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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

-4900, poterie néolithique du Rubané récent de Merxheim (Musée Unterlinden) [carte des sites sur https://mapsengine.google.com/map/edit?mid=zRpXnMc9mISE.kAKxVUHp74DM]

-4900, poterie néolithique du Rubané récent de Merxheim (Musée Unterlinden) [carte des sites sur https://mapsengine.google.com/map/edit?mid=zRpXnMc9mISE.kAKxVUHp74DM]

 

À Merxheim, dans la fertile plaine de l'Ill bordée par la Lauch, les lieux-dits Breil et Zapfenloch ont livré chacun des habitats néolithiques du Rubané récent.

On remarquera que Breil livra également un spondyle entaillé, sachant que les spondyles les plus usés avaient une entaille élargie. Cette entaille servait à maintenir un objet ou un tissu retenu par un lien passé dans l'orifice. Lorsque cet objet a été trouvé en place, on sait, sans autres précisions, qu'il se trouvait sur la poitrine. Les sites français, Merxheim, Hoenheim (5 km au Nord de Strasbourg) et Vert-la-Gravelle (Marne), ayant livré cet objet remarquable sont rares parce que le spondyle entaillé appartient à la phase ancienne de la céramique linéaire (vers -5 300). À Cys-la-Commune (Aisne), au lieu-dit Les Longues Raies, une tombe contenait un corps dont la parure se composait de deux valves de spondyle biforées et de deux bracelets. L'un des bracelets est en calcaire et l'autre en roche verte. Le premier est une imitation des bracelets en test. Ceci n'est pas rare, à Château-Landon, à Vert-la-Gravelle et à Merxheim, des bracelets en calcaire sont visiblement imités des bracelets en spondyle ou en Pedunculus.

 

 

À Zapfenloch, non loin d'une série de 7 fosses (vaste Grubenkomplex, c'est-à-dire une concentration de fosses présentant de nombreux recoupements, petits ensembles provenant le plus souvent de sites à occupation longue où les recoupements de structures sont nombreux), une demeure a été reconstruite à deux reprises, et suivie d'une dernière, selon des orientations un peu différentes. Une série de fortes poutres alignées soutenait le faîte, de part et d'autre des poutrelles, de diamètre plus réduit, retenaient les bords du toit, et tout autour ainsi qu'à l'intérieur des trous de piquets indiquent le mur périphérique ou les cloisons de séparation à l'intérieur.

L'habitat classique est une longue maison installée sur des terrains lœssiques ou sur des terrains alluviaux cultivables. À Bylany (65 km à l’Est de Prague), on note qu'à la fin du Rubané les maisons individuelles représentent 50 % du total des constructions, alors qu'au Rubané ancien, elles n'atteignaient que 28 %. À Merxheim-Zapfenloch, on a mis en évidence trois maisons rectangulaires d'environ 12 mètres sur 6 mètres : on est encore loin des chiffres admis généralement pour les maisons du Rubané récent (-4 900 à -4 600). Il pourrait y avoir là un phénomène d'adaptation aux conditions locales en bordure de la zone d'extension maxima du Rubané récent. Ce phénomène d'adaptation est sensible également dans le Bassin Parisien où le groupe de Cerny (Rössen) occupe de préférence des habitats de plateau ou de bord de plateau où il conserve longtemps le plan trapézoïdal, alors que le Rubané récent est concentré dans les fonds de vallées (comme à l'origine). De même, on aurait dans le Nord de la Franche-Comté des villages de bord de plateau avec de petites maisons carrées. Jusque là, les populations danubiennes du Rubané récent et plus tard du Rössen s'étaient installées sur des sites découverts, des terrains lœssiques ou en fond de vallées. Les maisons de grandes dimensions abritaient des familles d'une dizaine de personnes. Dans l'Est du Bassin Parisien, le type d'habitat est proche de l’unité d'origine, les dimensions des maisons sont importantes (30 mètres de long sur 10 mètres environ) et la forme trapézoïdale reste proche de la tradition. En Alsace, pour la même période le site de Merxheim-Zapfenloch fournit des éléments comparables et ne diffère que dans les dimensions plus réduites des maisons.

