Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation du Collectif des 12 Singes

 

Nous sommes un Collectif
d’écriveurs autoédités.

Pour nous suivre, connectez-vous à facebook et/ou twitter

Tous nos textes sont présentés sur http://Collectif12Singes.over-blog.com et nos livres ont une version eBook : "Lendemain du Grand Soir" ; "La philosophie south-parkoise, ça troue le cul !!!" ; "Bouquin Coquin et Taquin d’une Catin et d’un Libertin" ; "Photograffi(ti)es d’Expressions Murales : Pierres Philosophales"

*** TÉLÉCHARGEMENT ***

*** COMMANDE ***

 

L’idée, pour Partager auprès du plus grand nombre et facilité la lecture, est de mettre à disposition les contenus synthétisés par nos soins, puis les internautes le désirant peuvent télécharger les pdf illustrés ou commander les livres papier imprimés par un professionnel

 

  1. Téléchargement pdf
    illustré

     
  2. Commande livre papier personnalisé

 

 

COMMANDEZ NOS
LIVRES CRÉATIFS

Publié par Collectif des 12 Singes

Comme toutes les villes, Montpellier n’est pas née à l’Antiquité ou au Moyen-Âge, elle a une Histoire, même si sa pré- et proto- histoire se sont surtout passées en banlieue

Carte archéologique de Montpellier (1968) : ronds pour le Paléolithique, triangles pour le Néo-Chalcolithique, carrés pour les 1er et 2nd Âges du Fer, croix pour l'époque gallo-romaine, carrés blancs pour la fin de l'Antiquité

1. Montpellier.
2. Station Frenillot.
3. Station Ciprès.
4. Station du Mas du Ministre.
5. Station de Bourgade.
6. Station du barrage de la Mosson.
7. Station de la Pompignane.
8. Station de Saint-Michel.
9. Station du Pont de Rimbaud.
10. Station du Pont Juvénal.
11. Station du Moulin de Sauret.
12. Station du Pont-Trincat.
13. Station de la Zone Industrielle.
14. Station de Richemont.
15. Stations du Plateau de Celleneuve.
16. Stations de la Paillade.
17. Stations de Grabels.
18. Stations de Montferrier.
19. Station de Pioch Redon.
20. Station du Lycée Technique.
21. Oppidum de Substantion.
22. Lattes.
23. Stations des usines I.B.M.
24. Villa de Sarnelly.
25. Villa de Saint-Michel.
26. Station de la Cavalade.
27. Nécropole de Lavanet.
28. Station de l'Aiguelongue.
29. Station Sabatier
30. Station Massane.
31. Nécropole des carrières Cazes.
32. Station du Mont-Aubérou.
33. Station de Verchamp.
34. Nécropole du Terrai.
35. Nécropole de Saint-Michel.
36. Nécropole de Malbosc.
37. Stations du Mas de l'Armet.
38. Nécropole du Pouget.

 

 

Posé dès le XVIIè siècle, le problème des origines de Montpellier n'est pas récent. Mais les découvertes archéologiques permettent de l'envisager dans des termes nouveaux. C'est surtout depuis les travaux du grand historien de Montpellier A. Germain qu'une doctrine a vu le jour, selon laquelle la ville aurait pris naissance à la fin du Xè siècle, à peu près ex nihilo (alors que dans la région chaque commune recèle, au plus tous les cinq cent mètres, des vestiges pouvant intéresser l'archéologie). Sa fondation serait due soit à des réfugiés de Maguelone (détruite en 737), soit à des Espagnols qui seraient venus s'établir au VIIIè siècle en Septimanie.

 

Au Vè siècle, l'invasion vandale et l'invasion wisigothique peuvent être très difficilement appréciées dans leurs conséquences pour la région montpelliéraine. Sous la domination des Wisigoths, se trouvaient à Maguelone un évêque (depuis au moins la date de 589) et un comte. De 507 au début du VIIIè siècle, la Septimanie connaît une période d'instabilité presque permanente qui se poursuit avec la conquête musulmane et la reconquête. En 737, Charles-Martel ordonna la destruction de Maguelone, ce qui entraîna l'abandon de l'île par la population : le comte, l'évêque et les chanoines s'établirent à Substantion/Castelnau-le-Lez, puis l'évêque se retira à Villeneuve et le comte à Melgueil (Mauguio). Enfin, de 768 au XIè siècle, l'activité des Carolingiens et la féodalité entraînent une renaissance qui paraît assez réduite pour cette même région (avant la fin du XIè siècle : il n'est nulle part question de Montpellier, pas même dans le compte rendu de voyage fait par Théodulfe, évêque d'Orléans, en 798) où les comtes de Melgueil ne jouent qu'un rôle très secondaire aux IXè, Xè et au début du XIè siècle. La première mention date seulement de 985 et concerne un manse dans le tènement de Montpellier (in terminium [de vil] la Monte pestelario) inféodé par le comte de Mauguio à un Guillem [une tradition qui remonterait à la deuxième moitié du Xe siècle est rapportée par l'évêque de Maguelone, Arnaud de Verdale (1339-1352) : ce sont les sœurs de saint Fulcran, évêque de Lodève issu de la maison comtale de Mauguio, qui auraient transmis leurs droits in his villis et in pertinentiis (Montpellier et Montpellieret) à l'évêque de Maguelone, Ricuin II ; ce dernier aurait gardé Montpellieret et inféodé Montpellier à un Gui. Cette tradition atteste, au XIVè siècle, l'existence de deux agglomérations séparées].

Les historiens admettent souvent la participation des deux groupes (réfugiés de Maguelone et Espagnols), en accordant un rôle plus important tantôt aux uns tantôt aux autres. Cette théorie de "Montpellier ville sans passé" était généralement acceptée mais le problème était resté entier. Entre le texte de 985 et la ville de la seconde moitié du XIè siècle, avec ses églises, la différence semble considérable. Comment peut-on croire qu'en un temps si court un tel développement se soit produit ? Au premier abord on est un peu surpris de cette croissance urbaine assez inattendue, mais les textes semblent bien prouver qu'il s'agit effectivement d'une progression presque étonnante. Pourtant, il existait sur la partie supérieure de la colline de Montpellier une enceinte primitive dont on peut seulement dire qu'elle est antérieure à la seconde moitié du XIIè siècle sans pouvoir la dater de façon plus précise : elle couronnait la partie la plus haute de tout le site.

 

Le territoire de la commune de Montpellier est particulièrement riche en témoignages d'occupation depuis les plus hautes époques et de façon à peu près continue dans le temps et dans l'espace. La seule "lacune archéologique" concerne la partie centrale de l'agglomération actuelle, c'est-à-dire les collines du Peyrou, de Montpellier et de Montpellieret. D'autre part, les voies de circulation particulièrement importantes montrent que la commune a été un lieu de passage pour les Hommes et les marchandises.

Montpellier n'est donc pas une ville sans passé : bien au contraire, elle possède un riche sous-sol, compte tenu du caractère accidentel des fouilles. Depuis, des témoins de l'occupation humaine depuis le Paléolithique ont été mis au jour sur de nombreux points et en particulier sur les hauteurs. Les premières garrigues qui bordent au Nord et à l'Ouest la commune de Montpellier ont connu une occupation continue depuis la préhistoire. Il s'agit, la plupart du temps, de petits établissements à l'intérieur d'enceintes modestes qui devaient pratiquer avec l'élevage du mouton une agriculture réduite dans les bas-fonds. Comme exemple typique, nous pouvons citer le "camp du Mas de Reynard" (commune de Vailhauquès) qui est le moins mal connu.

 

 

Montpellier se situe entre deux cours d'eau que sont le Lez à l'Est et la Mosson à l'Ouest ; à 10 km de la mer Méditerranée et à 80 km du Mont Aigoual (1 567 m).

Culminant à 57 m à la place du Peyrou et certaines rues étant à forte dénivellation, la ville a commencé à se développer sur deux collines : Montpellier et Montpellieret. Le territoire actuel s'étend jusqu'à des collines qui dominent l'ancienne ville : le Lunaret, Montmaur et le Plan-des-Quatre-Seigneurs au Nord, les quartiers de La Paillade et de la Mosson et les Hauts-de-Massane au Nord-Ouest, culminant à près de 110 mètres d'altitude au château d'eau de la Paillade.

Son paysage est surtout marqué par le pic Saint-Loup (658 m), situé à 25 kilomètres au Nord de la ville et visible depuis la promenade du Peyrou.

 

La situation de Montpellier est celle d'un important carrefour : au Sud, la mer (dix kilomètres), les étangs (sept kilomètres), une plaine côtière ; au Nord, la zone des garrigues.

Du Nord au Sud, le Lez met en communication facile ces différentes parties. Vers l'Est, une route aisée parmi les garrigues conduit dans la direction de Nîmes ; vers l'Ouest, on atteint Frontignan, Sète et l'étang de Thau par la plaine côtière, ou bien la région de Montbazin-Villeveyrac et la vallée de l'Hérault par une dépression entre la montagne de la Moure et la Gardiole. Vers le Nord, trois itinéraires permettent d'atteindre Quissac et, au-delà, les Cévennes par la vallée du Lez, Ganges par Saint-Martin de Londres, Aniane, le Lodévois et les Causses par Grabels, Montarnaud, Saint-Paul-et-Valmalle.

Montpellier se trouve donc parfaitement relié aux régions voisines : les garrigues au Nord, au-delà du pli de Montpellier ; Nimes et le Rhône vers l'Est ; la plaine de l'Hérault vers l'Ouest et les étangs qui communiquent facilement avec la mer, au Sud.

 

Le site de Montpellier est formé par deux alignements de buttes parallèles (que le Lez a taillées, avec ses affluents, le Merdanson et le ruisseau des Aiguerelles) et par les plateaux de Celleneuve à l'Ouest (quatre-vingt mètres d'altitude) et de la Croix d'Argent au Sud-Ouest (cinquante mètres). Ces deux plateaux sont séparés des buttes par la dépression du col des Arceaux. L'alignement Nord comprend, de l'Ouest à l'Est, la colline du Peyrou (cinquante mètres), celle de Notre-Dame ou de Montpellier (quarante-neuf mètres) et celle de la Citadelle ou de Montpellieret (trente-sept mètres).

Ce sont ces collines de sables pliocènes qui ont été occupées par la ville médiévale. Au Sud, la butte de Mion atteint quarante-six mètres d'altitude. Sur la rive gauche du Lez, face à ces alignements, commence le Mont-Aubérou dont les pentes dominent le Lez de vingt-six à cinquante-six mètres. Tout à fait au Nord de cet ensemble, un groupe de collines constitue le verrou de la haute vallée du fleuve : hauteurs jurassiques de l'Aiguelongue (quatre-vingt-un mètres) et de la Valette (au-delà de la plaine des Aubes) sur la rive droite du Lez ; celles de la Gardie (quatre-vingt douze mètres) et de Substantion (soixante-dix neuf mètres) sur la rive gauche. Enfin, au Nord-Ouest, de la Valette au plateau de Celleneuve, de nombreuses buttes (Plan des Quatre Seigneurs, la Colombière...) dominent le site de Montpellier et font la liaison avec les garrigues.

