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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Environs du Bioscope et de l'Ecomusée (sites archéologiques sur https://mapsengine.google.com/map/edit?mid=zRpXnMc9mISE.kAKxVUHp74DM)

Environs du Bioscope et de l'Ecomusée (sites archéologiques sur https://mapsengine.google.com/map/edit?mid=zRpXnMc9mISE.kAKxVUHp74DM)

 

Au cours du Néolithique, les collines sous-vosgiennes, les premiers contreforts de la chaîne, peut-être l'entrée des vallées, paraissent avoir été très peuplés par des populations qui occupaient surtout les cantons du pied des Vosges limitrophes de la plaine du Rhin. Elles étaient surtout établies le long des bourrelets ou terrasses du lehm, particulièrement au voisinage des falaises qui les terminent du côté de la plaine.

 

Au Bioscope, lieudit Lehlenmatten sur la commune d'Ungersheim, on a découvert une série d'aménagements (fossés, fosses, trous de poteau) appartenant à une importante implantation rubanée (-5 300 à -4 600) en bordure de la Thur. On avait déjà trouvé à Ungersheim deux bracelets irréguliers en serpentine moucheté de couleur verte nuancée. L'allure générale s'inscrit dans un rectangle trapu aux angles très fortement arrondis. La largeur de la couronne varie de 3,2 à 4,4 cm. L'ouverture centrale est légèrement ovale (6,9 - 7,2 cm). La surface est polie mais reste irrégulière à cause de gros cristaux au sein de la roche. Les faces sont plates et parallèles. Les bords extérieurs et intérieurs sont parallèles et d'épaisseur constante de 0,9 à 1 cm.

Si des vestiges néolithiques ont été trouvés sur la totalité de l'emprise, une concentration particulière semble exister au Sud-Est. En effet, on a découvert une dizaine de maisons du Rubané récent/final (-4 900 à -4 600) qui s’étendait sur plus de 10 ha. Ce site, localisé en-dehors des placages de lœss les plus importants (à l’instar de l’habitat de Soultz), a été fondé lors du stade de la transition Étape III / Étape IV. Plusieurs ensembles, notamment la fosse 1084, offrent, aux côtés de vases de tradition moyenne, des décors réalisés à l’aide de peignes annonçant l’étape récente.

Malgré les débordements du Feldbach causant des inondations et l’érosion particulièrement abrasive à l'Ouest du ruisseau, on a trouvé dans ces zones limoneuses du mobilier épars (céramique et meule en grès) datés essentiellement de l'époque néolithique. On notera l'extrême lenteur de pénétration des eaux pluviales. Le sol conservait, même après un mois pourtant beau et sec, la quasi totalité des eaux de pluie : les placages limoneux ont joué le rôle d'un socle hermétique. Ce phénomène est encore aggravé à l'aplomb des plaques résiduelles de lehms rouges. À l'issue d'un épisode particulièrement sec, les blés en début de croissance ont accusé des différences de coloration et de croissance allant de 50 à 100 % selon la nature, graveleuse ou limoneuse, du substrat. Sûrement à cause de l’inondation de trop, le site a été abandonné après le Néolithique ancien.

L’expansion démographique de l’étape moyenne se manifeste par la multiplication des implantations et par l’apparition de sites localisés dans des zones périphériques : les habitats de Soultz–Entzling et Ungersheim–Lehlematten, implantés sur des cônes de déjection, pourraient illustrer cette recherche de nouveaux espaces. La faible superficie des placages lœssiques de Haute-Alsace a contraint les Rubanés à coloniser des territoires périphériques ou à reprendre leur expansion vers l’Ouest. Il est probable que ce processus s’est poursuivi au cours de l’étape récente. Certains groupes du Rubané récent de Haute-Alsace ont très probablement préféré se tourner vers la vallée de la Marne, région colonisée à l’étape moyenne : la céramique décorée de Juvigny, dans le Perthois (Meuse, arrondissement de Bar-le-Duc), montre en effet tant de points communs avec le style de Haute-Alsace qu’il est difficile de ne pas évoquer un apport continu de population originaire de cette dernière région. C’est également à l’étape récente que les marges non lœssiques du Nord du Jura sont intégrées dans les systèmes de subsistance.

 

 

Raedersheim était habité au -IVè par la civilisation de Michelsberg (son étape récente, Michelsberg IV, commencerait vers -3 800). Comme le Munzingen A peut être rapproché du Michelsberg III, il faut nécessairement le placer après -4 000, ce que confirme par ailleurs la datation de la nécropole d’Ungersheim.

 

Aux lieudits Entenbad et Kaelbisacker, desserte routière du Bioscope et de l’Écomusée, cette zone de contact entre la terrasse lœssique sous-vosgienne et le cône de déjection de la Thur a livré des habitats et des structures rubanés et une nécropole du Néolithique moyen (charnière des -Vè et -IVè millénaires).

La nécropole a livré 17 individus (16 tombes simples et une tombe double - sépulture 1001 avec deux jeunes adultes sur le dos, bras alignés le long du corps et membres inférieurs en extension, accompagnés d’une lame de hache polie en pélite-quartz de forme trapézoïdale élancée, à talon arrondi et tranchant convexe symétrique) allongés sur le dos, membres inférieurs en extension, et orientés Nord-Ouest/Sud-Est, tête au Sud-Est. Celle-ci a permis de montrer que les traditions funéraires du Mittelneolithikum rhénan se sont maintenues dans le Sud de la Haute-Alsace jusqu’aux années -4040/-3965. Les seules différences notables avec les nécropoles du Néolithique moyen résident dans la relative pauvreté des dépôts funéraires et dans l’orientation des corps tête au Sud-Est. Sur ce dernier point, il faut tout de même nuancer en rappelant que cette orientation Sud-Est-Nord-Ouest existe dès la première partie du Néolithique moyen et qu’il n’est pas impossible qu’elle constitue la norme en la matière pour cette région.

Les rares dépôts funéraires consistent en objets polis en pélite-quartz et en schiste noduleux (dont une petite ébauche de hache en pélite-quartz et un ciseau en schiste noduleux, déposés à proximité du crâne ; dans la sépulture 1008, une lame de hache polie en pélite-quartz de forme trapézoïdale élancée, à talon pointu et tranchant convexe symétrique reposait au contact des fragments du crâne de l’individu) ainsi qu’en céramique non décorée (un grand fragment d’écuelle en calotte déposé aux pieds de l’individu de la sépulture 1003). L’analyse du contexte régional amène à proposer une attribution de cet ensemble funéraire à la transition Bischheim Occidental du Rhin Supérieur (BORS) / Munzingen. Il s’agit d’un exemple unique pour l’ensemble de la plaine du Rhin supérieur. On remarquera que la sépulture 1006 a livré un adulte dont le crâne a été tourné suite à une manipulation postdécompositionnelle.