 

Dans ce site qui apparaît comme un des plus riches d'Alsace, près de 10000 tessons dont 2000 ornés ont été recueillis. Les transformations progressives observées dans les types de céramique confirment l'hypothèse de l'habitat permanent, d'autant plus qu'aucun niveau n'est dépourvu de tessons. La succession des divers types de décoration ne paraît pas facile à établir ; à certains niveaux tous existaient en même temps. En se basant sur la fréquence des trouvailles, on présente la chronologie suivante : à la base, les tessons de type Wettolsheim (type Flomborn du Rubané) avec décors à gros points semblent correspondre à une survivance plus ancienne. Les tessons suivants portent des décors fort variés. Le fossile-directeur paraît être la bande garnie intérieurement de gros points ou de traits obliques (type c), mais on trouve aussi des décors de points disposés en étoiles (type g) et divers autres types : les rebords décorés de manière discontinue (type h) ; ligne unique brisée avec rangée de points sur le saillant (type e) ; unique rangée de points (type f) dans l'angle rentrant ; style où des dessins compliqués s'orientent sur les anses (types i). La fin de la série est marquée par le ruban fait de deux lignes parallèles, souvent disposées en chevron assez aigu, et garni dans l'angle d'une double rangée de points, tantôt horizontaux, tantôt verticaux. Cette double rangée de points se retrouve sur le rebord externe des poteries (type k). Ce décor qui existait depuis le début de l'installation humaine en cet endroit, devient progressivement prépondérant. Plusieurs variantes sont connues : les chevrons superposés (type m) ; les rubans courbes remplaçant les angles aigus (type n) ; le type ne présentant plus que les doubles rangées de points, les chevrons ayant disparu (type o). La série se termine par une poterie sans décor.

À un niveau stylistique, certains éléments caractéristiques du Rubané moyen tels les triangles suspendus et les losanges sont encore exploités au Rubané récent A. Le site de Merxheim "Zapfenloch" appartiendrait essentiellement à cette première phase, où le triangle suspendu est encore assez fréquent avec 5 exemples mais il est inexistant à Rouffach et à Stetten. On y trouve également une forte proportion de vases décorés au poinçon (environ 80 %). Les motifs secondaires (segments horizontaux) employés comme motifs principaux ne sont attestés qu'à Merxheim "Zapfenloch" sur un exemple. Les ensembles les plus caractéristiques du Rubané récent A, d'où ces derniers critères sont absents, se trouvent sur les sites de Merxheim "Zapfenloch", Merxheim "Breit" et à Ensisheim (DRf2 et DRf5). À Sierentz même, la maison 13 illustre bien cette phase avec environ 15 % des décors réalisés au peigne à deux dents, à l'instar de la maison 11, mais avec disparition totale des décors principaux et des impressions "en cupules" hérités du Rubané moyen.

Le décor très régulier de chevron unique avec bandes verticales d'incisions cunéiformes courtes, ceinturant aussi le bord, a été obtenu au peigne. Ce type se retrouve identique à Rosheim (canton de Molsheim), lieu-dit Rosenmehr, sur un vase cylindro-sphéroïdal à col bien marqué, à lèvre aplatie intérieurement, très peu éversé, ainsi que sur des exemplaires de Champs (Yonne), Villejuif (Val-de-Marne), Léry (Eure), Cerny des Sablins à Etaples (Pas-de-Calais), recueillis, pour certains, en contexte rubané final. On notera que le mobilier céramique de Thionville « La Milliaire » (Moselle) a peu d'analogies avec celui des groupes alsaciens, cependant moins dans la composition générale des décors que dans les détails : il y a les même bandes étroites mais sans hachures et incisions d'accompagnement. Ces impressions se retrouvent néanmoins à Rosheim et à Merxheim et à Barr. On ne connaissait jusqu'à présent en Alsace que de modestes fragments de statuettes rubanées : un pied à Lingolsheim et un bras (ou une anse décorée) à Merxheim, mais la découverte d'un fragment de statuette néolithique à Rosheim apporte une nouvelle pièce.

