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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Archicebus achilles, tarsiiforme premier primate, vers -55 Ma

Archicebus achilles, tarsiiforme premier primate, vers -55 Ma

 

De -70 à -60 Ma, la Laurasie était recouverte de forêts, habitat peu lumineux, propice aux supraprimates qui y développèrent leur caractère de "visuels", à l'abri de compétiteurs dangereux. Ce supercontinent se divise à son tour en Eurasie et Amérique du Nord il y a environ 65 millions d'années, avec l'ouverture de l'Atlantique Nord.

Alors que les mammifères subissent une radiation évolutive (évolution rapide à partir d'un ancêtre commun d'un ensemble d'espèces caractérisées par une grande diversité écologique et morphologique, chaque nouvelle espèce étant adaptée à une niche particulière) dès le début de l'ère tertiaire (de -65 millions à -2,6 millions d'années, après la disparition des dinosaures et de nombreuses autres formes de vie), de nombreuses espèces différentes apparaissent et occupent des milieux variés : les airs, les milieux aquatiques... Il se produit alors l'apparition des mammifères placentaires modernes.

 

 

Selon la classification phylogénétique actuelle, les primates découlent du clade des Boreoeutheria (à l'exception des rhinocéros et des cétacés, les membres masculins de ce clade partagent la distinction d’avoir des testicules externes) qui regroupe le clade intermédiaire des Euarchontoglires (supraprimates), s’étant différencié de son groupe frère des Laurasiatheria (qui a donné les carnivores à forme de chiens et de chats, les chauves-souris, les insectivores, …) se développant dans l'archipel de Laurasie. Ce clade recouvre les Anagalida [regroupant les glires : lagomorphes (lièvres, lapins et pikas) et rongeurs (souris, rats, écureuils, loirs, castors, etc)] et les Euarchonta.

 

Le baculum, ou os pénien, est présent chez six ordres de mammifères : les carnivores (à l’exception de la famille des hyénidés), les pinnipèdes, les chiroptères, les rongeurs, les insectivores et chez beaucoup de primates. Il est absent de l’ordre des lagomorphes, des cétacés, des marsupiaux, des familles des bovidés, équidés, cervidés ainsi que celle des hominidés (l’homme).

Chez certaines familles de carnivores (canidés, mustélidés, procyonidés et ursidés) et de pinnipèdes, il existe une relation presque linéaire entre la longueur du baculum et la taille du sujet, estimée par la longueur du crâne. Par contre, chez d’autres familles du même ordre, les relations ne sont pas du tout évidentes, le baculum étant soit beaucoup plus petit que la taille de l’animal le laisserait présager soit incomplètement ossifié (félidés).

La forme du baculum peut être plutôt simple, ou plus complexe avec un bout retroussé, un crochet sur l’extrémité, une rainure urétrale, un bout effilé, un bout en forme de spatule entière et percée ou encore un bout fourchu. La diversité des formes et la taille du baculum constitueraient un genre de mécanisme "clé-serrure", qui isolerait sur le plan de la reproduction les espèces qui seraient un peu trop proches sur le plan morphologique. La forme particulière du baculum d’un mâle d’une espèce donnée aurait ainsi le pouvoir d’engendrer, lors de la copulation, une série de comportements et de réactions neuroendocriniennes très spécifiques chez la femelle de son espèce et qui rendraient impossible un accouplement avec un mâle d’une espèce voisine. L’action du baculum se ferait concurremment avec d’autres mécanismes (comme les stimuli olfactifs) pour préserver l’intégrité reproductive d’une espèce.

La longueur du baculum serait une adaptation liée aux différentes stratégies de reproduction, elles-mêmes liées aux conditions de vie dans lesquelles les espèces évoluent. Par exemple, chez les espèces grégaires l’évaluation de la qualité des mâles par les femelles au moment de la saison de reproduction peut se faire par des combats ou par le déploiement des caractères sexuels secondaires. D’un autre côté, chez les espèces solitaires qui ont un grand domaine vital et qui vivent à faible densité, les possibilités de rencontrer plusieurs mâles à la fois et de les évaluer côte à côte sont plutôt limitées. Ainsi, une femelle pourrait donc exercer une sélection post-copulatoire en évaluant la qualité génotypique du mâle par la longueur de son baculum (liée à l’âge et indirectement à l’expérience) et en exerçant, par le biais de l’anatomie et la physiologie de son tractus génital (l'ensemble formé par les voies génitales et les organes reproducteurs, ovaires/testicules), une sélection sur le sperme du mâle le mieux adapté. Les baculums les plus longs chez les carnivores ont été trouvés chez les espèces qui vivent dans l'hémisphère Nord, dans des conditions hivernales difficiles, et qui ont adopté l'implantation différée (sécrétion puis fécondation de l’ovule après les rapports sexuels) ainsi que la polygynie (une femelle qui s'accouple avec plusieurs mâles consécutivement) comme stratégie de reproduction. Ce serait donc les effets du milieu qui jouent sur l'évolution d'un caractère sexuel (longueur du baculum) et sur des stratégies de reproduction (polygynie, implantation différée).