 

 

Au Néolithique récent, les populations inhumaient leurs morts dans des sépultures en galeries, creusées à même l'épaisseur de ces talus comme on peut le voir à Bollwiller, et à Tagolsheim (près d'Illfurth, à l'entrée de la trouée de Belfort). Les sept squelettes exhumés en 1869 du lehm de Bollwiller avaient été rapportés d'abord, au moins en partie, à la race de Neandertal. Toutefois, l'existence en Alsace de ce type est attestée par d'autres crânes néolithiques, provenant de sépultures (notamment Colmar même et ses environs - l'Ërlen, Alte-Strasse) dont le mobilier funéraire consistait en fragments d'anneaux de lignite, tessons de poterie grossière de forme archaïque, et ossements d'animaux domestiques, sans trace de métal, ni d'ailleurs de silex. Le problème de l’origine de la tradition des inhumations en fosses circulaires n’est pas totalement résolu mais l’hypothèse d’une racine chasséenne (provenant du Sud de la France) et d’une introduction de cette pratique dans le Sud de la plaine du Rhin par l’intermédiaire du Bischheim Occidental du Rhin Supérieur peut être posée.

 

Le Néolithique récent se distingue en Alsace des autres périodes de la Pré- et de la Protohistoire par son taux d’inhumations multiples dépassant un tiers des inhumations (les trois quarts dans le secteur de Mulhouse).

Le site de Bollwiller-Rimmelstein est exceptionnel car il a livré les inhumations de 8 individus, dont 5 hommes, 2 femmes et 1 enfant. Pour les restes de mammifères qui les accompagnaient, ils provenaient de sangliers en majorité, avec quelques os de bœuf et d'un ruminant, le bouquetin peut-être. La fouille s'ouvrait dans la plaine même de l'Alsace, à quatre kilomètres de l'entrée de la vallée de Guebwiller et à peu près dans la direction prolongée de cette vallée. Les hauteurs les plus voisines sont, à l'Ouest la haute colline tertiaire de Soultz, dont le pied en est éloigné de 5,5 km et celles plus basses de Wuenheim et d'Hartmannswiller qui en sont à la même distance.

Avec les ossements humains provenant d'un enfant de six à sept ans se trouvaient deux morceaux appartenant à un sanglier encore jeune.

Le squelette A est celui d’une femme de 55 ans environ, d’1,51 m. Le corps était couché sur le côté droit, l'avant-bras droit replié contre le bras, la main gauche s'appuyant sur la nuque. La jambe droite était dans la flexion complète. Il existe quasiment une position par défunt, mais la seule qui soit attestée plus d’une fois est celle des individus inhumés sur le coté, les jambes fortement fléchies avec les genoux ramenés vers l’abdomen et les avant-bras repliés sur les bras, les mains placées devant le visage. On notera une fracture produite au moment de la mort, au fémur gauche. Outre l'effacement des bosses sourcilières, le frontal présente un caractère très particulier. Il se prolonge inférieurement, en empiétant de 6 mm environ sur la racine du nez, ce qui fait qu'une partie de cet organe est constituée par le frontal et que cet os contribue à former les environs de la paroi interne de l'orbite (ce qui n’a jamais été vu en aucun autre cas). La face est surtout remarquable par sa faible hauteur et son aspect général aplati, avec des pommettes saillantes. L'espace interorbitaire est considérable. Ces éléments rappellent le crâne de la caverne de l'Homme-mort (Le Truel, Lozère), de l'époque de la pierre polie. Tous ses caractères se retrouvent à des degrés différents sur les autres squelettes, à part celui qui suit.

Les ossements du squelette B tiennent dans la série une place toute spéciale par leur configuration particulière. Non seulement le crâne est mésaticéphale (crâne intermédiaire entre le crâne dolichocéphale - allongé - et le crâne brachycéphale - de forme étroite et ovoïde) à la limite de la sous-brachycéphalie, mais on voit apparaître sur les os longs des caractères nouveaux tandis que d'autre part il en est qui disparaissent ou s'atténuent. Le crâne assez bien conservé, muni de sa face et du maxillaire inférieur, est celui d'un homme jeune à tête plus ou moins ronde comme celui de la Truchère (Saône-et-Loire ; Cro-Magnon), mais ses plus fortes analogies le rapprocheraient de la tête de Furfooz n°1 (près de Dinant en Belgique, de nombreuses grottes se trouvent dans la région), datée du Néolithique. Le crâne B prouve qu'à la même époque que les dolichocéphales vivaient déjà dans la vallée du Rhin des individus mésaticéphales, qui, précédant les Hommes de Furfooz, présentaient avec eux, ainsi qu'il est facile de s'en convaincre par la comparaison de leurs mesures et de leurs indices, de si grandes analogies qu'il est permis de se demander s'ils n'en seraient pas les ancêtres, et qui d'autre part différaient absolument de la "race" de la Truchère. Les ressemblances ressortent immédiatement, les faces sont presque identiques. Pourtant il y a des dissemblances : le front est droit, bombé, l'angle coronal moins aigu, le sommet de la tête moins aplati et la hauteur plus grande, enfin l'aspect général a quelque chose de plus globuleux que le n°1 du Trou du Frontal de Furfooz bien que l'indice céphalique de ces deux crânes ne diffère que de quelques centièmes. Ces quelques différences ne paraissent pas de nature à empêcher le rapprochement des deux formes crâniennes, surtout si l'on considère les analogies que présentent les autres pièces du squelette, perforation de la cavité olécrânienne, atténuation de la ligne âpre du fémur et de la platycnémie du tibia, sans parler de l'égalité des grosses molaires et de leur carie au maxillaire inférieur. On notera le peu de profondeur de la fosse temporale, dont la crête est cependant plus accentuée, surtout en avant, que sur les autres crânes. De son côté, le maxillaire inférieur ne ressemble à aucun autre connu. Épais, lisse, assez bas, il est muni d'un menton nettement saillant quand l'os est mis dans le plan de mastication. L'aspect des autres pièces du squelette diffère aussi sensiblement du précédent.

Un grand nombre d'os humains se rapportent à deux individus âgés, et en particulier les restes de deux têtes. Avec ces restes humains, il y avait une portion d'un maxillaire inférieur gauche de bœuf, et l'extrémité inférieure et sans épiphyse du radius droit d'un ruminant jeune et de petite taille, qui n'était ni une chèvre ni encore moins un chevreuil. Le squelette C est de beaucoup le plus complet de tous : il n'y manque que les petits os des extrémités, quelques côtes et une partie de la face. Le crâne, de forme dolichoplatycéphale, est celui d'un homme d'environ 55 ans pour 1,70 m environ. Sur la norma latérale on est frappé tout d'abord de l'énorme saillie que font la glabelle et les bosses sourcilières. Leur développement, inférieur il est vrai à ce qu'on trouve sur la calotte de Neandertal, ne laisse pas que d'être aussi accusé que celui de la même région au crâne d'Eguisheim, mais le front est bien moins fuyant que chez eux immédiatement après la glabelle. On ne possède que le corps des maxillaires portant encore à droite un fragment de l'os malaire et le plancher de l'orbite. Cette pièce offre surtout de très remarquable, la rectitude du bord orbitaire et sa saillie énorme en avant qui surplombe comme une voûte la fosse canine profonde d'environ 15 millimètres. Cette disposition devait donner à la face un aspect étrange et vraisemblablement peu agréable, surtout en rapprochant de cette fuite des joues et des pommettes, la saillie de la base du front et le peu de largeur du crâne. Le maxillaire inférieur n'a aucune ressemblance avec ceux de cette époque connus jusqu'ici. Il est vaste, rugueux, à saillies accentuées, et présente un menton triangulaire bien net. L'étude des rapports des os entre eux mène aux résultats suivants : longueur relative de la clavicule indiquant le fort développement en largeur de la poitrine, grandes dimensions du radius comparé à l'humérus, petitesse du fémur relativement au tibia, allongement du membre antérieur par rapport au postérieur, et enfin grande longueur du radius vis-à-vis des membres inférieurs prouvant que cet allongement n'est dû qu'à l'avant-bras. Si on avait à le comparer avec un type connu, ce serait avec le crâne de Borreby (tumulus du Danemark), qui appartient à l'époque de la pierre polie. Sur le squelette D, les fémurs longs de 40 centimètres sont incurvés en avant et présentent une colonne excessivement saillante. Un vase de terre singulier, très grossièrement façonné, accompagnait ces ossements. Il y avait encore le fond d'un deuxième vase de même forme, mais plus petit.