La commune actuelle de Montpellier recouvre la presque totalité de l'ensemble que nous venons de décrire, mais l'ancienne ville occupait la butte de Montpellier et, selon les époques, une partie ou la totalité de celles de Montpellieret et du Peyrou. Ces collines sont bordées par le Lez à l'Est, le Merdanson au Nord [certains veulent croire que ce sobriquet vient du préfixe occitan "mer" qui désigne les pierres, les rochers car de nombreux cours d'eau ont le mot mer dans leur nom en Occitanie et le terme "merdantione" en celte voudrait dire "cours d'eau boueux" ; en réalité, "merdans" signifie bien « égout, fossé servant de dépotoir, grand fossé d'assainissement » et était attribué aux nombreux cours d'eau sales ou seulement troublés lors des crues (ripam Merdancionis en 1138, puis Merdancione en 1191) - là où le tramway passe à présent, entre Louis Blanc et Corum, il y avait de petits jardins de faubourg et les propriétaires faisaient des avancées dans le cours d'eau pour, en quelque sorte, fabriquer du compost ; non seulement c'était horriblement puant quand les chaleurs arrivaient, et les miasmes rendaient malades les voisins, mais cela bloquait le cours d'eau et favorisait les inondations : il fallait donc régulièrement détruire ces péninsules de déchets - ; la variante tardive Verdanson est un euphémisme que l’on peut même dater, de 1827] ; vers le Sud, le ruisseau des Aiguerelles les séparait de la butte de Mion. Entre elles existaient de profondes et larges dépressions qui ont été partiellement comblées au cours des siècles.

Il convient de relever ici l'abondance des ressources en eau sur la butte de Montpellier : l'eau qui s'est infiltrée dans les garrigues remonte dans les collines et forme un niveau phréatique très important.

Nous avons donc trois collines avec des pentes fortes, séparées entre elles par de larges dépressions, bordées par des cours d'eau.

 

 

Les découvertes préhistoriques comprennent, pour le Paléolithique, plusieurs gisements qui ont été repérés sur la rive gauche du Lez, dans l'appendice Est de la commune, sur les pentes du Mont-Aubérou et du Bois de Doscares : la station Frenillot (dénommée également "chemin de la Clarté", "station de Verchamp", "station de Montaubérou") se rattache aux stations Ciprès, de Doscares (commune de Saint-Aunès) et du mas du Ministre (commune de Mauguio) ; vers le Nord, la station de Bourgade, sur la rive droite du Lez, a donné du Moustérien à faciès levalloisien.

 

Le clactonien en tant que culture à part entière du Paléolithique Ancien n'existe pas, mais reflète un schéma opératoire "élémentaire". En cela, l'industrie clactonienne forme un contraste frappant par rapport aux industries à bifaces. Il ne s'agit pas simplement de l'absence de bifaces, mais de l'absence totale des formes d'outils standardisés. Il a fallu des outils pour des usages particuliers, ils ont donc été faits d'une manière simple et systématique. Pour autant, trois civilisations différentes dans le grand groupe Clactonien-Tayacien semblent pouvoir être individualisées en Provence et dans le Bas-Languedoc : le Clactonien stricto sensu, le Tayacien (ou Proto-Quina : grotte d’Aldène dans la vallée de la Cesse, commune de Cesseras dans l’Hérault) et le type Curson.

Les stations de Frenillot et de Ciprès sont situées au Nord-Ouest et au Sud-Est du Mont Aubérou (quartier actuel du Millénaire).

Ces stations contiennent une industrie du Paléolithique moyen (Neandertal vers -230 000) proche de celle découverte à Sainte-Anne-d'Évenos (près de Toulon, Var) et dans les stations de Grand Muscat et des Poudérouses (Lieuran-les-Béziers). Cette industrie est caractérisée par une grande abondance de coches et de denticulés, un pourcentage relativement élevé de coches clactoniennes simples ou multiples et de becs obtenus par deux coches clactoniennes adjacentes. Les pointes de Tayac sont rares sinon absentes. Les racloirs, en général de mauvaise facture, sont très peu nombreux. Signalons la présence de grattoirs souvent carénés, de troncatures sur éclat et de quelques burins. Les bifaces semblent toujours absents; les chopping-tools, à large enlèvements, sont beaucoup plus nombreux que les choppers. L'industrie est, la plupart du temps, taillée sur éclats de fortune ; le débitage levallois est cependant connu mais très peu employé (mais plus couramment qu'à Sainte-Anne-d'Évenos).

À Sainte-Anne-d'Évenos, cette industrie est datée d'un stade relativement récent du Riss, également rencontrée dans plusieurs gisements des Petites-Pyrénées, dans les niveaux rissiens du Pech-de-l'Azé-Nord (Pech IIb, Sarlat en Dordogne), dans celles du Riss-Würm à Fontchévade (Charente) et à La Micoque (commune des Eyzies-de-Tayac en Dordogne : couches inférieures III à V, antérieures à -300 000 ans). L'Évenosien d'âge rissien paraît être dans la lignée du Clactonien de Clacton et pourrait être l'ancêtre de certains Moustériens à denticulés würmiens, comme le Tayacien l'est du Charentien.

 

À la Baume Bonne (site archéologique en grotte et sous abri qui surplombe le Verdon, sur la commune de Quinson dans les Alpes-de-Haute-Provence), il est possible de suivre la formation du Moustérien de type Quina à partir de l'industrie prémoustérienne (Tayacien de Breuil) contenu dans l'ensemble stratigraphique inférieur et qui n'est pas sans affinités avec le Clactonien de Sainte-Anne d'Évenos. Au cours de cette évolution, les éclats à talon facetté et les éclats de débitage levallois deviennent de plus en plus nombreux. Cette évolution vers le "Quina" classique se poursuivra mais avec des lacunes, dans les couches supérieurs würmiennes où viennent s'intercaler, en outre, les industries étrangères : moustérien de faciès levalloisien par exemple.

Seulement connu en Europe occidentale, le Clactonien semble disparaître à la fin du Riss-Würm.

 

 

Situé sur la rive droite du Lez, à environ 3 kilomètres au Nord du centre même de la ville de Montpellier sur le versant Sud de la petite chaîne de rochers de La Valette, un abri effondré a été étudié à Bourgade. Il avait déjà été trouvé en ce lieu aux environs de 1850 des ossements d'ours des Cavernes, de rhinocéros, Hyena sp., Bos x, Cervus x, Canis lup., Lepus tim, etc.

La faune est représentée par un castor, un petit carnassier, des petits rongeurs, un cervidé, un rhinocéros. La présence de coprolithes d'hyènes atteste ainsi que ces animaux fréquentaient ces cavités. Ce gisement en grotte a donné trois racloirs moustéroïdes et de nombreux éclats à talon facetté. L'industrie se rapporte à un Moustérien proche de celui découvert dans les niveaux 6 et 7 de la grotte de Rigabe dans le Var (début du Würm I, vers -80 000). Le débitage levallois est très important. Les éclats levallois, non transformés en outils, abondants, classent cette industrie dans un faciès levalloisien du moustérien. Les racloirs nombreux sont souvent de belle facture mais peu épais. La retouche écailleuse scalariforme est rare.

 

 

Le Languedoc occidental, zone de contact, a enregistré les fluctuations culturelles des régions environnantes. Après la longue période du Würm IV (à partir de -16 000 jusqu’au réchauffement de -12 000) où le Languedoc occidental semblait bien faire partie intégrante du domaine aquitain, on assiste dans cette région à l'Épipaléolithique et au Mésolithique à une ère de balancements entre domaines culturels atlantique et méditerranéen.

 

La chronologie de la succession des faunes froides à tempérées, bien que cohérente avec celle connue pour les autres régions françaises, est néanmoins plus précoce, avec une évolution des biomes perceptible dès la seconde moitié du Dryas I/début Bölling (apparition du sanglier, accroissement du cerf, absence du bison), en lien avec une coupure climatique importante (début du Tardiglaciaire) dès -16 000 en Languedoc oriental. Du Solutréen au Mésolithique, la diversification des ressources alimentaire est relativement limitée. Durant toute la période considéré, un nombre relativement important d’espèces d’ongulés est acquis, y compris dans les spectres plus spécialisés sur le renne, et l’acquisition des petits gibiers concerne, dans la majorité des sites, une seule espèce qui livre des quantités limitées de matière carnée ; la majorité étant fournie par les ongulés.

Dès la fin du Solutréen, les modes d’acquisition des ongulés se modifient, avec le passage de spectres de chasse dominés par le renne à des spectres de chasse plus diversifiés. Dans les phases chrono-culturelles postérieures (Salpêtrien ancien au Mésolithique), les associations sont généralement composées de plusieurs espèces, avec une légère prédominance de deux ou trois espèces (cheval, cerf, sanglier, boviné). Néanmoins, l’existence de spectres plus spécialisés persiste. Au Solutréen, l’exploitation des taxons principaux (renne, cheval) est maximale, se caractérisant par la récupération des divers produits alimentaires et utilitaires (os, bois de cervidé, tendons, sabots de cheval). L’introduction des espèces de petite taille dans la diète des Hommes préhistoriques est attestée de façon sporadique dès le Magdalénien moyen et terminal, mais ne connaît son véritable essor qu’à l’Épipaléolithique, avec l’acquisition en quantité importante de la malacofaune terrestre et des lapins. Au Mésolithique cette acquisition s’étend à la malacofaune marine, aux poissons et aux tortues.

 

L'Alleröd est une phase climatique tempérée datée d'environ -11 800 à -10 800. Au cours de cette période, les températures se stabilisent à des niveaux comparables à ceux que nous connaissons actuellement. Un climat doux et humide s'installe. La végétation s'accroît et colonise toujours plus de zones occupées auparavant par les glaciers. Les forêts s'étendent. Le niveau de la mer remonte encore d'environ 60 mètres.

À cette période succède un "bref" retour du froid (le Dryas récent, ultime oscillation froide du Tardiglaciaire, s'étendant approximativement de -10 800 à -10 000) qui cède ensuite la place au climat actuel.

Cette période voit le développement de cultures et faciès originaux, à partir ou indépendamment d’un substrat magdalénien : Salpêtrien en Languedoc, Arénien-Bouvérien et Gravettien-Épigravettien en Provence et en Italie ; le Magdalénien supérieur ou terminal est également présent. L’Azilien, le Montadien, le Valorguien (Romanellien provençal), le Sauveterrien ou le Castelnovien caractérisent des industries, plus ou moins de transition, de l’Épipaléolithique-Mésolithique dans le Sud-Est de la France.

 

 

La vallée de la Mosson, qui borde la commune de Montpellier à l'Ouest, a livré des vestiges abondants de l’Énéolithique.

De Montpellier en suivant la route de Lodève, puis le chemin dit de la Paillade, à environ 300 mètres avant d'arriver au gué de Fontcaude, on arrive au sommet d'un petit mamelon peu élevé ; le gisement se trouve sur le sommet qui domine à l'Est le grand barrage de la Mosson, vis-à-vis le monticule désigné par les habitants du pays sous le nom du Pech du Boulidou (de l'occitan bolidor, lieu où se manifeste un bouillonnement). Ce petit plateau, d'environ une centaine de mètres d'altitude, est constitué par des calcaires très durs appartenant à l'étage oxfordien ; la base, au levant, est recouverte par des calcaires également très durs, résistants et à grain très serré, mais appartenant à l'éocène lacustre. Ces derniers calcaires contiennent parfois des rognons siliceux assez volumineux.

Non loin de là nous trouvons, plus à l'Est, un petit lambeau de pliocène diluvien, dont les éléments ont eu une certaine influence sur l'industrie de nos préhistoriques.

À quelque distance au Nord-Ouest de ce plateau, dans le fond du vallon, se trouve un gouffre dont la paroi en pente permet un accès assez facile : cette cavité a dû à certaines époques fournir un abri aux habitants du plateau en même temps qu'elle leur procurait pendant une bonne partie de l'été une eau fraîche et limpide.

Il est incontestable que des tribus nomades s'arrêtèrent sur ce point et y fixèrent leur habitation : la station englobe toute la partie du plateau comprise entre le point dominant la vallée de la Mosson et l'extrémité faisant face à la route de Grabels au Nord. Les vestiges se retrouvent partout, ils sont pourtant plus abondants vers la pointe Sud du plateau ; c'est là, sans doute, qu'il faut chercher l'habitat et l'atelier de taille, le centre de la station.

