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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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L’idée, pour Partager auprès du plus grand nombre et facilité la lecture, est de mettre à disposition les contenus synthétisés par nos soins, puis les internautes le désirant peuvent télécharger les pdf illustrés ou commander les livres papier imprimés par un professionnel

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Gigean et Frontignan, riches en gisements sur la Gardiole

Carte archéologique de la Gardiole :

1 : Col de Gigean
2 : La Victoire
3 : L'Homme Mort
4 : Rimbault
5 : Dolmen
6 : La Caramus
7 : La Devèze
8 : Les Carrières
9 : Rabassou
10 : Les Perrières
11 : La Grotte
12 : Plaine Haute
13 : Oppidum
14 : Les Aresquiés
(Tracé des Etangs XXe S.)

 

Carte GoogleMaps de la Préhistoire du Languedoc-Roussillon

 

Les deux villes se disputent des vestiges préhistoriques trouvés dans la Gardiole :

Frontignan : « la présence de l’Homme est avérée dans la Gardiole depuis la préhistoire : grottes du col de Gigean et de "l’Homme Mort" ».

Gigean : « Le territoire de Gigean a été habité dès la préhistoire, comme en témoigne les vestiges découverts sur le massif de la Gardiole ou à proximité (stations d'habitat, grottes sépulcrales, menhir de Peyre-Plantade, etc.) ».

Nous synthétisons donc sur ces deux communes, du côté plaine et du côté plage de ce massif.

 

 

Le massif de la Gardiole, chaînon jurassique à direction pyrénéenne d'une altitude maximum de 235 m, termine le plissement occidental de Montpellier. Ses assises s'étalent en bordure de la route Montpellier-Sète et la mer distante de 3 km ; elles se prolongent jusqu'à l'étang de Thau, avec un développement de 12 km.

Avec sa maigre végétation, ce massif rocheux a l'aspect d'un désert sauvage au milieu de la plaine côtière du Sud et les vastes étendues de vignobles au Nord-Ouest. En était-il ainsi aux temps reculés de la Préhistoire ? Les rares documents récoltés sur ses pentes arides le font supposer : il apparaît très nettement que c'est sur la partie Sud, le long de la côte bien abritée des vents froids du Nord, que les préhistoriques aimèrent s'établir.

 

Le massif de la Gardiole (ou Gardeole) représente une avancée du socle rocheux sur les terres basses et marécageuses du cordon littoral, rien d'étonnant à ce qu'il ait joué un rôle très important dans les temps préhistoriques.

Après une courte occupation pendant le paléolithique récent (grotte du "col de Gigean"), il semble avoir été déserté par les mésolithiques.

Par contre, au néolithique récent, sa position stratégique l'a fait occuper par une population dense. On peut alors le comparer au massif de la Clape (Aude) dont il n'a pourtant pas la richesse.

 

Le massif de la Gardiole, ce contrefort et poumon vert bordant ces villes, est riche de chemins et de sentiers étroits sillonnant vers des ravines secrètes. S'évader vers ses sommets, c'est respirer à pleins poumons la garrigue toute entière, en profitant de paysages et de panoramas remarquables : les vignobles, Sète, les étangs du bassin de Thau et le lido de Frontignan, cette longue bande de sable de 7 kilomètres qui sépare les étangs de la mer Méditerranée.

Site classé et protégé, le massif de la Gardiole, qui s'étend sur 5000 ha, accueille une faune et une flore typiquement méditerranéennes : chênes verts et kermès, pins d’Alep, cèdres du Liban, pistachiers, myrtes, cistes, romarin... abritent merles de roche, perdrix rouges, coucous geais, faucons, chouettes, hiboux, éperviers, ou encore lézards ocellés. Autrefois, l’activité agricole et pastorale y était prépondérante, comme en témoignent encore aujourd’hui les capitelles (abris de bergers en pierre sèche) présentes sur le massif.

Le massif culmine au Roch d'Anduze à 243 m et s'étend sur six communes : Balaruc le vieux, Balaruc les Bains, Fabrègues, Frontignan, Gigean, Mireval et Vic la Gardiole.

 

L’ancien salin et les étangs d’Ingril, des Mouettes et de La Peyrade sont le berceau de plus de 130 espèces d’oiseaux et plus de 300 espèces végétales : échasses blanches, flamants roses, sternes, anguilles, muges, lavandes de mer, orchidées, herbiers de posidonies…, et la salicorne, reine de la sansouïre, ce milieu végétal spécifique des terres salées.