 

Les Euarchonta (dérive de Archonta qui signifie « commander, être le chef » et de eu- qui signifie « vrai ») sont un clade regroupant les Sundatheria paraprimates (Scandentia + Dermoptera), les plésiadapiformes et les primates. Les mâles ont la caractéristique d'avoir un pénis externe qui pend, qui n'est pas soudé à l'abdomen sur tout son long.

Les scandentiens (actuellement essentiellement des toupailles) sont des petits mammifères placentaires au mode de vie arboricole, qui se sont les premiers différenciés de la famille des euarchontes. Ils présentent des caractères dont certains les rapprochent des insectivores et d'autres des primates, en étant plus proche de ces derniers. Ils possèdent une longue queue en général touffue. Ils partagent leur existence entre les arbres et le sol dans les forêts pluviales et zones de broussailles, en Asie du Sud-Est. Ces animaux diurnes et omnivores ne possèdent pas de pouce opposable. Une de leurs particularités est le développement des incisives, caniniformes, alors que leurs canines, plutôt réduites, ressemblent aux prémolaires des primates.

Les dermoptères ou colugos sont assez grands pour des mammifères arboricoles : environ 40 cm de longueur pour 1 à 2 kg, poids comparable à un opossum moyen ou à un très grand écureuil. Ils ont des membres grêles, modérément longs, une queue de longueur moyenne. La tête est petite, avec de grands yeux orientés à l’avant pour une excellente vision binoculaire et de petites oreilles arrondies. À la naissance, un colugo ne pèse que 35 g et atteint la taille adulte vers 2-3 ans. Leur caractéristique la plus distinctive est la membrane de peau (patagium) qui s'étend entre leurs membres et leur donne la possibilité de planer sur de longues distances (70 m d'un arbre à un autre avec une perte minimale d'altitude). Les colugos sont timides, nocturnes, et limités aux forêts tropicales d'Asie du Sud-Est. Ils vivent dans les arbres mais sont des grimpeurs étonnamment maladroits faute de pouces opposables. Bien qu'ils soient des mammifères placentaires, leurs habitudes de reproduction s’apparentent plutôt à celles des marsupiaux. Les jeunes naissent après 60 jours de gestation avec une forme minuscule et peu développée, puis passent leurs six premiers mois de vie accrochés au ventre de la mère. Pour les protéger et les transporter, elle recourbe sa queue jusqu'à plier la membrane de vol pour en faire une sorte de poche à l’ambiance chaleureuse et sécurisée.

 

 

Purgatorius est le nom d'un genre regroupant quatre espèces fossiles considérées comme les plus anciennes représentantes des proches primates. Des fossiles de Purgatorius furent découverts dans le Montana (États-Unis), dans des dépôts datés de 65 millions d'années, soit de la fin du Crétacé (période géologique qui s’étend de -145,5 à -65,5 Ma). La région était couverte par de profondes tourbières marécageuses et de sombres canopées épaisses et humides. Cet écosystème était perturbé par une activité sismique intense. L'Europe et l'Amérique du Nord étaient alors réunies en un immense et vaste continent, la Laurasie.

Le Purgatorius avait une taille proche de celle de la souris et le même aspect qu'un rat ou une musaraigne arboricole actuelle (15 cm pour environ 40 g). Son cerveau était faiblement développé mais il se distinguait des insectivores primitifs par la structure de son oreille interne et par la morphologie de sa denture, même s’il possédait encore une denture complète d'insectivore à 44 dents (3 incisives, 1 canine, 4 prémolaires et 3 molaires).

