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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

La voie héracléenne venant d'Espagne, traversait les Pyrénées, longeait le littoral de la Méditerranée, au-dessous de Nemausus (autre ville dont la tradition attribue la fondation à Hercule) et se dirigeait vers les Alpes qu'elle franchissait par le col de Tende (« ouvrage prodigieux, dit Amédée Thierry, par sa grandeur et la solidité de sa construction, et qui plus tard servit de fondement aux voies massaliotes et romaines »)

La voie héracléenne venant d'Espagne, traversait les Pyrénées, longeait le littoral de la Méditerranée, au-dessous de Nemausus (autre ville dont la tradition attribue la fondation à Hercule) et se dirigeait vers les Alpes qu'elle franchissait par le col de Tende (« ouvrage prodigieux, dit Amédée Thierry, par sa grandeur et la solidité de sa construction, et qui plus tard servit de fondement aux voies massaliotes et romaines »)

 

Héraclès, Hercule, le fameux prodige et héros de l’Antiquité, était venu dans l’Hérault : il traversa la région en revenant du jardin des Hespérides. Il faut toutefois remarquer que, très tôt, il se produit une confusion et bientôt un amalgame entre deux figures d'Héraclès, celle du héros grec bien connu et un autre Héraclès dont témoigne Hérodote, l'Héraclès libyen ou tyrien. Selon certaines sources, c'est ce dernier Héraclès qui serait venu en Gaule et serait l'ancêtre des Gaulois.

Diodore de Sicile a conté dans son "Histoire Universelle", la légende de l'Hercule Tyrien, dieu protecteur de la cité où il était adoré sous le nom de Milcarth (selon les colonies phéniciennes établies sur le littoral de la Celto-Ligurie). Ce dieu, conquérant pacifique et voyageur infatigable, avait parcouru la Grèce, l'Afrique, l'Espagne, traversé les Pyrénées, puis parcouru le Sud de la Gaule. Telle est, du moins, la légende orientale, conforme d'ailleurs à celle qui avait cours en Gaule, quand les Romains en firent la conquête.

Pour son 10è travail, il est chargé par Eurysthée de ramener le troupeau de Géryon en Grèce. Géryon est le fils de Chrysaor et de Callirrhoé. Petit-fils de Méduse, il était un redoutable géant qui habitait sur l'île Érythie des mythiques Hespérides, à l'extrême Ouest de la Méditerranée (à proximité de Cyrène ou Benghazi en Libye, ou l'Atlas en Afrique du Nord au bord de l'encerclement Oceanus, le monde de l'océan). Une génération plus tard, les esprits Grecs plus littéraux l’ont associé à la région de Tartessos, dans le Sud de l’Ibérie.

 

Doté de trois têtes, six bras et trois corps joints à la taille, il fut tué par Héraclès qui put ainsi s'emparer de son troupeau de bœufs. Le héros revient alors à Tartessos en embarquant dans la coupe d'or du Soleil. Puis il entreprend de revenir en Grèce avec le troupeau : il doit alors traverser l'Espagne, la Gaule et l'Italie. Héraclès fait le tour du bassin Méditerranéen en utilisant les voies terrestres existantes et donne son nom à la route légendaire décrite par les grands chroniqueurs grecs tels que Polybe.

Il traverse d'abord l'Ibérie, puis la Celtique, où Alésia est une fondation du héros. Poursuivant son périple, le héros suit la côte méditerranéenne et parvient dans la plaine de la Crau, en Ligurie sur les bords du cours inférieur du Rhône. Région déserte à l'Est des Bouches du Rhône, il a à subir une lutte terrible contre les Ligyens/Ligures, peuple farouche comme le souligne Diodore de Sicile. Le héros doit combattre contre Albion et Bergion (ou Albion et Dercynon), fils de Poséidon qui veulent lui ravir ses vaches, et, comme il a épuisé ses flèches étant épuisées et lui-même sur le point de défaillir de fatigue, il implore l'aide de Zeus qui fait pleuvoir une grêle de pierres dont il peut se servir contre ses ennemis. Il franchit les Alpes, traverse la Tyrrhénie, arrive à Rome, où il triomphe de Cacus, parvient dans la région de Cumes, où il soutient une lutte contre les Géants dans les champs Phlégréens, construit la chaussée qui séparait autrefois de la mer le lac des Avernes et des Lucrins. Aux environs de Rhégium, un de ses taureaux s'échappe et l'entraîne à sa poursuite en Sicile, qui est pleine de ses exploits et des souvenirs qu'y laissa son passage.