Frontignan bénéficie d’un climat méditerranéen caractéristique : 320 jours de soleil par an, des températures douces en toute saison, des précipitations surtout concentrées en automne (où elles sont abondantes voire violentes), et des vents parfois soutenus, qui limitent les fortes chaleurs en été.

 

Gigean est entourée par l’Étang de Thau à l’Ouest, le massif de la Gardiole au Sud et par une plaine viticole, qui va des collines de la Moure jusqu’à la périphérie de Montpellier. Gigean se trouve à 18 km de Montpellier et à 14 km de Sète et constitue l'extrémité orientale de la grande plaine littorale bas languedocienne. Bordée au nord par les derniers contreforts des garrigues montpelliéraines, cette plaine s'étend sur 5 km de large et 20 km de long, selon une direction Nord-Est/Sud-Ouest.

 

 

Le Solutréen (entre environ -20 000 et -15 000, soit une période extrêmement froide et sèche de la Dernière Glaciation, appelée Dernier Maximum Glaciaire) se retrouve souvent dans les gisements languedociens (le climat dans le Nord étant trop rigoureux pour que l’Homme pût y survivre) : Bise, Grotte du Figuier, Chabot, Oullins, Col de Gigean, Baume du Lion ou de la Roque dans l'Hérault, etc.

La Terre subit une période glacière et par conséquent la mer se trouve à 5 km du rivage actuel et Frontignan est une steppe. On voit des chevaux, des rennes, des ours et des loups. Les Hommes sont plusieurs centaines, voire quelques milliers entre la Rhône et la Garonne. Pas étonnant, dans un tel contexte, qu'ils cherchent à habiter des lieux hauts et difficile d'accès.

Ils ont quelques outils de pierre. Ils chassent les chevaux, pêchent des dorades et ramassent des coquillages.

 

 

Au Néolithique, le climat plus doux permet une certaine sérénité : on passe de "l'âge du renne" à "l'âge du cerf". La population s'accroit. Les Hommes explorent le monde qui les entoure, délaissant parfois leurs anciennes habitations, pour en bâtir ailleurs. L'habitat est rectangulaire, en bois et en torchis, couvert d'une toiture végétale. Localement. Ils commencent à cultiver et stockent leurs récoltes dans des silos.

Sur les communes de Gigean, Frontignan et Mireval (également à la Paillade, sur la commune de Juvignac), on trouve des stations pseudo-campigniennes (-4 800 : pénétration du Campignien en France, originaire d’Europe du Nord vers -5 400), qui ont une grande variété dans leurs sépultures. Il semble qu'il y ait eu dans les garrigues trois groupements pseudo-campigniens. L'un, localisé au Nord-Ouest de Montpellier, sur les hautes collines calcaires, a utilisé le dolmen. Un deuxième au Nord-Est de Montpellier, autour de Sommières et de Saint-Rauzille-de-Montmel utilise soit la tombelle à incinération avec dalle aniconique, soit la sépulture dans la faille de rocher (dépôts funéraires identiques : cendres avec débris d'ossements et de céramique calcinés, silex travaillés rares et silex informes). Enfin, un troisième groupement, tout autour de Montpellier, a utilisé la grotte sépulcrale : Grottes de Castries, de Gimel (commune de Grabels), du creux de la Miège (commune de Villeneuve-les-Maguelonne), de Laroque (commune de Saint-Jean-de-Védas) et peut-être du col de Gigean (commune de Frontignan).

 

La Grotte du "col de Gigean" s'ouvre dans une petite falaise située entre deux mamelons qui forment le passage du col de Gigean.

On distingue trois parties qui permettent de distinguer plusieurs occupations de la grotte à des époques différentes.

COUCHE SUPERIEURE :

Silex : Un poignard en silex poli sur les deux faces, avec trois crans à sa base ; un deuxième poignard en silex de Salinelles, poli aussi sur ses deux faces ; une pointe de flèche biface à pédoncule ; une pointe de flèche biface en Salinelles ; une pointe de flèche biface ; une lame de section triangulaire retouchée ; une deuxième lame cassée, également retouchée ; 79 lames, dont une à côté abattu et une à retouches en scie ; 4 couteaux à dos abattu ; 1 perçoir sur lame ; 1 pointe sur lame ; 1 grattoir.

Outillage osseux : 1 poinçon, dont la pointe manque. Cette couche livra en outre, dans la partie la plus rapprochée de l'entrée, de nombreux ossements humains et plusieurs crânes forts incomplets.