Diurne, ce "primate" archaïque avait un régime essentiellement omnivore. Grâce à ses mœurs semi-arboricoles (os de la cheville adaptés à la vie dans les arbres et similaires à ceux des vrais primates, plus tardifs), il devait être aussi à l'aise dans les arbres que sur la terre ferme (il s'enfouissait également dans de petits trous dans le sol). Les pieds de cet animal ont clairement une grande amplitude de mouvement, une telle souplesse correspondant aux besoins des créatures arboricoles qui doivent bien souvent assurer des prises dans des angles et des situations aussi variés que précaires.

Le lien entre ses habitudes arboricoles et sa consommation d’insectes et de plantes (ainsi que de charognes et d'œufs) est à rapprocher de la forte diversification des plantes à fleurs à la même période. Les fruits ont dû attirer ce primate dans les hauteurs des arbres : c'est le premier semble-t-il à manger des fleurs et des fruits alors que les espèces qui l'entourent se nourrissent exclusivement d'insectes. C'est d'ailleurs parallèlement à l'acquisition de ce régime frugivore que devient possible la vision en couleur, pour le repérage des fruits mûrs (les chiens ou les ruminants ont une perception des couleurs bien inférieure).

Son cycle de croissance et de reproduction devait être semblable à celui des rongeurs : une croissance fulgurante, une maturité sexuelle rapidement atteinte et une espérance de vie très courte. Il devait exister des couples monogames et des mœurs polygames. Les femelles avaient 1 ou 2 jeunes par an et le père s'occupait en partie de la progéniture.

 

Dans son évolution, les yeux se sont déplacés vers l'avant de la face (vision en relief), le museau s'est raccourci (réduction du nombre de nerfs et de l'importance des bulbes olfactifs dans le cerveau), les oreilles mobiles à paroi mince ont évoluées vers de petites oreilles plus ou moins immobiles, le cerveau a grossi par rapport à la taille du corps.

Ses restes dentaires et la morphologie de ses molaires indiquent une proche parenté avec l'ordre des primates. Purgatorius peut ainsi être considéré comme l'un des plésiadapiformes primitifs, donc proche de l'ancêtre commun aux plésiadapiformes plus récents et aux primates. Dans l'arbre phylogénétique des primates, il aurait été génétiquement plus proche des "prosimiens" (ancien sous-ordre des primates qui incluait les lémuriens et les tarsiers), que l’on retrouve à Madagascar, aux Comores, sur le continent africain, en Inde, au Sri Lanka, en Indonésie, à Bornéo, aux Philippines, en Malaisie. Ils ont le pouce (main) et le gros orteil (pied) préhensibles (séparés des autres doigts, qui sont munis d’ongles ou de griffes), une longue queue non préhensible, un museau plutôt long (nez et mâchoire avancés), un bon odorat, une vision binoculaire développée partiellement, une dentition organisée en spécialisation. De nombreuses espèces de cette famille ont un second orteil possédant une longue griffe, de grands yeux adaptés à la vision nocturne. La plupart sont arboricoles, diurnes (ou d’activité crépusculaire, mais certains sont complètement nocturnes) et mangent des fleurs, feuilles, fruits, œufs d’oiseaux et des insectes (certains aiment le nectar, le bambou, les lézards).

Pandemonium dis est l’intermédiaire entre Purgatorius et le vaste ensemble des plésiadapiformes. Il pesait aux environs des 220 g, était arboricole insectivore/frugivore, et vivait en Amérique du Nord au début du Paléocène.

Les plésiadapiformes (« presque des adapiformes ») sont étroitement liés aux primates. Si beaucoup ont trop dérivé pour être les ancêtres des primates, les premiers plésiadapiformes avaient des dents qui sont fortement indicative d'un ancêtre commun. Ils sont apparus au Crétacé mais la plupart ont vécu au Paléocène (première époque de l'ère Cénozoïque, elle s'étend de -65 Ma à -55,8 Ma) où ils étaient abondants. Après l’extinction des dinosaures, le climat s’est refroidit, mais la fin du Paléocène et le début de l'Éocène sont marqués par une remontée des températures particulièrement rapide, la température de surface des océans augmentant de 5 C à 8°C en quelques milliers d'années. Ces plésiadapiformes vivaient en Amérique du Nord, Asie et Europe. Primitifs par leur taille modeste, leurs orbites ne sont pas séparées de la fosse temporale, ils sont parfois très évolués par leur dentition, tant antérieure que jugale, qui révèle une grande variété de régimes alimentaires. C'était des quadrupèdes de la taille d'un écureuil au museau pointu et avec une longue queue, qui se nourrissaient de fruits et vivaient dans les arbres. Il est possible que ce soient les premiers mammifères à avoir développé des ongles à la place de griffes.