 

 

Un certain nombre de légendes se rapportent au passage d'Héraclès en Gaule. Ces traditions font même voyager le conquérant tyrien dans l'intérieur de la Gaule et nous le représentent domptant les farouches habitants des montagnes, détruisant l'autorité absolue des chefs de tribus et la remplaçant par des gouvernements aristocratiques et plus doux, fondant la célèbre cité d'Alésia, sur le territoire des Éduens, adoucissant leurs mœurs et leur dictant des lois justes et sages.

Il va de soi que lorsqu'on se réfère aux dates d'installation des Celtes, elles n'ont aucune valeur historique : elles témoignent seulement de la popularité du héros. L'une d'entre elles fait d'Héraclès le père d'un certain Celtos, ancêtre des Celtes. Une autre en fait le fondateur d'Alésia et le père d'un Galatès, ancêtre des Gaulois ! On peut s'étonner d'une telle constance à vouloir faire absolument du fils de Zeus l'ancêtre fondateur : il ne faut pas oublier qu'il passe, dans l'esprit des Anciens, pour le héros civilisateur par excellence. Dire que les Celtes sont des descendants du héros, c'est dire que, parvenus à la Méditerranée, ils ont atteint la civilisation.

 

Le culte d'Héraclès semble avoir été divers selon les régions, et le nom de « Voie héracléenne » que l'on donne à ce qui deviendra plus tard la voie Domitienne atteste combien le héros était honoré dans le Sud de la Gaule. L'image d'Hercule comme divinité de la force est assez superficielle en Gaule : il apparaît plus comme un dieu bienfaisant et ses travaux sont l'expression de cette générosité.

On trouve de nombreux lieux de culte dédiés à Héraclès, notamment des sources, comme à Glanum ou à Nîmes. Nîmes, la capitale des Volques Arecomices existait bien avant la venue des Romains ; son nom vient de Nemausus, un dieu local. Certains conteurs, comme Béranger-Féraud, en ont fait un lieutenant d'Héraclès ! Il développe ainsi le conte : « (Héraclès) leur apprit à planter et à semer les végétaux utiles à l'existence, il leur montra comment on bâtit les maisons, comment on tisse les vêtements, comment on organise les cités pour se défendre contre les malfaiteurs et les brigands de grand chemin ; de sorte qu'en peu d'années le pays fut transformé... ». D'autres ont fait de Nemausos le fils d'Héraclès, attribuant cette origine à Parthénios de Nicée (chez qui, il est vrai, le nom de « Nemausos » apparaît).

À Glanum et surtout à Deneuvre, il est lié aux sources ; quand il apparaît avec un serpent, il est considéré comme un dieu guérisseur. Le site de Deneuvre (Meurthe-et-Moselle) correspond à une importante bourgade gallo-romaine. On y a découvert, en 1974, un sanctuaire dédié à Hercule. Des fouilles ont permis de mettre au jour un ensemble de cinq bassins rituels alimentés par deux sources à l'aide de canalisations en bois ou en pierre. Ces bassins étaient entourés d'une centaine de stèles à l'effigie d'Hercule, placées là comme ex-voto par les pèlerins du sanctuaire et semblant servir de délimitation à l'espace sacré de celui-ci. Taillées dans le grès local, ces stèles représentent le dieu avec ses attributs traditionnels (massue, peau de lion).

 

