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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Plus anciennes parures paléolithiques connues à ce jour (http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=CIVI_592_0059)

Plus anciennes parures paléolithiques connues à ce jour (http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=CIVI_592_0059)

Dans le cadre d’une humanité plurielle où cohabitaient vers -100 000, au sein d’un territoire et d’une technologie plus ou moins partagés, notre ancêtre Homo Sapiens archaïque et Neandertal, l’expression artistique paraît l’apanage exclusif des populations d’humains modernes à partir de -100 000.

 

 

Tafoughalt se trouve dans le nord-est du Maroc, à 55 km au nord-ouest d'Oujda. Le village est situé dans le massif montagneux des Béni-Snassen, un petit ensemble montagneux appartenant au massif du Rif, qui longe le littoral et est délimité au sud par l’oued Isly, à l’ouest par le fleuve de la Moulouya et à l’est par l’oued Kiss qui longe la frontière algérienne à une vingtaine de kilomètres. À une altitude de 720 m et anciennement à environ 40 km de la mer Méditerranée, se trouve la grotte des Pigeons. On y trouve le plus ancien niveau atérien au Maroc contenant des objets de parure, issus des mollusques gastéropodes marins Nassarius gibbosulus. Ces escargots vivent généralement sur les vasières ou bancs de sable et sont de très actifs charognards, se nourrissant de crabes et de des poissons mort (ils s'enfoncent souvent dans le substrat marin et attendent, avec seulement leur siphon en saillie, qu'ils sentent la nourriture à proximité).

Plusieurs objets fabriqués à partir de perles issues de coquilles de Nassarius gibbosulus sont pensés pour être les premières formes connues de parure personnelle, ou même des bijoux. Deux perles de coquillages trouvées dans la grotte Skhul sur les pentes du Mont Carmel en Israël sont considérées avoir 100 000 ans, tandis qu'une autre trouvée dans l’oued Djebbana en Algérie est considérée avoir 90 000 années (à environ 200 kilomètres de la mer Méditerranée). Le groupe de coquillages percés, certains avec des traces d’ocre rouge, récupéré dans la grotte des Pigeons, ont été datés avec sûreté à environ -80 000. Sachant que ces objets sont, avec l'art, les sépultures et l'utilisation de pigments, parmi les indices les plus concluants de l'acquisition d'une pensée symbolique et de capacités cognitives autant que langagières modernes. Bien longtemps, il a été admis que les plus anciennes parures, alors datées autour de -40 000 ans, provenaient d'Europe et du Proche-Orient. Ces découvertes sont autant d'indices d'une culture matérielle symbolique beaucoup plus ancienne en Afrique qu'en Europe.

 

Le gisement atérien de l'oued Djebbana est situé à 97km au sud de Tébessa dans l'est algérien, à 2 km environ au sud-ouest de la localité de Bir El Ater (qui a donné son nom à cette industrie lithique/époque paléolithique).

L'Atérien est un faciès culturel du paléolithique moyen, d'origine Nord-africaine et de facture levalloisienne, caractérisé par la présence d'une série de pièces pédonculées plus ou moins abondantes selon le faciès (cette excroissance a probablement servi à l'emmanchement des outils). Pédoncules dont le Moustérien maghrébin ou celui d'Europe sont dépourvues. Le matériau de base qui a servi à la fabrication des outils de l’oued Djebbana est constitué en grande majorité de silex de très bonne qualité, unicolores et rarement zonés. Leur couleur varie du gris au brun foncé, quelques-uns sont d'une teinte rouge, jaune olive ou blanche.

On n’a jusqu'à aujourd'hui pas découvert de trace des humains atériens responsables de cette industrie, mais des éléments de parure comme l'ocre rouge et jaune furent recueillis au niveau du site.

 

Les parures exhumées dans la grotte des Pigeons sont composées de 13 coquillages délibérément perforés. Elles ont été découvertes dans des restes de foyers, associés à d'abondantes traces d'activité humaine, sous la forme d'outils lithiques et d'ossements d'animaux (chevaux sauvages et des lièvres). Malgré l'éloignement de la côte à cette période, l'humain préhistorique avait choisi, transporté et perforé avec un outil en silex pointu puis coloré à l’ocre rouge ces coquillages pour une utilisation symbolique. Certains coquillages montrent des traces d'usure, ce qui suggère qu'ils étaient durablement employés comme parure : ils étaient très certainement suspendus en colliers ou en bracelets ou bien cousus sur des vêtements.

Remarquant que ces parures appartiennent à la même espèce de coquillages et portent le même type de perforation que celles issues des sites paléolithiques de Skhul en Israël et dans l’oued Djebbana en Algérie, tout semble indiquer qu'il y a plus de 80 000 ans les populations de la Méditerranée orientale et méridionale partageaient les mêmes traditions symboliques.

Porter des articles comme ceux-ci envoie un message, que l’on est puissants, riches ou sexy, que l’on fait partie d'un groupe particulier, ou sert pour conjurer le mal. Ils ne sont pas seulement décoratifs, ils ont une signification sociale.

 

Tous ces exemples sont antérieurs aux 77 000 années des perles de Nassarius kraussianus qui ont été trouvés dans la grotte de Blombos en Afrique du Sud (certaines également en couleur avec de l’ocre rouge), accompagnées d’un morceau d'ocre sur lequel est dessiné et incrusté un motif abstrait et géométrique, poncé et gravé minutieusement et volontairement, annonçant les futures manifestations clairement artistiques. Les bâtonnets d’oxyde ferrique devaient servir pour décorer les corps et autres peaux vestimentaires. La peinture corporelle devait tenir une part importante du costume en tant qu'ornementation. On sait que l'ocre rouge fut très utilisée durant pratiquement tout le Paléolithique où elle est aussi universelle qu'omniprésente.

 

 

Les ornements personnels sont à rattacher à l'émergence de la pensée symbolique et de l'évolution des capacités cognitives de nos ancêtres. Ils pourraient également donner des informations clés sur l'organisation sociale et le statut particulier au sein des sociétés du Paléolithique supérieur. Dans les sociétés traditionnelles, les ornements personnels jouent au moins quatorze fonctions sociales différentes et souvent multiples (par exemple, ils peuvent être utilisés pour embellir le corps, fonctionnent comme des "lettres d'amour" dans la cour, ou comme des amulettes, des médias d’échange, des expressions de l'identité individuelle et du groupe, ainsi que des marqueurs de l'âge, de la classe sociale, du sexe, de la richesse ou du statut social). Toujours est-il que la raison qui sous-tend l'émergence de la décoration du corps aurait pu être différente selon les circonstances. Les premiers objets de parure en Afrique semblent avoir été utilisés pour maintenir les systèmes d'échange, alors que des dizaines de millénaires plus tard, en Eurasie, les ornements personnels semblent plutôt avoir servi de marqueurs individuels, sociaux et ethnoculturels.

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