexique se mirent en place et la population grimpa à 65 000 habitants. Pendant la phase Xolalpan (450 à 650), les traits culturels de Teotihuacan furent diffusés à travers toute la Mésoamérique. On construisit alors les complexes résidentiels, religieux et administratifs de Tetitla, Yayahuala, Atetelco, Tepantitla, Xolalpan, Tlamimilolpa.

Glyphes en svastika, Teotihuacan avant 700 Elle était alors le centre d'une civilisation importante, qui influença toutes les cultures suivantes (en aztèque, Teotihuacán signifie « le lieu où les dieux sont créés »). Teotihuacan contrôlait les importants gisements d'obsidienne d'Otumba et Sierra de las Navajas. Elle était également un lieu d'échanges avec les autres entités politiques de Mésoamérique, notamment pour le commerce du jade, du copal, de l'onyx, de la résine aromatique de la côte du golfe du Mexique ou des plumes caudales du quetzal venues du pays maya. Teotihuacan comportait des quartiers distincts pour les Zapotèques, les Mixtèques ou les Mayas. On retrouve d’ailleurs le svastika sur des poteries, d’avant 700. La population était d’environ 85 000 personnes, mais elle baissa à 70 000 avec la phase Metepec (650 à 750), avant de chuter à 2 000 habitants au cours de la phase Oxtipac qui suivit. La ville a finalement été incendiée puis abandonnée au VIIIè siècle.

 

 

Certaines tribus indiennes d'Amérique du Nord utilisent également le svastika, particulièrement dans le Sud-Ouest des États-Unis. Ce symbole de la croix brisée est généralement connu comme la « bûche tourbillonnante », même si la tribu Kansas l’appelait « le bonheur ».

Avant de s'établir principalement autour de la vallée de Mexico vers le VIè siècle, les Nahuas étaient probablement originaires des déserts du Nord du Mexique et du Sud-Ouest des États-Unis. Après une période migratoire, ils ont peu à peu pris le pouvoir sur les autres ethnies du centre du Mexique, en particulier dans la vallée de Mexico où ils ont développé, après la chute de Teotihuacan, de grands centres urbains et les civilisations les plus influentes de toute la Mésoamérique : celle des Toltèques, d'abord, entre le Xè et XIIè siècles, puis celle des Aztèques, entre le XIVè et XVIè siècles.

Svastika des Gunas/Kunas de PanamaDrapeau du territoire autonome de Kuna YalaLe svastika est un motif traditionnel chez les Gunas/Kunas de Panama, qui le font figurer depuis 1925 sur le drapeau de leur territoire autonome de Kuna Yala. Des siècles avant la conquête espagnole, les Kunas arrivèrent en Amérique du Sud dans le cadre d'une migration vers l'Est des Chibchan depuis l’Amérique centrale, poussés par les Nahuas. La langue chibcha, plus souvent appelée muisca, s’étendit alors d’Amérique centrale (Costa Rica) au cap Guayaquil (à la frontière entre l’Équateur et le Pérou actuel).

 

Le nahuatl, dont le nom dérive probablement du mot nāhuatlahtōlli pour « « parole claire, harmonieuse, incantation » (langage sacré) », est un groupe de langues apparentées de la famille uto-aztèque, répandue du Grand Bassin de l'Ouest des États-Unis jusqu'au Salvador. Au cours des siècles précédant la conquête espagnole du Mexique, le nahuatl a évolué sous l'influence des langues voisines et est devenu à partir du XIIè siècle une langue véhiculaire dans une grande partie de la Mésoamérique.

Fragment de pierre à ZapateroDes tribus de cette culture habitaient le Zapatera, aussi appelé Zapatero ou Zapeton, un volcan bouclier formant une île dans le lac Managua/Nicaragua (au Sud-Ouest du pays). L'île contient quelques-uns des sites archéologiques les plus importants du Nicaragua : des installations préhistoriques du peuple nahuatl, de l’art rupestre et surtout un magnifique groupe de statues de pierre. Reconnues grâce à la présence de svastikas, des habitations de 800 à 1200 ont été trouvées concentrées près de la rive du lac, représentées par de la céramique avec quelques fragments de chert et d'obsidienne. La petite île (moins de 500 m de diamètre) Isla el Muerto était un lieu sacré de sacrifice et sépulture. Au point culminant de l'île se trouve une grande dalle de pierre avec des gravures anciennes. Elle mesure 35 m par 10 m et les motifs sont pour la plupart des zoomorphes très stylisés (animaux et oiseaux) et anthropomorphes. Dans la forêt au-dessous du sommet il y a d'autres aires d'art rupestre, dont les gravures sont un peu différentes : l'accent est davantage sur les méandres, spirales et cercles concentriques.

Svastika gravé en grotte

Les sites de La Punta de las Figuras et le temple de Zonzapote sont particulièrement riches en objets et disposent d'un réseau de grottes où l’on a trouvé dans l’obscurité un svastika profondément gravé.

 

Les Mixtèques (du mot nahuatl Mixtecapan signifiant « territoire du peuple des nuages ») constituent un peuple indigène de Mésoamérique dont les descendants habitent toujours les états mexicains d’Oaxaca, de Guerrero et de Puebla, aire culturelle dont l'unité linguistique est connue sous le nom de La Mixteca. Les langues mixtèques représentent une branche importante de la famille des langues oto-mangues, comme celle de leurs voisins Zapotèques. Au Sud, les Mixtèques prirent part à la civilisation maya en déclin. Ils utilisaient des techniques agricoles et un calendrier semblable à celui des Aztèques. La culture mixtèque fut florissante dans le Sud du Mexique du IXè au XVIè siècle et les Mixtèques eux-mêmes étaient réputés être les meilleurs artisans du Mexique. Ils laissèrent une mémoire pictographique de l'histoire militaire et sociale à travers leurs codex, dans lequel ils ont écrit leur histoire et leur généalogie sur des peaux de daim dans des livres pliants « en accordéon » sous forme de dessins phonétiques.

Codex Vindobonensis Mexicanus 1, aussi connu comme Codex de VienneLe Codex Vindobonensis Mexicanus 1, aussi connu comme Codex de Vienne, serait un document Mixtèque du XVIè siècle. Composé de 52 pages avec une taille de 26,5 par 22 cm, le texte est divisé en 10 sections principales : au début, il présente des généalogies mythologiques des dieux, puis Quetzalcóatl est cité comme le grand fondateur de toutes les dynasties royales et présente des listes de chefs (et prêtres). Il montre deux svastikas sur la gauche, dessinés par des pieds. La fente triangulaire ou en forme de V dans le bassin d'eau, à droite du svastika, serait un passage cosmique par lequel les divinités, les gens, les animaux et les plantes passent d'un plan cosmique à l'autre. En bas à gauche, deux figures se tiennent debout à côté d’un autre V, portail de la résurrection dans le Monde Souterrain. La figure de gauche qui pointe son doigt vers le ciel est juste au-dessus du svastika et a également des crocs. Il semble être un humain transformé après la mort en le dieu Soleil du Monde Souterrain, le mythique « were jaguar ». Le cercle sous ses pieds est divisé en quatre parties, deux foncées et deux claires, chacune avec des empreintes de pieds. Ce svastika est identifié comme représentant l'axe Nord-Sud ou le centre sacré comme lieu d'entrée dans le Monde Souterrain. La divinité à deux visages devant lui tient ce qui semble être les champignons sacrés contenant de la psilocybine (hallucinogène). Cette divinité est la planète Vénus dualiste et le dieu du Monde Souterrain, des sacrifices et de la résurrection. Les trois champignons dans sa main se réfèrent à la trinité méso-américaine, les trois pierres du foyer de la création : le soleil, l'étoile du matin et l'étoile du soir. On notera que la divinité à deux visages est peinte en noir (ce qui signifie les enfers) et porte une coiffe d'aigle harpie double-bec (signifiant la résurrection du soleil), les cinq plumes de la coiffe se référant aux cinq cycles synodiques de Vénus.