Bientôt, l’Héraclès déjà composite sera confondu avec d'autres figures, celles des dieux gaulois Ogmios et Smertrios. D'une manière toute étonnante, Lucien de Samosate nous révèle que les Gaulois adoraient un dieu qu'il assimile à Héraclès. Il s'agit du dieu Ogmios (ou Ogma). Le dieu est habituellement représenté comme un vieillard très avancé, dont le devant de la tête est chauve ; les cheveux qui lui restent sont tout à fait blancs ; la peau est rugueuse, brûlée jusqu'à être tannée comme celle des vieux marins. On pourrait le prendre pour un Charon ou Japhet des demeures souterraines du Tartare, pour tout enfin plutôt qu'Hercule. Mais tel qu'il est, il a l'aspect d'Hercule : il porte suspendue la peau de lion et il tient dans sa main droite la massue ; le carquois est fixé à ses épaules, la main gauche présente un arc tendu. On pourrait croire que c'était par haine des dieux helléniques qu'on avait pensé à un pareil outrage aux formes du dieu, qu'on voulait se venger, par la représentation figurée, de son invasion dans ce pays et de ses rapines, alors qu'en quête des troupeaux de Géryon, il visitait en vainqueur la plupart des pays occidentaux. Mais il y a plus étrange dans cette représentation : de la langue percée de cet Héraclès vieillard sortent des fils d'or qui attirent un grand nombre d'hommes qui se pressent autour du dieu, attachés par les oreilles et ayant pour liens des chaînettes d'or et d'ambre qui ressemblent à de très beaux colliers. En dépit de leurs faibles liens, ils n'essaient pas de fuir, bien que cela leur soit facile ; loin de résister, de se raidir et de se renverser en arrière, ils suivent tous, gais et contents, leur conducteur, le couvrant de louanges, cherchant tous à l'atteindre et, en voulant le devancer, desserrent la corde comme s'ils étaient étonnés de se voir délivrés. Le dieu se retourne vers eux en souriant. En fait, les Celtes représentent l'éloquence, non comme les Hellènes par Hermès, mais par Hercule car il est beaucoup plus fort. Si on lui a donné l'apparence d'un vieillard, c’est que seule l'éloquence arrive dans sa vieillesse à maturité, si toute fois les poètes disent vrai : « L'esprit des jeunes gens est flottant mais la vieillesse s'exprime plus sagement que la jeunesse ». Il ne faut donc pas s’étonner de voir l'éloquence représentée sous forme humaine par un Hercule âgé, conduire de sa langue les hommes enchaînés par les oreilles : ce n'est pas pour insulter le dieu qu'elle est percée, c’est parce que les bavards ont tous le bout de la langue percé. Enfin, c'est par son éloquence achevée, pensent les Celtes, qu'Hercule a accompli tous ses exploits et par la persuasion qu'il est venu à bout de tous les obstacles. Les discours sont pour lui des traits acérés qui portent droit au but et blessent les âmes, les Grecs eux-mêmes disant que les paroles sont ailées.

Le dieu celte est un dieu "fort", capable d'exploits comme Héraclès, mais doué aussi d'expérience et rempli de sagesse. C'est pourquoi il apparaît comme un dieu âgé - cela, à la différence d'Héraclès. L'image de l'Hercule gaulois devient alors un "emblème" : la force de la parole est supérieure à celle des armes, d’autant plus que l'on a reconnu aux Gaulois, depuis Caton, un art supérieur de la parole.

Cependant, le héros grec connaît un grand succès en Gaule, sans doute parce qu'il a découvert ces dieux proches : Ogmios mais aussi Smertrios. Car les Gaulois possèdent un dieu destructeur de monstres, dont le nom signifie le Pourvoyeur, Smertrios. Sur le bas-relief du Pilier des Nautes, nous le voyons, armé d'une massue menacer un serpent dressé devant lui.

 

 

Vainqueur et bienfaiteur tout à la fois de ces peuplades sauvages, Hercule voulut pousser plus loin ses pacifiques conquêtes. La légende se confond avec l’Histoire. La légende attribue à Héraclès « patron des géomètres » la création du premier grand itinéraire à travers tout le Sud de la Gaule. Le premier à l'avoir mentionnée est Aristote qui l'évoque dans un court texte du -IVè siècle.

 

En réalité, Héraclès a emprunté cette chaussée qui existait déjà sous la forme d’une piste bordée d’habitations à l’époque préhistorique, et qui fut aménagée par les Grecs puis entretenue par les Gaulois.

On trouvait tout le long de cette voie des comptoirs commerciaux fortifiés occupés du -VIè siècle au -IIIè siècle. On y a observé différentes occupations successives apparemment continues, par un peuple appelé Élisyques installés à la limite des Ibères et des Ligures. Les sites étaient des carrefours commerciaux entre des peuples commerçants de la Méditerranée (Phéniciens, Puniques, Grecs) et le peuple autochtone.

Au-delà de cette création mythique, l'archéologie et quelques récits antiques montre que ce tracé ancien a été pérennisé par les voies romaines (la Via Domitia : du Col de Montgenèvre, dans les Alpes, elle allait jusqu’en Arles, d’où elle continuait vers Nîmes et le Languedoc et le Roussillon).

Cette route venant d'Espagne, traversait les Pyrénées, longeait le littoral de la Méditerranée, au-dessous de Nemausus (autre ville dont la tradition attribue la fondation à Hercule) et se dirigeait vers les Alpes qu'elle franchissait par le col de Tende (« ouvrage prodigieux, dit Amédée Thierry, par sa grandeur et la solidité de sa construction, et qui plus tard servit de fondement aux voies massaliotes et romaines »).

