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Publié par Collectif des 12 Singes

Wittelsheim, rue d'Ensisheim : Épée de type "Rixheim"

Wittelsheim, rue d'Ensisheim : Épée de type "Rixheim"

 

Arrosée par la Thur, bordée au Sud par le massif forestier du Nonnenbruch et à l’Ouest par les premiers vallonnements des Vosges, Wittelsheim est située à 12 km de Thann, 12 km de Mulhouse et 33 km de Colmar. L’agglomération est située au carrefour de deux voies au Nord de la plaine de l’Ochsenfeld, l’une provenant de Mandeure et l’autre du col du Bussang.

La plaine de d’Ochsenfeld a une étendue d'environ 8 kilomètres carrés. Elle se trouve bornée à l'Est et au Nord par la chaîne des Vosges, qui s'élève, en ce lieu, à environ huit cents mètres de hauteur. Une petite colline, qui se détache du massif du Rossberg, située vers l'Ouest entre les deux vallées de Thann et de Masevaux, qui se prolonge en s'abaissant sur une longueur de 8 à 10 kilomètres jusqu'à Schweighausen, forme la limite de cette plaine au Sud-Ouest, de sorte que celle-ci ne se trouve vraiment ouverte que vers le Sud et l'Est, c'est-à-dire entre Reiningen, Wittelsheim et Staffelfelden. Le tout forme un terrain inculte par où s'écoule la Thur.

 

Le ban de Wittelsheim est principalement établi sur la rive droite de la Thur. Les glaciers anciens s’étendaient presque jusqu’au débouché des vallées vosgiennes (la langue glacière de la Thur atteignait 15 kilomètres), les neiges persistantes commençant vers 800 mètres et couvraient les crêtes qui pouvaient avoir l’aspect du Mont Blanc actuel au moins pendant une grande partie de l’année. Le débouché de la vallée de la Thur est donc constitué par un revêtement alluvial important formé par le cône de déjection du torrent. Ainsi, le sous-sol de Wittelsheim, une grande langue caillouteuse, est constitué d’alluvions sablo-graveleuses issues du massif vosgien. La couche supérieure jusqu’à 45 mètres est formée de couches alluvionnaires sur une épaisseur entre 21 et 41 mètres, formée de cailloux, de galets, de sable d’origine vosgienne mêlé à du lehm et à de l’argile.

Ces conditions expliquent l’absence de site du Néolithique.

 

 

Les vestiges découverts sur le ban de Wittelsheim témoignent d’une occupation humaine de son terroir depuis l’Âge du Bronze ancien (de -2 400 à -1 600).

 

Les petites tasses à décor de triangles imprimés au poinçon sont, avec les tasses excisées réellement, placées à l’extrême fin du Bronze Moyen (-1 600 à -1 300) : le gros vase à mamelons sur l’épaulement et à col cylindrique de Wittelsheim (associé à une épée de Rixheim) ou de Riedisheim a une forme relativement tardive et peut être comparé au vase de Harthouse-Haguenau.

 

La période du Bronze final témoigne de l’apogée de la métallurgie du bronze. Elle est caractérisée en outre par l’apparition et la généralisation d’un nouveau rite funéraire, celui de l’incinération en urne.

 

Une première épée de Rixheim en bronze mesurant environ 60 cm avait été découverte près des cités Grasegert et Langenzug : brisée, les deux fragments déposés en croix se trouvaient à 70 cm de profondeur sous une grande urne d’un diamètre de 45 cm qui contenait de petits fragments d’os. L’épée avait subi des déformations dues au passage sur le bûcher, constituant un des rares exemples connus en Alsace (les armes ou les outils passent quelques fois sur le bûcher). Le type du vase et de l’épée permet d’identifier la trouvaille comme sépulture à incinération de la Civilisation des Champs d’Urnes (début du Bronze final). Dans une sépulture à inhumation du Bronze moyen du tertre 6 d’Obenheim/Taspelmatt (Bas-Rhin), se trouvait une épée ployée, ce qui rappelle la pratique du bris sur l’épée placée en croix sous l’urne de la sépulture à incinération du BF I de Wittelsheim. Par ailleurs, dans les tombes 252 et 327 d’Ensisheim-Reguisheimerfeld, une paire de têtes d’épingles de Thalheim se trouvait sous le vase ossuaire. Un dépôt similaire est mentionné pour la sépulture de Wittelsheim. Les pots globuleux à col vertical ou légèrement évasé (st. 251, 253, 565 ou 886) d’Ensisheim-Reguisheimerfeld  présentent des affinités avec les exemplaires mis au jour à Herrlisheim, Rixheim, Riedisheim, Wittelsheim ou Illfurth. Les formes de Haute Alsace sont donc à rapprocher des récipients du Pays de Bade et du Wurtemberg. On a parlé d’une diagnose sexuelle : les femmes sont inhumées avec une paire d’épingles ou de bracelets, comme à Herrlisheim, tandis que la panoplie masculine consiste en une épée et/ou un couteau, comme à Wittelsheim. Malgré une apparente homogénéité des pratiques funéraires au début du Bronze final, due à la pratique quasi systématique de l’incinération en tombe "plate", l’agencement des tombes et le mode de dépôt dans les fosses illustrent en réalité une diversité certaine.