Une pointe à soie peut être regroupée avec les pointes de Palmela, dont il faut souligner la rareté relative de ces pièces en Languedoc et leur "origine" portugaise patente. L’existence des pointes de Palmela françaises incite à chercher le foyer original métallique dans le Sud de l'Espagne et au Portugal, régions où la métallurgie apparaît avant le milieu du -IIIè millénaire, quelques siècles avant les exploitations de Cabrières (fin du –IIIè millénaire).

COUCHE MOYENNE :

Céramique : Un vase fragmenté de forme sphéroïde, en pâte fine bien cuite, portant un départ d'anse en ruban.

Silex : 31 lames de petite dimension et quelques éclats.

COUCHE INFERIEURE :

Silex : 5 éclats retouchés sur les bords ; 7 éclats sans caractère ; 1 fragment de pointe biface à retouches planes, de type solutréen. Une belle pointe de flèche biface fur trouvée au fond d'une tranchée creusée devant la grotte. Cette pièce correspond parfaitement au niveau de la couche inférieure : les retouches en sont également planes dites "en pelure", du type solutréen.

 

Tous ces documents d'un caractère particulier (associés à des ossements de cheval et à quelques ossements de ruminants, parmi lesquels certains pourraient être rapportés au renne), ne laissent aucun doute pour voir dans ce gisement trois époques bien distinctes : Chalcolithique-Néolithique-Solutréen.

 

 

Le Néolithique ancien du Midi est illustré d’abord par la belle série de Frontignan, qui permet d’approfondir la réflexion sur les liens étroits entre le Cardial du Languedoc et la péninsule Ibérique.

L’opération ZAC de La Clau III à Gigean permit la mise au jour d’une petite occupation du Chasséen ancien (datée entre -4 350 et -3 990), matérialisée par un ensemble de fosses, mais aussi de structures isolées datées du Néolithique final et de la fin de l’Âge du Bronze.

Le site occupe le plateau de Faudrenque, au substrat pliocène, situé au pied du versant Ouest du massif de la Gardiole (de "garder" : lieu où l’on gardait autrefois les troupeaux de moutons et de chèvres). Il est implanté en bordure de plateau, abandonnant le replat arrière trop éloigné et par conséquent peu propice au contrôle visuel de la vallée et les pendages latéraux trop marqués, et se développe sur une superficie totale de plan ovale de 1,5 ha.

L’habitat se matérialise par une série d’environ quatre-vingt structures en creux variées, fosses, silos, fosses-citernes, trous de poteaux. Des regroupements et des associations spécifiques ont été mis en évidence, évoquant l’existence d’aires spécialisées.

Le mobilier recueilli dans ces structures est varié et abondant, livrant du mobilier céramique, faunique, lithique, taillé ou non, ainsi que de nombreux blocs de matières brutes (bauxite, quartzite, calcaires divers) et des éléments de terre crue, plus particulièrement de fragments de torchis, témoins de l’usage de cette technique de construction sur le site. Par ailleurs, compte tenu du nombre des structures testées, il convient d’insister sur la forte représentativité des outils liés aux activités de broyage et de mouture.

L’étude du mobilier céramique a permis l’attribution de l’ensemble de la série au style de Berriac du Chasséen ancien. Il se caractérise par la présence de pots et marmites de forme simple fermée, de barrettes tubulaires horizontales, d’anses en ruban en position haute et de bords renforcés, et par la quasi absence de carène.

 

En périphérie du site, mais toujours sur le plateau, des structures datées du Néolithique final et du Bronze attestent d’une prolongation de l’occupation et du caractère attractif du site de la Clau III. Ce second pôle se localise dans la partie médiane de la bande centrale et fédère un ensemble de vingt fosses dont une sépulture et un creusement ayant livré des restes humains épars. La tombe est celle d’un sujet adulte relativement jeune qui a été déposé sur le dos, les membres fléchis. Sa fouille a livré, outre une petite meule en calcaire, une centaine de perles discoïdes dont certaines étaient encore jointives, disposées en collier. Entre ces deux groupements apparents de structures figure une fosse contenant des quartiers d’un bovin.

 

 

Les "ventres bleus" de -3 500 quittent la Gardiole et s'installent sur la presqu'île de Caramus. Là, ils construisent leurs maisons. Ils vivent encore beaucoup de la chasse et de la pêche. On peut même estimer que les étangs constituent un garde-manger important, justifiant l'installation sur la presqu'île.