 

La technique, l'organisation et la thématique des décors de la céramique de Villeneuve-la-Guyard (falaises de Prépoux, Yonne) montrent une parenté évidente avec le R.R.B.P. (Rubané Récent du Bassin parisien) mais aussi avec le Rubané de Haute Alsace : le motif en étoile et le décor au peigne à deux dents associé à un décor en T existent à Merxheim ; les décors de quatre rubans remplis de hachures rayonnant autour des anses se retrouvent à Brunstatt et à Stetten ; le triangle barbelé ne trouve de parallèle qu'en Alsace à Schwindratzheim ; enfin, les décors en échelle (rubans géométriques fins remplis) sont connus en Lorraine. On remarque que les comparaisons de ce matériel avec celui de la plaine de Haute Alsace montrent des liens profonds avec le Rubané récent de cette région. Ceci amène à une première conclusion : le Rubané moyen de Champagne ne serait effectivement pas à l'origine de la néolithisation du Sud-Est du Bassin parisien ou alors il faut admettre que durant le Rubané moyen et récent un réseau d'échanges très important se maintient, ce dernier se disloquant par la suite. En second lieu, dans l'état actuel des connaissances, on constate une communauté décorative très limitée entre le mobilier de l'Yonne et celui du Rubané final d'Alsace. On peut donc conclure que la néolithisation du bassin de l'Yonne provient d'Alsace ; on peut situer le départ de la migration vers le Sud-Est du Bassin parisien avant le Rubané final d'Alsace, des liens lâches se maintenant toutefois par la suite entre les communautés, comme en témoigne la circulation des silex ou du spondyle. L'étude du mobilier de Villeneuve-la-Guyard précise les phases initiales du groupe de Villeneuve-Saint-Germain (Aisnes : groupe culturel du Néolithique ancien résultant de l'extension septentrionale de la Culture de la céramique cardiale ; il occupe le Nord de la France, spécialement le Bassin parisien, et il s'étend jusqu'en Belgique occidentale où il est nommé Blicquien ; il se situe au passage du -VIè millénaire au -Vè millénaire, soit de -5 100 à -4 700).

 

Deux fragments de bracelets en céramique lisse trouvés sur des sites extérieurs au Bassin parisien possèdent une section rectangulaire. Il s'agit du fragment trouvé sur le site de Merxheim et le fragment de Bad Kreuznach en Allemagne rhénane. Ce type de section est caractéristique des bracelets de la vallée du Rhin, toutes matières confondues, tels les 6 bracelets en serpentine de la tombe 45 de la nécropole de Worms-Rheingewann.

Le site de Merxheim-Zapfenloch a livré une vingtaine de fragments de bracelets en céramique décorés de trois à sept lignes incisées et un fragment de bracelet en céramique imitant les bracelets en pierre. Même si le matériel a été mélangé (le Rubané moyen est aussi présent sur le site), la céramique semble être du Rubané récent alsacien. Ces bracelets à rainure situés clairement dans le contexte de la Céramique Linéaire, se retrouvent en Alsace à Colmar-Ladhof mais aussi en Belgique dans l'Omalien de Horion-Hozemont (Hesbaye) et aux Aubechies, site de la céramique linéaire en Hainaut occidental.

 

Des roches en aphanite et des flèches triangulaires sont connues en contexte Rubané récent à Merxheim et Streinbrunnle-Bas, démontrant ainsi le contact entre les populations de la Haute-Alsace et de la Trouée de Belfort. L'industrie lithique est abondante, à tendance laminaire (affleurements de silex de la région de Ferrette).

La présence de fragments de meule de grès atteste l'agriculture céréalière, de même la présence de petits silex rectangulaires, normalement enchâssés dans une faucille. Tout ceci est mélangé à d'autres outils, haches et gouges en grauwackes ou serpentine, en général ébréchés ou usés par l'usage.

