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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Fosse circulaire avec inhumation de trois enfants (colline de Dorfburg, Katzenthal)

Fosse circulaire avec inhumation de trois enfants (colline de Dorfburg, Katzenthal)

 

La plaine alsacienne se subdivise en deux zones. Elles sont bien différentes quant à la fertilité. La première, celle qui longe le pied des Vosges, est sillonnée de nombreux cours d'eau jusqu'à l'Ill, qui les absorbe tous : c'est la plus riche. Elle ne comprend que deux espaces de mauvais terrains caillouteux, à l'orifice des vallées de Saint-Amarin et de Munster, c'est-à-dire l'Ochsenfeld et la Hart d'Ingersheim.

 

 

Colmar marquait la frontière culturelle qui séparait au début du Néolithique le Rubané de Basse Alsace de celui de Haute-Alsace.

 

Au Néolithique récent (-IVè millénaire), l'Homme est venu se fixer dans la région. On notera qu’on a découvert un coin en pierre polie dans les environs de Turckheim.

1 km au Nord-Est, au cours de la construction d'un tramway, on fit, en 1899, l'extraordinaire découverte de trois squelettes néolithiques assis au pied de la colline du Florimont. Le Florimont est une butte avancée des collines sous-vosgiennes qui culmine à 386 m d'altitude ; elle est située dans le triangle Niedermorschwihr - Katzenthal - Ingersheim. Le site géologique du Florimont, situé au Sud du champ de fractures de Ribeauvillé, est constitué de deux collines, le Sommerberg, son point culminant (386 m), et le Dorfbourg (308 m). Cette barrière naturelle protège le site des incidences nordiques et lui confère un microclimat considérablement plus doux qu'en plaine non abritée. Outre le fait qu'il est doté d'une flore et d'une faune typiquement méditerranéennes, ce site permet, sur une distance de six-cents mètres d'Est en Ouest, de visualiser toute l'histoire géologique du massif vosgien et de la création du fossé rhénan (diversité des roches rencontrées avec la succession des différentes strates, appréhension du relief dû aux différences de résistance à l'érosion et de la fragmentation du terrain due à la tectonique). Le Florimont correspond au versant oriental de la colline du Dorfbourg (côte 308) ; cette dernière est une butte-témoin dont le sommet est composé de calcaire oolithique du Bajocien supérieur, une roche dure qui a mieux résisté à l'érosion que les marnes ou calcaires tendres voisins. Le sommet de cette colline est couvert par un bois. Les vignes produisant le Florimont poussent sur des sols recouvrant des conglomérats du début de l'Oligocène (période du Latdorfien). Ces conglomérats, où s'intercalent des marnes, sont épais (plusieurs centaines de mètres), formés à partir des matériaux de l'érosion des Vosges à la suite de l'effondrement du fossé rhénan, matériaux du Trias et du Jurassique qu'on retrouve en sous-sol selon le principe de la sédimentation inverse : une première moitié avec des galets issus des calcaires du Muschelkalk (dont on fait des silex) et du grès vosgien du Bundsandstein (déposée au Latdorfien supérieur) puis une seconde plus profonde avec des galets de calcaire oolithique du Bajocien (déposée au Latdorfien inférieur).

La ligne de tramway de Turckheim aux Trois-Épis fut une ligne de tramway de montagne reliant la gare EL (« Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine », en allemand Kaiserliche Generaldirektion der Eisenbahnen in Elsaß-Lothringen) de Turckheim à la station d'été des Trois-Épis, entre 1899 et 1933. La ligne partait de Turckheim sur la rive gauche de la Fecht, à la hauteur de l'actuelle place de la République. Elle suivait la berge jusqu'au pont supérieur, où elle passait sur le côté droit de la route des Trois-Épis, s'arrêtant au Vogesahisla. Là, elle pénétrait dans la forêt, se dédoublait sur quelques mètres au Frauenberg pour permettre le croisement, au niveau du parking actuel, et par le Hunabuhl rejoignait la route de Niedermorschwihr, puis grimpait jusqu’a l'hôtel de la Croix d'Or, le terminus.