Au lieu-dit "les Pielles" à 1 500 m de Frontignan et au bord de l’étang d’Ingril, les déblais de terrassement du chemin de fer ont coupé une épaisse assise de brèche formée par des débris de calcaire descendus de la Gardiole, amassés au pied du coteau et agglutinés sur certains points par un ciment argilocalcaire de couleur rouge. Cette brèche est traversée sur plusieurs points par des perforations artificielles qui atteignent 2,50 m de profondeur. La base de ces puits, plus large que l'ouverture, est constituée par une couche épaisse de 0,50 m de béton fort dur composé de blocs de calcaire ayant subi l'action du feu, de coquilles de Vénus, et d'huîtres, de nombreux fragments de poterie grossière et d'ossements divers notamment des fragments de bois de cerf et d'ossements de bœuf.

Autour, des groupes d'Hommes sont présents : à la source de la Roubine à Vic, sur le plateau de la Madeleine à Villeneuve les Maguelone ou encore à Mèze.

 

 

C'est dans le massif de la Gardiole qu'a été construit un des premiers dolmens à couloir du groupe languedocien, qui est un des plus importants de France. Il servit de lieu de sépulture pour 13 personnes dont 3 enfants. À 4 km de là, sur la route de Gigean à l’abbaye de St-Félix-de-Montceau, se trouve le menhir cassé en deux de Peyre-Plantade, haut de 1,65 m.

Dolmen d'un aspect assez rare puisque l'inventaire des dolmens à couloir est réduit à une dizaine (un seul d'entre eux avec antichambre), il se trouve édifié sur une partie plane, au lieu-dit Lacoste, à 2 km au Nord-Ouest de Frontignan, en bordure de Méditerranée.

 

Les passage-graves ou dolmens à couloir sont associés à des tumuli ronds, les gallery-graves ou allées couvertes, aux tumuli ovales.

Parmi les premiers dolmens à couloir du Sud espagnol et portugais, il y a ceux de los Millares sans tertres et ceux de Palmelle qui paraissent s'être dégagés respectivement des C-Dolmens et des grottes artificielles locales. Leurs constructeurs soit en se déplaçant soit en changeant de mode au cours des temps, ont dressé des dalles verticales au lieu de murs en pierres sèches : les dolmens à couloir à chambre carrée sont donc postérieurs à ceux à chambre ronde. Les dalles ont nécessité la création du tumulus d'abord pour servir d'échafaudage pour le maniement de poids considérables, ensuite pour protéger le monument contre les violations des Hommes ou les injures du temps. Ainsi s'est développé en Espagne le passage-graves sous tertre rond et s'est propagé sous cette forme jusqu'aux Alpes par des débarquements successifs dans la région de San Julia de Ramis en Catalogne, à Frontignan et à Cannes-Saint-Raphaël pour la France méditerranéenne. Un mouvement parallèle en suivant la façade atlantique a longé le Portugal, a laissé des traces en Charente, en Bretagne, dans le Calvados, et de là a rejoint le Danemark en passant par les Iles Britanniques.

 

Dolmen à couloir et chambre rectangulaire, le couloir, d'une longueur de 4 m sur 0,60 m de large, est bordé de murs en pierres sèches, interrompus à l'entrée de la chambre par une dalle verticale qui formait la porte de celle-ci (les dalles proviennent de la ville de Saint-Georges d'Orques, à mi-chemin avec les dolmens de Vailhauquès). Son tumulus très délabré accuse vaguement une forme ronde d'un diamètre approximatif de 8 à 10 m.

Le mobilier ne saurait donner de datation intéressante car il y a trois dates dans la vie d'un dolmen : sa construction, sa fermeture, et sa réutilisation. Les dépôts funéraires les plus anciens peuvent seuls dater la construction d'un monument. Or, le plus souvent et c'est le cas ici, ce mobilier a disparu en partie, enlevé au cours des diverses inhumations. Toutefois, voici ce qui a été récolté dans la chambre sépulcrale : une pointe de javelot biface, une lame de section triangulaire portant quelques retouches sur les bords, quelques éléments de parure (perles en stéatite, calcite, calcaire), pendeloques tirées de morceaux de calcite et coquillages marins, deux fragments de céramique portant des décors (dans le cas qui nous intéresse, nous remarquons seulement la présence d'un tesson de vase campaniforme, Chalcolithique), un fragment de vase hallstattien.

En l'absence de mobilier plus homogène, il faut donc se baser sur l'architecture, sachant qu’il s'ouvre au couchant du soleil comme l'immense majorité des dolmens d'ascendance méditerranéenne. Or, c'est le dolmen du groupe bas-languedocien situé le plus près de la mer ; il pourrait donc être le plus ancien de ces 2 000 tombes mégalithiques enserrées dans le triangle Frontignan-Rodez-Privas, qui occupe en tout ou partie 5 départements (Hérault, Aveyron, Ardèche, Lozère, Gard) et s'échelonnent sur cette sorte d'immense escalier que sont les petits causses, avant de disparaître au contact des montagnes d'Aubrac.