Nos préhistoriques étaient admirablement placés en ce point : dominant le plateau, ils pouvaient, par un retranchement sommaire, prévenir sans grand effort le danger incessant des bêtes féroces, de plus, ils avaient à proximité une plaine verdoyante et de l'eau à volonté, nécessitées indispensables pour ces nomades devenus pasteurs.

Notre gisement occupe environ une centaine de mètres de large sur quatre à cinq cents de long, et prouve par ses dimensions déjà considérables l'établissement de plusieurs familles.

 

Les éclats de silex y étaient extrêmement nombreux et parmi eux il était facile de reconnaître des instruments bien caractérisés dénotant l’établissement d'un important atelier préhistorique (magnifique pointe de lance d'une facture irréprochable et d'une conservation parfaite, découverte d'éclats et d'outils).

La matière employée est un silex à cassure blonde ou grise. Souvent encore ils sont tachés de roux, coloration produite par une oxydation au contact de pyrites ferrugineuses qui sont assez répandues sur le plateau ; certains sont encore recouverts de fines dendrites se détachant en noir et qui sont un témoignage de leur authenticité.

Les habitants du plateau n'allaient pas au loin chercher leurs matériaux, ils les avaient presque sur place : ils n'avaient qu'à descendre les pentes du monticule pour ramasser dans les formations éocènes les rognons siliceux dont ils faisaient leurs instruments.

Un fait très curieux est que l’on remarque de rares fragments de quartzite, provenant du lambeau de pliocène diluvien qui se trouve non loin de là et qui contient des galets d'un quartzite de filon d'un blanc très limpide ; cette matière aurait permis à d'autres ouvriers plus expérimentés et arrivés à un degré de développement plus avancé, d'en extraire des pièces d'une régularité et d'un fini merveilleux, comme cela a été observé dans d'autres gisements devenus classiques.

Les silex de l'éocène n'étaient pas tous bons et beaucoup d'entre eux devaient être abandonnés après un premier essai, comme le prouve le nombre de rognons ébréchés que l'on trouve à la surface ; pour être utilisable, le rognon devait être assez gros, avoir une texture homogène et être sain à l'intérieur. Certains de ceux que l'on trouve ébréchés et abandonnés montrent une texture fibreuse ou une structure caverneuse qui les rendait impropres à l'utilisation. Ces rognons siliceux sont le résultat d'un phénomène de séparation moléculaire et d'une concentration de la silice de la masse autour de certains centres d'attraction, de préférence autour d'un corps organique en décomposition (ils ont donné à l'analyse les résultats suivants : Silice 75%, Oxyde de fer 10,7%, Alumine 9%, Corps étrangers 9 %).

À part les silex de l'éocène et les débris de quartzite du diluvium pliocène, il a été impossible de découvrir des vestiges d'une autre provenance telle que le silex pyromaque que l'on rencontre souvent dans les marnes rutilantes de l'éocène inférieur de Grabels et de Bel-Air, de même que les silex à texture plus fine de l'éolite ; ces silex, qui se clivent avec beaucoup plus de facilité, leur auraient donné des éclats d'une grande régularité et auraient été plus faciles à travailler : il est probable qu'ils ne les connaissaient pas, que s'ils étaient d'habiles ouvriers, ils n'étaient pas d'habiles chercheurs, et qu'ils n'étendaient pas bien loin leurs investigations.

 

II n'était pas toujours facile d'extraire de ces nodules siliceux des pièces pouvant être utilisées ; ce n'est qu'à tâtons que l'ouvrier préhistorique devait choisir sa matière première, et il a fallu toute l'expérience de ces mains habiles pour sortir de la roche amorphe quelques-unes de ces belles pièces. L'ouvrier, qui voyait la difficulté, avait dû chercher aux alentours immédiats si une autre roche ne pouvait pas remplir le même office, c'est ce qui nous explique la présence de galets de quartzite ébréchés et éclatés que l’on trouve sur le champ de la station, à quelque distance seulement de leur lieu d'origine.

Si nous prenons un des nombreux nucléus qui jonchaient le sol, nous voyons qu'il a été clivé dans tous les sens pour lui donner d'abord une forme symétrique, et qu'avant d'en extraire quelque pièce, l'ouvrier devait l'essayer sur toutes ses faces pour en étudier d'abord le clivage, lui donner ensuite un plan de frappe et en tirer le plus de profit possible.

Ces nucléus permettraient peut-être de faire un rapprochement avec les procédés de taille qui avaient été en usage à des époques bien plus reculées, dans l'industrie paléolithique.

Des pièces analogues à celles qui sont désignées ordinairement sous le nom de coup-de-poing sont ici très nombreuses et servaient de base à l'industrie préhistorique. Les silex moustériens constatés dans l'Hérault, constituent une étape assez inattendue dans le développement industriel des premiers âges. En effet, le coup-de-poing acheuléen était un instrument obtenu en enlevant des éclats sur toutes les faces d'un morceau de silex, de façon à l'amener à la forme voulue. Il semblerait donc, au premier abord, que tous les efforts des premiers Hommes auraient dû se porter sur ce perfectionnement ou sur la création d'instruments de la même sorte appropriés à des usages particuliers. Il n'en fut rien, et ce fut sur l'utilisation des éclats obtenus dans la taille du coup-de-poing, que portèrent ces efforts. Ces éclats présentaient d'un côté, celui par lequel ils avaient été détachés du bloc primitif, une surface plane. On chercha donc à les utiliser en profitant de cette surface unie pour n'avoir à travailler, par quelques retouches, que l'autre côté de l'éclat. Ce sont les premiers essais d'utilisation qui se retrouvent durant la période acheuléenne et qui, perfectionnés, ont donné les pointes et les grattoirs de l'époque moustérienne. Cette observation, faite pour les silex moustériens, peut être maintenue ici et nous prouver que, même au début de l'époque néolithique, le but fondamental de la taille était encore la recherche du coup-de-poing.

 

Vu la mauvaise qualité de la matière, les pièces sont en général de petite taille, beaucoup sont mal définies, et d'autres attestent que l'ouvrier n'était pas toujours récompensé de son travail ; nous voyons, en effet, des pièces qui auraient pu être bonnes, mais qu'un dernier coup malheureux avait rendues inutilisables.

La plus grande partie des éclats sont dénués de toute retouche et doivent être considérés comme des débris de l'équarrissage des nucleus impropres à un autre usage. Quelques-uns cependant ont pu être utilisés à l'état brut, car beaucoup d’entre-eux se rapprochent d'une même forme et attesteraient presque une taille acheuléenne. D'autres, au contraire, sont d'un parfait fini, ils dénotent un ouvrier déjà expert : ces pièces montrent avec quel soin l'ouvrier préhistorique cherchait à donner à sa pièce la plus grande symétrie, à joindre l'esthétique à l'utile, et à faire de son outil ou de son arme un objet qui, de nos jours encore, attire notre admiration.

 

L'Homme, en présence de la nature qui s'offrait à lui, porta son choix sur la roche qui lui parut la plus propice à lui rendre des services ; le silex brut fut à la fois son premier instrument et sa première matière, les blocs ou percuteurs qui devaient lui faire office de marteau sont généralement sphériques et plus ou moins gros, suivant leur usage : un certain nombre sont bien caractéristiques et portent même, sur une de leurs faces, des irrégularités qui prouvent un usage prolongé.

Le percuteur habilement manié, équarrissait le nodule brut et lui donnait une forme plus ou moins polygonale, c'est le nucleus. Ces derniers sont assez nombreux sur le plateau, les plus gros ne dépassent pas la moitié du poing, ils sont très intéressants et très importants pour étudier le système de taille de nos préhistoriques. Pour obtenir des pièces de forme triangulaire ou trapézoïdale, le nucleus d'une forme polygonale quelconque était entamé.

 

Le Coup-de-poing semble avoir été le premier outil du préhistorique ; le premier travail de l'Homme fut donc de perfectionner ces instruments et de les approprier à son service. Le coup-de-poing était une arme faite pour la lutte corps à corps. Mesurant de 30 à 50 millimètres de largeur sur 40 à 80 de longueur, ce sont les seules pièces qui atteignent ces dimensions, les autres n'étaient faites qu'avec leurs éclats. Ils portent pour la plupart un talon ou empoignure, de façon à ce que, tenus dans la main, ils ne la blessent pas en ne laissant dépasser qu'une lame aiguë ou tranchante. Les retouches sont sur eux beaucoup plus grossières que sur les pièces suivantes.

 

Les pointes sont assez nombreuses, certaines très effilées devaient rendre un très bon service aux préhistoriques, qui s'en servaient probablement pour creuser ou entailler le bois. Beaucoup d'entre eux présentent un talon volumineux permettant d'imprimer par la pression plus de force au forage. Leurs dimensions varient entre 35 et 50 millimètres. Elles sont pour la plupart dénuées de retouches, obtenues par éclat d'un seul coup, la forme voulue a été obtenue d'un seul jet et sans autre travail. Celles qui sont retouchées sont généralement de plus petite dimension et ne l'ont été qu'à leur extrémité pour en façonner la pointe.

 

Assez nombreux sur cette station, les grattoirs devaient être employés au raclage des peaux et à leur préparation. Un certain nombre portaient sur le côté retouché des encoches volontaires, donnant ainsi au côté tranchant un contour festonné permettant de scier. Leurs formes et leurs dimensions sont souvent très différentes.

 

Les racloirs sont moins nombreux que les précédents, leur usage est plus problématique : servant sans doute à écorcer les arbres, certains présentent pour cet usage une courbure concave. Retouchés sur un seul côté, ils présentent généralement sur l'autre un talon plat.

 

Plusieurs beaux fragments de couteaux de forme trapézoïdale ont été trouvés : l’un, entier, porte encore à sa partie inférieure le bulbe de percussion ; retouché, il est tranchant sur les bords et effilé à son extrémité ; il mesure 42 millimètres de longueur sur 10 de largeur.

Un autre fragment, très beau, formé d'un éclat extrêmement mince, ne mesurant pas moins de 2 millimètres d'épaisseur, présente un talon aminci et biseauté par de nombreuses et fines retouches.

 

Les pointes de lance ou de pique sont ici représentées par de très beaux exemplaires, bien travaillés, dont la petite taille porterait à croire que ce sont plutôt des pointes d'un instrument de plus petite dimension, tel que le javelot : les trois plus belles présentent une surface plane, très légèrement convexe ; la face supérieure retaillée et très retouchée sur ses bords, les pointes légèrement arrondies, les bases uniformément très amincies et taillées en biseau.

 

D'assez nombreux exemplaires de pointes de flèche donnent les diverses formes adoptées dans l'industrie préhistorique. Ce sont d'abord de petites pointes lancéolaires, puis losangiques, ou en feuille de saule, ensuite les pointes pédonculées.

Les premières sont les plus nombreuses, d'un travail souvent incomplet, réminiscence du travail d'époques antérieures, elles dénotent un début dans cet art ; les secondes ont donné deux exemplaires d'un travail merveilleux, très finement retouchées sur les deux faces, elles sont d'un fini remarquable et d'une symétrie parfaite. Une autre avec crans et pédoncule, absolument intacte, à pointe assez fine et à côtés tranchants, la face supérieure légèrement bombée mais présentant en son milieu un clivage, très retouchée sur les bords ; l'autre face est plane et ne présente de retouches qu'à la partie inférieure, à l’amincissement du pédoncule. Elle mesure 11 millimètres de largeur sur 20 de longueur : elle dénote une habileté et une légèreté de main peu ordinaire.

Cette succession de formes dans les pointes de flèche est une preuve nouvelle de l'attribution de cette station au début de l'époque néolithique.