Le squelette E semble être celui d'un adulte. Le débris de maxillaire est intéressant, son allongement peut permettre de supposer un crâne dolichocéphale. Les tibias n'offrent à mentionner que leur force et leur épaisseur.

Sur le squelette F, le fragment de tibia est très mince et très friable, ses fortes proportions montrent qu'il a dû appartenir à un homme robuste sinon de grande taille. On insistera aussi fortement sur l'incurvation en arrière de la tête de l'os qui donne au plateau articulaire une direction oblique de haut en bas et d'avant en arrière, et se rencontre plus nettement sur lui que sur les autres. Ce caractère n’a jamais été signalé : il suffit de regarder un squelette de gorille pour y constater la même disposition, mais naturellement exagérée, entraînant chez cet anthropomorphe la demi-flexion de la jambe, et par suite la difficulté de la station verticale.

 

De manière générale, on notera tout particulièrement les fortes dimensions de la clavicule, prouvant un développement thoracique considérable ; la longueur du membre supérieur par rapport à l'inférieur, due à l'allongement spécial de l'avant-bras ; l'étranglement du radius à la base de la cupule ; l'incurvation en avant et la petitesse relative du fémur ; la forme particulière de la tête du tibia. On accordera sans peine que, par tous ces points, les Hommes de Bollwiller différaient sensiblement de la "race" actuelle. Quant à la taille de ces individus, il est difficile d'en donner une évaluation bien certaine, on voit en effet combien les proportions des os longs différaient de ce qu'elles sont de nos jours. En ce qui concerne les os longs, tous ceux de Bollwiller présentent les trois caractères étudiés pour la première fois à Cro-Magnon et retrouvés depuis dans la grotte Duruthy (gisement préhistorique situé sur la commune de Sorde-l'Abbaye, dans les Landes, ayant fourni des pièces magdaléniennes remarquables), dans les Canaries, et en de nombreux endroits encore : l'incurvation de l'extrémité supérieure du cubitus, le fémur à colonnes et le tibia platycnémique. Ces caractères cependant ne sont ni aussi fréquents ni aussi accentués. On rencontre le fémur à colonne 1 fois sur 5 cas ; le tibia platycnémique 5 fois sur 6 cas ; le péroné cannelé 2 fois sur 4 cas ; le cubitus incurvé 3 fois sur 6 cas. Mais ce qui est étrange, c'est que l'un des squelettes présente, en outre, la perforation de l'humérus, caractère que l'on considère comme spécial à une autre ethnie préhistorique que celle qui réunit les trois caractères précédents. On a donc, pour les os, une divergence de types, comme si ces individus eussent appartenu à deux ethnies. Enfin, les crânes n'ont pas rigoureusement le même type : tandis que deux ont un indice céphalique de 70 et de 71, un troisième a 79, c'est-à-dire qu'il est mésaticéphale, et c'est justement celui qui a l'humérus perforé.

Le type de Baumes-Chaudes (à Saint-Georges-de-Lévéjac, dans les gorges du Tarn, en Lozère ; Chalcolithique), descendant probable du type magdalénien de Laugerie (aux Eyzies-de-Tayac, en Dordogne), a été représenté parmi certaines tribus de l'Alsace néolithique. On en a reconnu les caractères, peut-être associés sur quelques pièces à ceux de la race de Cro-Magnon, sur la belle série de crânes et les ossements humains en parfait état de conservation, extraits depuis 1876 de la grotte sépulcrale néolithique de Cravanche. Ouverte à 3 kilomètres au Nord-Ouest de Belfort, dans le massif jurassique intermédiaire entre la chaine des Vosges et le Jura, cette grotte constitue certainement le plus riche et le plus complet des gisements alsaciens de la pierre polie. Dans les salles, sous une nappe uniforme de stalagmite, furent rencontrés les squelettes, les uns reposant à la surface, d'autres cachés sous des blocs d'éboulis, certains enfin plus profondément inhumés et voisins de foyers ou d'amas de cendres charbonneuses. Auprès d'eux le mobilier caractéristique, consistant à peu près dans les mêmes objets à tous les niveaux : vases et poteries d'argile noirâtre siliceuse, grossiers, avec petites anses de suspension perforées ; quelques-uns en argile plus fine, ou ornementés de lignes, de points, d'impressions digitales ; silex taillés (couteaux, grattoirs, pointes de flèche) ; os et bois de cerf ouvragés ; coquilles marines et fluviales ; grains de colliers. Telles des pièces de ce mobilier témoigneraient de relations commerciales déjà étendues : on a signalé, notamment, un instrument en jadéite, et le mode d'ornementation des poteries rappelle celui des vases lacustres de la Suisse.

Au surplus, les relations des Néolithiques de la lisière orientale et du pied méridional de la chaine des Vosges, soit avec les régions voisines, soit avec des pays plus lointains, sont établies par l’inventaire des haches polies alsaciennes. Sur 479 pièces étudiées, 63% appartiennent aux roches alsato-vosgiennes, 30% aux roches de la Forêt-Noire, du Kayserstühl et des Alpes, le reste (dont la moitié sont des néphrites et des jadéites) provenant de contrées encore plus distantes. Pareilles communications, entre populations différentes, devaient entraîner presque forcément des mélanges, ce que confirme un document anthropologique important fourni par le gisement de Bollwiller. À côté des crânes allongés extraits de cette sépulture, il en est un dont l'indice de largeur s'élève à 79,4, soit à une mésaticéphalie voisine de la brachycéphalie. Si l'on remarque que cet indice est très sensiblement celui du type numéro 1 de Furfooz, avec lequel d'ailleurs le susdit crâne de Bollwiller offre les plus grandes ressemblances, on ne tiendra pas pour impossible que les mésaticéphales d'Alsace fussent apparentés aux peuplades néolithiques des vallées de la Meuse et de la Lesse (rivière ardennaise de Belgique, affluent en rive droite de la Meuse ; plusieurs des grottes bordant la rivière sont des sites archéologiques importants, dont notamment le Trou de Chaleux au Cirque de Chaleux, et le Trou des Nutons et le Trou du Frontal à Furfooz). Comme ces dernières, ils seraient donc issus du croisement entre dolichocéphales — probablement ici du type de Cro-Magnon — et brachycéphales néolithiques, encore que ceux-ci aient peu de représentants connus dans la région vogéso-rhénane.