 

Sur le Plateau de l'Hortus, à 20 kilomètres au Nord de Montpellier, se trouvent les dolmens à couloir en murs en pierres sèches de Bouïsset et du Camp. Ils font partie d'un groupe important dont le plan est copié sur le dolmen de Frontignan situé sur le bord de la mer et dont le mobilier signe une origine méditerranéenne. Ce sont après ce dernier les plus anciens mégalithes de l'Hérault et de tout le groupe Bas-Languedocien, autrement dit le plus important de France tout au moins par le nombre. On peut les dater du Chasséen.

 

 

Au chalcolithique, les Chasséens sont remplacés par ces curieuses populations appelées "Pasteurs des Plateaux" que l'on ne retrouve que sur un espace restreint de part et d'autre du delta du Rhône.

Quant à la céramique à chevrons incisés et à boutons au repoussé, sa distribution correspond exactement à l'aire des dolmens à couloirs qui s'étendent, en forme d'éventail, depuis Frontignan (dolmen de Lacoste) jusqu'aux abords de Rodez (Aveyron) et jusqu'en Ardèche à Privas (environ 2 000 dolmens languedociens, soit le tiers des mégalithes français). Les premiers ont été édifiés par les Chasséens, puis les Rodéziens ou les Ferrériens leur ont succédé, chacun dans leur région, ce qui n'a pas empêché les frictions de frontières ou même les razzias à l'intérieur des civilisations voisines.

 

Plus loin, les monuments de la Masselle bordent à l'Est le groupe homogène des dolmens languedociens (sous-groupe des petits causses et des garrigues), à chambre rectangulaire - parfois trapézoïdale - précédée d'un couloir avec ou sans antichambre, le tout orienté au Sud-Ouest. Dans le territoire compris entre Frontignan, le cours de l'Hérault et Saint-Hippolyte-du-Fort, 200 dolmens au moins (car on en découvre toujours) correspondent très exactement à cette définition. À 55 km au Nord du dolmen de Lacoste qui se dresse sur le massif côtier de la Gardiole, Masselle 2, premier dolmen languedocien des petits causses, rappelle, avec exactitude, le prototype situé sur le littoral.

Plus au Nord encore, quelques dolmens conserveront cette architecture et cette orientation, mais ils seront perdus au milieu d'autres monuments de formes et d'orientations variées. La limite entre les deux groupes pourrait être tracée sur les bords du Vidourle qui coule au pied des maisons de Saint-Hippolyte.

 

 

Par la suite, les vestiges des pyrénaïques (vers -2 900 à -1 900) font plutôt penser à un échange commercial qu'à un passage de tribus en force. En effet, les flèches typiques à ailerons et long pédoncule manquent, tandis qu'abondent de pacifiques boutons perforés en V et des vases campaniformes typiques ou des copies locales plus grossièrement traitées (dolmen de la Coste, Frontignan).

On retrouve des exemples de tessons portant des damiers profondément incisés du Campaniforme dans plusieurs gisements héraultais (dolmen de Lacoste à Frontignan) ou de l'Aude (grotte I de Thézan, Bois-de-Moure).

En effet, la partie méridionale et occidentale du département de l'Hérault, surtout avant d'atteindre l'Orb, voit une concentration pyrénaïque notable.

  • Dolmens de Frontignan, du Puech Menel (Quarante), de la Croix de l'Yeuse (Montpeyroux) et surtout de Saint-Guiraud. Ce dernier a fourni plusieurs campaniformes, sept boutons hémisphériques perforés en V, une alêne rhomboïdale à tatouer, deux anneaux spiraux, etc.
  • Grottes de la Madeleine (Villeneuve-lez-Maguelone) et surtout de Nizas où l'on a rencontré dans un milieu par ailleurs très mélangé, de nombreux campaniformes, un poignard à languette en métal, un V bouton, etc.
  • Stations des Faysses (Le Crès) et du Creux de Miège (Mireval).

 

En dehors des gisements précités on a trouvé un V bouton hémisphérique, semblable à un congénère de la grotte de la Madeleine, dans un dolmen de Loupian et plusieurs poignards plats : dolmen du Bois du Monsieur à Assignan, du Cayla à Saint-Martin de Londres, de la Molentie, de la grotte des Fées à Lunas. Ils n'ont pas révélé de traces d'étain sauf celui de la Molentie qui reste typiquement pyrénaïque par ailleurs.