 

Frise murale de Tulum/Tuluum, avec "noeuds gordiens" qui ressemblent au svastika de Zapatero

Tulum/Tuluum (nom originel Zamá, ce qui signifie la « cité de l’aube ») est une ancienne cité maya située dans la péninsule du Yucatan, dans le Sud-Est du Mexique (état du Quintana Roo), dans une région appelée la Riviera Maya, le long de la mer des Caraïbes. La fondation de la cité semble remonter à 564. La cité maya de Cobá, dont l’apogée se situe vers 650 utilisait le site de Tulum comme un important port de pêche et peut être aussi de commerce pour les échanges vers d’autres cités de la région. Des artefacts en silex, des poteries de la péninsule du Yucatan, des objets en obsidienne ou en jade du Guatemala et des grelots et anneaux en cuivre du plateau central mexicain, démontrent l’importance de ces échanges. La majeure partie des vestiges datent de la période postclassique tardive, c'est-à-dire après 1200. La plupart des monuments avaient des fonctions cérémonielles et des frises murales montraient des entrelacs de "nœuds gordiens" assez proches du svastika (notamment sa forme du Nicaragua). Certaines fresques découvertes à l'intérieur des bâtiments laissent d’ailleurs suggérer une influence mixtèque. Tulum eut un rôle majeur du XIIIè au XIVè siècle : en effet, la cité se trouvait stratégiquement placée entre les provinces (kuchkabaloob) de Cochuah et Cozumel, ce qui, si on ajoute son édification sur le point le plus élevé de la côte et son système de murailles défensives (Tulum est aussi un mot maya signifiant « barrière » ou « clôture »), l’ont placée dans un lieu inévitable pour n’importe quelle route commerciale et pour l’exploitation des importantes ressources maritimes de la région.

Svastika aux bras courbésLa cité côtière de Tulum était une forteresse de commerçants alliée à la cité de Mayapán. Fondée dès 1050, Mayapan était la capitale politique des Mayas dans la péninsule du Yucatan de la fin des années 1220 jusque dans les années 1440. En 1221, les Mayas se révoltèrent contre les seigneurs Maya-Toltec de Chichén Itzá. Après une courte guerre civile, les seigneurs de plusieurs villes et familles importantes se réunirent pour restaurer un pouvoir central dans le Yucatan. Il fut alors décidé de construire une nouvelle capitale près de la ville de Techaquillo, ville de Hunac Ceel, le général qui battit les administrateurs de Chichen Itza. Cette nouvelle ville fut construite à l'intérieur d'un mur défensif et appelée Mayapan, ce qui signifie « étendard du peuple Maya ». Sur une plaque, on peut voir un svastika à bras courbés.

Le chef de la famille Cocom, une famille riche et ancienne qui avait pris part à la révolte contre Chichen, fut choisi comme roi mais chaque famille noble et seigneur local envoya des membres de leur famille à Mayapan pour faire partie du gouvernement. Cet arrangement durera plus de 200 ans. En 1441, Ah Xupan, d'une puissante famille noble de Xiu, éprouva du ressentiment envers les dirigeants Cocom et organisa une révolte. Celle-ci entraîna la mort de la plupart des membres de la famille Cocom ; Mayapan fut pillée, incendiée et abandonnée, et le Yucatan tomba dans une période de guerre entre villes-états.

 

Svastika courbe de l'île des Sacrifices (Mexique)L’Isla de Sacrificios («  île des Sacrifices ») est une île située dans le golfe du Mexique au large du port de Veracruz. Lors de l'expédition menée en 1518 sous les ordres de Juan de Grijalva, la première expédition espagnole à reconnaître cette partie du golfe du Mexique, on trouva deux bâtiments en pierre, chacun avec un escalier menant à une sorte d'autel, et sur les autels il y avait des idoles à l’air mauvais, qui étaient leurs dieux. Des Indiens avaient été sacrifiés pour eux le soir même. Leur torse avait été frappé et ouvert, leurs bras et cuisses coupées, et les murs de ces bâtiments ont été couverts de sang. Des ruines de bâtiments précolombiens indiquent que cette « simple bande de sable » était fréquentée durant la période maya postclassique (900-1521). On y a découvert des poteries ornées d’un svastika.

 

Codex Vaticanus BLe Codex Vaticanus B est un codex aztèque rituel et divinatoire contenant 49 feuilles doubles (un des plus grands du groupe Borgia). Fabriqué à partir de peau d'animal, il est écrit dans la langue nahuatl et l'origine du document est dans la région de Cholula à Puebla, Tlaxcala à Mexico. Il décrit avec précision le cycle de 260 jours sacrés, souvent appelés « année », du calendrier aztèque nommé tonalpohualli (« nombre de jours » ; le calendrier Tzolk'in, qui remonte à -650 dans des noms calendaires, est son équivalent dans le système calendaire maya). Cette période calendaire n'est ni solaire ni lunaire, mais consiste plutôt en vingt treizaines (périodes de treize jours). Chaque treizaine est dédiée à des auspices et à une divinité particulière. Sa feuille numérotée 73 présente un svastika qui montre quatre bêtes serpentiformes (dont le Serpent à plumes) pour chaque bras - l’une ayant un chien sur elle -, quand la feuille 13 ne montre que deux bêtes, tournant en sens inverse. Seuls les premiers signes d'une journée sont fixés entre les quatre serpents multicolores en forme de svastika. Les couleurs des serpents sont vert avec des disques bleus (Est), gris avec des disques rouges (Nord), multicolore (jaune, bleu, rouge et vert) avec des disques verts (Ouest), et ivoire avec des disques jaunes (Sud). Chaque serpent a dix disques sur son corps, mais à l'origine il devait y avoir treize disques.

 

Il s'agit d'une représentation abrégée du tonalpohualli de cinq fois 52 jours divisés en quartiers. Seuls les jours I (Cayman), II (Vent), III (Maison) et IV (Lizard) sont donnés.

 

Codex BorgiaLe codex Borgia est un manuscrit du centre du Mexique daté des environs de 1400, probablement d'origine mixtèque ou tlaxcaltèque (habitants de Tlaxcala, état enclavé dans l'empire Aztèque ; les Aztèques conservèrent cet état pour les guerres fleuries, des guerres rituelles pour faire des prisonniers en vue de les sacrifier), comportant 38 pages de 27 cm × 26,5 cm et d'une longueur de 10,34 m en cuir plié en accordéon. C’est un tonalamatl, un « Livre du Destin », qui permettait aux devins d'interpréter les influences propices ou néfastes des dieux pour chaque jour de l'année. Ces devins étaient appelés tonalpouhque, que l’on pourrait traduire par « ceux qui tiennent les comptes des jours » ou bien « ceux qui savent lire le destin ». Ils consultaient ce calendrier divinatoire pour réaliser toute sorte de prophéties : savoir quel était le jour le plus propice pour réaliser des voyages, faire la guerre, se marier, entreprendre les travaux des champs mais surtout prédire le tonalli, c’est-à-dire le destin des nouveau-nés (dans la mythologie aztèque et plus généralement chez les Nahuas, c’est une des trois composantes animiques de l'être humain, avec le teyolia et l'ihíyotl. C'est un concept désignant l'énergie vitale d'un être vivant, qui est localisée dans la tête selon la médecine traditionnelle nahua. Les Nahuas considèrent que le tonalli d'un être détermine son destin et s'exprime à travers son intelligence et sa volonté). En effet, le jour de la naissance était si important que le nom des enfants correspondait à un jour du calendrier. On naissait par exemple le jour I crocodile, V vent ou X roseau, on était placé sous l'influence du dieu de l'eau, du soleil levant ou du jaguar nocturne. Chaque jour correspondait à un destin particulier, et chaque jour influençait un trait de caractère précis de la personnalité.