 

On trouva également les squelettes de deux marcassins. L'un de ces squelettes était couché sur le flanc, et ses os n'avaient subi que peu de dérangement. L'animal était jeune car les mâchoires avaient leur dentition de lait. Le deuxième squelette appartenait à un animal plus petit et un peu moins avancé dans son développement. Ce squelette se trouvait immédiatement à côté de l'autre, la tête de l'un appuyée sur la croupe de l'autre. Il résulte de ces faits que les deux marcassins ont été enfouis entiers et volontairement, des ossements humains se trouvant dans la même excavation. On remarquera que dans l’alimentation carnée de ces populations le porc tenait une place importante mais les produits de la chasse du cerf et du sanglier n’étaient que très marginaux.

On a également retrouvé des fragments de deux vases en terre d'assez grande dimension. Ces débris se distinguaient par leur aspect noir, à peine cuits, rappelant assez bien par leur pâte les poteries des cités lacustres de la Suisse. À l'exception des poteries, on n'a trouvé avec les squelettes aucun de ces objets, armes, ornements, etc., qui accompagnent toutes les sépultures.

Ces corps ont été inhumés dans des fosses pratiquées dans le lehm, sur un espace en somme assez restreint. Les corps paraissent avoir été entourés par le limon quaternaire sans aucune protection. L'un des crânes a été trouvé à une profondeur de deux mètres, c'est-à-dire tout à fait à la base du lehm, et exactement dans les mêmes conditions que le crâne d'Eguisheim. On considère généralement le lehm comme le dépôt d'un grand cours d'eau très limoneux qui, après l'accumulation des cailloux diluviens, a divagué pendant longtemps sur la vaste plaine de l'Alsace. Le lehm du Rhin, terrain d'alluvion très riche en ossements de toute nature, n’a donné nulle part des squelettes entiers, ce qui se comprend car les animaux dont il a conservé les dépouilles sont des animaux dont le cadavre a été flotté, dont les os se sont dispersés au gré des courants. Au contraire, les ossements humains de Bollwiller ont été trouvés au même endroit dans leur connexion naturelle. On comprend que les habitants des régions riveraines aient pu être surpris par des crues exceptionnelles, des changements subits du cours des eaux. Cependant, l'état d'intégrité des squelettes exclut l'idée de tout transport lointain (corps entraînés par des affluents latéraux jusque dans la grande vallée) qui aurait eu pour résultat la putréfaction des parties molles et la dispersion des os.

 

Bollwiller présente le même gisement des squelettes dans le lehm normal et les même débris osseux d'animaux (marcassin) qu'à Tagolsheim. Dans un talus dominant la route de Tagolsheim à Altkirch, côtoyant l'Ill, 14 squelettes humains avaient été glissés, allongés de l'Ouest à l'Est, la tête à l'Ouest, dans des espèces de couloirs creusés dans le lœss : les corps parallèles entre eux, espacés régulièrement de 2 à 3 m, étaient superposés en quinconce. Au côté gauche de la tête se trouvaient des fragments de pots ou de vases à fond plat, en terre noire très sableuse, à gros grains de quartz et paillettes de mica. Un fragment de mâchoire supérieure de jeune porc et une défense de sanglier gisaient dans une tombe. L'un des squelettes était recouvert de 2 dalles non taillées, en pierre, d'environ 70 à 75 cm2, accompagnées de nombreux cailloux de l'Ill. Les arguments en faveur de l'époque néolithique sont la présence d'offrandes de sangliers et de porcs, le coffrage de dalles frustes et non taillées.

Pour le Sud de la plaine du Rhin supérieur, les inhumations multiples semblent beaucoup plus fréquentes dans le Munzingen que dans le Michelsberg. Les défunts ont le plus souvent été inhumés entiers. Dans certains cas, seuls des morceaux de corps ont été enfouis, témoignant ainsi de l’existence de sépultures secondaires. Parfois ces cadavres et ces os isolés sont traités comme des déchets dont il faut se débarrasser. Seules trois fosses ont, comme celles de Bollwiller, livré à la fois des adultes et des enfants (Riedisheim ˝Violettes˝, Soultz ˝Bühlfeld˝ et Didenheim /Morschwiller-le-Bas), et pour l’instant, en dehors de Bollwiller, seules les structures 8 et 28 de Didenheim/Morschwiller-le-Bas et Soultz ˝Buhlfeld˝ étaient des inhumations quadruples.

Les restes de quatre individus (un adulte et trois enfants) ont été découverts dans la fosse 1 de Soultz (site no 39). L’adulte semble placé en position fléchie au centre de la fosse, tandis que les enfants ont été retrouvés contre la paroi de la fosse, en face de l’adulte, les pieds du plus âgé accolés à la face latérale gauche du crâne de l’adulte.

À Didenheim/Morschwiller-le-Bas, la structure 8 de la Zone 2 comportait l’inhumation de trois enfants et d’un adulte dans une fosse circulaire (diamètre de 1,20 m pour une profondeur de 40 cm). Les corps de deux des enfants (individus 2 et 3) ont été placés sur le fond de la fosse. Celui de l’individu 2 est complet mais présente plusieurs perturbations et déconnexions. Le crâne de l’individu 3, probablement prélevé, est manquant. Une dizaine de centimètres au-dessus de ces deux premiers individus reposaient les restes incomplets et dispersés des deux autres défunts (individu 1a et b : crânes, os longs, quelques côtes et fragments de mains et de pieds ; un crâne en connexion avec les cervicales). Il peut naturellement s’agir de dépôts secondaires, mais rien ne permet d’exclure l’éventualité de manipulations in situ. L’individu 2 (orienté Nord-Sud) était en position désordonnée allongée sur le côté droit, l’individu 3 (orienté Sud-Est/Nord-Ouest) était sur le côté gauche en position fléchie, avant-bras repliés sur le thorax. L’individu 3 était accompagné d’un collier composé de 2 craches de cerf et d’un galet perforés. Ils datent du Munzingen B, soit vers -3 750/-3 650. Il arrive que, comme dans la structure 8 de Didenheim/Morschwiller-le-Bas, des parties de cadavres aient été inhumées avec des corps entiers (cas également de Riedisheim ˝Violettes˝). Dans la Zone 3, la structure 28 comportait l’inhumation de deux adultes et de deux enfants dans une fosse subcirculaire (longue d’1,25 m, large d’1,30 m et profonde d’1,15 m). Trois des défunts ont été placés les uns sur les autres : le corps du premier inhumé (individu 4, sur le dos, membres inférieurs en extension, orienté Nord-Sud) gisait non loin du fond de la fosse, contre la paroi de la fosse dont il épousait le tracé. Le second adulte (individu 3, sur le côté gauche, les avant-bras repliés avec les mains devant le visage, les membres inférieurs fortement fléchis avec les talons ramenés sous le bassin, orienté Sud-Nord) a été déposé directement sur le précédent, lui-même étant recouvert par le corps d’un des enfants (individu 2, sur le côté droit, les avant-bras repliés, le membre inférieur gauche en extension, le gauche légèrement fléchi, orienté Nord-Est/Sud-Ouest). Le dépôt funéraire était composé d’une écuelle à fond plat et d’un gobelet en bois de cerf placés à quelques centimètres en avant du visage de l’adulte 3. Les ossements perturbés (décomposition dans un contenant souple ?) du second enfant (individu 1, sur le dos, orienté Nord-Est/Sud-Ouest) gisaient à quelques centimètres du premier dépôt, au même niveau. Le gobelet en bois de cerf est daté en Suisse des -XXXIXè et -XXXVIIIè siècles, soit du Munzingen A, alors que les datations 14C donnent un résultat plus tardif vers -3 700/-3 650 (l’étape récente du Munzingen B commencerait vers -3 700).

