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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

L'étang de Thau en vue aérienne

L'étang de Thau en vue aérienne

 

L'étang de Berre est le plus étendu des lacs méditerranéens, sa superficie atteignant 15 550 hectares. L'étang ou bassin de Thau (en occitan : Estanh de Taur) est deuxième et est le plus grand étang du Languedoc, d'une superficie voisine de 7 500 ha, orienté Nord-Est / Sud-Ouest. La longueur maximale entre Balaruc-le-Vieux et le lieu-dit « les Onglous », dans la commune de Marseillan, atteint plus de 19 km. La largeur minimale, entre les pointes de Balaruc et du Barrou, est de 1 300 mètres.

C'est aussi le plus profond des étangs languedociens. Ceux-ci atteignent rarement plus de 3 mètres de profondeur maximale. Dans le bassin de Thau, quelques fonds de 10 mètres existent (dans la partie centrale, entre Mèze et Roquerols) mais un tiers des fonds sont situés à plus de 5,50 mètres. La profondeur moyenne de l'étang est de 4,50 mètres. Les zones situées à plus de 7 mètres de profondeur sont parcourues par d'étranges séries de buttes (les "cadoules"), sortes de monticules ayant parfois plusieurs mètres de haut mais n'atteignant jamais la surface.

Au large de Balaruc-les-Bains, direction Bouzigues, au milieu de la baie de l'Angle, un entonnoir de 100 m de diamètre environ, le gouffre de la Bise (ou de la Vise), montre une profondeur de 30 mètres : on l'appelle l’Abysse (abîme). C'est une résurgence bouillonnante d'eau presque douce à température constante (21°C) qui draine une partie des eaux souterraines de toute une zone de collines calcaires jurassiques du Nord-Ouest (Montagne de la Moure, Causse d'Aumelas). Elle est variable dans son débit, quoique continue, qui est de l'ordre de 300 litres/seconde, représentant 9,5 millions de m3 annuels. En hiver, cette source thermale sous-marine est le rendez-vous de nombreux poissons.

Sa grandeur et ses profondeurs, qui le distinguent des étangs de la région, s'expliquent par la géomorphologie du secteur : il est le synclinal (pli concave dont le centre est occupé par les couches géologiques les plus jeunes) d'un plissement dont l'anticlinal est la montagne de la Gardiole au Nord-Est. L'étang de Thau est une lagune séparée du Golfe du Lion par un cordon de sable littoral accroché au Sud-Ouest au volcan basaltique d'Agde, au Nord-Est à l'îlot jurassique du mont Saint-Clair, ou montagne de Sète, que des effondrements locaux ont séparé de l'extrémité Sud-Ouest de la Gardiole. Il s’agit d’un véritable bras de mer profond ayant envahi les effondrements côtiers, correspond à la partie submergée du synclinal Fabrègues-Montbazin.

 

Selon les situations géographiques et les phénomènes naturels qui s'y manifestent, la nature du fond de l'étang présente de grandes variations. Il existe ainsi des fonds sableux, des fonds vaseux, des fonds rocheux et beaucoup d'intermédiaires. Les zones rocheuses sont rares (Rocher de Roquerols entre la pointe du Barrou et Balaruc, pointe du Barrou, quelques points de la côte Nord). Ailleurs le sédiment présente une granulométrie décroissante du bord au large, c'est-à-dire que la taille moyenne des grains et particules diminue au fur et à mesure de l'éloignement des rives (sables sur les rives et vases dans les fonds).

De la même manière, la composition chimique des sédiments est variable selon les lieux. Les sables de la côte Sud (en contact avec le Lido) présentent une proportion plus importante de quartz (le sable du Lido en contient 70% environ) apportés par les courants marins. Les sables de la côte Nord sont davantage constitués de particules calcaires et de débris coquilliers.

 

 

Adossée à l'extrémité Sud de la chaîne jurassique de la Gardiole, allongée du Nord-Ouest au Sud-Est, cette portion de la plaine littorale, couverte de vignes, se développe sur un socle miocène au faible modelé qui laisse place au contact du rivage à des formations d'âge pliocène. Elle est quadrillée par un réseau hydrographique complexe qui a donné naissance à une mosaïque de bassins versants, aux dimensions très variables.

 

Le rocher de Roquerols, entre les pointes de Balaruc et de Barrou, contribue à diviser l'étang en deux compartiments : au Nord-Est le petit étang des Eaux-Blanches, près de Sète et Balaruc-les-Bains (600 hectares : 3,5 km sur 2,7 km) puis l'étang d'Ingril à Frontignan, au Sud-Ouest le Grand Étang du Bagnas, rectangle long de 19 km sur 5 km de largeur moyenne (partie centrale et occidentale de 6 900 ha).