Comme dans Vaticanus B 18/73, quatre serpents colorés sont regroupés de manière cyclique en forme de svastika, ici autour d'une araignée noire. Chaque serpent entoure une divinité dans une spirale carrée. Dans chacun des quatre quartiers, les premiers jours des cinq périodes de 13 jours de ce trimestre apparaissent. Les signes de jour omis sont représentés par douze cercles sur les corps des serpents. Les couleurs des cercles de l'Est et de l'Ouest sont de couleur jaune avec des centres rouges ; pour le Nord et le Sud, les centres sont jaunes. Les couleurs des serpents à plumes sont vert à l'Est, multicolore (jaune, bleu, rouge et vert) dans le Nord, bleu dans l'Ouest et ivoire dans le Sud. Les figures sont Tlaloc/Tlalocantecuhtli (vert ; « celui qui fait ruisseler les choses », « celui qui sème » est un dieu aztèque de l'eau) à l'Est, Ixcuina [jaune ; déesse associée à la terre, au sexe, aux accouchements et aux mères. On l'appelait aussi « la mangeuse d'immondices » car selon une légende, lorsqu'une personne était mourante et qu'elle confessait tous ses péchés à Tlazolteotl, celle-ci dévorait toutes les impuretés accumulées par l'âme du mourant avant qu'il ne trépasse. Selon d'autres sources, ce nom proviendrait de ses habitudes sexuelles buccales avec le dieu serpent, Quetzalcóatl ; sous la désignation de Ixcuina, elle était pluriel en nombre et était quatre sœurs d'âges différents par les noms : Tiacapan (la première-née), Teicu (la sœur benjamine), Tlaco (la sœur cadette) et Xocotzin (la sœur aînée)] dans le Nord, Quetzalcóatl (noir) à l'Ouest et Macuilxochitl/Xochipilli (rouge ; « prince des fleurs » est le dieu de l'amour - également associé à l'homosexualité -, du printemps, de la poésie, de la musique et de la jeunesse) dans le Sud. Les signes de jour sont répartis entre les quatre parties du corps des dieux. Sur les deux premiers tétrades, les signes de jour I (Cayman), II (Vent), VII (Cerf) et VIII (Lapin) sont affectées aux pieds gauches ; III (Maison) et V (Serpent) à la bouche et l'oreille ; IV (Lézard) et VI (Mort) à l'aine. Sur les deux autres tétrades, IX (Eau) et XVI (Vautour) sont affectés à la main droite ; X (Chien) et XII (Herbe) de nouveau à la bouche et l'oreille ; XI (Singe) et XIII (Roseau) pour le cœur et les yeux ; et XIV (Jaguar) et XV (Aigle) pour les oreilles. De la dernière tétrade, XVII (Mouvement) et XX (Fleur) sont tous deux affectés à la bouche de deux figures ; XVIII (Silex) et XIX (Pluie) pour les yeux.

 

Xolotl en croix et "svastikas"Xolotl, dont le nom signifie « jumeau », « chien » ou encore « esclave » en nahuatl, était, dans la mythologie aztèque (vers 1200 jusqu'a 1521), un dieu associé aux phénomènes doubles, et plus particulièrement aux jumeaux, à Vénus lors de la tombée du jour et au passage des défunts dans l'inframonde. Dans le calendrier divinatoire aztèque (tonalpohualli), Xolotl présidait au dix-septième jour, celui du signe « ollin » (« Mouvement »), comme on peut le voir ici représenté dans le Codex Fejérváry-Mayer sous la forme de svastikas tant dextrogyre que sénestrogyre.

Cette association avec le signe « ollin » peut être liée à son rôle de sacrificateur dans la version du mythe du cinquième soleil (également désigné par le même signe « ollin »), où il sacrifie les autres dieux pour mettre le soleil en mouvement, ou à son rôle d'étoile du soir poussant le soleil vers les ténèbres à la fin du cycle vénusien-solaire célébré tous les 52 ans lors de la cérémonie du feu nouveau. Selon le Codex Magliabechiano, il était le frère jumeau de Tlahuizcalpantecuhtli (« seigneur de l'étoile du matin »), un des titres de Quetzalcoatl, qui représentait Vénus dans sa phase ascendante, et avec qui il formait un des aspects du dualisme du Serpent à plumes.

 

Les Indiens Pueblos, de l'espagnol pueblo (« village »), étaient des Amérindiens vivant dans des pueblos, des maisons juxtaposées en pierre (comme les Hopis) ou en adobe/brique (comme dans la vallée du Rio Grande). Par extension, on utilise le terme pour désigner leurs habitants, bien que les pueblos ne forment pas un peuple unique. Au contraire, il s’agit de tribus distinctes parlant chacune leur langue et ayant son propre gouvernement, mais partageant la même culture. Traditionnellement, les Pueblos vivaient de l’agriculture et leurs poteries, tissages et bijoux sont réputés. Les deux tribus les plus importantes sont les Hopis et les Zuñis.

Poterie Hohokam (Pueblo Grande Museum, Phoenix, Arizona)Les Hohokams (« ceux qui ont disparu ») étaient un peuple amérindien dont la culture s'est épanouie du -IIIè siècle à environ 1400 sur une grande partie du territoire de l'actuel état d'Arizona. Poterie ViejoOn pense que cette culture est née dans la région de la Gila River (la culture affiliée des Viejo y vivait à l’arrivée des Européens) et de son affluent la Salt River puis s'est diffusée vers le désert de Sonora/Gila, la plus grande zone désertique d'Amérique du Nord.

De -200 à 775, ils vivaient de la culture du maïs et des haricots dans de petits villages sur le cours moyen de la Gila River (affluent du Colorado, long de 1014 km). Entre 300 et 500, les Hohokams améliorèrent leur agriculture par l'ajout de nouvelles plantes, sans doute transmises par les peuples du Mexique : coton, une nouvelle espèce de haricots, plus résistante à l'aridité (Phaseolus acutifolius). Des miroirs en pyrite, des clochettes de cuivre et des aras provenant du Mexique et retrouvés sur des sites hohokams laissent penser que des routes commerciales avec d'autres peuples d'Amérique centrale existaient. Lors de la période coloniale, de 775 à 975, les villages devinrent plus grands. L'influence mexicaine grandit et les poteries eurent un décor plus élaboré. Le commerce avec le golfe de Californie s'intensifia comme le montre la découverte de coquillages. À la période sédentaire, de 975 à 1150, la croissance démographique obligea les Hohokams à élargir le système d'irrigation, ce qui impliquait une organisation sociale hiérarchisée. Les artisans produisaient des bijoux raffinés, à partir de coquillages ; la sculpture funéraire se développa. La phase Soho, de 1150 à 1300, vit le début du déclin et les contacts avec les peuples Pueblos s'intensifièrent. De fait, la culture hohokam présente des similitudes - dont leur dieu principal - avec certaines autres cultures d'Oasisamérique, comme celles des Anasazis et des Mogollons (dont la phase Mimbre montre beaucoup de svastika), qui ont existé à la même époque. Dans la phase Civano, de 1300 à 1400/1450, plusieurs sites furent abandonnés sans doute à cause des conditions climatiques, sachant qu’au milieu du XIVè siècle une série d'inondations bouleversa la vie des Hohokams.