 

En Alsace et dans le Bade Sud, un tiers des fosses à inhumation a livré plus d’un individu, sachant que dans le secteur de Mulhouse ce taux atteint 75 %. Ce taux est anormalement élevé par rapport à une démographie normale et amène à s’interroger sur la cause des décès. À la suite de réflexions menées à propos des tombes doubles de la nécropole rubanée de Vendenheim (Bas-Rhin), on peut poser la question d’éventuels ˝morts d’accompagnement˝, des individus se suicidant rituellement pour accompagner et servir un haut personnage dans la mort. Il faut garder à l’esprit que des traces de morts violentes ont été signalées à plusieurs reprises dans le Néolithique récent régional notamment à Riedisheim ˝Violettes˝ et à Rosheim ˝Lotissement Sainte-Odile˝.

Quatre dépôts secondaires intentionnels ont été retrouvés dans des creusements accueillant également les inhumations d’individus en position primaire : c’est le cas notamment des ossements des deux individus adultes retrouvés dans la partie supérieure du comblement de la fosse structure 8/zone 2 de Didenheim/Morschwiller-le-Bas ainsi que la fosse de la ZAC des Collines à Didenheim et la structure 51 de Colmar. Il faudrait éventuellement compléter cette liste avec les fosses de Bollwiller et de Jechtingen (Sud du Bade), mais la documentation manque pour être formel.

Tout ceci révèle un système complexe où coexistent des inhumations régulières simples, des dépôts simultanés associant individus en position régulière et corps en position désordonnée, des dépôts successifs et des dépôts secondaires (corps humains et carcasses d’animaux ayant fait l’objet de manipulations postdécompositionnelles).

 

 

Il existe peu de pierres levées considérées généralement comme de vrais menhirs en Alsace. On trouve toutefois entre Soultz et Bollwiller une pierre désignée sous le nom de Hohenstein, à quelques centaines de mètres du gisement multiple du Rimmelstein. C'est un bloc prismatique de grès vosgien très caillouteux, ayant actuellement 1,35 m d'élévation au-dessus du sol. Il est très grossièrement équarri, les faces brutes, non dressées, portant sur la face adjacente du côté du Nord, une entaille profonde, longue de 60 cm et placée perpendiculairement (on signale des menhirs de Chypre portant des entailles semblables, quelques-unes traversant la pierre).

Ce menhir pourrait être aligné avec celui de Heidenbuckel (pierre de 1,40 m de haut, un haut lieu de culte se tenant sur cette colline de Soultz), la Pierre dite Puppelestein (Pierre à bébé : cette pierre est associée à un rite de fertilité) et le Heindenbad près de Wildenstein (exceptionnelle cascade du fond de la vallée alimentée par la Thur).

Ce menhir serait également aligné avec les alignements d'Appenthal (36 pierres, dont la hauteur varie entre 0,40 m et 1,30 m, alignées suivant 7 lignes), le sommet du Steinberg (constitué d'une lande parsemée d'un chaos de roche granitique ; parmi les rochers se trouvent de nombreux menhirs naturels) et le Col de la Schlucht (ayant livré quelques menus objets lithiques).

On peut enfin l’imaginer aligné avec le menhir du Langenstein (Soultzmatt) ainsi que le massif du Faudé (séparant les deux vallées d’Orbey d'une part et de Lapoutroie de l'autre) et la Goutte (source ferrugineuse dont la situation pittoresque et le débit abondant étaient réputés).

 

 

La commune d'Ungersheim se situe en rive droite de la Vieille Thur et de la Thur. La zone industrielle Kaibacker, rue des Fleurs, a livré du mobilier céramique et lithique hors structure pouvant couvrir une période chronologique allant du Néolithique au Bronze ancien.

De même à Hinter der Muehle où on a découvert deux structures en creux, renfermant quelques tessons très dégradés d’époques pré- ou protohistoriques.

 

 

Aux lieudits Entenbad et Kaelbisacker, desserte routière du Bioscope et de l’Écomusée, on note une discrète occupation protohistorique (quelques structures d’habitat) centrée sur le Bronze final I et IIb. L’essentiel du mobilier, erratique, doit être mis en relation avec l’occupation du Bronze final identifiée à l’emplacement même du Bioscope.

 

Le site du Bioscope, au lieudit Lehlematten, avait été abandonné au Néolithique ancien puis le site a vu s’installer une vaste nécropole à incinération de l’Âge du Bronze final Ia jusqu’à la fin du Bronze Final IIb (de -1 300 à -1 100), pour être réoccupée dans le courant du Hallstatt ancien (C : -950 à -650) après une désertion au Bronze final IIIb (-1 000 à -950). Une cinquantaine de dépôts de crémation, en urne ou en pleine terre, ont été dégagés, mais ils devaient être probablement plus d’une centaine à l’origine.

On a découvert une tombe-bûcher du début du Bronze final, dans laquelle un dispositif en bois a été installé après la crémation du défunt : de gros galets le long des parois de la fosse peuvent correspondre à l’aménagement d’un coffrage, dont les planches avaient été calées dans la fosse et non assemblées entre elles.

Le mobilier, relativement pauvre, se limite généralement à des poteries ; dans quelques tombes seulement ont été trouvés des objets en bronze fondus (rasoir, épingle ou bracelet) ou en fer. Pour cette période, des sépultures ne contenaient pas d’offrandes en céramique (en position primaire ou secondaire), ce qui constitue apparemment une spécificité pour ce début du Bronze final. Il s’agit de dépôts d’os triés sur un bûcher et déposés dans une fosse avec des objets en bronze brûlés ou en offrande secondaire, principalement des épingles à tête de pavot. Deux enclos funéraires ont également été retrouvés, dont l'un renfermait les restes très érodés de 18 dépôts de crémation du Bronze final IIb (une petite jarre à col, avec son décor typique de guirlandes, offre des affinités avec le domaine Main-Souabe). En-dehors des fossés circulaires, le site a également livré une vingtaine de dépôts de crémation attribués au Hallstatt C et, pour la fin de la séquence hallstattienne, 2 inhumations du Hallstatt D1.

Les fosses de combustion semblent disposées en périphérie de l'ensemble funéraire. Le fossé localisé au Sud fonctionne peut-être avec la nécropole. La présence d’un tumulus renforce le caractère funéraire du site durant la Protohistoire. La présence de tertres connus de longue date dans la forêt voisine annonce sans doute l'existence d'une nécropole débordant sur le terrain du Bioscope.

 

Les dépôts de crémation en fosse allongée (Bronze final I-IIa sur le site de Ungersheim–Lehle), également mis en évidence à Ensisheim, signalent un type de sépulture peu ou mal documenté jusque là. Dans ces tombes, les restes osseux brûlés sont soit déposés dans des vases-ossuaires, soit dans des contenants souples périssables. La disposition générale des dépôts dans ces fosses allongées rappelle finalement l’organisation des sépultures à inhumation. La différence de traitement entre les éléments de parures portés par le défunt sur le bûcher et les offrandes de vases qui interviennent plus directement lors de l’aménagement de la tombe, indique un traitement complexe du matériel funéraire.