De nombreux fragments d'os ont pu être recueillis. On y reconnaît des restes de bovidés, de porc ou sanglier, chèvre, mouton, chevreuil et chien.

 

 

Un tesson de panse fine, décoré de deux bandes de lunules, trouvé à Merxheim-Breit pourrait permettre une synchronisation de certaines trouvailles du Rubané récent de la région de Colmar, avec celles de la région de Strasbourg. Le losange apparaît en contexte récent à Merxheim "Breit" et dans deux fosses de Wettolsheim "Ricoh". En Alsace, le décor d'angles réfléchis est rare. Il apparaît sur un vase de Stetten associé à un motif pectiniforme et sur un vase de Merxheim "Breit".

Dans le Rubané, le décor en soleil compte parmi les caractères spécifiques de la partie occidentale, entre Rhin et Seine. La variante à cupule centrale et courtes lignes incisées est typique du Rubané du Nord-Ouest, avec une zone d’extension principale allant de la Hesbaye à la Rhénanie. Celle à cercle incisé et courtes lignes incisées est représentée en Alsace, dans la Marne et dans l’Aisne. À Merxheim, on note la présence d’une variante entièrement « pointillée » dont le cercle et les rayons sont formés de rangées d’impressions et qui côtoie, sur le même vase, un soleil à centre réservé (ou "virtuel"). Cette dernière variante est représentée également à Cuiry-lès-Chaudardes ; dans ce cas, ses rayons sont réalisés au peigne à trois dents utilisé selon la technique de l’impression pivotante. L’ensemble des occurrences connues pour le Rubané est daté des étapes récente et finale.

 

Au lieu-dit Breil, on a trouvé deux fragments d'anneaux-disques en serpentine, de type irrégulier alsacien. Le premier fragment (n°3) provient de la partie la plus étroite d'un anneau-disque irrégulier : bords interne et externe arrondis ; section ovale, effilée vers l'extérieur, de faible épaisseur (5 à 7 mm) ; diamètre de l'ouverture de 60 mm environ. Le deuxième fragment (n°5) est plus important : il correspond approximativement à la moitié d'un des deux élargissements de la couronne ; comme pour le premier, les bords interne et externe sont arrondis, mais la section est moins effilée et a une épaisseur plus forte (8 mm) ; diamètre de l'ouverture de 60 mm environ ; travail très soigné ; roche serpentine vert foncé.

Ces bracelets à sections ovalaires "pointues" à l'extérieur (c'est-à-dire plutôt effilées) sont d’un type de section inconnu pour tout autre bracelet, si ce n’est celui de Noisy-sur-École (Seine-et-Marne). Ces parures datent du Roessen, culture du Néolithique moyen (-4 600 à -4 300) centrée sur l´Allemagne (elle doit son nom au site de Rössen, un village faisant partie de la commune de Leuna en Saxe-Anhalt).

 

On notera que le site de Breitenkopf (1 km à l’Ouest de Breil) a livré des vestiges funéraires du Rubané récent/final.

 

 

À Merxheim-Trummelmatten, le Néolithique est représenté par une seule fosse circulaire (diamètre de 1,40 m ; profondeur de 0,85 m), isolée sur l'emprise décapée. Cette structure a livré le crâne, la mandibule et des fragments des deux premières vertèbres cervicales d’un enfant (6/11 ans), associés à un collier composé de onze perles, 3 perles discoïdales en roche noire, 4 perles discoïdales en calcaire et quatre en roche blanche en forme de hache connues en Suisse centrale dans des contextes de la deuxième moitié du -Vè millénaire (Egolzwil/Cortaillod ancien).

En Haute-Alsace, la fin du Néolithique moyen n’a guère livré de vestiges funéraires. La découverte la plus ancienne est celle réalisée dans un des silos du site de Trummelmatten à Merxheim où figuraient un crâne pourvu de sa mandibule ainsi que les éléments d’un collier permettant de proposer une datation large allant de la fin du Bischheim au début du Munzingen, donc du Néolithique récent, vers -4 000.