 

À ces divers objets il faut ajouter quelques fragments d'une poterie noire avec grains de quartz, semblable à celle que l'on trouve communément dans les diverses stations néolithiques du département.

 

Tout porte à croire que ce site possède différentes chronologies, la première remontant au début de la période Épipaléolithique, désignée sous le nom de Tourassien (nom donné par Gabriel de Mortillet en 1872 à un faciès culturel de l'Épipaléolithique qu’il situait entre le Magdalénien et le Néolithique. Ce terme est aujourd’hui tombé en désuétude au profit de l’Azilien), une autre étant semblable à celle (chasséenne) qui a été signalée au Moulin de Sauret, sur les bords du Lez. L'Azilien est généralement associé au rétablissement climatique successif à la dernière Glaciation, aux environs de -11 000 à -9 000. Le renne cède la place au cerf, qui devient le gibier favori. Les bois de cerf sont utilisés pour réaliser les harpons plats, souvent grossiers et perforés d'une entaille allongée à la base.

Si ce n'est la cavité signalée plus haut, mais qui ne pouvait guère servir d'habitation continue, aucune grotte, ni abri sous roche ne se trouvent dans la région ; tout porte donc à croire que ces premiers Hommes habitaient dans des huttes sommaires faites de branchages qu'ils adossaient à quelque tronc d'arbre, à la merci des intempéries. On peut d’ailleurs voir au centre de la station un terre-plein d'environ une dizaine de mètres de rayon, parfaitement plat, dans lequel toutes les irrégularités du sol sont comblées et nivelées par une terre fine et noirâtre qui a fourni à l'examen une grande quantité de cendre, preuve évidente d'un foyer et d'un séjour assez prolongé en ce lieu. Cet indice vient encore corroborer l'attribution de ces premiers habitants au début de l'époque néolithique.

Cette station doit encore être assimilée à celles signalées dans l'arrondissement de Saint-Pons.

 

 

Le Valorguien est homologue de l'Azilien (lamelles à dos courbe considérées comme des armatures de projectiles, et nombreux galets peints) mais s'en distingue notamment par l'absence de harpon. Il couvre le littoral du Languedoc oriental et de la Provence occidentale ainsi que le Bas Rhône.

Vers -9 500, au bord du Verdanson (dans l’actuelle rue Fontaine-du-Pila-Saint-Gély à Montpellier), des chasseurs ont implanté leur campement au pied d’une butte de sables pliocènes qui domine en rive droite ce petit ruisseau affluent du Lez. Ce groupe a laissé derrière lui un outillage de pierre caractéristique d'une culture de l'épipaléolithique, une période de tradition purement paléolithique située après la disparition du renne (encore présent au Magdalénien final vers -11 000, il a déjà déserté la France méditerranéenne). Ces outils de pierre se composent de nombreux grattoirs, associés à des lamelles à dos et petites pointes à dos courbes, ainsi que de quelques rares burins. Une petite pointe en os accroît l'intérêt de la série. La matière première utilisée (silex, mais également quartz) est très diversifiée et suggère de nombreuses sources d'approvisionnement : on constate qu’il s’agit de sources relativement locales (éocène du Nord de Montpellier, poudingue de l’oligocène et silex à néocortex alluvial), avec toutefois une source plus lointaine, en provenance du bassin de Saint-Martin-de-Londres à une vingtaine de kilomètres au Nord.

Dans ce campement, la faune est abondante et représentées par six espèces : l’aurochs (Bos Primigenius, 18 restes), le cerf (Cervus Elaphus, 12 restes), l’âne sauvage (Equus Hydruntinus, 9 restes), le bouquetin (Capra sp., 13 restes), le lapin (Oryctolagus Cuniculus, 138 restes), la tortue (fragment de carapace). On notera la présence de petits gibiers (lapin et lièvre) et d'assez nombreux restes de poissons.

À l’exception du lapin, dont tous les éléments du squelette sont présents sauf les vertèbres, la représentation squelettique de ces espèces est faible, composée par moins d’une vingtaine de restes. Pour les grands et moyens herbivores, il s’agit majoritairement d’éléments dentaires et de bas de pattes (basipodes, métapodes, phalanges). On note cependant la présence de nombreux fragments de vertèbres et de côtes. Les os longs, peu nombreux, figurent sous forme de fragments de petites dimensions. Ces vestiges laissent supposer une zone de rejet des éléments les moins nutritifs des carcasses (crânes, bas de pattes). En outre, une dizaine de restes de grands et moyens herbivores, dont des fragments de côtes, présentent des stries anthropiques, qui attestent l’existence d’un travail de boucherie. Cette faune témoigne donc d’un spectre de chasse relativement diversifié et opportuniste, composé de quatre espèces de moyens et grands herbivores (aurochs, cerfs, hydrontins, bouquetins), avec une possible diversification de la chasse vers des espèces plus petites (lapins et tortues). Elle indique également un climat tempéré (peut-être assez sec en raison de la présence de l'hydrontin) composé à la fois de milieux ouverts et de milieux boisés. Par ailleurs, la présence du bouquetin suggère un lieu à fort dénivelé. En effet, le bouquetin trouvait dans l’arrière-pays de Montpellier, dans la zone du Pic Saint-Loup et de l’Hortus, un habitat rupicole favorable. Il s’agît de l’une des dernières mentions du bouquetin en Languedoc oriental. Enfin, il convient de noter la présence du petit cheval hydrontin, espèce qui disparaît au cours de l’Holocène : il pourrait donc s’agir ici de l’une des dernières présences de cet animal dans le Midi méditerranéen. L'hydrontin représentait une ressource secondaire dans l'alimentation des Hommes préhistoriques malgré une chasse principalement axée sur ce taxon dans les phases anciennes du Valorguien. Différents stigmates (strie, point d'impact) témoignent d'une exploitation alimentaire et utilitaire des carcasses d'hydrontin.

 

 

On perçoit les premières traces d'influence de l'Homme sur le couvert végétal à la fin du -VIIè millénaire dans la plaine littorale de Montpellier.

Comme toutes les régions de contact de milieux différents (garrigues et plaine), le Montpelliérais fut densément peuplé à l'aurore de l'âge des métaux ; au Néolithique et au Chalcolithique, deux grandes civilisations indigènes, le Chasséen et les Pasteurs des plateaux ont occupé cette région tandis que les rares vestiges rodéziens et pyrénaïques signent le passage rapide de peuplades étrangères ou bien de simples contacts commerciaux.

 

Les découvertes du Néolithique et du Chalcolithique (ces civilisations sont souvent représentées sur les mêmes sites et elles couvrent la quasi-totalité des -IVè, -IIIè et -IIè millénaires) sont particulièrement abondantes : des stations de plein air (une près du grand barrage de la Mosson), vers l'Ouest, une à la Pompignane, une autre à Saint-Michel, vers l'Est, des vestiges isolés à la hauteur du Pont de Rimbaud et sous le Pont Juvénal, au moulin de Sauret, ainsi que le chemin néolithique du Pont-Trinquat, au Sud-Est. Vers le Sud, des découvertes isolées d'époque chalcolithique ont été faites sur l'emplacement de la zone industrielle et un gisement chalcolithique a été exploité à Richemont. Vers l'Ouest, les stations du Plateau de Celleneuve (à l'Ouest, au domaine de Malbosc, ont été reconnus les vestiges d’un ensemble de fosses néolithiques) et l'ensemble de la Paillade constituent une zone particulièrement riche (pour le néolithique et le chalcolithique) qui se prolonge au-delà de la limite communale, dans la commune de Grabels (nombreux vestiges chalcolithiques qui se sont ajoutés aux découvertes précédentes). Au Nord, sur le territoire de la commune de Montferrier, deux stations chalcolithiques ont été explorées. Enfin, au Sud-Ouest, dans la commune de Saint-Jean-de-Védas, une grotte sépulcrale chalcolithique a été reconnue et fouillée.

 

Le Chasséen est représenté par deux habitats en grottes (La Madeleine, à Villeneuve-les-Maguelonne et la grotte du Tombadou, commune de Vailhauquès), un ensemble de sépultures en coffres près de la Pompignane, au moulin de Sauret, deux villages avec fonds de cabanes (Montbeyre, commune de Teyran et la Madeleine), une "route" empierrée ( ?) et datée du Chasséen par un mobilier typique et 6 stations de surface révélées par du silex, de la poterie et ayant donné parfois quelques foyers.

5 gisements sont situés dans la plaine, 1 sur le cordon littoral (la grande Motte) entre l'étang de Mauguio et la mer, 2 sur le versant méridionnal du pli de Montpellier et 2 à l'intérieur des garrigues. Les Chasséens ont donc été attirés, semble-t-il, par les terres légères et fertiles tandis que leur densité décroît vers le Nord sur les plateaux calcaires où ils ont eu plus de peine à survivre et ont fini par être éliminés complètement par les Ferrériens au Néolithique récent. La station de la grande Motte est intéressante par sa position : il est probable que la pêche a dû jouer en ce lieu un grand rôle, comme déjà l'indiquait la présence de coquillages dans les couches de la Madeleine situées aussi près du rivage.

Si le Chasséen semble ici se cantonner dans la plaine, on le retrouve ailleurs dans des régions de relief et de sols différents. Dans le Sud de la France un contraste frappant existe entre les grandes agglomérations agricoles des loess de la vallée de la Garonne, les habitats en grottes des Pyrénées, du Lodévois ou du Saint-Ponais dont le matériel dénote l'importance essentielle de la chasse en forêt et les riches gisements des gorges des grands Causses où l'Homme, par le nomadisme saisonnier, par la chasse autant que par l'élevage ou la culture des céréales, savait déjà fort bien tirer parti d'un milieu pourtant hostile.

 

Pour ce qui concerne les Pasteurs des plateaux nous distinguons les gisements ferrériens et fontbuxiens.

— Les Ferrériens sont représentés par 2 grottes sépulcrales (Gimel et St-Jean-de-Védas) et 3 gisements de plein air (Tourelles I, Gimel, La Valette). La grotte de la Madeleine a fourni en outre quelques vestiges entre deux couches de Chasséen ancien, prouvant l'existence des pasteurs de Ferrières au Néolithique moyen. Il s'agit d'une simple expédition guerrière car ils ont horreurs des grottes. Ils vivent en plein air dans les villages et paraissent liés assez étroitement à la garrigue et au calcaire. Ils construisent ou utilisent les dolmens dans une zone parfaitement localisée. À l'Est de cette ligne, ces monuments cessent, sans raison d'ordre géologique, pour faire place à d'autres rites funéraires (tombes à incinérations, hypogées artificiels, longs tumulus).

— Le Fontbuxien est figuré par 5 stations de surface et par les trois grands villages de la Paillade sur les bords de la Mosson, du plateau de Celleneuve et du domaine de Beauregard sur le plateau de la Croix-d’Argent. Les points se répartissent le long des cours d'eau sur la bordure de la plaine ; Celleneuve, comme celui de Beauregard, marque une avancée des Fontbuxiens sur les sables pliocènes, alors que leurs voisins les Ferrières se cantonnent sur le calcaire. Il occupe donc une position originale dans un milieu densément peuplé par les Chasséens. Ici se pose le problème des contacts culturels et chronologiques entre Chasséens et Fontbuxiens.

Le carbone 14 a daté du Néolithique moyen la première de ces civilisations (le Chasséen) et du Chalcolithique la seconde (le Fontbuxien).