Sur le site d’Ungersheim, la répartition d’une couche de résidus charbonneux retrouvée dans une tombe (sp 4014) a permis la mise en évidence d’un effet de délimitation linéaire attribuable à la présence d’un élément rigide venu maintenir la couche de résidus contre la paroi du creusement. La mise en place de ce dispositif signale la volonté manifeste de bien séparer dans la sépulture les offrandes primaires, qui ont participé au fonctionnement du bûcher, des offrandes secondaires déposées dans la fosse lors de l’aménagement de la sépulture. Cet effet de délimitation linéaire apparaît également dans la sépulture 4036. L’utilisation de matériaux rigides dans ces fosses à dépôt de crémation, également observés à Ensisheim, atteste la présence de coffrage en bois aménagés après le dépôt des offrandes et des os du défunt dans la sépulture.

Dans le dépôt 4014 d’Ungersheim une couche charbonneuse résiduelle apparaît également sur le fond de la fosse ; cette dernière est recouverte en partie par l’ossuaire, ce qui peut signaler ici l’existence d’une tombe-bûcher. Cette hypothèse permettrait de documenter un bûcher funéraire dont la rareté est manifeste durant tout l’âge du Bronze en Alsace. Cette tombe-bûcher pourrait toutefois trouver un parallèle dans la tombe 5 du tumulus V d’Appenwihr, dans un contexte du Bronze moyen, mais dont les liens avec les dépôts du début du Bronze final sont encore bien présents.

La gestion des ossuaires apparaît très variable durant la période du Bronze final I-IIa. Sur le site d’Ungersheim–Lehle, le regroupement des os brûlés dans un contenant en céramique n’est pas la règle, ce qui permet là encore de constater une importante variabilité des traitements funéraires. Seules les sépultures 4021 et 4027 présentent des dépôts en contenant céramique, mais la couche d’os brûlés y est souvent limitée et non corrélée au module du vase, comme c’est le cas de la sépulture 4021 où seuls 533,6 g d’os brûlés ont été déposés dans un vase de gros gabarit. La présence de dépôts contenant très peu d’ossements brûlés pose également le problème de la présence de fosses utilisées pour la gestion des résidus de crémation, sans qu’il s’agisse de sépulture à proprement parler. Le dépôt 4035 mis au jour sur le site d’Ungersheim ne contient ainsi que quelques grammes d’os humains et des fragments de bronze qui évoquent bien un dépôt de crémation. Les stigmates observés sur le vase de grand volume retrouvé fragmenté dans la fosse évoque également un passage sur un bûcher funéraire et non une utilisation domestique. L’absence d’offrande secondaire dans cette fosse et de tout ossuaire conduit à douter de la fonction sépulcrale du dépôt. Il peut s’agir d’une fosse aménagée pour recevoir des résidus de crémation non destinés à un dépôt dans une sépulture.

 

Le groupe culturel qui se met en place au cours du Bronze final IIb (-1 150 à -1 100) est particulièrement homogène avec la céramique de type Rhin-Suisse. Les crémations en tombes plates sont regroupées dans des ensembles funéraires plus importants qu’auparavant (Lingolsheim, Wingersheim), mais aucune rupture nette n’apparaît par rapport au BF IIa. Cette idée semble bien confirmée par la fouille du site d’Ungersheim.

Au BF IIb, l’organisation des crémations signale encore des exemples de disposition des vases d’accompagnement en dehors de l’urne ossuaire, comme la crémation d’Oberentzen dont le vase-ossuaire, fermé par une coupe renversée, était accompagné d’au moins un vase biconique déposé à côté du vase contenant les os triés du défunt. Ce type de dépôt disparaît progressivement durant le Bronze final IIb comme c’est le cas à Ungersheim où un seul dépôt (sp 4002) de ce type a pu être observé, mais où l’ossuaire est directement déposé sur le fond de la fosse.

Pour ce qui est de la gestion des offrandes secondaires, une tendance évolutive durant la période du Bronze Final IIIb conduit à un regroupement des offrandes secondaires à l’intérieur du vase ossuaire. À Ungersheim, seuls deux vases ont été déposés en offrande secondaire en dehors du vase ossuaire (4032, 4048). Ce choix n’est pas corrélé au module du vase ossuaire qui correspond dans les deux cas à des vases de grands volumes. Le fait que ces deux dépôts ont été attribués au Bronze final IIb ne permet pas encore d’envisager une tendance chronologique au sein du RSFO (Rhin-Suisse-France Orientale, principale culture archéologique pour l'étape moyenne de l'Âge du Bronze final, apparentée à la culture des « Champs d’Urnes »). À Ungersheim encore, seul un dépôt attribué au début de la période RSFO ne présente pas d’offrandes secondaires associées au vase ossuaire (4047). Le regroupement des offrandes secondaires à l’intérieur du vase ossuaire constitue un aspect spécifique de la période RSFO. À Sainte-Croix-en-Plaine, les vases accessoires sont dans l’ossuaire au RSFO et à l’extérieur au BFIIIb/HaC. Le nombre des vases déposés sur la couche d’os brûlés peut être importante (10 dans la sépulture 4010), alors que le volume de l’ossuaire apparaît particulièrement réduit dans ces sépultures (moins de 200 g dans la sépulture 4010 d’Ungersheim et moins de 60 g dans la sépulture 4009). Mais cette remarque ne permet pas d’envisager une tendance chronologique, dans la mesure où certains dépôts contenant plusieurs vases en offrande secondaire contiennent plus d’ossements, comme dans la sépulture 4008 où l’ossuaire pèse 636 g. La gestuelle de traitement des résidus de crémation semble faire l’objet de gestuelles très spécifiques durant cette période. Des tessons provenant du bûcher peuvent même être retrouvés dans des dépôts contenant très peu de charbons de bois. Dans la sépulture 4030 d’Ungersheim, les deux vases (n°3 et 4) en offrande primaire déposés sous le vase ossuaire n’étaient pas mélangés à la couche charbonneuse située plutôt au Sud de la fosse. Il s’agit dans ce cas d’une gestion spécifique d’offrandes primaires dans la mesure où l’un des deux vases correspond à une forme complète, dont les fragments ont été regroupés exclusivement dans la moitié Nord de la fosse et déposés volontairement sur le fond du creusement.

 

 

À Bollwiller, on a trouvé des tombes à incinération du Bronze Final Ib. Elles ont livré un grand pot (garni de légères cannelures verticales, un tel décor existant en nombre appréciable sur des tessons isolés du Hohlandsbourg) retourné sur une tasse et une cruche, des coupelles globuleuses à bord déversé (comme à Eguisheim ou à Algolsheim).

Une des sépultures et la tombe 1 de Rouffach, datées du Bronze Final IIa, fournissent de bons arguments pour considérer les gobelets bitronconiques avec et sans col comme contemporains puisque ces structures renferment ces deux types de gobelets. On remarquera qu’au Bronze Final IIa la présence de gobelets à cols cylindriques courts et de gobelets bitronconiques annoncent les futurs gobelets à épaulement, sachant qu’on a découvert des vases à proto-épaulement dans la sépulture 270 de la nécropole d'Ensisheim/Reguisheimerfeld, en Lorraine, en Sarre-Moselle ou encore dans le Bade-Wurtemberg.