 

La grande avancée technique de l'époque, c'est le début de la métallurgie. L'usage du métal se superpose à celui de la pierre. Les métallos de l'époque sur la commune semblent doués : on a retrouvé des pointes de flèche en cuivre au col de Gigean, d'un cuivre très pur.

Les sites présents pour cette période sur Frontignan sont nombreux :

  • Grotte du col de la Victoire,
  • Vallon de Rabassou,
  • Vallon de Rimbault,
  • La carrière, qui fût un habitat en périphérie de la Gardiole car la culture y est plus aisée. L'habitat, s'appuyant sur un rocher était monté en pierres sèches. Différents mobiliers lithiques et céramiques furent retrouvés au Pioch de la Perdigahère,
  • La peyrière,
  • Mas de madame.

 

Il existe dans le même vallon 3 grottes : la grotte de la Victoire, la grotte de la Cathédrale/Rimbault et la grotte du Col de Gigean ou grotte de M. Clot ou grotte de Peil.

Face à la Grotte de l’Homme Mort fut découverte une petite cavité obstruée. Cette "Grotte de la Victoire" contenait une sépulture d'adulte et d'enfant entouré d'objets de parure, dont une pendeloque de schiste. Elle est datée du Néolithique Final (-2 400 à -1 900).

 

 

La Grotte de l'Homme Mort s'ouvre au ras du sol dans la roche calcaire, à 400 m environ de la précédente. Le site qui l'entoure est le plus sauvage de cette chaîne de montagnes. Son ouverture de dimensions réduites surplombe de 3 m l'unique couloir qui précède une salle de 6 m sur 4 environ, terminant la cavité d'un parcours total de 20 m.

C'est à l'extrémité de la salle, contre la paroi, qu’on distingue trois couches d'ossements humains carbonisés. Le mobilier mis au jour comprend : restes humains appartenant à 58 cadavres incinérés ; 2 fusaïoles ; 1 épingle et anneaux de bronze ; 1 bracelet, 3 anneaux en chaîne et 2 pointes de flèche en fer ; 1 petite perle en verre brun noir trouvée dans le niveau III, niveau attribué au Bronze Final.

 

En 1887, le Dr Prunières fouillait au lieu-dit Uël-Bouguo, commune d'Esclanèdes (Lozère), un dolmen rectangulaire sous tumulus. Tout au fond, sur le sol, il y recueillait côte à côte un couteau de silex et une épingle en argent.

Il s'agit d'une épingle de 11 cm de longueur, avec une tête subsphérique d'un centimètre de diamètre environ, perforée d'un canal horizontal ; si l'aspect de la tête vue de profil est à peu près sphérique, elle est par contre, vue de face, légèrement anguleuse- la partie supérieure formant une carène très mousse. C'est là un type dont de nombreux exemplaires sont connus aujourd'hui, et dont l'attribution à l'Âge du Bronze ne peut plus être contestée :

1 — Cranves (Haute-Savoie). — Dolmen

2 — L'Echaillon (Isère). — Grotte sépulcrale

3 — Lazer (Hautes-Alpes)

4 — Saint-Rémy (Bouches-du-Rhône). — Grotte sépulcrale des Chats

5 — Saint-Rémy (Bouches-du-Rhône). — Grotte sépulcrale de la Corde

6 — Beaucaire (Gard). — Ciste de Chanteperdrix

7 — Montdardier (Gard). — Dolmen de Caucanas

8 — Saint-Gervais-les-Bagnols (Gard). — Dolmen

9 — Les Matelles (Hérault). Dolmen de Rivière Torte, ou du Grand

Juyan de la Figarède

10 — Combaillaud (Hérault). — Tumulus

11 — Gigean (Hérault). — Grotte sépulcrale de l'Homme-Mort.

12 — Saint-Martin-de-Londres (Hérault). — Grotte sépulcrale du Frouzet

13 — Saint-Jean-de-Vedas. (Hérault). — Grotte sépulcrale du Creux de Miège

14 — Saint-Rome-de-Tarn (Aveyron). — Dolmen de Couriac

15 — Esclanèdes (Lozère). — Dolmen de Uël-Bouguo

16 — Rocamadour (Lot). — Tumulus de Joan-Menu

17 — Rocamadour (Lot). — Ciste de la Cabane des ossements

 

L'origine de ce type est assez aisée à découvrir : il représente une adaptation locale d'un type d'épingle courant dans le bronze ancien de la Suisse, où il possède une tête subtriangulaire perforée horizontalement. Ce type qui se rattache à la civilisation d'Unetice, est abondant sur le plateau suisse, et se trouve également dans le Valais (Collombey). La répartition de ces pièces se fait suivant un schéma qui se répète pour nombre d'objets du bronze du Midi de la France : épingles tréflées (qui sont antérieures), alênes losangiques, poignards à rivets, etc. Le Midi de la France a joué le rôle de zone de refuge pour de nombreux types métalliques du bronze ancien suisse, qui y persistent beaucoup plus longtemps que dans leur patrie d'origine (un des crânes de Gigean avait un indice crânien de 76,1).