Lors de la construction de la ligne, on fit des découvertes néolithiques sur la colline du Dorfbourg, à quelques centaines de mètres au Sud-Est du village. Katzenthal se situe au pied du versant oriental des Vosges, à l’entrée d’un vallon de 1,5 à 2 km qui s’étire selon un axe Est-Ouest et que clôt, à l’Ouest, le sommet vosgien du Galtz (alt. 731 m, où l’on a trouvé un cromlech et des traces néolithiques), tandis que le vallon s’ouvre à l’Est sur la plaine d’Alsace. On y a trouvé une fosse circulaire (diamètre de 1,10 m ; profondeur d’1 m) préhistorique contenant trois squelettes d’enfants "assis" tout près l'un de l'autre (sur le côté droit, les avant-bras fléchis avec les mains ramenées devant le visage et les membres inférieurs fortement fléchis), accompagnés par deux petits vases.

Le rituel funéraire du Néolithique récent se distingue par l’existence de nombreuses sépultures multiples. Cependant, alors que l’association adulte/enfant est très fréquente (13 occurrences, soit la moitié du corpus ; elle est même systématique en Haute-Alsace où on ne connait aucun exemple d’inhumation plurielle ayant exclusivement livré des individus adultes - ces dernières, toutes localisées en Basse-Alsace, sont au nombre de cinq), quatre structures contenaient uniquement des enfants (Dorfburg à Katzenthal, Lerchenberg fosse 5 et ZAC des Collines à Didenheim, Hausbergen à Mundolsheim). À part la sépulture de la ZAC des Collines à Didenheim (trois enfants déposés dans un état de décomposition déjà avancée, voire ne sont représentés que par des fragments, notamment des crânes), les autres contenaient des dépôts simultanés rassemblant trois enfants.

 

On trouve, dans l'Alsace néolithique, des tombes à céramique tulipiforme, dite aussi, un peu à tort, céramique lacustre (Pfahlbau Keramik, Michelsberg, etc.). Toutes ces sépultures ont été découvertes jusqu'à présent non dans des nécropoles véritables, mais dans les caves des fonds de cabanes mêmes qui toutes, sans exception, n'ont donné que des squelettes accroupis. Le cimetière proprement dit n'y existe pas. On enterre le défunt dans la cave de sa hutte et on lui donne souvent les postures les plus étranges rappelant un peu celles si variées des squelettes accroupis néolithiques observés dans la Haute-Égypte. Une question reste ouverte : les survivants ont-ils complètement abandonné la hutte pour la laisser entièrement au défunt ?, ou ont-il continué à l'habiter, mais en creusant à côté de la cave funéraire une nouvelle cave destinée aux besoins journaliers ? Parfois on trouve ces silos très rapprochés l'un de l'autre.

Parfois, malgré l'étroitesse de ces caves, on place non seulement un, mais deux et même trois squelettes dans le même trou. Ainsi à Katzental on en a observé trois, à Achenheim deux dans la même cave. Il est vrai que les squelettes qu'on y rencontre dénotent toujours une ethnie de petite taille. Les crânes sont mésocéphales (autant allongés qu’étroits). Pour trouver place dans ces caves on a tassé les cadavres l'un tout près de l'autre, comme des sardines dans leur boîte. Ils y sont placés assis en position verticale, les talons touchant le bassin, dans l’attitude du repos, familière aux peuples primordiaux et à tous les Orientaux. Peut-être, pour pouvoir les placer plus facilement dans ces trous et dans leur posture d'accroupis assis, les avait-on ligotés comme les momies australiennes ou enveloppés dans des nattes de paille comme les momies d'accroupis néolithiques de la Haute-Égypte. Même là où la cave ne renferme qu'un seul squelette on a très probablement employé, à l'occasion, les mêmes moyens, ligoté les mains ou les pieds pour retenir le cadavre dans la position voulue (cf. l'analogue exotique d'un accroupi indigène de Natal au Brésil, à mains ligotées).

Mais cette position en accroupi a-t-elle été donnée pour retenir le défunt dans sa sépulture, pour empêcher qu'il réapparaisse en revenant ? Ou bien a-t-on voulu lui attribuer tout simplement l'attitude d'un dormeur attendant le jour de la renaissance ! Il faut dire que les accroupis des caves de cabanes à céramique tulipiforme (ou lacustre) imitent en effet le plus souvent la posture des vrais dormeurs. Le défunt est placé alors de telle sorte que les jambes sont plus ou moins repliées comme pour protéger le dormeur contre les pieds froids ; le corps est couché sur le côté gauche ou droit ; les avant-bras sont repliés vers la tête et l'une des mains est appliquée sous l'oreille comme pour donner un appui à la joue. La sépulture du grand village néolithique à céramique tulipiforme de Mundolsheim en est un exemple très typique. Elle rappelle celle à Entzheim, appartenant à une autre population néolithique. Ici le défunt est couché sur le côté gauche ; dans la sépulture de Mundolsheim, il repose sur le côté droit. Dans la sépulture d'Achenheim, le dos est appuyé contre la paroi courbe de la cave de la cabane et les bras repliés semblent soutenir la tête du jeune homme. (il n'est peut-être pas sans intérêt d'ajouter que les os néolithiques trouvés dans le lœss portent souvent un dépôt calcaire qui retient, en les collant ensemble, les os dans la posture qu'on leur avait donnée lors de l'ensevelissement ; ce fait permet souvent la reconstitution exacte de la posture primitive).