 

L’origine du nom de Bollwiller se trouverait dans le nom d’une divinité celtique du pays, Baltus ou Phol. Baltus peut être la latinisation de Balteû, « attrapeur » ou « audacieux », ou alors balt- peut signifier « blanc » pour un marais ou encore « ceinture ». C’est également un surnom affectif de Balthazar, porté en Lorraine et en Picardie, Baltzer étant la forme allemande rencontrée notamment en Alsace. Balthazar vient de l'assyrien Balat-shar-usur, littéralement « Bel, protège le roi ». En fait, il s’agirait plutôt du dieu Baldr.

Dans la mythologie nordique, Baldr (en latin Balderus : on l'a rattaché à « chef » mais l'explication la plus acceptée est « courageux ») ou Phol est le dieu Ase (groupe de dieux principaux, associés ou apparentés à Odin, et habitant la cité d'Ásgard, apparu dans la religion scandinave après les invasions indo-européennes ; à l'inverse des dieux grecs, ces dieux sont mortels et peuvent ressentir la douleur physiquement et psychologiquement) de la lumière, la beauté, la jeunesse et l'amour. Il est le fils d'Odin (« fureur », aux côtés d'« esprit » et de « poésie » : il est le dieu des morts, de la victoire et du savoir. Dans une moindre mesure, il est également considéré comme le patron de la magie, de la poésie, des prophéties, de la guerre et de la chasse) et de Frigg (« dame », mais aussi « amour » ou « passionnée » : elle patronne le mariage et la maternité ; magicienne, elle connaît l'avenir et la destinée de tous les Hommes, mais ne dévoile jamais ses secrets). Son épouse est Nanna (« elle qui habilite » : elle mourut de chagrin lors de l'incinération de son époux, et le rejoint ainsi en Helheim - endroit froid et brumeux où vivent les morts), et leur fils Forseti (« celui qui préside » : dieu de la justice et de la réconciliation, héritant de caractéristiques de son père, il préside un tribunal où toutes les querelles sont résolues). Son domaine est Breidablik (« Large Éclat »), demeure céleste où « il ne peut rien y avoir d'impur », d'où le mal est banni. Par jalousie, le dieu Loki (dieu de la discorde capable de métamorphose, il est autant impulsif et irresponsable que malin et rusé) causera sa mort. Baldr sera alors envoyé dans le monde des morts et Loki sera puni pour ses méfaits, précipitant l'arrivée de la bataille prophétique du Ragnarök (fin du monde prophétique comprenant une série d'événements dont trois hivers sans soleil qui se succèderont, suivis d'une grande bataille sur la plaine de Vígríd) où la majorité des dieux périront. Néanmoins Baldr en sera épargné et avec quelques autres survivants il prendra part au renouveau. Il est le second Ase après Odin. Il n'y aurait que du bien à dire de Baldr et tous l'aiment : « Il est si beau et si brillant qu'il émet de la lumière ; il y a une fleur des champs si blanche qu'on l'a comparée aux cils de Baldr [...] - et de cela tu peux conclure quelle est sa beauté, à la fois de cheveux et de corps. Il est le plus sage des Ases et le plus habile à parler et le plus clément. Mais il possède cette caractéristique essentielle qu'aucun de ses jugements ne peut se réaliser ».

Baldr se mit à faire des rêves sinistres sur sa propre mort, ce qui effraya les Ases. Odin se rendit dans le Niflheim (« monde de la brume » ou « monde de l'obscurité » : monde glacial où résident ceux qui sont morts de maladie ou de vieillesse), interroger l'âme d'une prophétesse défunte (ce que raconte le poème eddique Baldrs draumar), qui lui révéla le sort de son fils.

 

Odin, le dieu de la nature et le maître des dieux, de même qu'il a confié à Thor le gouvernement de la foudre, se fait représenter par un autre de ses ministres au département de la lumière. C'est Balder, le dieu-soleil par excellence, l'Apollon de la mythologie du Nord. Mais Balder paraît surtout représenter le beau soleil du printemps; c'est le dieu brillant de la saison des fleurs. Son doux regard réchauffe la terre, son gracieux sourire fait épanouir la verdure, et son blanc coursier, comme celui d'Odin, n'a qu'à frapper du pied pour faire jaillir de la terre les sources qui la fertilisent. Balder semble donner la main à son frère Freyr ou Fro, avec cette différence que celui-ci présidait plutôt à la génération qu'à la germination, et représentait ainsi la fécondité animale.

Balder était donc le plus beau des Ases, il était l'amour de la terre et la joie du ciel. Si dans la Germanie méridionale, occupée par les Romains, il était plus souvent appelé Phol ou Pol, c'était sans doute à cause de sa ressemblance avec Apollon. Ce qu'il y a de plus intéressant dans la vie de Balder, c'est le récit de sa mort. Un jour Frigga, la mère de Balder, s'était entendu raconter un songe effrayant qui la fit trembler pour son fils. Dans sa sollicitude alarmée elle s'en alla par toute la création conjurer l'un après l'autre tous les êtres, les animaux, les plantes et les minéraux, de ne point attenter à la vie de son cher Balder, et toutes les créatures auxquelles la déesse s'adressa, animaux, plantes et minéraux, le lui promirent par serment. De quoi l'amour maternel n'est-il pas capable! Aussi quelle ne fut pas la joie des dieux lorsque Frigga, leur reine, revint au ciel avec cette annonce triomphante ! Sa victoire fut célébrée aussitôt par un festin magnifique. À l'issue du banquet un des Ases proposa, par forme de divertissement, de mettre à l'épreuve l'invulnérabilité de Balder. Cette proposition fut accueillie par une longue salve d'applaudissements dont Balder avait été le premier à donner le signal, et lui-même aussitôt de se lever et d'aller se placer en évidence, en regard de toute l'assemblée. Alors chacun se mit à lancer contre lui, l'un après l'autre, tout ce qu'il trouva sous la main. Vains efforts ! Ni Uller avec ses flèches, ni Freyr avec son épée, ni Thor même avec son redoutable marteau ne parvinrent seulement à effleurer le bout d'un cheveu. Balder lui-même a beau les encourager et du geste et de la voix, en leur criant ironiquement de viser plus juste et de lancer plus fort; il voit tous leurs projectiles s'envoler haut et loin par-dessus sa tête. C'est que tous ces projectiles sont ou de bois, ou de pierre, ou de métal, et tout cela n'a-t-il pas fait serment à Frigga ? Toute la force réunie du plus fort des dieux ne saurait donc faire que Balder reçoive seulement une égratignure. Aussi quels éclats de rire dans toute la haute assemblée, lorsqu'après tous ces géants on vit venir aussi, s'avançant à tâtons, Hoder, l'aveugle, un rameau de gui vert à la main et s'apprêtant, sur les indications données, à lancer sa plante dans la direction de Balder ! C'est encore le malin Loki qui lui a glissé dans la main ce singulier projectile, et voilà qu'il le lance enfin de toute la force de son bras. Mais, ô surprise! à l'instant même Balder atteint au front pâlit, chancelle et tombe! Glacés de terreur, les dieux, à cet aspect, restent tous immobiles et muets. Enfin on s'empresse autour de Balder, on le relève, on essaie de tous les moyens pour le rappeler à lui. Soins inutiles, efforts superflus! Rien ne peut plus lui faire rouvrir ses beaux yeux. Balder est mort, Balder n'est plus ! Pauvre Frigga ! pauvre mère ! Et pourtant elle avait conjuré toutes les créatures, et pas une n'avait osé refuser, toutes avaient promis et juré. Oui, mais en s'adressant au chêne elle avait négligé le gui, ce petit parasite vert à l'air frêle qui commençait à pousser là, à peine visible, sur une branche de l'arbre. Le gui n'avait donc rien promis, et Loki, le méchant Loki, le savait ! En vain Frigga, en vain Odin lui-même essaya-t-il d'arracher l'âme de Balder à la noire déesse des morts; la sombre Héla ne rend plus sa proie. Il ne restait donc plus qu'à lui faire de dignes funérailles. Le corps de Balder fut placé sur un vaisseau et brûlé avec celui de sa femme Nanna, morte après lui de chagrin et de douleur.