 

D'après la nature des documents et le rite funéraire, incinération, il apparaît très nettement que nous sommes en présence d'un gisement sépulcral attribuable au Bronze Final et au Premier Âge du Fer.

Le fond de la cavité possède l'orifice d'un petit boyau, servait-il de tirage pour activer l'ustion des cadavres ? Dans ce cas, nous serions en présence d'un véritable four crématoire.

Ajoutons que la couche archéologique de cette caverne apparaît d'une telle importance qu'elle laisse supposer un nombre considérable d'individus incinérés.

Le mystère des morts qui dorment au cœur de la Gardiole posait un autre problème, car aucun établissement de surface de cette époque n'avait été découvert sur les pentes qui bordent les sommets du massif. Jusqu’à la découverte du site de la Clau III.

 

 

À la fin de l'Âge du Bronze, il y a une domination commerciale du peuple de Germanie. Là-bas on fabrique des céramiques noires, carénées et cannelées.

On importe aussi la culture marquée par les nécropoles à incinération. Plusieurs habitats on été retrouvé pour cette période à Vic (Aresquié), à l'ilot St Sauveur à Balaruc et sur le site submergé de la Fangade à Sète.

 

À l'Âge du Fer (de -700 à -450), le commerce donne lieu aux premiers conflits et l'habitat se fortifie et remonte sur des hauteurs. L'Hérault est une zone "frontière" entre les Celto-ligures à l'Est et les Celto-ibères à l'Ouest. Frontignan, qui n'existe pas, est enserré entre 2 oppidas : celui de la Devèze à Balaruc et celui de la combe aux bestiaux à Vic la Gardiole.

Finalement, les hallstattiens se distingueront par la destruction et la réutilisation du dolmen de Frontignan : la seule trace sur Frontignan est une inhumation tardive au dolmen, quelques céramiques sur Caramus ainsi que l'existence d'un village, aujourd'hui englouti à quelques mètres du rivage, sur la plage.

Ils signeront également leur passage dans la grotte de la Madeleine et aussitôt après vont se fixer sur l'oppidum de la Roque à Fabrègues.

 

 

Au 2nd Âge du Fer (de -450 à -120), le Languedoc est occupé par le peuple celte des Volques. Il commerce à partir des comptoirs Grecs vers les terres en passant par les étangs.

3 km avant Frontignan, sur la gauche et aux abords immédiats de la route Montpellier-Sète, coule la source de la Roubine, près de laquelle se situe la première station. La deuxième, distante de 300 m, se situe à droite de la route sur un petit plan.

Ces deux établissements avaient un foyer au bord même de la source, dans lequel on a recueilli un beau grattoir, des débris de coquilles, moules et pectens.

 

Station I : 1 grattoir caréné en silex, quelques éclats sans caractère, des fragments de poterie portant des cordons circulaires en relief, des débris d'amphores.

 

Station II.

La deuxième station livra des poteries (un fragment à décor ondulé de type phocéen ; des fragments avec cordon en relief), 3 fusaïoles, de nombreux ossements d'animaux calcinés et des silex : 1 outil en silex biface ; 1 pointe de silex cassée, à pédoncule ; 1 fragment de couteau en silex de Salinelles ; 4 lames, deux de section trapézoïdale, deux de section triangulaire ; 3 grattoirs carénés sur éclat ; 4 racloirs sur éclat ; 6 perçoirs sur éclat ; 1 silex blond (racloir ou pierre à fusil ?) ; des galets et palettes ayant servi de lissoir ; des débris de coupes, certains à vernis noir et beige.

Elle est entourée par une enceinte à peu près rectangulaire aboutissant au sommet d'une petite falaise qui termine la défense de la station.

 

Ces documents sont suffisants pour voir là, d'abord un établissement protohistorique démontré par le caractère des débris de coupes, amphores, et le fragment de céramique du type phocéen ; ensuite apparaît très nettement un ensemble des pasteurs des plateaux (néo-chalcolithique).