L’intérêt porté aux crânes dans la gestuelle mortuaire du Néolithique récent apparaît aussi dans les dépôts observés dans quelques fosses-silos, notamment sur les sites d’Am Schluesselberg à Holtzheim, de Hofstatt à Marlenheim et de l’Aérodrome à Colmar. Sur ce dernier site et celui de Trummelmatten, les crânes étaient accompagnés d’éléments de parure : respectivement un pendentif sur défense de suidé et un collier de perles. Ces exemples trouvent d’intéressants parallèles à Michelsberg à Untergrombach où les deux crânes déposés dans la fosse 25, entourés de couronnes de pierres, ont véritablement été mis en scène ; rappelons également le dépôt observé dans la fosse 50 du même site.

 

 

Gundolsheim-Muhlmatt et Merxheim-Breyl ont livré des habitats du Bronze final III, période dite des Champs d'Urnes.

Une fosse repérée au lieu-dit Muhlmatt de Gundolsheim était extrêmement pauvre : ossements d'animaux, glands de chêne calcinés, des tessons très atypiques. L'ensemble est à situer à l'extrême fin du Bronze final (céramique du Bronze final III b de France et de Suisse, vers -1 000).

Breyl (Gundolsheim III) a livré une fosse ronde, d'un diamètre de 2,50 m, très riche en céramiques du Bronze final III caractérisées par des tessons peints rouge et noir, par des décors en chevrons emboîtés, par des lignes constituées de traits discontinus et de méandres, en masses d'argile et en ossements d'animaux. Le matériel de cette fosse paraît contemporain des tertres d'Ensisheim I et II, mais plus évolué que celui du Bronze final III trouvé jusqu'à présent sur le site du Hohlandsberg, à Wintzenheim.

 

 

Plus au Nord de Muhlmatt se trouvait un important site Hallstatt ancien (Gundolsheim I et II : Ha C vers -950) qui a livré deux fonds de cabanes qui ont fourni une abondante céramique ainsi qu’une tombe. Les quelques fosses explorées sont probablement partie intégrante d’un complexe beaucoup plus important.

Gundolsheim I et II ont livré dans un four à potier un vase à décor réticulé noir sur fond rouge plus petit que celui d’Appenwihr, en même temps que nombre d'autres tessons peints. Les poteries peintes, et en particulier le motif réticulé, se retrouvent aussi bien dans la plaine du Pô (à Golasecca, par exemple : faciès archéologique du premier Âge du Fer, localisé en Lombardie, correspondant à des populations de souche celtique de -900 à -380) qu'au Nord des Alpes.

Le potier de Gundolsheim semble être étranger à la terre d'Alsace, ayant apporté avec lui des thèmes et des techniques d'Italie du Nord (fin -VIIIè et –VIIè siècles). On est en présence de gens qui, faute de connaître les bases mythologiques et orientalisantes des civilisations méditerranéennes, s'en sont inspirés d'une façon toute personnelle.

 

À Merxheim, on a découvert une grande jarre hallstattienne, en morceaux, qui a pu être reconstituée.

L’étape finale du Bronze final voit, dans toute l’Alsace, une multiplication des découvertes de sites domestiques de plaine identifiés par des fosses ou des fonds de cabane, par exemple, à Gundolsheim III et à Merxheim « Breil » : daté du début du BF IIIb, le matériel est encore largement marqué par la tradition BF IIIa. L’accroissement de l’occupation des zones de plaines et l’abandon des sites fortifiés permettent d’envisager une stabilisation et une sédentarisation liée à l’exploitation agricole des bons sols du terroir.

Tous les éléments du Hallstatt ancien sont donc en place dès la fin du BF IIIb, avant même l’apparition du nouveau métal qu’est le fer : des habitats stables de plaine, un nombre restreint de sépultures sous tumulus, le retour progressif de l’inhumation, un service céramique important et quelques objets métalliques déposés aux côtés du défunt, vases globuleux à profil « mou », décors peints et graphités… Ces éléments sont sans doute révélateurs de mutations sociales.