Pourtant, en dépit de cet écart d'un demi-millénaire, il semble exister quelques rapports entre elles. Le Fontbuxien est caractérisé par une industrie macrolithique qui comprend un outillage assez fruste sur gros éclats et des pièces tirées de plaquettes de Salinelles ; les lamelles et outils sur lame caractérisent par contre le Chasséen. Or d'assez nombreux gisements fontbuxiens livrent parmi les outils grossiers typiques des pasteurs des plateaux quelques microlithes finement retouchés et des lamelles de beau silex blond d'allure nettement chasséenne (le village du plateau de Celleneuve a donné une demi-douzaine de ces petites pièces soignées qui paraissent bien être des éléments étrangers : elles ont été trouvées dans les foyers et sont indiscutablement contemporaines des céramiques ornées de cannelures. Audibert a souligné un fait identique dans les gisements de la Mosson. De même les cabanes de Fontbouisse ont donné de très rares fragments de lames qui détonnent sur l'ensemble de l'industrie par leur patine et leur facture). En surface on connaît des stations "chasséo-pastorales" qui fournissent aussi un outillage mixte associé à des tessons de type fontbuxien et qui sont généralement accusées d'être des mélanges chronologiques, mais les remarques précédentes font planer quelques doutes sur ces prétendus "mélanges". Quant à la céramique de Fontbouisse, on remarque que c'est avec le Chasséen que l'on peut trouver quelques ressemblances, surtout lorsqu'il s'agit de poteries non décorées (certains vases carénés sont très proches en effet des écuelles de la Lagozza, Italie lombarde).

En ce qui concerne le décor, la cannelure est connue à partir du Néolithique moyen et elle fait une timide apparition sur les céramiques du Chasséen В ou A récent, notamment à la Madeleine, dans la grotte Féraud (Gard) et aux Arènes Candide (Italie). Les fouilles effectuées dans le grand gisement de St-Michel-du-Touch (Toulouse) ont révélé l'abondance des cannelures dans certains milieux chasséens (L. Méroc signale à Crépiac en Haute-Garonne un gisement chasséen influencé par la civilisation de Fontbouisse qu'il date du Néolithique final). Un tesson peu connu du Musée de Nîmes, provenant de la grotte de la Fromagerie (Vallée du Gardon, Gard), montre associées à une anse en flûte de Pan et une guirlande des cannelures tracée à la pointe mousse que ne désavouerait pas un pot de Fontbouisse.

Il semblerait donc que parallèlement aux Pasteurs de Ferrières les derniers Chasséens et les premiers Fontbuxiens aient été contemporains sans doute vers la fin du Néolithique moyen.

Les Pasteurs des plateaux ont relayé directement les Chasséens (qui ont pu persister en certains endroits). Si l'on veut les qualifier de "chalcolithiques" il faut faire remonter le Chalcolithique méridional aux environs de -2 500 ou bien prolonger le Chasséen jusqu'aux environs de -2 000. Plutôt que de rajeunir le Chasséen, il est préférable de vieillir les civilisations de Fontbouisse et de Ferrières (dans la grotte de Marsa dans le Lot, les cannelures en métope de style fontbuxien sont placées à 50 cm sous une couche qui a donné un bouton de Durfort).

 

 

Pour l’essentiel du Néolithique ancien, il s’agit de découvertes ponctuelles d’éléments mobiliers isolés ou plus nombreux mais sans aucune organisation. Ces trouvailles indiquent des occupations inconnues jusqu’alors qui n’apportent pas vraiment de nouvelles données.

 

Dans la garrigue au Nord de Montpellier (St-Georges d’Orques), sur la rive gauche du Lassederon, les mobiliers de la station de Gouyronne indiquent l'existence des contacts avec les pasteurs campigniens du Languedoc [originaires d’Europe du Nord (-5 400), ils avaient atteint le bassin parisien vers -4 550]. L'industrie reflète des affinités tardenoisiennes (globalement compris entre -7 000 et -6 000), mais ne possède aucun des outils (microburins) typiques de ce faciès. Les mêmes constatations ont été faites dans la station de La Bruyère d'Usclas, au Nord-Est de Lodève.

 

On note la présence, dans l’impasse du Saint-Esprit et sous la place du 11 Novembre, de plusieurs incisions dans le substratum astien ainsi que celle d’épais niveaux de crues : une série de questions concernaient ainsi la dynamique fluviatile du Verdanson et l’évolution du paysage à proximité de la zone de confluence avec le Lez.

À environ 3 m de profondeur, les traces les plus anciennes témoignent, pour la fin du Cardial (vers -4 300) et le Chalcolithique, à travers deux ensembles céramiques et fauniques réduits, d’une occupation à proximité de la rive Sud du Verdanson. Ce dernier possède alors vraisemblablement un cours anastomosé, constitué de plusieurs chenaux tressés.

Le paléochenal entrevu sous l’impasse du Saint-Esprit présente une séquence de trois apports alluviaux. Dans les niveaux inférieurs une compétence assez forte, l’apport médian s’effectuant plutôt à l’état boueux. L’ensemble correspond à une diminution du flux hydrique puis à un assèchement, au moins temporaire, qui évoque un comblement de chenal : cours d’eau calme bordé par une étroite frange marécageuse, la berge est colonisée par une couverture herbeuse, milieu moins soumis à l’influence du cours d’eau avec des berges à la végétation couvrante. La séquence supérieure est constituée de dépôts de crues qui renvoient à un rétrécissement du cours d’eau ou à son déplacement progressif vers le Nord.

 

 

La vallée du Lez et ses affluents couvrent une large période et une séquence culturelle couvrant les -Vè et -lVè millénaires au sein d’un géosystème bien délimité.

Une route importante est connue sous le nom de "Cami Salinié" : elle correspond à une partie de la route départementale 189, forme la limite de la commune au Sud sur quelques kilomètres et atteint les salins en bordure des étangs. Comme elle utilise le gué du Pont-Trinquat, on peut croire que cette route existait déjà bien avant le Moyen Âge ; d'ailleurs, le commerce du sel, auquel elle doit son nom, est un des plus anciens de la région. Certes le Lez, du moins pendant une grande partie de l'année, a un étiage trop bas pour constituer un obstacle. Mais il est probable que les gués du Pont-Trinquat, du Pont Juvénal, du pont actuel de Castelnau, de Substantion, étaient les seuls lieux de passage. D'autre part, il apparaît comme certain qu'une voie reliait Lattes à Substantion avec un prolongement vers le Nord, sur la rive gauche du Lez : par les gués les marchandises traversaient le Lez et gagnaient les régions de l'Est. De ce fait, "Montpellier" se serait trouvé à un point de passage nécessaire, ou bien même, dans le cas de marchandises remontant sur des barques le cours du Lez, à un point de rupture de charge : les marchandises auraient alors été débarquées et chargées sur des bêtes de somme (ainsi que cela est attesté pour le Haut Moyen Âge).

 

Dans certaines zones, comme le bassin du Lez, plusieurs sites chasséens ont été découverts en contextes hydromorphes (Jacques Cœur). Parfois ils sont situés juste au-dessus de la nappe phréatique (Port Ariane II et III à Lattes) ou dessous (La Céreirède à Lattes). Ceci indique une forte sédimentation du delta du Lez à partir de cette époque induite par le relèvement du niveau marin.

 

 

En plaine, des maisons bi-absidiales construites uniquement en briques de terre crue ont été mises au jour, fait exceptionnel dans un contexte chasséen. Elles sont installées dans des grandes fosses ou au sommet des comblements des fossés. Ce mode de construction a d’abord été mis en évidence dans un horizon du Chasséen ancien (Jacques Cœur II) avec des ensembles présentant des structures de stockage ou de combustion, des sépultures individuelles et un riche mobilier.

Dans la vallée du Lez, au Sud de Montpellier, le site chasséen de Jacques Cœur II/ Port Marianne (phase ancienne : -4 000) a en effet livré une structure linéaire bâtie, de plus de 3 m de longueur, large de 0,50-0,70 m, présentant un assemblage de petites briquettes modelées d’environ 15 cm de long. Une analyse micromorphologique a confirmé qu’il s’agissait de matériaux malaxés à l’état humide. Une construction en terre en partie effondrée (muret), un radier ou un dispositif de blocage de cloison sont diverses explications plausibles pour cette structure en terre en partie scellée par un sol chasséen (ensemble 1).

Implanté en rive gauche du Lez, le lieu était soumis aux débordements du cours d’eau et sa chenalisation pouvait être fluctuante, peut-être même du type en tresse, ménageant des îles ou des îlots. L’habitat se trouve donc dans un secteur où la dynamique sédimentaire et érosive était active.

On note la présence de fosses, de foyers répartis sur 2 ha. Les structures sont dans leur ensemble assez dispersées. Ce sont des cuvettes garnies de pierres chauffées (fours ou foyers) ainsi que des fosses plus profondes servant de dépotoir. En divers points sont conservées des nappes de mobiliers. Un seul secteur (secteur 1) a livré les éléments indiscutables d’un sol en place (effet de paroi, dispersion horizontale d’artefacts et de galets). En un autre point, un regroupement de fosses, de trous de poteaux et de tranchées de fondation témoignent de la présence d’une superstructure disparue (habitation ?).

Un autre ensemble composé de trois éléments regroupés sur quelques mètres carrés se compose d’une cuvette ouverte sur un sol archéologique en place (structure 22), contenant plusieurs récipients et pièces en silex de styles peu courants. On peut rapprocher ce dépôt du vase isolé de la structure 23 dont il ne reste que le fond en place dans sa fosse de calage. Ces deux fosses sont vraisemblablement en rapport avec une inhumation (structure 18) très endommagée. L’hypothèse que ces aménagements renvoient à l’organisation complexe d’un ensemble funéraire du Chasséen ancien tel qu’il en existe en Languedoc occidental a été émise.

Les formes et décors céramiques s’apparentent au chasséen ancien du Sud-Ouest et présente des affinités avec les faciès de Berrias-Les Plots (Aude) et Camp del Ginèbre-Caramany (Pyrénées-Orientales), rattachés au Chasséen classique d’Auriac, faciès bien documenté dans la région de Carcassonne.

 

 

Plusieurs gisements se trouvaient en bordure de thalwegs (ligne qui rejoint les points les plus bas d'une vallée, ou ligne qui rejoint les points les plus bas du lit d'un cours d'eau) plus ou moins actifs : Lironde II et Clémence Royer.

 

Le site Chasséen de la Lironde II s’est installé dans la partie supérieur du bras occidental orienté Nord-Sud du Lez, dans une vaste dépression humide.

Dans ce secteur, un petit foyer ainsi que des épandages de blocs thermo-fractés ont été découverts. L’attribution au Néolithique moyen est assurée par des éléments céramiques.

 

Clémence Royer II est un site occupé sur le long terme, réunissant cinq grandes phases de fréquentation. Aujourd’hui située en contexte urbain, la surface concernée avoisine la rive droite du Verdanson, et se trouve au contact d’un "paléo-ravinement" qui drainait originellement les eaux de ruissellement et d’infiltration vers le cours d’eau placé en contrebas.

Les traces les plus anciennes ont été observées dans les couches de remplissage du sillon d’érosion. Des tessons et des restes de faune, datés du Néolithique final, ont été recueillis en position secondaire. Les fragments sont inclus dans des nappes de limons brunâtres d’origine hydromorphe, et suggèrent la proximité d’un site d’habitat.

 

 

Dans la banlieue de Montpellier, au quartier de la Pompignane, sur la rive gauche du Lez, face au moulin de Sauret et dominant ce petit fleuve côtier d'une quinzaine de mètres environ, s'étendait encore à la fin du siècle dernier une sorte de plateau planté de vignes. Les sables pliocènes, extrêmement riches en fossiles, qui le composaient, et qui s'étendent d'ailleurs sur une assez longue distance de part et d'autre du Lez, ont donné naissance à plusieurs carrières. L'une de celles-ci, dénommée Sablière Cazes, a précisément été ouverte sur l'emplacement d’une station préhistorique. On trouva ainsi des indications de sépultures recoupées par les travaux ainsi qu’un assez beau mobilier dans des déblais.