 

 

En dehors du Morbihan et de quelques départements bretons, où ils sont même peu nombreux, les cromlechs, qui ne se rattachent pas à ceux de dimensions plus petites qui entourent certains dolmens ou tumulus, sont très rares. Nous pouvons pourtant citer encore dans le Midi de la France, les deux enceintes circulaires que M. A. Munier a signalées en 1871, sur la colline de La Gardiole, bien qu'elles soient de dimensions un peu moindres que celles de Ceyrac (commune de Conqueyrac, dans le Gard).

 

Le Pioch de Roumanis, qui s'élève à l'extrémité de cette petite chaîne de collines, en face de l'étang de Thau, présente deux contreforts. Sur celui de l'Est, à quelques mètres au-dessous du sommet du pic, on peut reconnaître une double enceinte de dalles dressées, dont la plus grande a 60 mètres de diamètre. La plus petite, située au centre de celle-ci, a environ 10 mètres.

Sur le contrefort Nord, qui forme une seconde pointe séparée de la principale par un ravin profond, et qui porte le nom de Pioch de la Perdigahère, on voit quelques indices moins bien caractérisés d'une autre enceinte. À proximité de deux carrières, dans un site peu accessible, les pierres qui l'encombraient sont placées tout autour et forment comme une enceinte. Lors de sa découverte, le sol était jonché de fragments de silex, de galets et de débris de poterie grossière ainsi qu’une belle pointe de flèche.

 

Ces deux enceintes sont distantes d'environ 200 mètres l'une de l'autre. Dans l'intérieur de toutes les deux, on peut ramasser à la surface du sol des éclats de silex et des fragments de poterie grossière.

Le cercle intérieur de celle du Pioch de Roumanis, rappellerait la disposition des cercles de pierres de l'îlot de Er-Lanic, au Sud de Gav'rinis (Morbihan), dans l'intérieur desquels on a trouvé des poteries néolithiques, des silex taillés, des haches polies, etc.

Si on rapproche cette circonstance de celle que de petits cromlechs entourent les dolmens du midi de la France, on serait porté à attribuer aux cercles de pierres un âge qui se rapprocherait de la fin du néolithique. Mais les dalles employées dans les grands cercles isolés offrent un aspect moins colossal, moins rude que celles des dolmens. Elles sont moins épaisses, et il semble quelles aient subi une sorte de travail pour les amener à une épaisseur presque uniforme et a une forme d'apparence rectangulaire. Il paraît donc logique de penser que ces cercles ont plutôt suivi que précédé ceux qui entourent les dolmens. On est donc tenté de les rajeunir, et de les rapprocher plutôt des cromlechs qui entourent certains tumulus des Pyrénées de l'époque Hallstattienne, sans cependant arriver à les rajeunir outre mesure. Tout concourt à suggérer qu'ils sont d'une époque qui doit confiner aux derniers temps de la protohistoire ou même aux premiers temps historiques. Cela paraît ressortir surtout de l'analogie de la disposition de leurs portes, avec celles des villes Étrusques et de la Rome la plus ancienne, ainsi que de l'examen de leur destination probable.

À l'époque du paganisme, les résolutions des juges étaient données sur les montagnes où se trouve l'enceinte. C'est dans celle-ci que se rassemblaient alors les habitants du canton pour leurs réunions officielles ou judiciaires. Ces réunions, dans des lieux consacrés pour les actes de la vie politique et judiciaire, paraissent avoir été d'un usage général chez les vieilles populations, à mesure que l'autorité primitive des chefs de famille ou de groupes disparaissait devant un effort de concentration qui tendait à lui substituer celle de tribunaux locaux ou d'une assemblée générale présidée par un magistrat élu.

II est assez naturel de penser que nos enceintes de Ceyrac ou de la Gardiole doivent être fixées à une époque où le travail de concentration politique et judiciaire venait de s'effectuer chez les populations de nos pays. Or, les historiens anciens nous apprennent que les Volques avaient des assemblées délibérantes, qu'ils appelaient conventus, et qu'en reconnaissant la domination romaine, les Volques conservèrent l'usage de leurs propres lois sous leurs magistrats. Ces assemblées délibérantes existaient donc déjà auparavant et depuis longtemps. Peut-être même en avaient-ils trouvé l'usage établi chez les populations indigènes (influencées et/ou composées d’Ibères et Ligures) lorsqu'ils étaient venus se fixer au milieu d'elles, vers le -Vè siècle.

 

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fr 15/08/2015 17:54

bah, y a kedalle à part de la caillasse, c sec comme 1 os....

Collectif des 12 Singes 10/09/2015 13:06

en tout cas, avant, y avait !