Paniers pimasLeurs descendants directs seraient les Pimas (censé provenir de la phrase « pi ' Ani mac » ou « pi mac », Panier tressé Tohono O'odhamsignifiant « je ne sais pas », utilisée à plusieurs reprises dans leur première rencontre avec les Européens, comme « kangourou » en Australie) et les Tohono O'odham (certains spécialistes pensent qu'ils ont migré vers le Nord, vers 1700).

 

Mogollon (prononciation : « mogoïonne ») est le nom qui a été donné à l'époque contemporaine à une culture amérindienne qui s'est développée entre le IIè et le XVè siècle dans les actuels états d'Arizona, du Nouveau-Mexique (situés au Sud-Ouest des États-Unis), de Chihuahua et de Sonora (situés au Nord-Ouest du Mexique). Ils vivaient sur un territoire immense ; par conséquent, ils subissaient des contraintes naturelles très différentes. Ils vivaient davantage des produits de la chasse que de l'agriculture (haricot, courge), sans connaître les techniques de l'irrigation. Ils produisaient une poterie brune ou rouge, sans décor peint.

Triscèle Mimbres avec abeilles allant dans le sens inverse des têtes de chevauxLa branche Mimbres est un sous-ensemble de la grande culture Mogollon domaine de la, centrée dans la vallée du Mimbres et englobant la partie supérieure du fleuve Gila et certaines parties de la rivière supérieure de San Francisco dans le Sud-Ouest du Nouveau-Mexique et le Sud-Est de l'Arizona ainsi que dans la vallée du Rio Grande et ses tributaires de l'Ouest, au Sud-Ouest du Nouveau-Mexique. La différenciation entre la branche Mimbres et d'autres régions de la zone culturelle Mogollon fut plus apparente au cours des phases Trois Cercle (825 à 1000 environ) et Mimbres Classique (1000 à 1150), où on note des relations avec les cultures dans le Nord et le centre du Mexique. Les bols Mimbres sont souvent trouvés associés à des sépultures, généralement avec un trou percé au centre, couvrant le visage de la personne enterrée (des marques d'usure à l'intérieur des bols montrent qu'ils ont été réellement utilisés et pas seulement produit comme articles funéraires). La fin de la production de ces poteries vers l'an 1130-1150 fut due au dépeuplement important qui se produisit dans la vallée de Mimbres, mais quelques populations y restèrent. Tant là-bas que dans les zones environnantes, les gens ont changé leurs styles de poterie pour ressembler davantage à ceux des zones culturelles voisines, et se sont dispersés dans d'autres sites résidentiels avec des types d'architecture différents.

 

Les Anasazis étaient des Amérindiens du Sud-Ouest de l’Amérique du Nord qui étaient répartis en plusieurs groupes dans les états actuels du Colorado, de l’Utah, de l’Arizona et du Nouveau-Mexique. Les Anasazis s’implantèrent au VIIIè siècle dans ces territoires montagneux et semi-arides. La sédentarisation progressive de ces chasseurs-cueilleurs, liée au développement de l’agriculture, aboutit à l’émergence d’une nouvelle culture dite de Pueblo, en référence aux villages constitués de maisons en briques de terre que les Anasazis du Mesa Verde construisirent à l’abri des falaises des grands canyons, dans une région accidentée et verdoyante située au cœur du désert du Colorado. Les Anasazis étaient en contact avec d'autres cultures amérindiennes proches : les Hohokams et les Mogollons étant les plus connues. Ils partageaient de nombreux traits communs avec les Anasazis, au point que certains historiens les regroupent dans une même catégorie : agriculture irriguée, chasse, villages en briques ou en pierre, poterie décorée, relations commerciales avec la Méso-Amérique (ils avaient une sorte d’épée en obsidienne, comme en utilisaient les Aztèques). Au VIè siècle apparut un style de poteries décorées de figures (lignes, points) reprenant sans doute des décors simples de vannerie. Svastika issu du tissage de paniers

La période Pueblo II (de 900 à 1100) marqua un apogée qui se manifesta par un enrichissement des parures. Ses vestiges témoignent d'une maîtrise des techniques de céramique, de tissage, d'irrigation, d'observations astronomiques et d'un système d'expression pictural.

Cuillères déposées dans une tombe permettant au défunt de se nourrir dans l'au-delà (culture Anasazi, Colorado)

Dans une cuillère déposée dans une tombe, permettant au défunt de se nourrir dans l'au-delà, les Pueblos de cette époque avaient représenté le svastika comme symbole du mouvement de la Grande Ourse autour du Pôle Céleste.

Les Anasazis ont également laissé de nombreux pétroglyphes dans le désert, sur des falaises en grès ; certains de ces graffitis étaient peints directement sur la roche. Les spirales, dont certaines atteignent 75 centimètres de diamètre, évoquent le mouvement du soleil ou le temps qui passe. Les spirales appartiennent à une sorte de calendrier rituel, plusieurs sites de pétroglyphes étant en relation avec les solstices d'été et d'hiver : ceux de Hovenweep National Monument ou de la butte Fajada (le « poignard du soleil ») indiquent clairement ce moment de l'année. En outre, les alignements de bâtiments du site archéologique de Chimney Rock prouvent que les Anasazis comprenaient et savaient prévoir le cycle draconitique de la lune, qui dure 18,6 ans (période entre deux passages de la Lune au même nœud de son orbite, les nœuds étant les points où l'orbite lunaire coupe le plan de l'orbite de la Terre). Sur le site de Sand Canyon Pueblo, dans le Colorado, les habitants ont connu une phase de retour à la chasse et à la cueillette, du fait des mauvaises récoltes. Ils ont également fortifié leur village et furent attaqués. Il existait des cérémonies collectives destinées à invoquer les esprits afin qu'ils protègent la communauté. Les anciens Anasazis rendaient un culte au dieu Kokopelli (souvent représenté comme un joueur de flûte bossu, issu des anciennes croyances amérindiennes du Sud-Ouest des États-Unis - des peintures rupestres le représentant ont aussi été trouvées du Pérou au Canada -, il y a plus de 3 000 ans, il était symbole de fertilité, de joie, de fête, de longue vie. C’est aussi un ménestrel, un esprit de la musique, un conteur, un voyageur de commerce, un faiseur de pluie, un guérisseur, un professeur, un magicien farceur, un séducteur, un fertilisateur) ainsi qu'aux kachinas, des esprits invisibles (esprits du feu, de la pluie, du serpent, ou encore esprits farceurs, espiègles, bienfaisants ou malfaisants... une sorte d'inventaire du monde visible et invisible). Shaman gravé et peint dans le désert de Moab

On sait que certains personnages recherchaient occasionnellement à provoquer des visions en consommant des plantes hallucinogènes. Des graines de datura ont été retrouvées à Mesa Verde : cette plante toxique provoque des hallucinations. On retrouve également un shaman peint avec un svastika - représentant les pérégrinations des clans - près de Moab, dans l’Utah. Cette croix était la Prayer Wheel, la « roue de prière », symbolisation des quatre directions d’où jaillissent la puissance et la vie.