Comme dans les sépultures à céramique rubanée, le mobilier funéraire de celles à céramique tulipiforme est généralement pauvre. On ajoute rarement des vases complets. On se contente de jeter dans la tombe quelques tessons des vases ayant servi au repas funéraire des survivants. On ajoute aussi quelque nourriture ; sinon ces os d'animaux rencontrés avec le squelette sont tout simplement, comme les tessons, les restes du repas funéraire des survivants (voyez par exemple les os d'animaux des sépultures d'Achenheim. À la triple sépulture de Katzental, on avait ajouté, par exception, quelques petits vases, du reste de forme très primitive, rappelant celle des anciens creusets. À la double sépulture d'Achenheim, on avait ajouté une cuiller en terre cuite et de petites moules de rivière. La sépulture du jeune homme d'Achenheim renfermait un caillou ovale et une hache pourvue de manche en corne de cerf.

 

La tradition méditerranéenne d'inhumation en attitude repliée, qu'on constate chez les squelettes d'Afrique du Nord, chez les squelettes de Grimaldi et autres Aurignaciens, chez le squelette du Roc du Barbeau, etc... , paraît bien être la même que celle constatée à Villejuif, et c'est bien, semble-t-il, la même encore qu'on retrouve dans la Marne, et jusqu'en Alsace. Les squelettes néolithiques en attitude repliée sont rares en France : on a trouvé des « repliés » à Varennes (près de Dormans, dans la Marne), à la Croix des Cosaques (près de Chalons-sur- Marne), aux Cachettes, à Morvelle-les-Vic et à Henneville, dans l'Aisne.

L'attitude du squelette replié de Bédeilhac est un rite qui remonte au Paléolithique supérieur (Laugerie-Basse aux Eyzies, abri de Raymonden à Chancelade, Grotte des Enfants et du Cavillon à Menton, etc.). On le trouve au Mésolithique (Tombe de Téviec en Bretagne), mais il prend toute son extension au Néolithique et à l'Enéolithique pour disparaître devant le rite à incinération de l’Âge du Bronze. En Espagne, des abris sous roche de Fuencaliente (Peña Escrita et La Batanera) abritent des peintures de style ibérique du Chalcolithique figurant des personnages repliés sur eux-mêmes qui semblent être assis.

Si les tombes à squelettes inhumés en accroupis ne manquent pas dans le Midi de la France dans les Landes (Le Frèche), dans l'Ariège (Lavelanet), dans l'Aveyron (La Capelle-Balaguier), dans l'Aude (Trou des Morts), dans les Bouches-du-Rhône (Trou des Morts à Cuges), dans le Var (Grottes de Gonfaron et Putride), dans les Alpes-Maritimes (Dolmen du Deffend, de Noves, tumulus de Mauvans), dans les Basses- Alpes (Bonnieux), etc.. les tombes à membres désarticulés et étroitement contractés sont beaucoup plus rares. On se demandait déjà en 1924 si les corps de la vieille femme de Menton et celui de Chancelade n'avaient pas été ligotés avant leur ensevelissement comme les momies australiennes. L'étrange position des membres supérieurs serrés étroitement contre le tronc ainsi que la désarticulation de la jambe droite comprimée sur le dos, tandis que la gauche avait été pressée sur le thorax n'a pu être obtenue que par des liens qui retenaient les muscles distendus du cadavre roulé en boule de Bédeilhac. Cette attitude se rencontre fréquemment en Alsace. Dans certaines fossettes du Haut-Rhin (Katzenthal) et du Bas-Rhin (Mundolsheim) on constate que le cadavre quelquefois désarticulé a été réduit à son plus petit volume, contraction qui n'a pu être obtenue que par un fort ligotage, puisque les membres ont tous été soigneusement ployés.