Longtemps classés parmi les primates, les plésiadapiformes ne sont plus considérés comme tels, les primates proprement dits n'étant vraiment attestés qu'à l'Éocène (de -55,8 à -34 Ma), à l'exception peut-être d'une forme décrite dans le Paléocène du Sud du Maroc (Altiatlasius). Altiatlasius koulchii, petit singe d'à peine 120 g daté d’environ 57 millions d’années, formerait la souche connue la plus ancienne des euprimates (primates d'aspect moderne), même s’il n’est pas encore un vrai primate ancestral. À cette époque, le monde était plus chaud et humide que le nôtre et les forêts abondantes. Ces conditions proches de celles qui règnent actuellement en milieu tropical ont permis à des formes voisines de celle qui est apparue en Afrique de se répandre en Europe, puis en Amérique du Nord et en Asie (l'Atlantique Nord n'était alors qu'un étroit bras de mer qui n'empêchait pas les passages entre les deux continents). Mais ces animaux sont encore très petits (de 100 g à moins d'un kg).

 

 

Le plus vieux primate connu à ce jour, l'Archicebus achilles (Archicebus pour "premier singe à queue" et achilles en référence au célèbre guerrier grec et à l'anatomie un peu particulière des chevilles du petit primate), appartient à l'infra-ordre des Tarsiiformes (famille des omomyidés). Ce petit tarsier primitif (même s’il serait diurne alors que les tarsiers sont nocturnes) aurait vécu il y a 55 millions d'années, détrônant ainsi de 7 millions d'années le Darvinius découvert à Messel en Allemagne et à Notharctus du Wyoming aux Etats-Unis.

Le fossile de l'animal a été trouvé dans une carrière proche de Jingzhou (près du fleuve Yang-Tsé), dans la province de Hubei au centre de la Chine.

Ce primate n'est pas que le plus vieux, c'est aussi le plus petit jamais répertorié. Si le record est tenu aujourd'hui par l'actuel lémurien pygmée de Madagascar le "microcèbe de Mme Berthe" (Microcebus Berthae) avec 9 centimètres, l'Archicebus ne mesurait qu’environ 7 cm et ne pesait pas plus de 30 grammes. Son squelette presque complet est visiblement adapté à une vie dans les arbres, notamment au vu de ses membres élancés, de sa longue queue et de ses doigts osseux facilitant le déplacement arboricole (par accrobranches et bonds). Ce petit primate est radicalement différent de tous les primates connus vivants ou fossiles, comme un hybride bizarre avec les pieds d'un petit singe, les bras, les jambes et les dents d'un primate très primitif et un crâne doté d'yeux étonnamment petits. L'animal devait être actif durant le jour et se nourrissait essentiellement d'insectes.

Archicebus pouvait saisir une branche à l'aide de ses pieds lors de l'exécution d'un saut, de sorte que ses mains ont été libérés pour effectuer d'autres mouvements, comme saisir un insecte. Cela pourrait avoir jeté les bases biologiques de l'évolution des primates supérieurs vers la marche debout. En effet, l’animal a vécu à la période de l'Éocène lorsque les différentes espèces de primates ont commencé à diverger donnant d'un côté les tarsiers actuels (des primates nocturnes arboricoles aux yeux exorbités) et de l'autre les anthropoïdes ou singes sans queue comme les chimpanzés, l'orang-outan ou encore le gorille et l’humain (Archicebus avaient des pieds très long, encore plus long que ses jambes, mais il avait des talons courts et larges, ce qui est un caractère définissant les anthropoïdes). À cette période très chaude, l'Asie était une grande serre où les palmiers s'étendaient jusqu'en Alaska. La région était un "point chaud" de la biodiversité et a très probablement donné naissance aux premiers primates. Ainsi, les premiers pas décisifs dans l'évolution des primates, y compris l'évolution vers les anthropoïdes, ont vraisemblablement été accomplis en Asie, et non pas en Afrique, qu’ils ont gagné plus tard.

 

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