 

Les Hopis (contraction de Hopitu-shinumu, « le peuple paisible » ; dans des textes anciens, le peuple est souvent appelé Moki ou Moqui) sont des descendants des Anasazis et des Mogollon. Voisins des Apaches, des Navajos, des Papagos, et des Zuñis, ils vivent dans le Nord-Est de l'Arizona, dans la région très aride des Four Corners. Les rituels qui impliquent des katchinas (esprits du feu, de la pluie, du serpent, ou encore esprits farceurs, espiègles, bienfaisants ou malfaisants), souvent plus de 30 différents, ont tous lieu entre le solstice d'hiver et le solstice d'été, et durent plusieurs jours. Les katchina sont les âmes des premiers enfants indigènes, dramatiquement noyés dans une rivière à l'époque des migrations ancestrales. Quand les ancêtres des Indiens actuels se furent enfin fixés dans leur village, le mythe rapporte que les katchina venaient chaque année leur rendre visite et qu'en partant, elles emportaient les enfants. Les indigènes, désespérés de perdre leur progéniture, obtinrent des katchina qu'elles restassent dans l'au-delà, en échange de la promesse de les représenter chaque année au moyen de masques et de danses. Ce rite relève de l'initiation et les enfants ne doivent pas reconnaitre leurs parents ou familiers sous les masques de ces esprits venus les récompenser pour leur bonne conduite. Si les enfants sont exclus de la caste des initiés que sont les parents qui mettent en place la mystification, c'est parce qu'ils sont les katchina. Leur place est ailleurs, non pas avec les masques et les vivants, mais avec les dieux et les morts, avec les dieux qui sont morts. Et les morts sont les enfants. De non-initiés, les enfants prennent ainsi le rôle de "super-initiés" car la dualité entre initiés et non-initiés appelle la réciprocité et si ce sont les initiés qui personnifient les fantômes des morts pour épouvanter les novices, c'est à ceux-ci qu'il appartiendra, dans un stade ultérieur du rituel, de les disperser et de prévenir leur retour.

Masque aykatsinaEn février, on célèbre Powama (la danse du Haricot) : durant 16 jours, les danseurs masqués prient les esprits katchinas de la pluie pour avoir de bonnes récoltes. Leur nom d’Àykatsina, ou Kachina Aya, dérive du masque, qui ressemble à un hochet de danse hopi (Aya) donné aux enfants lors des cérémonies Powamuya ou Niman (Danse de la maison, en juillet ; en août c’est la Danse du serpent). Son "visage" est représenté par un motif complexe, composé d'épaisses lignes noires qui s'entrecroisent. Le centre du motif barre la face verticalement, de la base du masque jusqu'à son sommet. Ce motif noir ressemble à des points de suture et ces points représentent la Voie Lactée, ou là où nous sommes dans l'univers. Cette séparation est elle-même barrée de deux parallèles qui surplombent la bouche incisée en cercle. Une grande croix noire représentant les quatre directions s'impose, centrée sur le front et "cache" les yeux qui sont incisés en cercles dans ses extrémités basses. La partie centrale du motif représente la terre avec des lignes de rouge, représentant l'eau (Kuskurza était le troisième monde, auquel sont associées la direction Est et la couleur rouge, qui a été englouti sous les eaux. Les Hommes ont dû chercher eux-mêmes le passage vers un nouveau monde), et il y a un petit point blanc au centre de la terre, qui représente l'humidité (Tuwaqachi, « le monde entier », était le quatrième monde, celui que les humains habitent toujours ; sa direction est le Nord, sa couleur sikyangpu un jaune-blanc). Chacune des tempes du heaume est ornée d'un grand motif solaire rouge et noir dont le centre présente un svastika noir sur fond blanc. Le sommet du heaume est coiffé d'un très beau toupet de plumes. La base est emmitouflée d'une collerette de tissus noir attachée par des petites bandes de tissus blanc.

Danseurs Katchinas Le Aya appartient à une classe de Katchinas qui ne sont pas des danseurs, mais plutôt des Coureurs (Rattle Runners, « Coureurs du Hochet ») avec les hommes et les garçons du village qui viennent à la fin du printemps. Très souvent, ils vont attirer un clown imprudent dans la course, attraperont immédiatement l'individu malheureux et perpétreront leur forme particulière de punition contre lui. Ils se lasseront rapidement de ce geste et exigeront une récompense à un jeune homme dans la foule des spectateurs. Les kachinas sont tenus de payer pour fouetter les jeunes hommes, ce qu'ils font en envoyant de l'eau lorsque cela est nécessaire pour la germination des cultures. Les Ayas portent également un yucca (plante vivace arbustive - ni arbuste ni arbre véritable - remarquable par ses rosettes de feuilles dures, en forme d'épée ; c’est l’emblème floral du Nouveau Mexique) qu'ils utilisent sur n'importe quel coureur qui perd, pour lui donner plusieurs claques. Si, toutefois, l'homme devait gagner, il lui sera donné du pain piki (version hopi de la tortilla).

 

Céramique acomaPueblo Acoma est un village situé à 96 km à l'Ouest d'Albuquerque au Nouveau-Mexique, habité depuis le XIIè siècle par des Amérindiens. Ses habitants disent habiter la plus ancienne ville des États-Unis habitée en continu, comme l'atteste des éclats de poterie trouvés sur le site. D’ailleurs, si Acoma (Keresan Aa'ku) signifie « peuple du rocher blanc », il peut également vouloir dire « l'endroit qui a toujours été ». Dans les années 1200, les Anasazis ont abandonné leurs terres du canyon en raison du changement climatique et de bouleversements sociaux. Pendant plus de deux siècles des migrations se sont produites dans la région, et les Acoma ont émergé au XIIIè siècle, descendants des Anasazis, Mogollons et d'autres peuples anciens. La ville est aussi appelée Sky City (« la ville du ciel »), en raison de sa situation : elle est placée sur un plateau de 30 hectares entouré de falaises hautes de plus de 110 mètres.

 

Le parc national de Bryce Canyon est situé au Sud de l'Utah. D'une superficie de 145 km2, le parc est renommé pour ses formations géologiques composées de roches colorées aux formes coniques et âgées de dizaines de millions d'années. Le parc est constitué de zones élevées et semi-arides, et présente un ensemble d'immenses amphithéâtres naturels parsemés de nombreux hoodoos produits par l'érosion du plateau de Paunsaugunt. Ces formes étranges, parfois phalliques, sont une sorte de grande colonne naturelle faite de roches friables, le plus souvent sédimentaires, et dont le sommet est constitué d'une roche plus résistante aux effets de l'érosion (c’est l’équivalent de nos cheminées de fée ou demoiselles coiffées). Ils étaient considérés comme les restes pétrifiés d'anciens êtres qui avaient été punis pour avoir mal agi. L'occupation humaine de la région remonte à une dizaine de milliers d'années, sans occupation permanente : le parc présentant des conditions climatiques très rudes en hiver, il est difficile d'y vivre tout au long de l'année. Les régions environnantes du parc furent habitées entre le IIè siècle et le XIIè siècle par des peuplades précolombiennes qui venaient chasser dans les zones forestières, puis par des Amérindiens Païutes qui se rendaient sur les hauts plateaux pour récolter les pignons des cônes des pins et pour y chasser le gibier.