Quel sens mystérieux y a-t-il au fond de toute cette poésie ? Balder, c'est Odin personnifiant le soleil. L'histoire de sa mort ne saurait donc être qu'une variante de la fable d'Odin blessé, figurant le déclin de l'astre. C'est l'astre du jour vainqueur des saisons et des mois, mais succombant enfin sous les coups de l'hiver, saison où règne Hoder, le dieu aveugle, avec le gui à la main, symbole d'immortalité, parce que cette plante, toujours verte, survit au soleil de l'année. Qui ne se rappelle ici la feuille d'arbre de la légende héroïque ? Les deux mythes ont la même origine. C'est ainsi qu’on voit Wolfdietrich, le fils de la princesse captive, d'abord allaité par la louve de l'hiver, s'armer ensuite, comme forgeron, du marteau de Thor, entrer dans la saison des orages et sans se laisser arrêter par les charmes du printemps et de l'été, arriver à la montagne du dragon, c'est-à-dire au solstice, où la chute d'une feuille devient la cause première de sa mort ; puis descendre enfin chez la reine de la nuit, dans le froid séjour des ombres. Cependant, à la fin du monde, après que la terre se sera enfoncée dans l'océan, que la flamme de l'embrasement universel se sera élevée jusqu'aux nues et que le crépuscule des dieux aura étendu son voile sur les débris du monde écroulé, quand tout cela se sera accompli, alors un nouveau jour se lèvera sur le monde, une nouvelle terre sortira des eaux, et l'on verra briller au ciel un autre soleil, plus radieux et plus beau. Plus de méchants alors, et partant plus de crimes, plus de malheurs. Alors Balder reparaîtra avec les fils d'Odin, ils reprendront possession d'Asgard, leur jardin de délices, et la face renouvelée de la terre se peuplera d'une race immortelle.

Les feux de solstice peuvent être regardés comme un souvenir de Balder aussi bien que d'Odin, et saint Jean a pu ainsi remplacer au même titre l'un et l'autre dieu. À Balder néanmoins, comme dieu de la floraison, on substituera plus souvent saint George, un saint du printemps, guerrier aussi avec son cheval blanc et vainqueur du dragon dans un autre sens. Ailleurs, et ne fût-ce que pour varier, on choisira saint Etienne ou saint Sébastien, soit à cause de la coïncidence de leurs fêtes avec l'époque du solstice d'hiver, soit à cause de la ressemblance de leur mort avec celle de Balder.

Balder est certainement un des plus beaux caractères de la mythologie. Cette mère si tendre et ce fils si digne de sa tendresse, cet arbre de la mort, ce banquet des douze, cette méchanceté de Loki, ce fratricide aveugle, ce dieu mourant et ressuscitant, cette fin du monde enfin et ce monde nouveau, tout cela, évidemment, a été lu dans le livre de la nature. Le mythe de Balder peut être considéré non moins comme une fiction morale. C'est l'âge d'or de l'innocence, c'est l'innocent, c'est le juste qui succombe ici bas sous les coups du méchant, ennemi de tout bien et persécuteur de toute vertu ; mais la justice aussi aura son jour et sa victoire, et ce sera le grand jour de l'éternité.

 

 

Sur le site d’Ungersheim–Lehle, les dépôts de crémation attribués au Hallstatt sont au nombre de 22. Leur variabilité est moins importante que durant les périodes précédentes. Le mode de dépôt le plus courant correspond à un dépôt d’os brûlés dans un vase ossuaire fermé par un couvercle en céramique (N = 12). Le module des vases ossuaires diminue par rapport à la période du RSFO, même si l’on peut encore retrouver quelques vases d’assez grandes dimensions, comme dans la sépulture 4005. Ces vases ne contiennent plus d’offrandes secondaires. Les offrandes primaires sont également rares et seuls quelques tessons retrouvés dans le vase ossuaire des sépultures 4024 et 4029 signalent encore une gestion volontaire des résidus de crémation. Seules les sépultures 4005 et 4028 présentaient une couche charbonneuse regroupée dans la moitié Nord de la fosse 4028 et sous le vase ossuaire pour la sépulture 4005. La couche charbonneuse de la sépulture 4028 contenait les fragments d’au moins un objet en lignite.

Aucun objet en bronze n’a été retrouvé en offrande secondaire dans ces sépultures. Quelques fragments de bronze (4020, 4041) et un bracelet complet, déformé par le feu (4022), daté du Hallstatt D1, signalent des offrandes primaires dans ces trois sépultures. Les fragments d’au moins un objet en fer ont également été mis au jour dans l’ossuaire des sépultures 4029 et 4058, sans qu’il ait été possible d’identifier les objets et de préciser si ces derniers étaient en offrande secondaire dans les sépultures. Deux dépôts contiennent des vases ossuaires qui présentent des traces de coup de feu (4016, 4051), apparemment non liées à des activités domestiques.

Le poids des ossuaires varie de façon importante durant cette période. L’ossuaire de la sépulture 4024 contient 339,8 g d’os brûlés, alors que l’ossuaire de la sépulture 4022 en contient près de 1 kg. Aucune tendance chronologique n’a toutefois pu être mise en évidence en raison des difficultés à préciser la durée réelle de fonctionnement de l’ensemble funéraire durant le Hallstatt C. Seul le dépôt 4022 indique une utilisation du site jusqu’au début du Hallstatt D. Le dépôt 4022 contient un important dépôt d’os brûlés. Les différences dans les poids d’ossuaires qui ont pu apparaître traduisent soit une variabilité des modes de récupération des restes sur le bûcher, soit des tendances chronologiques qui restent à mettre en évidence à l’échelle régionale.

 

 

Dans la légende du Freundstein, c'est le fier châtelain qui, montant à cheval et prenant sa fille en croupe, se précipite avec elle dans l'abîme, pour la soustraire au prétendant qui vient de s'emparer du château. On remarquera que c'est derrière le Freundstein (quelques centaines de mètres au Sud du Col Amic) que le soleil se couchait pour les habitants de Raedersheim.

 

Au lotissement Saint-Prix à Raedersheim quelques indices mobiliers attestent l'occupation du site à la fin de la Tène finale ou au début de notre ère.

 

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