L'outillage, en très grosse majorité d'origine lamellaire, se décompte comme suit : 211 lames, dont 4 grattoirs aménagés sur extrémité ; 7 perçoirs ; 2 burins ; une lame à encoches et une à troncature retouchée ; 13 flèches à tranchant transversal (certaines à retouches envahissantes, d'autres d'allure franchement mésolithique) ; 8 flèches losangiques ; 2 flèches à pédoncule et ailerons ; 3 grattoirs sur éclat dont un à museau et un autre faisant également office de burin ; 4 nuclei à lames ; 2 microburins de mauvaise venue, une hachette polie en roche blanchâtre tachée de noir. Le silex brun, blond acajou ou blanc bleuté lorsqu'il est cacholonné est absolument semblable à celui des stations similaires de la région.

L’outillage osseux est représenté seulement par 8 poinçons en os plus ou moins complets.

La céramique est généralement très fine et bien cuite. Le dégraissage est constitué par de petits cristaux de calcite. Les tonalités vont du noir au brun rougeâtre. Elle est assez répandue. Les fragments révèlent l'extrême richesse du gisement. Quelques éléments intéressants émergent du lot.

La décoration est pratiquement inexistante, comme il est de règle pour les poteries de cette civilisation. C'est à peine si nous avons un rebord de vase épais, de couleur rougeâtre, orné sur la tranche de "coups d'ongles".

À signaler également un fragment portant un trait horizontal incisé à cru et deux coupelles présentant à l'intérieur un trait incisé parallèle au rebord. Cet élément se retrouve fréquemment sur la céramique chasséenne de la région tant en surface qu'en grottes. Comme autres décorations, signalons un téton flanquant un bouton perforé verticalement. Un rebord est renforcé par un bandeau large, aplati.

II y a 3 anses en ruban, un téton simple de préhension, mais la grande majorité est composée d'anses perforées. C'est ainsi qu'il y a un beau fragment d'anse en "flûte de Pan" de type évolué, divers mamelons plus ou moins aplatis, perforés horizontalement ou verticalement, une anse intermédiaire entre l'anse tubulaire et l'anse en ruban, un bandeau perforé horizontalement et une anse funiculaire.

II y a les restes d'au moins 9 vases carénés, l'un d'eux agrémenté à l'origine de curieuses appliques géométriques carrées (sa courbure inexistante peut même faire penser à un vase à bouche carrée), de 2 coupes ou coupelles, de 5 vases cylindro-sphéroïdaux et de 2 ou 3 vases cylindriques à fond bombé. Les assiettes chasséennes ne sont représentées que par un seul fragment.

Un segment de petit cylindre en terre cuite pourrait bien être un élément de manche de cuiller.

Deux éléments de collier avaient miraculeusement échappé à la destruction : ce sont une coquille de colombelle polie puis perforée et une coquille de cardium perforée également à la charnière.

Quelques sépultures rencontrées lors des travaux sont décrites, bien que leur attribution aux habitants de la station soit douteuse. Sépulture I : Orientée Ouest-Est, le squelette avait les jambes repliées ; Sépulture II : avec un polissoir plat, trapézoïdal, en pierre dure ; Sépulture III : avec deux fragments de panse de vase de couleur brun fauve à engobe extérieur noir ; Sépulture IV : tombe d'enfant ; Sépulture V : avec une balle de fronde en grès ; Sépulture VI : avec un tesson isolé.

Ces sépultures sont des sortes de fosses ovoïdes de 1 m de profondeur sur 0,70 m de longueur et 0,40 m de largeur. La terre de remplissage diffère de celle dans laquelle est creusée la fosse. Les corps reposaient sur un lit de galets de calcaire qui s'étend au sommet de la couche pliocène et à la base du limon quaternaire.

 

II est évident que nous avons affaire ici à un établissement Chasséen de plein air, type établi le plus souvent sur des terrains légers, des sables ou des graviers. La richesse du mobilier recueilli sur les lambeaux de couche remaniés fait croire que ce gisement était extrêmement étendu et fourni en foyers abondamment pourvus en objets de toutes sortes.

Dans les environs il y a plusieurs stations similaires : l'une d'elle, dite station 1 ou des Faysses/Faïsses au Crès, a livré des éléments semblables quoique en bien plus grande quantité. Il y a cependant aux Faysses des éléments qui font défaut dans cette station, les incisions après cuisson par exemple, mais l'on sait que cette décoration lorsqu'elle est présente, n'affecte qu'un très petit nombre de vases.

Il faut aller à une dizaine de kilomètres en direction de la mer pour trouver à la Station de la Madeleine un gisement de la même civilisation mais peut-être là aussi plus ancien. Tout à côté s'ouvre la grotte de la Madeleine qui a livré une série de niveaux Chasséens.

On a déjà décrit, également dans la région de Montpellier, plusieurs stations à outillage lamellaire mais sans poterie car elles s'étendent sur des sols légers ou acides qui s'opposent à sa conservation. M. Louis a décrit celle de Juvignac aux portes de Montpellier, celle de la Bruyère d'Usclas (que des découvertes postérieures obligent à rajeunir et qui est en fait un gisement chasséen). J. Lautier à porté à la connaissance une station toute proche de Montpellier, Gouyronne à Saint-Georges-d'Orques, station à rajeunir également et classifier comme chasséenne. Citons encore pour mémoire, dans l'Hérault, les stations mélangées d'ailleurs de Buzignargues et de Gallargues, celles de Laudou et Vabre (Santeyrargues). J. Boudou enfin, a découvert dans la commune de Cournonsec, dans les environs même de Montpellier, au-dessus de la source de La Vène, une station Chasséenne typique avec nombreuses lames, flèches losangiques minuscules, des éclats de hachettes polies en roche verte et des fragments de poteries. Plus loin, dans la plaine de Béziers, s'étend la belle station de Cers.

Ce rappel à caractère d'inventaire attire l'attention sur la densité du peuplement chasséen de plein air dans l'Hérault, pour ne parler que de ce département, peuplement aussi important, d'ores et déjà, que celui en grottes. Le nombre des gisements déjà connus et l'importance de certains d'entre eux témoignent de l'existence, dès le néolithique moyen, d'une population nombreuse occupant les grottes dans les régions montagneuses ou accidentées et les sites plus ou moins abrités de la plaine.

La plupart d'entre eux avait été cataloguée sur la seule foi de certaines particularités de l'outillage lithique : stations d'essence tardenoisienne ou même pleinement mésolithique, stations d'un néolithique très inférieur etc. En fait elles appartiennent à cette civilisation chasséenne qui remplit si brillamment le Néolithique supérieur d'une grande partie du territoire Français.

 

 

Les ensembles de transition entre le Chasséen et le néolithique final méridional ont été essentiellement reconnue dans un secteur géographique comprenant le Languedoc occidental, les Causses, le littoral et l'arrière-pays montpelliérain.

C'est un polymorphisme dont le couple écuelles carénées de tradition chasséenne / jarres à cordons annonçant le Néolithique final semble être la constante. Ces ensembles, essentiellement caractérisés par le couple carènes/cordons, sont, pour la plupart, en marge de l'aire d'extension du Saint-Pono-Vérazien et des Treilles, groupes qui intègrent les formes carénées et les adaptent, tandis que le Ferrières les exclut totalement.

 

 

Le Néolithique récent paraît pour l’heure constituer le dernier faciès qui ait une certaine représentation plus ou moins homogène à l’échelle régionale et ce avant la diversification culturelle du Néolithique final / Chalcolithique, car à partir de la fin du -IVè millénaire la distribution des faciès culturels se diversifie.

On retrouve ce Néolithique récent, de style Avencas, aux Jardins de la Lironde où il est représenté par deux fosses isolées. Ce site fait partie de toute une gamme de petites occupations, très limitées dans l’espace. Leur multiplication fait avancer la proposition d’un modèle d’habitat dispersé matérialisé par de petits groupes de caves silos et de fosses comprenant de 4 à 10 creusements, centrés autour de 1 à 2 fosses profondes.

 

Globalement les installations modestes des Jardins de la Lironde et Saint-Michel s’inscrivent dans un créneau chronologique plutôt ancien du Néolithique final (Ferrières).

Les Jardins du Néolithique final correspondant à des habitats, n’ont généralement livré que des séries plus ou moins importantes de fosses, sans niveaux d’occupation associés.

 

Le site de la Lironde II se trouve dans une zone formée par un étagement de dalles du substratum. Cette topographie en escaliers dégage des plateformes plus ou moins importantes. On observe des zones de concentration, avec notamment la présence de récipients brisés en connexion et d’un petit habitat. Le mobilier céramique est caractéristique de la culture de Ferrières. Les éléments débités nombreux confirment cette attribution.

 

 

Localisée à l’Est de Montpellier, sur la rive gauche du Lez et à l’Ouest du cours de la Lironde, dans le quartier de Port Juvénal et à proximité de celui de Port Marianne, la butte de Saint-Michel a livré du mobilier épars, des "fonds de cabanes" et des fosses du Néolithique final sur le sommet de la butte ainsi que sur sa pente occidentale maintenant urbanisée.

Deux secteurs ont livré des indices du Néolithique final. Une fosse, au Nord de la parcelle parcelles DL 459a, a donné du mobilier du Néolithique final 1, phase rarement présente dans ce secteur. L’examen des tranchées voisines montre que la densité en structures négatives est très faible.

Plus au Sud, quatre fosses correspondent pour une part aux découvertes anciennes. Elles ont livré un matériel céramique abondant attribué au Néolithique final 2b.

On note l’association exclusive de bovins, d’ovicaprins et la réalisation d’outils sur coquilles marines. Le mobilier céramique fait partie de la lignée des styles céramiques côtiers fini-néolithiques de l’Hérault.

Certaines de ces fosses, de type caves-silos, renvoient aux structures mises au jour il y a une quinzaine d’années sur le site proche de Port Marianne-Stade Richter. L’occupation n’est pas étendue, mais elle valide l’hypothèse émise à l’issue de l’étude du site contemporain et voisin de Plaine de Chrétien. Cela permet de caractériser l’occupation de cette époque par un modèle d’habitat dispersé matérialisé par de petits groupes de caves-silos et de fosses comprenant de 4 à 10 creusements centrés autour de 1 ou 2 fosses profondes. Même si, à Saint-Michel, le décapage n’est pas très étendu, il permet quand même d’envisager l’utilisation synchrone des quatre fosses qui constituent un exemple probant de ces unités domestiques ou fonctionnelles.

 

 

Au Sud de l’autoroute A9, à l’Est du Lez et de la Lironde, des vestiges du Néolithique (16 structures fossoyées) et de l’Antiquité se répartissent à proximité du Mas Rouge.

Un premier site, deux fosses du Néolithique, a été repéré dans la partie occidentale du secteur. Ces fosses ont livré un mobilier céramique caractéristique du Néolithique final. Elles semblent isolées. Dans le même secteur, un ensemble de petites fosses peu profondes a été repéré. Identifiées comme des traces de plantation, il est possible que l’on soit en présence de "fonds" de trous de poteau en lien avec les fosses néolithiques.

Dans la partie centrale du secteur sondé, deux autres sites ont été repérés, ils se répartissent en trois concentrations. Ils sont constitués de deux fosses oblongues à galets chauffés. Ces fosses sont soit des silos, soit des caves-silos, soit des fosses à ouverture réniforme. Ces creusements témoignent de la présence d’un habitat. Le mobilier céramique collecté permet de dater cette occupation entre -2 900 et -2 600 (Ferrières).

 

 

À environ 2 km à l’Est du centre ville de Montpellier, sur la rive opposée à l’Esplanade de l’Europe, vers l’avenue Pierre Mendès-France, les terrains de la rue du Capitaine Pierre Pontal occupent une zone plane (28 m NGF) située sur une éminence qui domine la vallée du Lez.