 

Si nous soulevons le voile de la légende sous lequel les orientaux aiment à cacher la vérité historique, il nous est permis de voir dans l'Hercule Tyrien, non un personnage fabuleux, mais le symbole qu'il représente et de lire dans son histoire mythologique, celle même du peuple qui le considérait comme son dieu et son protecteur et il nous sera facile de reconnaître dans les courses et les conquêtes attribuées à ce héros, les voyages de navigateurs phéniciens dans les eaux de la Méditerranée et l'histoire des colonies et des établissements commerciaux de ce peuple sur le littoral de cette mer dans les diverses contrées de l'Afrique et de l'Europe.

En effet, à une époque fort ancienne et antérieure de plusieurs siècles à la fondation de Marseille par les Phocéens, nous voyons les Phéniciens déjà établis dans les îles de Chypre, de Crête, de Malte, de la Corse, de la Sardaigne et sur les côtes d'Afrique, d'Espagne, de la Gaule méridionale et d'Italie, sans parler de la Grèce où Cadmus avait bâti la ville de Thèbes bien avant la célèbre guerre de Troie. Les Phéniciens avaient abordé le littoral méditerranéen dès le -Xllè siècle et leurs comptoirs se succédaient à intervalles très serrés depuis les Colonnes d'Hercule jusqu'au pied de l'Appennin. On a retrouvé des traces de leurs établissements près du Cap Cerbère, où le port consacré à Astarté, puis à Aphrodite est devenu Portus-Veneris (Port-Vendres), à Pyrène (Banyuls), à Illiberis (Elne), à Ruscino sur la Têt (Castel-Roussillon) dont le nom semble être d'origine sémitique, au temple d'Astarté près de l'étang de Vendres (embouchure de l'Aude), dans l'île de Blasco (Brescou) près d'Agde, sur la montagne de Sète alors entourée par la mer, près de Maguelone, au temple de Melkarth sur l'étang de Berre, près du Cap Couronne à Marseille et dans les îles Phoenice (Pomégues), à Carsici (Cassis), à Héraclée (St-Gilles), à Narbonne et peut-être même à Nîmes, etc.

Les Celtes aussi avaient fondé quelques établissements sur le bord de la mer Méditerranée ; nous n'en voulons pour exemple que celui de la ville de Narbonne désignée par Hécathée, historien grec du -IVè siècle, sous le nom de « Ville et marché celtique ». Peut-être ces Celtes avaient-ils tout simplement succédé aux fondateurs phéniciens qu'ils avaient dépossédés. À leur tour les Grecs se substituèrent aux Phéniciens et s'assurèrent l'hégémonie commerciale dans la Mer Intérieure.

Quant aux Volques, essentiellement agriculteurs, ils n'occupaient guère le littoral, et il semble qu'ils se soient à peu près complètement désintéressés du trafic maritime sur leurs côtes, laissant à d'autres le soin de cette exploitation, tout en prélevant sans doute sur eux des dîmes ou des redevances.

Quoiqu'il en soit, ces villes du golfe de Lion qui communiquaient directement par la mer, les fleuves et les étangs étaient en outre reliées entre elles, par une grande voie littorale, dont l'ancienneté se perd dans la profondeur des temps les plus reculés. Les populations les plus primitives même, celtiques, ligures, ou ibériennes, phéniciennes ensuite, durent très certainement songer de bonne heure à se relier par voie de terre, par un chemin plus sûr que la mer, toujours incertaine. Ainsi, lorsque les Phocéens se furent établis solidement à Marseille, ils agrandirent les sentiers qui pouvaient leur être utiles et ils construisirent aussi de véritables routes qu'ils appelaient Odos. Elles n'avaient que la largeur suffisante pour un chariot, mais, de distance en distance, il y avait des espaces un peu plus grands où deux chariots pouvaient passer. Les Marseillais n'ont pas été dans l'usage de paver ces chemins ; ils les réparaient seulement avec des graviers.

La première de ces routes par l'étendue et l'importance, était la Voie Héraclée, dont le nom semble indiquer une origine phénicienne et qui reliait tous les ports de la côte. Le Pseudo-Aristote des "Anecdotes merveilleuses", donne sur cette route le renseignement que voici : « On dit qu'il y a une certaine route appelée Héraclée, qui conduit d'Italie jusqu'en Celtique et chez les Celto-Ligures et chez les Ibères ». (Chap. LXXXV). Cette route n'était vraisemblablement pas pavée, sauf peut-être quelques tronçons ; à vrai dire on n'en a trouvé que des vestiges insuffisants, mais on a peut-être souvent considéré comme voies romaines des routes bien plus anciennes. La Via Salanca qui passe au col de la Carbassère dans les Pyrénées-Orientales est peut-être un débris de la vieille Voie Héraclée, car cette route qui traverse les Pyrénées par un itinéraire plus long et plus fatigant que celui de Perthus, a pour unique avantage de se tenir plus près de la côte. Il y a vraisemblablement aussi un autre fragment dans le Gard au Sud de Saint-Gilles dans "la Tourrade de Montpellier", qui forme la limite des marais des Quinze Lots et de la Fosse, au midi de Canavère. Peut-être encore pouvons-nous suivre cette vieille voie sur le tracé du Cami Salinié qui passait au Sud de la Voie Domitienne et longeait les étangs par le Nord.