En conclusion, les fouilles récentes ont comblé les hiatus chronologiques qui existaient pour le Bronze final en Alsace. La plupart des ruptures depuis la fin du Bronze moyen (-1 600 à -1 300) jusqu’au Hallstatt ancien (-950 à -650) sont relativisées par la présence de mobilier de transition et des occupations, sans hiatus, d’habitats ou de nécropoles sur la longue durée, souvent "à cheval" sur des coupures longtemps perçues comme nettes. On a donc affaire, pendant cette période de plus de 5 siècles, à une évolution continue marquée par l’apparition, l’évolution et la disparition de critères indépendamment les uns des autres.

 

Des traces d'occupation protohistoriques et romaines ont été décelées au lieu-dit Saefflenhaeg à Merxheim, terroir très humide du cône de déjection de la Lauch. Deux fosses ont donné des résultats non négligeables : la première a fourni des éléments de céramique à profil plus ou moins complexe de datation assez claire. Bronze final II b et III, ainsi qu'un pendentif ou aiguisoir en pierre polie, perforé d'un trou. La deuxième fosse est moins aisée à dater et donne une impression quelque peu hallstattienne.

 

Merxheim-Trummelmatten a livré 24 structures parmi lesquelles on distingue des fosses-silos, des fosses d’extraction, un fossé et un trou de poteau. Ces structures se rattachent au moins à deux périodes chronologiques distinctes, le Bronze final IIIa (vers -1 000) et le Hallstatt D2 (de -650 à -500). Un petit groupe de 6 fosses-silos peut être attribué au Bronze final IIIa. Une grande fosse d'extraction indique quant à elle que le Sud de la zone a également été occupée au Bronze final IIIb.

Deux grands ensembles de fosses-silos, attribués aux phases Hallstatt D2 et Hallstatt D3, peuvent être distingués. Les structures les plus récentes (Hallstatt D3, entre -500 et -475) ont livré un ensemble céramique homogène, qui associe des critères typologiques très évolués au sein de la production de céramique commune à des éléments de céramique fine cannelée très proches de certaines formes de Breisach.

La fouille du site du Trummelmatten confirme les données de trouvailles anciennes, qui désignaient l'emplacement du village de Merxheim comme un lieu d'implantation privilégié de l'habitat au Néolithique et aux âges des métaux. Les phases chronologiques mises en évidence complètent celles qui avaient déjà été reconnues, notamment pour l'âge du Bronze final et le Premier Âge du Fer : tout va donc dans le sens d'une fréquentation pérenne du secteur, avec de faibles déplacements latéraux de l'habitat, et tout le secteur de Merxheim doit être considéré comme archéologiquement sensible.

 

À Merxheim, au lieu-dit Bergholtzfeld, une fosse hallstattienne (de 1,60 m de diamètre et 1,80 m de profondeur) comprenait deux niveaux de remplissage : au-dessus du fond tapissé de concrétions calcaires, a été noté un niveau de terre noire, compacte, très riche en céramique ; le niveau supérieur, formé de terre brune, renfermait du pisé en abondance et quelques fragments de poterie. Parmi la céramique grossière, on peut relever deux grandes jattes, quelques cols en entonnoir et un rebord de grande urne à décor d'impressions digitées ; la céramique fine était constituée de quelques bords de coupe de tradition Bronze Final, d'une petite jatte fine et du reste d'une jatte décorée de chevrons graphités sur fond de peinture rouge.

 

Merxheim-Zapfenloch a également livré un habitat et une grande jarre de l’époque Hallstatt (Premier Âge du Fer).

 

À Nieder Breyl, quatre structures ont été observées. Seule l’une d’entre elles a livré du mobilier archéologique : il s’agit d’un silo à profil en forme de poire. Les artefacts prélevés sont un broyon en galet granitique, un fragment de meule va-et-vient en poudingue, un autre fragment de meule va-et-vient en granit et un fragment de panse (céramique grossière non tournée). Ces éléments permettent de donner une large fourchette chronologique allant du Néolithique à la Protohistoire.

 

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