Il y a été mis en évidence d’une grande fosse isolée datée du Néolithique final 1 caractérisée par la présence d’une structure de combustion, d’un emmarchement, d’une logette et qui pourrait s’apparenter à un habitat excavée.

 

 

Pour le Chalcolithique (ou Néolithique final 3), certaines comparaisons peuvent étonner, surtout si on les mets en parallèle avec des séries de la culture de Ferrières : matériel fontbouïsse qui a de fortes affinités avec un contexte provençal, chevrons cannelés et cordons en faisceaux autour des préhensions. Ces influences provençales contribuent pour certains auteurs à définir le faciès rhodanien du style de Fontbouisse. D’autres travaux permettent de préciser des sous faciès dont un lié à la géographie particulière de la plaine littorale héraultaise (Portes de la Mer, La Capoulière à Mauguio).

 

À la Plaine de Chrétien, une dizaine de foyers empierrés découverts sur le site se rattachent au Néolithique moyen (étape II, de type La Roberte). Les fosses chasséennes, moins nombreuses, sont situées sur la bordure Sud et Est de l’habitat Néolithique final. Il s’agit de fosses pauvres en rejets domestiques, qui seraient situées à la périphérie d’une occupation plus importante. Un petit silo particulièrement riche, a livré l’essentiel du matériel attribué à cette période. On note plusieurs vases de petites tailles (écuelles à cran et coupes à sillons internes), de nombreuses lamelles de silex blond, une parure en coquillage, un polissoir muni d’une gorge de suspension. La faune mammalienne est peu abondante ; de très nombreuses coquilles de moules proviennent de l’ensemble des structures chasséennes.

 

Sur 8000 m2, 110 fosses du Néolithique final, creusées dans les sables limoneux, ont été découvertes. Leur dispersion ne révèle pour l’instant aucune organisation flagrante. Aucun fossé n’a été rencontré. Il s’agit d’un vaste habitat du Néolithique final avec de très grandes structures en creux interprétées comme des caves, à moins d’une centaine de mètres de l’habitat chalcolithique fontbuxien fouillé les années précédentes. Des éléments sont attribués à la transition entre Ferrieres et Fontbouisse.

La plupart des fosses sont bilobées et prennent en surface l’aspect d’un "rein" ou d’un "haricot". Dans leur fond et contre leurs parois, un à trois creusements circulaires sont vraisemblablement destinés à recevoir des paniers ou des vases. On trouve ce type d’aménagements dans une grande fosse ovale de 2,20 m de long. Sept cuvettes de 30 cm de diamètre sont creusées sur son pourtour, dégageant un passage central par lequel on accède par une courte rampe. Dans plusieurs cas, des marches permettent d’accéder au fond des fosses les plus profondes, là où sont stockés les récipients. Ces fosses réniformes et profondes et la fosse allongée, dont les fonctions sont différentes de celles d’un silo au sens strict, peuvent être qualifiées de "caves" ou "caves-silos". La fouille a permis la découverte d’une sorte d'auge construite avec des dallettes jointives, soigneusement disposées sur le fond d’une fosse. C’est le deuxième exemple d’aménagement de ce type découvert en Languedoc oriental, sur un site de cette période.

La faune est mal conservée, peu abondante et peu dispersée. En effet, seulement quelques fosses ont livrées des restes de bœuf, de mouton et d’espèce sauvages.

Deux inhumations sont attestées, l’une réduite à un crâne isolé, l’autre à un squelette mal conservé, disposé en décubitus latéral. Toutes deux ont été retrouvées dans le comblement d’une "cave-silo". Les galets sont fréquents dans les comblements, une fosse à servi à leur stockage.

L’outillage en silex est sur éclat ou en plaquettes, ainsi que sur lames ou lamelles. Le métal est représenté par une unique alène losangique en cuivre.

 

La fouille a donné un matériel abondant pour l’essentiel céramique qui permet de réunir une bonne série de référence sur le Néolithique final côtier de l’Hérault. Les vases sont pour l’essentiel de formes fermées, bols ou marmites, qui évoquent le groupe de Ferrières ; quelques jattes très ouvertes sont plus spécifiques des sites côtiers. Des jarres de stockage ont été trouvées brisées ou en place sur des lambeaux de sols d’habitats. La décoration est surtout constituée par des pastillages. On note cependant l’apparition de formes sinueuses et des carènes douces, ainsi que la présence de décors en cannelures et de compositions thématiques propres au groupe de Fontbouisse.

Faciès culturel intéressant du Néolithique final, il n’en demeure pas moins original. En effet, l’absence de formes carénées, l’exclusivité des volumes globulaires, la rareté des décors rappellent un faciès du site des Vautes/St-Gély-du-Fesc et de la ZAC de la Condamine à Vauvert. Il présente des caractères de forme qui le rattachent au groupe de Ferrières (Néolithique récent), ainsi que des décors qui annoncent le groupe de Fontbouisse (Néolithique final).

 

 

Le secteur Hippocrate se localise à 3,5 km à l’Est du centre de Montpellier, dans la ZAC Port Marianne. La fourchette chronologique s’étale en deux phases distinctes, du Néolithique final à l’Âge du Fer et du -ler siècle au ler siècle. Le site a révélé des structures funéraires et/ou cultuelles, des fossés bordiers de voies empierrée ou à chaussée en terre, des fossés parcellaires et des fosses.

 

 

Le faubourg de Nîmes est situé au Nord-Est de la ville médiévale, au pied de la colline de Montpellier, entre l’enceinte médiévale et le Verdanson, petit affluent du Lez.

On note des crues répétées liées à des épisodes pluvieux intenses. Sur la charge caillouteuse, des céramiques néolithiques, des silex et des ossements d’animaux attestent une fréquentation des lieux à cette période.

 

 

En Bas-Languedoc, les Fontbuxiens éliminent les Ferrériens dont ils abandonnent les sépultures dolméniques. Par contre, ils conservent le culte des statues-menhirs auxquelles ils confient la garde des morts. Dans l'Hérault, plus exactement dans la région de Montpellier-Nord, les stèles dites "à tête de chouette" sont incorporées dans des tombes "en ruche", modèles réduits de leurs vastes maisons de pierre.

 

 

Le village fontbuxien de Richter a livré une cinquantaine de structures en creux dont un fossé, large de 2 à 3 m, profond de 2 m à 2,40 m.

Le mobilier contenu dans les fosses, correspondant à des dépôts secondaires, parfois clairement stratifiés était abondant : céramique du faciès héraultais de la culture de Fontbouisse avec traces de Campaniforme ; faune abondante concentrée dans les fossés et 3 fosses (mouton : 50 % ; bœuf : 40 % ; animaux sauvages : environ 10 %). À noter, un grand silo (St 03) présentant un comblement nettement stratifié : sur son fond était déposé un crâne de bœuf en association avec un petit bol brisé et une grande alène losangique à section carrée.

 

 

La station chalcolithique de l’éperon de la Paillade a des affinités avec les dolmens de l'Aveyron et de la Lozère (civilisation pastorale de Fontbouisse : un fragment de flèche, par son pédoncule large et plat et par l'ensemble du contour, évoque les formes aveyronnaises ; une flèche, du même groupe, ogivale, à pédoncule large et arrondi, fut trouvée au pied de l'éperon), elle semble indiquer la présence de sépultures.

La trouvaille d'une perle calcaire à ailettes pointues (on suppose qu'elle vient de quelque sépulture), de type aveyronnais, confirme le rapprochement. En outre, un grattoir caréné très épais, assez rustique, complète la série de ces objets. Les autres silex sont atypiques et lourds (le reste de la récolte comprend un grattoir trapézoïdal peu soigné, un gros grattoir éolithique, une extrémité de foret, très usée, un micronucléus, un polyèdre irrégulier, un percuteur de quartz). Ont été recueillis plusieurs fragments de poterie assez fine, ornés de pustules repoussées, obtenues par perforation à partir de l'intérieur du pot ; des fractures mettent bien en évidence cette technique de décoration dite "à pastilles en relief". Il faut ajouter un débris de passoire.

Il existe deux types, souvent associés d'ailleurs, mais qu'il y aurait lieu de distinguer, de perles à ailettes : celui à ailes rondes, celui à ailes pointues (au Trou de Viviès, près de Narbonne, a été trouvée la série des passages de l'un à l'autre). Adrien de Mortillet considérait que le rapprochement du second type interdisait de considérer le premier comme un motif phallique.

Leur extension est digne d'étude. Particulièrement abondantes dans l'Aveyron, elles s'étendent spécialement sur l'Ardèche, l'Aude, le Gard, l'Hérault, la Lozère, le Tarn-et-Garonne (découvertes du Frau de Breton et du Frau de Gazais, à Saint-Antoine). Dans l'Hérault, on les connaît de dolmens (Sainte-Croix de Quintillargues) et de grottes (G. de Rabassier à Argeliers). Ailleurs, elle n'est que sporadique : Vilhonneur (Charente), Palafitte des Lacs de Clairvaux (Jura), de Genève [Childei, de Möringen (Suisse)]. Une traînée moins clairsemée se suit vers l'Est, dans le Bassin méditerranéen : Bouches-du-Rhône (grotte à l'Ouest d'Eygallières ), Alpes-Maritimes (tumulus de l'Appara, près Saint-Vallier, Âge du Bronze tardif), Ligurie (La Tana Bertrand, Pigna).

En Europe du Nord, est signalée une perle d'ambre, de forme assez voisine, de Schwarzort (Kurische Nehrung, Russie) : elle n'est peut-être pas sans parenté. Une découverte particulièrement importante est celle, à Altenburg (Allemagne du Sud) d'une perle rappelant la perle à ailettes ; en effet, elle est accompagnée de celle de boutons perforés en V, comme à Durfort, et son contexte appartient à la civilisation du Schweizersbild : cela confirme l'origine méridionale de la traînée passant par le Jura et la Suisse (la même association est, d'ailleurs, signalée aussi au Lac de Clairvaux). Ces perles ont une répartition moins vaste que les boutons à perforation en V et que les Glockenbecher, mais s'inscrivant dans leurs domaines ; sans leur supposer une même origine, on peut admettre qu'elles ont emprunté les mêmes routes [la perle de Vilhonneur (Charente) n'est pas contradictoire]. Si l'on admet la comparaison avec des pièces en métal, on peut ajouter à la liste, les petites pendeloques en bronze des palafittes de Grosser Hafner (Lac de Zurich), et surtout une pendeloque bilobée de Szoregt (Bronze de Hongrie), enfin des pendeloques du Kourgane de Novocherkask (Ukraine).

Sauter a proposé de curieux rapprochements avec des objets d'os aurignaciens ; on pourrait ajouter, pour les perles à ailettes en forme de corne, les figures féminines stylisées de Peterfels, mais l'on sent combien ce terrain est peu ferme.

Pour G. Childe, l'origine des perles à ailettes serait, sans doute, dans l'Est Méditerranéen. Il est dangereux de pousser trop loin les comparaisons de rapprochement : le motif en ancre est trop simple pour être caractéristique ; des pièces de collier en or, de cette forme, se rencontrent chez les Etrusques et, à l'Âge du Bronze, à Gumelnita (Roumanie). Les perles de l'île de Paros (Cycladique ancien), figurées par Sauter, s'éloignent de celles du Midi, elles sont bifides mais non ailées. Il en est de même des perles en pierre de l'Égypte prédynastique, figurées par G. Childe.

Il paraît spécialement dangereux de rapprocher les perles en calcaire de l'Aveyron, des perles en cuivre de diverses localités : en effet, la forme ailée est facilement obtenue en partant d'un fil ou d'une tige de métal, qu'il suffit de plier, parfois d'enrouler en spirales (à Jordansmuhl, par exemple). Aussi les rapprochements proposés avec des perles en cuivre de Gerolfingen et de Bodman, en Suisse, de Monachil, province de Grenade, sont-ils suspects.