On a supposé que ce rite encore en usage dans certaines populations actuelles avait pris naissance par suite de la crainte qu'éprouvent les vivants d'être tourmentés par les esprits des morts qui causent des tremblements de terre, la famine, provoquent des orages, répandent la maladie, etc.. En ligotant le corps on emprisonne son double dans la tombe, lieu sacré que l'on redoute. On attribue la même signification aux lourdes pierres dont on chargeait le cadavre pour l'immobiliser. Comme sur celui de Bédeilhac, les crânes de la Grotte de Montjaux (Hérault) avaient été chargés de pierres plates que l'on remplaçait souvent en Alsace par de grosses meules en grès disposées sur la tête, les épaules et les pieds (Lingolsheim). Quant au dallage de pierres superposées sur deux lits, fait souvent remarqué dans les sépultures provençales, il faut y voir une touchante attention de procurer un certain confort au mort que l'on couchait aussi sur des nattes en paille ; un exemplaire remarquablement tressé a été conservé dans la stalagmite à Cravanche près de Belfort.

 

 

Turckheim est située dans la vallée de la Fecht, en aval de Munster, et non loin de la ville de Colmar. Situé en sortie de vallée, Turckheim est protégé du vent du Nord, mais bénéficie des vents qui chassent les nuages, favorisant ainsi un fort ensoleillement. La commune reçoit ainsi très peu de pluie car elle bénéficie d'un microclimat (dit micro-climat des Trois-Épis) dû à l'effet de vortex provoqué par la vallée de Munster par vent dominant de secteur Sud-Ouest à Ouest. Turckheim est au cœur du microclimat de Colmar, qui exagère toutes les caractéristiques qui font l’originalité du vignoble alsacien : hiver relativement froid et sec, printemps favorable à la floraison, été très chaud et sec (Colmar étant une des villes les plus sèches de France).

La plaine alluvionnaire de la vallée de la Fecht (« Herrenweg ») est caractérisée par un sol composé de sables et de galets ; les collines sous-vosgiennes sont composées d’un terroir de marne et de calcaire (« Heimbourg ») ; le rebord de la montagne vosgienne est dominé par le granit où excellent les vins du Grand Cru « Brand ». Située au bord de la Fecht et blottie au pied de ses fameux coteaux viticoles de l'Eichberg, du Brand et du Letzenberg, la cité de Turckheim est reconnue comme l'un des fleurons de la route du vin et est chantée par de nombreux vers dont les célèbres Zu Turckheim im Brand, wächst der beste Wein im Land (« Sur le Brand de Turckheim pousse le meilleur vin du pays »). Des trois Portes cernant Turckheim, la Porte du Brand avait la vocation la plus défensive (on la gardait soigneusement fermées, sauf lors de la saison des vendanges). Une fonction qui a rejailli sur son architecture, massive et dénuée d'artifice, si ce n'est la « gorgone », sculpture destinée à éloigner les curieux ou à se moquer de l'ennemi.

La légende du dragon du Brand explique d'ailleurs la qualité de ces vins. Jadis une mer s'étendait dans la plaine d'Alsace. Un dragon un jour sortit des eaux et grimpa au sommet de la colline du Brand où il s'endormit (Turckheim peut s'expliquer par la racine paléo-européenne Tur, qui signifie « changement de niveau, talus », d'où l'explication « l'habitation à l'endroit où il y a un talus »). Mais le soleil et la chaleur furent tels que ses écailles fondirent et l'animal se vida de son sang (version douce de toutes les légendes où un chevalier-solaire doit tuer le dragon-hivernal pour qu’il libère les forces vitales de la Nature). Ce sang se répandit et pénétra la terre de la colline du Brand. Des siècles plus tard, une fois que la mer se fut retirée, les Hommes bâtirent une cité au pied du Brand et plantèrent des vignes sur cette colline qui, fertilisée du sang du dragon, donna un cru exceptionnel (le Brand est reconnu parmi les 51 grands crus d'Alsace). On notera que la cueillette des raisins s'est faite dès le néolithique à partir de vignes sauvages toujours existantes dans les forêts rhénanes.

 

Avant de devenir l'importante commune viticole médiévale, puis moderne, le site de Turckheim a été colonisé dès la plus haute antiquité. On notera l'occupation de cet endroit à l'époque du bronze, attestée par de nombreuses découvertes de haches ou d'autres petits objets.