Carquois et armes païutesOn a trouvé un de leurs carquois avec un svastika brodé dessus. Le mot Païute, parfois Piute, fait référence à deux groupes proches d'Amérindiens : les Païutes du Nord qui vivaient en Californie, dans le Nevada et l'Oregon, et les Païutes méridionaux en Arizona, dans le Sud-Est de la Californie et du Nevada ainsi qu'en Utah. Tous parlaient des langues appartenant à la branche Numique (essentiellement parlées dans le Grand Bassin du Sud des montagnes Rocheuses, elles s'étendent au-delà dans les régions proche de Californie et jusqu'en Oregon) des langues uto-aztèques, leur nom signifiant « vrai Ute » ou « le peuple ».

 

Les Navajos (ou Navahos), étroitement apparentés aux Apaches, constituent un peuple amérindien de la famille linguistique athapascane et de la zone culturelle du Sud-Ouest. Leur territoire occupait l'Arizona et des régions contiguës du Nouveau-Mexique et de l'Utah. De 825 à l’an 1000, suite à de violentes éruptions volcaniques qui causèrent des changements climatiques importants, une partie importante d'Athabascans émigra au Sud du Nord-Ouest canadien, c’est-à-dire dans la région actuelle de Vancouver et de l'état de Washington. De 1300 à 1500, une seconde vague d'émigration se sépara du groupe principal au Canada, pour se diriger vers le Sud-Ouest des États-Unis et le Nord du Mexique. Cette vague d'émigration fut à l'origine du sous-groupe Apache (Jicarilla, Mescaleros, Chiricahua, Lipan, Aravaipa, Kiowa-Apache et Navajo). Alors que les Espagnols se retiraient provisoirement au Mexique jusqu'en 1692, ils s'installèrent dans une région autrefois habitée par les Anasazi (mot navajo pour « Ancêtres »). À cette époque la région était déjà habitée par les Comanches, les Utes, les Pueblos et les Paiutes, qu’ils pillaient ou combattaient (les Hopis les appelaient Tasavuhta, « ceux qui fracassent le crâne » car les Navajos leur volaient les récoltes et le bétail).

Tisseuses navajoC’est par l’entremise de ces peuples que les Navajos intégrèrent en 1896 le svastika à leurs symboles, signe de la « bûche tournoyante » liée aux rites de guérison. Littéralement il est appelé « ce qui tourne ». En bref, c'est l'histoire d'un paria qui décide de ramper dans un tronc d'arbre creux et de flotter sur la rivière pour un pays lointain où il pourrait trouver la paix et la sécurité. Il est interrompu par quatre divinités sacrées qui finalement le scellent à l'intérieur telle une bûche et évoquent un grand vent qui le lance dans la rivière. Après quatre jours, il frappe un bain à remous (d’où la bûche « tourbillonnante/tournoyante »). Enfin, il est transporté hors de la rivière par des émissaires des quatre divinités, et est rejoint par sa dinde de compagnie qui porte un haricot et trois grains de maïs. Ceux-ci sont plantés et en l’espace de quatre jours des récoltes abondantes ont mûri ; dans un délai supplémentaire de quatre jours elles sont récoltées. Enfin, le paria est instruit sur comment préparer des peintures de sable célébrant ces miracles quand il retourne à son peuple.

 

En févier 1940, les Apaches, Navajos, Hopis et Papagos/Tohono O'odham décidèrent de ne plus jamais utiliser le svastika

En févier 1940, voyant l’utilisation que les nazis faisaient de leur symbole et face à l’entrée en guerre des Américains, les Apaches, Navajos, Hopis et Papagos/Tohono O'odham décidèrent de ne plus jamais utiliser le svastika. Voici le décret : « Parce que l'ornement ci-dessus qui a été un symbole de l'amitié entre nos ancêtres pendant des siècles a été profané récemment par une autre nation des peuples. Par conséquent, il est résolu que désormais à partir de cette date et pour toujours, nos tribus renoncent à l'usage de l'emblème communément connu aujourd'hui comme le svastika, croix gammée ou fylfot, sur nos couvertures, paniers, objets d'art, peintures de sable et vêtements ».

 

Les Indiens des Plaines sont les peuples indigènes qui occupaient les Grandes Plaines d'Amérique du Nord. Les Grandes Plaines sont un immense territoire qui va des plaines canadiennes au Golfe du Mexique, entre le Mississippi et les Montagnes Rocheuses. D'un relief plutôt plat et peu élevé, elles constituent depuis la préhistoire le terrain de parcours de grands herbivores. Composés de diverses tribus, ils avaient en commun un mode de vie basé sur la chasse au bison. Les Amérindiens de l'époque précolombienne n'avaient pas de lois écrites, et les délibérations et décisions se faisaient autour du feu. Ainsi, certains, tels les Dakota, les Apaches et les Comanches, utilisaient le svastika comme symbole de la « bûche tournoyante ». Ils partageaient de même la figure mystique du « Serpent à cornes », en lien avec l'eau, la pluie, la foudre et / ou le tonnerre.

Tapis dakota des chasseurs de bisons

 

Au sens large, on désigne par le terme de Dakotas, « alliés », toutes les tribus qui sont entrées dans l’Histoire avec le nom de Sioux, un important groupe linguistique du centre et du Sud-Est de l'Amérique du Nord.

 

 

Evènement comanche célébré avec des svastikasLes Comanches ont émergé comme un groupe distinct peu avant 1700, lorsqu'ils se sont détachés des Shoshones vivant le long de la partie supérieure de la Platte River au Wyoming. Ceci coïncide avec leur acquisition du cheval, qui leur a permis une plus grande mobilité dans leur recherche de meilleurs terrains de chasse. Leur migration originelle les a menés vers les Grandes Plaines, d'où ils se déplacèrent vers le Sud sur un territoire s'étendant de l'Arkansas River au centre du Texas. Néanmoins, les Comanches n'ont jamais formé une entité tribale unie, et étaient divisés en une douzaine de groupes autonomes, qui partageaient les mêmes langue et culture, mais qui pouvaient se battre entre eux aussi souvent qu'ils ont coopéré. Ces groupes étaient très souples, et se sont souvent unis et séparés, selon les circonstances. Les indiens Pueblos avaient appris à monter le cheval, à l'utiliser comme source de nourriture ou comme marchandise d’échange avec les Indiens des plaines. À la suite de la Révolte des Pueblos en 1680, les Utes devinrent maîtres dans l’art du commerce de chevaux, puis les Utes en s'alliant aux Comanches les initièrent à la culture équestre dans les années 1705, ces derniers les utilisant notamment comme attelage de leurs travois, pour faire la guerre et pour chasser le bison à cheval. Le cheval a été un élément clé de l'émergence d'une culture comanche spécifique. On a même suggéré que c'est la recherche de nouvelles sources d'approvisionnement en chevaux parmi les colons mexicains du Sud (plutôt que la recherche de nouveaux troupeaux de bisons) qui a d'abord mené les Comanches à se séparer des Shoshones. Les Comanches pourraient même avoir été le premier groupe amérindien des Plaines à complètement inclure le cheval dans leur culture, et ont peut-être aussi introduit le cheval auprès des autres peuples des Plaines.