 

De nombreux chemins antiques ont servi d'assiette aux voies romaines, mais il ne faudrait pas croire que ces vieilles pistes, existant déjà à l'arrivée des Romains aient toujours été utilisées et améliorées par eux, sans modifications dans le tracé, surtout en ce qui concerne les grandes routes construites aux colonies. Ces voies militaires romaines avaient en effet, des buts spéciaux, différents de ceux des chemins indigènes qui reliaient simplement les villages aux villages : c'étaient surtout des voies stratégiques permettant d'aller au plus vite dans les différentes provinces.

La Voie Domitienne en particulier, est un bel exemple du tracé le plus direct. D'autre part, les connaissances techniques des ingénieurs romains leur permettaient la construction de ponts hardis et l'exécution de travaux soignés, capables de triompher des obstacles que les constructeurs primitifs étaient obligés de contourner, allongeant ainsi les tracés. Il ne faut donc pas, à l'époque qui nous occupe, un siècle avant la conquête romaine, prendre trop à la lettre les itinéraires suivis plus tard par les voies romaines.

 

Les chemins gaulois sans ressembler même de loin aux véritables monuments que constituaient les voies romaines avec leur triple couche de Statumen, nudus et nucléus, devaient être assez régulièrement entretenus pour permettre l'usage que nous connaissons de chars tels que l'essedum, le carpentum, la benna, la carruca, la reda ou le petoritum. Tout cela ne va pas sans une viabilité développée. Enfin, un des signes les plus probants d'une vicinalité sérieuse et entretenue avec soin, c'est l'existence d'une mesure itinéraire parfaitement définie et d'un usage si répandu dans tout le pays que les Romains la prirent comme unité pour le bornage de leurs voies.

La lieue (leuga) devait en effet avoir servi à des mesures exactes, puisque les conquérants conservèrent sa longueur au lieu d'en fixer un dont le mille romain fut une fraction simple. On peut, au moyen des quelques distances que les itinéraires donnent à la fois en lieues et en milles, établir un rapport simple entre les unes et les autres et retrouver aujourd'hui la valeur exacte de la lieue gauloise.

Nous pouvons donc admettre l'existence dans la région méditerranéenne au temps d'Annibal (-218) d'au moins deux itinéraires parallèles : le premier par la Voie Héracléenne, passait à Ampurias, Rosas, Collioule, Port-Vendres, Ruscino, Agde, Sète, Héraclée, Arles ; le second suivait approximativement le tracé de la future Voie Domitienne par Gérone, Figuéras, la Junquera, le Perthus, le Boulou, Narbonne, Pont-Serme, St-Thibéry, Loupian, Montbazin, Substantion, Ambrussum, Uchaud, Nîmes, Beaucaire. Ces deux routes pouvaient du reste, avoir en quelques endroits, quelques points de contact, qui ont fait croire à certains auteurs que la Voie Domitienne était établie sur l'ancienne route phénicienne, mais entre Sextantio (Castelnau-le-Lez près de Montpellier) et Théliné (Arelate-Arles) elles étaient parfaitement distinctes.

À ces deux routes principales, il faut aussi ajouter quelques déviations secondaires vers le nord, comme celles de Narbo (Narbonne), Caput Stagni (Capestang), Biterroe (Béziers) au Nord de l'étang de Capestang ; de Sextantio (Substantion), Buxedo (Boisseron), Midrium (Sommières), Anagia (Nages), Némausus (Nîmes), Mardieul (Saint-Bonnet), Tavel et Roquemaure, ou encore Mardieul-Aramon.

En ce qui concerne les cols alpins, il convient de remarquer que bien des fois, avant Annibal, les Alpes avaient été franchies : les invasions les plus connues sont celles des Gaulois Ombriens qui s'emparèrent de la Circumpadane vers le -XIIIè siècle ; celle de Bellovese qui conduisit les Gaulois sur le Pô en -587 ; de -587 à -521 se place la troisième invasion gauloise, celle des Boiens, par les Alpes Pennines, et la quatrième, celle des Lingons par les Alpes-Maritimes. Il en est d'ailleurs exactement de même pour les cols des Pyrénées. Quant au franchissement du Rhône (bien que difficile), il est matériellement possible partout.

 

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