Les épingles à tête enroulée sont présentes du Bronze ancien jusqu’au Bronze final et sont réparties sur une grande partie de l’Europe. À Ensisheim/Reguisheimerfeld, les exemplaires trouvés dans les sépultures 251 et 253 sont associés à du mobilier céramique de la transition Bronze moyen/Bronze final. Dans le Haut-Rhin, on mentionne leur présence à Algolsheim, dans la tombe 3 de Rouffach-Gallbühl, à Turckheim ou encore à Mulhouse. Dans le Bas-Rhin, le tumulus 6 de Taubenhübel et une tombe d’Achenheim-Oberschaeffolsheim ont livré des objets comparables.

En dehors de l’Alsace, ces épingles sont très largement représentées. Plus de 250 épingles à tête enroulée sont signalées en France et principalement réparties entre le Bassin parisien (plus de 160), le Centre-Est (environ 75) et le Languedoc (près de 80). Le dépôt de Villethierry, Yonne, daté du début du Bronze final, en contenait à lui seul 99 exemplaires.

On notera des hypothèses fonctionnelles pour justifier l’étonnante pérennité de ces épingles. En effet, la tête globuleuse creuse des épingles de type Wollmesheim était surcoulée sur une tige à tête enroulée ; en outre, les Rollennadeln étaient utilisées comme ardillon de fibule. Ceci permet d’envisager l’existence de têtes en matière périssable fixées sur ces épingles qui ne joueraient donc le rôle que de tige.

 

 

Malgré les méfaits des débordements du torrent vosgien, la seule exception connue à la lacune d’occupation du cône de la Fecht (torrent qui roule ses flots, violents et tumultueux à certains moments, mais habituellement transparents et paisibles comme un cristal) est la présence d’un bourg gallo-romain au Sud-Ouest de Turckheim. Cette importante présence romaine s'explique par la voie qui longeait la Fecht pour relier Argentovaria (Horbourg) à Munster. La porte de France, destinée aux échanges économiques de Turckheim, principalement vers la Suisse, est l'entrée principale de la ville et est orientée plein Sud. La porte du Brand à l'Est tient son nom de la colline qui la surplombe et la porte de Munster est elle orientée vers l'Ouest en direction de la vallée de Munster. Construite durant le XIVème siècle, la Porte de Munster marque avant tout l'histoire de la sorcellerie, puisque c'est par cette porte que les suppliciées rejoignait la Wann, où elles étaient exécutées. La Porte de Munster était également destinées à prévenir de l'orage, comme le montre la cloche sous son petit clocher toujours intact.

 

Divers éléments témoignent de la présence romaine dès -27 aux lieux-dits Gemühr, Thalweg, Husenfeld et Hohmür (au Sud de la ville, dans les vignes entre les rives de la Fecht et l’actuelle D417).

Parmi ces découvertes, une statuette de Mercure, dieu des routes et du commerce, des bagues à tour nettement ovalisé ornées d’une intaille représentant le dieu Mars, plats en bronze ciselé, pièces de monnaie romaines, tumulus de tuiles et de briques avec vases funéraires, fondations de murs, conduites d’eau, poteries avec sigillés et 16 puits confortent l’idée d’une petite agglomération, et non d’une seule villa romaine (ferme). Il s’agit de très grandes villae qui se sont installées aux débouchés de la vallée de la Fecht certainement à un passage de la rivière dans une zone de forte densité de découvertes archéologiques. L’installation proche du thalweg de la vallée ne se conçoit que dans une optique de climat optimal. Les changements climatiques postérieurs ont entraîné la "remontée" des villages sur les flancs Nord (Turckheim, Ingersheim) et Sud (Wintzenheim, Wettolsheim) de la vallée.

 

Dans La guerre des Gaules Jules César écrivait « Le dieu que les Gaulois honorent le plus est Mercure ». La statuette de Turckheim fait partie des 7 statuettes trouvées en Alsace. Son chapeau (pétase) orné de 2 ailes symboles de sa rapidité, lui ont valu le surnom de Deiffala (« diablotin »), car les habitants de Turckheim ont cru avoir trouvé un petit diable ! 

On remarquera qu’on aurait aussi trouvé les restes d’un petit sanctuaire apparemment de Mercure à Wintzenheim-Kochersberg (20 km au Nord-Est de Strasbourg, sachant qu’il existe un Wintzenheim à 2 km au Sud de Turckheim), entre la fin du Ier et la fin du IIIè siècle.

 

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