Panier apacheApache (de apachu, « ennemi » en langue zuñi) est un nom générique donné à différentes tribus indiennes vivant dans le Sud-Ouest des États-Unis et le Nord des états mexicains de Chihuahua et du Sonora, formant le territoire de l'Apacheria et partageant la même langue athapascane méridionale (proche des langues athapascanes septentrionales parlées par les Indiens d'Alaska et de l'Ouest du Canada). Les Navajos parlent une langue très proche et partagent la même culture, ils sont donc souvent considérés comme des Apaches. Chaque bande était indépendante, ce qui n'empêchait pas des alliances lors d'expéditions de pillage vers les presidios mexicains. Nomades et chasseurs dans un environnement semi-aride, les Apaches furent de farouches guerriers attaquant les peuples cultivateurs dont les Pueblos et d'autres tribus sédentaires de la région (notamment les Pimas, Tohono O'odham - nommés Papagos par les Espagnols).

 

 

Les Amérindiens mississippiens (de 800 à 1550) étaient les derniers « constructeurs de monticules » du middle-Ouest, Est et Sud-Est des États-Unis. Les Mounds Builders (« bâtisseurs de tumulus ») étaient un ensemble de peuples amérindiens disparus avant l'arrivée des Européens, dans toute la moitié orientale des États-Unis actuels. Cette civilisation précolombienne se distinguait par ses constructions de tertres, pyramides et effigies animales gigantesques en terre. On estime à plusieurs milliers le nombre de ces édifices, dont les premiers tertres ont été aménagés vers -3 400. Cette culture s'est épanouie de l'an -1 000 au XIVè siècle de la côte Atlantique au Mississippi. Les Indiens Hopewells (-100 à 500) ont remplacé les Adenas dans cette région. Ils construisaient aussi des tertres coniques et des tumulus circulaires entourés d'un mur. Plus tard, à partir de ces édifices ils ont aménagé des complexes immenses, qui étaient liés entre eux grâce à un réseau de murs.

Serpents en svastika comme objet rituel hopewell

 

Dans le cadre de leurs cérémonies, les shamans hopewell utilisaient ce genre d’objet rituel, ainsi ce svastika en pierre composé de deux serpents dont les corps angulaires se chevauchent.

 

La tradition Hopewell fabriquait des poteries représentant les quatre points cardinaux ou semi-cardinaux du cosmos Scioto Hopewell en trois dimensions, au moyen de son orifice sous-carré et de quatre panneaux latéraux, chaque svastika gravé avec un canard spatule (6 espèces du genre Platalea, oiseaux échassiers de la famille des Threskiornithidae. Il est l'unique genre de la sous-famille des Plataleinae).

Svastika découpé dans du cuivreDe même, une découpe trouvée dans un dépôt de cuivre d’un terrassement Hopewell montre un svastika. À proximité de deux squelettes et près d’un autel, un dépôt remarquable de 120 symboles et ornements découpés dans du cuivre mince a été découvert à 1 m de la ligne de base de la butte, enterré sous cinq mètres de terre ferme, avec des couches d'écorce au-dessus et au-dessous. Le mobilier funéraire, de grande qualité, indique l’existence d’un réseau social et religieux qui importait des matériaux exotiques : coquillages du golfe du Mexique au Michigan et au Wisconsin, dents de requins dans l’Illinois, cuivre des Grands Lacs (près du lac Supérieur), obsidienne et dents de grizzly venues du « Far West » dans l’Illinois et l’Ohio, mica des Carolines et silex du Nouveau-Mexique. Cette culture amena par échanges les coquillages depuis les rivages du Nord-Est et commença à les graver dans une période tardive. C’est les Mississippiens qui décorèrent le plus ces insignes de statut ou de rang, civique, militaire ou religieux, ou amulettes de protection médicinale, de svastikas.

Spiro Mounds, site archéologique de la civilisation du Mississippi situé le plus à l'Ouest, dans le comté de Le Flore (Oklahoma), mesure 60,7 hectares. Occupé entre 950 et 1450, il constituait la capitale d'une chefferie régionale et comptait 11 tertres à plateforme et un tertre funéraire sur 0,32 km². Un ensemble de neuf tertres surplombant une place ovale représentait le centre du village, sachant qu’on compte quelque 20 autres villages de cette époque dans les environs. Il semble que Spiro Mounds était le seul centre en contact avec le Mexique d'où était importée de l'obsidienne. Craig Mound (aussi appelé The Spiro Mound) est le deuxième tertre du site et servait uniquement de lieu de sépulture pour les élites du village. Situé au Sud-Est de la grande place, il était creusé d'une galerie. Des objets en bois, en cuivre, en plume, en fourrure, des paniers et des coquillages (Busycon contrarium) ont été mis au jour dans la chambre funéraire. Craig Mound est comparée au tombeau de Toutankhamon. Culture guerrière basée sur le culte solaire, elle représentait le svastika - symbolisant le serpent à plumes et cornes - sur des coquillages rares, du cuivre et du plomb, sur la poterie, des outils et armes de pierre (haches et couteaux) qu’on retrouve dans les tombes. Il semble que la civilisation mississippienne ait reposé sur des cultes solaires et agricoles (cérémonies autour du maïs), influencés par les religions de la Mésoamérique. Les pendentifs polis sculptés dans des coquilles portés autour du cou étaient une forme d'art amérindien fréquente dans les Forêts de l'Est des États-Unis, au cours de la période culturelle Mississippienne. Dans cette iconographie apportée par le Complexe Cérémoniel du Sud-Est, la « Force de vie » faisait référence à un mouvement de tourbillon et de danse, et plus symboliquement les pouvoirs créatifs et génératifs du Monde Souterrain.

Dessin gravé sur une conque coupe à boire avec quatre figures Piasa (partie de serpent, chat, oiseau) disposées en svastika autour d'un cercle central et une croix (Craig Mound, Spiro)Le motif tourbillonnant intègre à la fois les crotales à cornes et des figures ailées avec des têtes de félins, combinant ainsi les forces de la terre et du ciel. Comme sur beaucoup d’artefacts amérindiens, le svastika y symbolise la révolution des étoiles de la Grande Ourse autour de Polaris, la croix étant une représentation de la Grande Ourse lors des quatre saisons. Si, en effet, la Grande Ourse fait partie d'un grand Oiseau Céleste, l'Oiseau et le Serpent tournent ensemble autour du Portail du Ciel, la Caverne de la Création. Leur pouvoir comme contraires est combiné dans la force qui déplace les cieux. Ils deviennent le Serpent Ailé, Serpent à plumes, le lieu où la terre et le ciel, mâle et femelle, se rejoignent pour générer la force qui déplace les cieux.