 

La rue d’Ensisheim, à Wittelsheim, une autre épée du type de Rixheim a été ramassée. Par la suite, une urne du Bronze final avait été également découverte dans cette même rue. Un important site du Bronze final doit exister à Wittelsheim, car ces trois découvertes, certainement toutes des tombes, sont situées respectivement à 2 km et 1 km les unes des autres.

 

Le lotissement « Le Galion » (Cité Rossalmend, également rue d’Ensisheim) est situé entre la Thur et la Doller, au Nord de la plaine de l’Ochsenfeld, dans une lande caillouteuse surplombant la basse vallée alluviale de la Thur. La découverte d’une tombe recueillant une épée de type « Rixheim » (Bronze final I-IIa ; -1 300 à -1 100) pouvait laisser supposer l’existence d’une nécropole étendue dans cette zone. Toutefois, la sépulture était probablement isolée. À noter aussi, la forte érosion de ce site (substrat à moins de 60 cm de profondeur) qui peut également expliquer cette absence.

 

Au lieudit Allmendenweg, on a découvert une nécropole composée de 9 à 10 tumuli. Si la crémation des corps réapparaît durant cette période du Bronze final (I-IIa : -1 300 à -1 150), elle ne constitue pas le traitement funéraire exclusif et l’inhumation primaire est encore pratiquée. Les dépôts en tombes plates se généralisent durant cette période, à l’exception de la forêt de Haguenau où les tumulus continuent à être utilisés. La dispersion des dépôts dans les ensembles funéraires ou leur regroupement évoque une grande variabilité des fonctionnements funéraires. La richesse de certaines crémations (Geispolsheim, Durrenentzen, Wittelsheim) fouillées anciennement a conduit les chercheurs à envisager que ce traitement funéraire était réservé à une élite sociale. Il faut toutefois bien reconnaître que le nombre des sépultures prises en compte pour envisager une telle hypothèse n’avait pas une valeur statistique significative. Les fouilles récentes ont d’ailleurs signalé la présence durant cette période de sépultures ne contenant pas d’offrandes en céramique (en position primaire ou secondaire), ce qui constitue apparemment une spécificité pour ce début du Bronze final. Il s’agit de dépôts d’os triés sur un bûcher et déposés dans une fosse avec des objets en bronze brûlés ou en offrande secondaire, principalement des épingles à tête de pavot (des homologues existent au-delà du Haut-Rhin, en Pays de Bade, vers Lörrach).

 

 

Comme dans d’autres localités d’Alsace (sites-carrefours comme Brumath, Ehl), l’habitat s’est déjà stabilisé hors de la zone d’inondation, à la fin du Bronze final et au début du Hallstatt.

 

La carte archéologique recense pas moins de 24 sites ou découvertes d’objets isolés, notamment la nécropole tumulaire datant de la période du Hallstatt et de La Tène. Ainsi, la forêt de Nonnenbruch contient un certain nombre de tumulus, tel le Kapuzineberg. On a trouvé dans ces tumuli des torques de bronze ornés de disques et de reliefs ainsi qu’une épée de fer recourbée avec fragment de fourreau.

 

 

Le site d’Allmendenweg amène un éclairage nouveau sur les pratiques funéraires et la fréquentation des nécropoles au début du Second Âge du Fer. Cette nécropole, constituée d’un groupe d’enclos circulaires et quadrangulaires, s’étend sur environ 20 ha. L’enclos circulaire structure 1 a un diamètre de 29 m. Son fossé a livré des fragments de céramique, appartenant à une urne à piédestal de La Tène A (-500 à -400), éparpillés sur le fond de la structure qui n'étaient pas associés à des restes osseux (bris rituel ?). La déposition d’offrandes, dans ou à proximité des enclos funéraires, illustre certainement une fréquentation régulière des tertres, accompagnée de rites particuliers (repas funéraires, offrandes aux défunts…).

 

 

Au bord du chemin rural dit Aspacher Straessle, au lieudit Ochsenfeld, on a découvert une voie romaine. Une borne marquait l’intersection de la voie longitudinale du piémont vosgien et de la pénétrante de Mandeure-Brisach (Epomanduodurum-Brisiacus). On notera qu’au centre de Wittelsheim passait la voie antique de Reiningue à Staffelfelden, sûrement déjà un chemin gaulois.

 

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