 

 

Le gisement chalcolithique de Richemont est un habitat de plaine fontbuxien entouré par un fossé dont l’organisation générale montre une similitude avec d’autres sites de la même période, notamment ceux de Domenoves III à Villeneuve-lès-Maguelone, la Capoulière à Mauguio ou du Moulin Villard à Caissargues (30).

Les profils de ces fossés sont tantôt arrondis, tantôt constitués d’un double creusement qui évoquent les fossés doubles à palissade, à l’instar des sites proches de Font de Mauguio et le Mas des Cannes à Mudaison.

On distingue globalement plusieurs ensembles. Le fossé méridional, sinueux, présente des renflements par endroits : large de 1,40 m à l'Ouest, il passe brutalement dans sa partie méridionale à 4 m de largeur. Les nombreuses coupes relevées dans ce fossé témoignent toutes d'un mode de remplissage identique : comblement progressif après que le fossé ait été laissé ouvert un certain temps après son creusement. L'observation est confirmée par la présence d'une sépulture en position initialement assise et contractée. Le fossé a une forme générale en U ou en V et sa profondeur va de 0,10 m à 2,50 m. Il pourrait s'agir du résultat d'une extraction d'argile puis dans un deuxième temps de l'aménagement d'une structure de limitation de l'espace.

Le fossé septentrional présente une largeur continue d'environ 1 m et des interruptions étroites (passages).

Le fossé occidental et oriental est coupé d'un passage à l'Est. Il relie les 2 fossés précédents.

Deux autres portions de fossés ont été observées mais non fouillées pour l'heure à l'Ouest et au Sud-Ouest.

Un nombre important de structures en fosses a été observé.

Au Nord de l'espace étudié, une vaste zone cendreuse (150 m2) a fait l'objet d'un premier décapage qui montre un épandage de galets et de mobilier souvent à plat. Il s'agit vraisemblablement d'une aire d'activités domestiques. Le mobilier est homogène et se rattache, sans conteste, au faciès héraultais de la culture de Fontbouisse, avec présence de cuivre (2 perles cylindriques).

L'intérêt du site ressort clairement des premières observations. Les structures qu'il présente sont à ce jour inédites dans le Sud-Est de la France. Sa position à la jonction des premiers reliefs calcaires et de la plaine côtière lui confère un intérêt particulier pour la connaissance de l'évolution des formations végétales du Sub-Boréal et de l'impact de l'anthropisation dans un milieu spécifique et mal connu.

 

 

Sur la butte Saint-Michel, une avancée majeure concerne l’identification de fosses-caves, destinées au stockage probable des denrées. Elles sont définies à partir de l’organisation particulière de leur creusement qui bénéficie d’aménagements spécifiques : parement de pierre sur les pourtours, escalier d’accès, aménagement d’un axe de circulation central et creusement de part et d’autre du passage de logettes destinées à recevoir des récipients de stockage.

Le grand nombre de structures et l’abondance du mobilier permet d’évoquer l’existence d’une vaste station chalcolithique, caractérisée par des fonds de cabanes, qui occuperait le sommet du tènement.

 

 

Sur le plateau de Celleneuve qui domine la ville à l'Ouest, une série de foyers préhistoriques de la fin du troisième millénaire a été mise à jour. Le village fontbuxien du plateau de Celleneuve et du domaine de Beauregard appartiennent à la Civilisation pastorale des garrigues.

Nous sommes ici au contact de la plaine et des garrigues qui s'avancent à quelques kilomètres de la mer. Le contraste entre ces deux régions est très marqué. Au Nord, les garrigues forment un étagement de plateaux de calcaires jurassiques et éocènes inclinés vers le Sud-Est, d'une altitude moyenne comprise entre 250 et 300 m, recouverts d'une végétation broussailleuse très dense où se mêlent les chênes verts, les chênes kermès, les genêts-scorpions, les cades, les cistes faisant place souvent à des étendues de touffes de thym et aux pelouses à brachypode (ces formations dégradées ont remplacé la forêt primitive de chênes verts qui fut sans doute assez vivace au Néolithique). Entre les buissons, les parois blanches du calcaire surgissent ; burinée par les averses, dénudée de la moindre parcelle de sol, la roche s'expose au soleil, au gel, à l'humidité brusque et ouvre de larges clairières naturelles au milieu desquelles se dressent les dolmens. C'est une règle générale en Languedoc : les mégalithes sont situés sur les lapiez ; sans doute les dolméniques dressaient-ils leurs monuments là où ils trouvaient le plus facilement les matériaux, mais il est probable aussi qu'ils cherchaient de cette façon à fuir une végétation trop épaisse.

Le front des garrigues au-dessus de la plaine, la "Côte du Languedoc" perd aux abords de Montpellier de sa netteté : ici le rebord méridional des plateaux est une zone plissée comprenant deux grands axes anticlinaux orientés Sud-Ouest-Nord-Est, le pli de Montpellier et le pli de la Gardiole dominant la plaine d'une centaine de mètres et bordant un syndical médian. Ces échines calcaires portent la garrigue à 3 km de la mer.

Aux terres riches, légères et profondes où se concentrent la population, les cultures et le vignoble, la plaine s'étend entre la bordure plissée des garrigues et la zone palustre du littoral ; elle est formée par des dépôts marins pliocènes (sables, cailloutis, marnes) et par une langue de calcaire molassique logée dans le synclinal de Juvignac à Balaruc-les-Bains entre le pli de Montpellier et la Gardiole.

Le site même de Montpellier est formé par deux alignements de buttes parallèles découpés par le Lez et ses affluents, le Merdanson et le ruisseau des Aiguerelles dans les sédiments tendres du Pliocène ; ces buttes, dont celles du Peyrou et de Notre-Dame forment le site de la ville médiévale, sont dominées à l'Ouest par les plateaux de Celleneuve à 80 m d'altitude et de la Croix-d' Argent à 50 m d'altitude qui sont les restes du delta villafranchien d'un ancien Rhône venant du Nord-Est. Elles sont séparées de ces plateaux par la profonde dépression du col des Arceaux, creusée par les affluents des deux ruisseaux.

 

Le plateau de Celleneuve avance une pointe étroite vers cette dépression et domine des thalweg marécageux par un abrupt de 20 à 40 m de hauteur : c'est sur cette pointe formant un site défensif naturel qu'est situé le village préhistorique. Sur les buttes environnantes et dans les vignes à la surface des plateaux se rencontrent quelques outils de silex disséminés.

Le gisement s'étend entre le chemin de la Paillade et le rebord septentrional du plateau, sous les bâtiments de l'ensemble résidentiel dit "plateau de l'Avenue de Lodève". À 70 m d'altitude, il est placé sur des lits de marnes très irréguliers, affleurant à la base du cailloutis villafranchien ; il se présente sous la forme d'un groupement de foyers cendreux lenticulaires de 1,50 m de diamètre et 1 m de hauteur en moyenne, creusés dans les marnes jaunâtres et surmontés d'une couche de terre caillouteuse brune de 30 cm d'épaisseur environ.

Ces lentilles grisâtres truffées de tessons de poterie sont les seules traces visibles (pas de vestiges de murs ni de trous de poteaux). Cependant, les foyers 5 et 13 ont livré deux fragments de torchis. 18 foyers ont été repérés pour l'instant : en groupement désordonné et assez serré, ils sont séparés par des intervalles dont la longueur varie de 3 à 10 mètres.

Le matériel est assez riche, surtout en tessons de poterie. L'ensemble est parfaitement homogène, mais il convient d'en décrire les divers éléments :

 

a) Forme des vases : 3 vases seulement peuvent être reconstitués graphiquement ; de larges tessons donnent par ailleurs des indications sur la forme et la dimension des récipients. On peut distinguer :

— Des vases à provisions : volumineux, à pâte rougeâtre grossière de 1 cm d'épaisseur en moyenne, à gros dégraissant de calcaire amorphe et de calcite ; intérieur noirâtre et bien lissé. Ces vases sont présents dans tous les foyers.

— Des marmites : ayant environ 20 à 30 cm de hauteur et de diamètre, carénées, à fond rond, à col légèrement rétréci et portant au moins 1 anse en boudin.

— Des bols : brun-rouge avec "coups de feu" noirâtres épais de 4 à 6 cm à dégraissant de calcaire et de calcite. On en distingue 3 types : bols hémisphériques à bords rentrants, bols évasés tronconiques à bord divergeant, bol anse ou tasse à carène très douce et bord évasé.

Leurs dimensions générales (diamètre et hauteur) sont de l'ordre de 10 cm mais sont parfois inférieures ; ces récipients semblent avoir été d'un usage courant. Le foyer 2 contenait un beau fragment d'un vase que l'on ne peut appeler une "tasse" bien que sa hauteur soit de 13 cm environ.

— Une faisselle : un fragment typique de faisselle, récipient d'assez petites dimensions à parois fines (5 mm) portant à intervalles réguliers des perforations cylindriques a été découvert dans le foyer 4.

 

b) Décor des vases : Les vases décorés sont nombreux.

— Les vases à provisions sont cerclés de cordons en relief étages à intervalles réguliers de 5 cm environ, plus rarement les cordons sont disposés en métope.

— Les marmites sont ornées de cannelures et de pastilles en reliefs ; les cannelures sont souvent en métope, dessinant une sorte de damier entre le rebord et le carène avec alternance de cannelures verticales et horizontales ; elles sont parfois tracées à la hâte et présentent des sinuosités ; quelquefois les éléments horizontaux mordent sur les cannelures verticales et l'on a un véritable quadrillage dont l'effet a été recherché. Un seul tesson montre des guirlandes s'appuyant sur des cannelures horizontales. Un autre type de décor est représenté par des cannelures jointives formant des plages. Enfin quelques carènes portent de fines cannelures verticales.

Les pastilles en relief sont obtenues par le procédé commun de l'estampage ; très abondantes, elles ornent en rangées plus ou moins régulières toute la surface du col des marmites entre le rebord et la carène.

— Par contre, les bols semblent un peu moins décorés : ils ne portent pas de cannelures mais de simples pastilles en relief, soit sur toute leur surface excepté le fond, soit en une seule rangée soulignant le rebord. De rares tessons sont ornés d'incisions à cru, fines et profondes disposées en métope comme des cannelures.

— Un certain nombre de bols ne sont pas décorés.

 

c) Les anses tunelliformes sont les plus nombreuses : l'une d'elles, couverte de cannelures, participe au décor. Les plus gros récipients sont fréquemment munis d'anses bilobées fixées parfois sur des cordons en relief. Les marmites portent une anse en boudin et sans doute aussi certains bols ou tasses. Les languettes de préhension sont rares.

 

Peu abondante, l’industrie lithique elle est composée d'un outillage fruste sur gros éclats, souvent difficile à définir : on reconnaît deux racloirs, un grattoir, une encoche, un nucléus pyramidal. Une demi-douzaine de microlithes se distinguent de l'ensemble par leur dimension et leur beau matériau de silex blond : ce sont des fragments de lamelles à sections trapézoïdales ou triangulaires et une petite pointe (ou base de lamelle ?) portant de fines retouches latérales.

Rappelons en outre qu'un broyon de gneiss, simple galet des alluvions villafranchiennes montrant une face plane usée et une petite meule portative en grès ont été découverts dans les foyers 3 et 13.

 

Pour mieux situer ce gisement dans le contexte culturel régional, il faut le comparer à la station de Fontbouisse.

Le village du plateau de Celleneuve appartient au Fontbuxien : il n'a pas livré un seul tesson portant des chevrons de Ferrières. Nous retrouvons les mêmes types de vases et les mêmes décors qu'à Fontbouisse : des bols et des marmites carénées à fo

Commenter cet article