Le développement de cette culture funéraire, qui couvrit la majeure partie du Sud-Est de l’Amérique du Nord entre 1200 et 1650 environ, coïncide avec l'adoption de la culture du maïs et l'organisation de chefferies à niveau social complexes par la civilisation du Mississippi. Cahokia commença par un "big bang" inexpliqué quand, vers 1050, un village plus modeste fut soudain rasé pour être remplacé par une ville beaucoup grande qui se développa encore pendant cent cinquante ans. À l’apogée de Cahokia, au XIIè siècle, la plus grande ville amérindienne au Nord de Mexico implantée dans les plaines alluviales du Mississippi, dans l’Ouest de l’Illinois, à quelques kilomètres à l’Est de la moderne Saint Louis, était probablement plus grand que le Londres de l’époque (au moins 20 000 habitants). Cela peut paraître insignifiant, mais il faudra attendre près de six cents ans pour qu’une autre ville, Philadelphie, atteigne la même taille sur le territoire des États-Unis. Si Cahokia est de loin le plus grand de ces sites, ce n’est certainement pas le premier : dans le Grand Sud, on trouve plusieurs complexes à tertres antérieurs à l’ère chrétienne. Son influence économique, culturelle et religieuse s’étendait sur une grande partie du centre des États-Unis. Ce centre urbain était doté d’une place centrale de 25 hectares et abritait la troisième plus grande pyramide du Nouveau Monde (ou « colline des Moines », de plus de 30 mètres de haut). La caste dirigeante pratiquait les meurtres rituels et les enterrements cérémoniels. Le tertre 72 abritait la sépulture de deux hommes de haut rang, presque identiques. L’un d’entre eux était enveloppé dans une cape ou un manteau orné de perles en forme d’oiseau-tonnerre, antique symbole mystique des Amérindiens. Entourant cette "sépulture à perles", on trouva les restes de plus de 250 personnes, mélange d’enterrements honorifiques et de sacrifices humains, le tout manifestement lié aux deux personnalités enfouies là. Il s’agissait sans doute de cérémonies publiques destinées à honorer la famille régnante ou à introniser un nouveau souverain. Le gisement de déchets contenait les restes de gigantesques festivités, dont près de 3 900 cervidés, 7 900 poteries et d’énormes quantités de citrouilles, de maïs, de bouillie, de noix et de baies. Il y avait là assez de nourriture pour alimenter toute la population et assez de ce vigoureux tabac local – un million de graines calcinées à la fois – pour que toute la ville en ait le tournis grâce à sa nicotine quasi hallucinogène.

Objet rituel en cuivre avec cercle solaire intégrant un svastika Le roi-soleil accueillait l’astre diurne pendant qu’un prêtre le saluait avec un objet rituel en cuivre, terminé par le cercle solaire incluant le svastika. Pour la cité, ces rituels permettaient de consolider le sentiment d’appartenance à une communauté, un sentiment où religion et état fusionnaient. C’est la preuve d’une société indienne urbaine caractérisée par l’inégalité, les luttes de pouvoir et la complexité des relations sociales.

Si on ignore tout des principes et des rites de ses cultes, quelques traits apparaissent, peut-être empruntés au Mexique : l’importance donnée aux points cardinaux et à la mort. Sur les gorgerins de Cox Mound, trouvés dans le Tennessee et le Nord de l'Alabama et datant de 1250 à 1450, on trouve fréquemment quatre têtes de pics se faisant face dans le sens antihoraire, un motif carré à quatre boucles et une croix dans un cercle rayonné. Le carré à quatre boucles, ou guillochis, est considéré par certains comme un « soleil tourbillonnant », un lit sacerdotal ou du chef, la terre suspendue aux quatre points cardinaux par des cordes tendues depuis la voûte céleste, ou le chemin de la vie avec quatre stades de maturité. Les pics sont considérés par les Cherokee comme des oiseaux de guerriers et des oiseaux de médecine qui peuvent extraire des maladies chez les Muscogee Creeks, aussi parfois interprétés comme les quatre vents. Le cercle rayonné ou le soleil est interprété comme une divinité ou des ancêtres, le conseil, et/ou le feu sacré (la croix-en-cercle, qui fait référence au soleil et au feu de cérémonie, serait alimenté par quatre bûches alignées sur les directions cardinales). On notera que les triscèles ne se trouvaient que dans les cultures vivant à l’époque dans le Tennessee.

Un autre motif est l'araignée d'eau avec un dessin de la croix-en-cercle sur son céphalothorax. Ces gorgerins d'araignée illustrent un conte traditionnel, commun à de nombreuses tribus du Sud-Est de la côte atlantique au Missouri, de l'araignée d'eau qui apporta le feu à l'humanité.

 

Bouteille caddo gravée d'un triscèle (1200-1400)Les Monticules Spiro ont été faits par les ancêtres des Caddos et Wichitas. Les Caddos sont une nation, ou groupe de tribus, d'Amérindiens qui, au XVIè siècle, occupaient une grande partie de ce qui est devenu l'Est du Texas, l'Ouest de la Louisiane et des parties du Sud de l'Arkansas et de l'Oklahoma. Les Caddos se composaient historiquement de trois confédérations d'au moins 25 tribus différentes et parlaient une variété de dialectes des langues caddoanes (parlées à travers les Grandes Plaines du centre des États-Unis, du Dakota du Nord à l'Oklahoma). Les traditions orales des Caddos suggèrent qu'ils ont développé leur culture en Arkansas et qu'ils se sont étendus vers le Sud et l'Ouest ensuite. Autrefois, les Wichita et les Pawnees faisaient partie de la même nation que les Caddos, mais entre 500 et 800, les Caddos se démarquèrent et formèrent une nation distincte.

 

 

L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord est une organisation politico-militaire qui rassemble de nombreux pays occidentaux, dont le but premier est d'assurer leur défense commune contre les menaces extérieures ainsi que la stabilité du continent européen et Nord-Américain. L'OTAN est née le 4 avril 1949 à la suite de négociations lancées par les cinq pays européens signataires du traité de Bruxelles (Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni) avec le Canada et les États-Unis, et cinq autres pays d'Europe invités à participer (Danemark, Italie, Islande, Norvège et Portugal). L'Alliance avait pour vocation initiale d'assurer la sécurité du continent européen après la Seconde Guerre mondiale, en prévenant d'éventuels soubresauts d'impérialisme allemand et en s'opposant à toute tentative expansionniste de l'Union soviétique.

Il a fallu près de trois ans avant que l'OTAN ne commence à chercher un emblème, une tâche gérée par le Groupe de travail sur la politique d'information nouvellement formé. Après plusieurs discussions, il a conclu qu’un drapeau de l'organisation contenant son emblème était nécessaire. Le Conseil a prévu que le motif devait être « simple et frappant », en plus de mettre en évidence le « but pacifique » du traité. L'emblème devait également illustrer la communauté de traditions et d’idéaux qui unissaient les membres de la communauté de l'Atlantique Nord.

 

Rose des vents/svastika de l'OTANLe drapeau de l’OTAN est composé d’une rose des vents blanche à quatre directions accompagnée de quatre lignes radiales blanches sur un fond bleu foncé symbolisant l’océan Atlantique. Le cercle représente l’unité et la coopération, et la rose des vents la route commune vers la paix sur laquelle les pays membres se sont engagés. Étant donné que le svastika était partagé par de nombreux peuples européens et d’ethnies américaines depuis l’Antiquité, le symbole de l’OTAN reprit son concept original de tournoiement en le dessinant de manière à le différencier de son usage par les nazis.

Le drapeau fut adopté le 14 octobre 1953, soit quatre ans après la création de l’organisation (4 avril 1949), et le secrétaire général de l’OTAN le qualifia de « simple et inoffensif ».

 

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Max 06/06/2014 04:35

About swastika migration :
http://www.amazon.com/The-Goddess-Lajja-Gauri-Footsteps/dp/1478158484

Collectif des 12 Singes 14/06/2014 17:55

Interesting, but for us the migration of the swastika is not from the Black Sea cultures but firstly from the Danubian ones, pre-indo-europeans, in the Neolithic