 

 

Le volume des eaux contenues dans l'étang (surface X profondeur moyenne) peut être évalué à 340 millions de m3. En fait, cette masse d'eau subit des apports et des pertes diverses.

L'alimentation en eau s'effectue principalement par les précipitations (avec 640 mm d'eau par an en moyenne, l'étang reçoit donc du "ciel" chaque année, environ 48 millions de m3 d'eau) et les eaux de ruissellement. Les ruisseaux qui se jettent dans l'étang de Thau sont petits et peu nombreux (Vène, Aygues Vagues, Joncas, ...). Ils ont un débit intermittent selon le régime des pluies et sont en général secs l'été (l'étang ne paraît pas en voie de colmatage, sans doute parce qu'il ne reçoit pas de rivière importante et se trouve ainsi pratiquement soustrait à l'alluvionnement). L'apport des ruisseaux peut être estimé à 30 millions de m3 par an recueillis sur un bassin versant de 35 000 ha environ. De plus, une partie de l'eau recueillie dans le Bassin versant de Thau s'infiltre et alimente les nappes souterraines, elles-mêmes en communication probable avec l'étang.

La marée, quoique peu importante en Méditerranée, fait alternativement rentrer et sortir de l'eau de mer. Le changement de niveau d'eau dans l'étang s'évalue entre 1 et 5 centimètres. Deux fois par jour sont ainsi échangés entre 750 000 m3 et 3,75 millions de m3 d'eau. Mais d'autres phénomènes sont responsables des communications d'eau entre mer et étang. Les vents du Nord et du Nord-Ouest, dominants ici, font "sortir" l'eau de l'étang (avec des courants atteignant 50 cm par seconde dans les canaux et des volumes maximum de 540 000 m3 à l'heure), mais le niveau de l'eau monte lorsque souffle le vent de la mer.

 

L'évaporation constitue le principal facteur responsable des pertes d'eau. Les températures annuelles très élevées ici (la température de l'eau varie entre 0°C et 24°C) alliées aux vents fréquents (qui augmentent l'évaporation) entraînent l'évaporation d'une colonne d'eau évaluée à 1 250 mm par an. Annuellement c'est donc 94 millions de m3 d'eau qui retournent à l'atmosphère.

 

Tous ces phénomènes, complexes, complémentaires ou opposés, font varier le niveau d'eau dans l'étang (en général, situé légèrement au-dessus du niveau de la mer). Les mesures ont montré qu'entre le plus bas et le niveau le plus haut, l'amplitude pouvait atteindre 1 mètre (en hiver) !

 

 

La salinité évolue au cours de l'année (faible de février à juin, plus forte de juillet à janvier). La densité de sel à la surface est de 1,0298, alors qu’elle n'est que de 1,0192 à l'étang de Berre et que la moyenne au large de la Méditerranée atteint 1,0303.

Les eaux de l’étang sont bien oxygénées. Elles ne reçoivent d'eau douce que de quelques petits cours d'eau : le Valat (est un torrent, ou un vallon, ou un ruisseau encaissé en langage cévenol), la Pallas (Pallas Athéné : Athéna la Sage), le Joncas, la Vène (de la racine pré-indo-européenne ven qui veut dire "montagne"). Il est en fait sous la dépendance de la Méditerranée.

 

L’étang de Thau communiquait autrefois avec la Méditerranée par trois graus, Rieu, le Pisse Saumes et Quinzième à Marseillan-Plage (bouché actuellement). Les graus (« estuaire » ou « chenal » en occitan, du latin « gradus » signifiant « pas, degré » ou du gallo-roman d'origine gauloise « grauus » signifiant « grève, rivage sablonneux, plage ») sont des espaces marquant une communication entre les eaux de la mer et les eaux intérieures ; un grau s'ouvre au point le plus faible du cordon littoral, à l'occasion d'une crue ou d'une tempête. Les eaux des graus, mi-douces mi-salées, sont généralement très poissonneuses.

 

 

Le rivage septentrional de l’étang de Thau jouit de conditions tout à fait analogues à celles du reste de la plaine languedocienne. Il échappe aux mauvaises conditions du reste du littoral : Marseillan, Mèze, Bouzigues et Balaruc en fournissent la preuve. Ces avantages ont permis à la population riveraine de l'étang particulièrement sensible aux excitations du milieu de développer une activité intense et variée qui s'inscrit dans un paysage très évolué.

La pêche littorale et l’exploitation des salines sont des sources notables de richesse, particulièrement sur les bords de l’étang de Thau.

L’activité des pêcheries autour de Sète et dans l’étang de Thau est une survivance de l’ancienne vie littorale.

En effet, malgré l’insécurité du golfe du Lion et malgré l’absence de havres propices, la pêche fournit aux populations riveraines des ressources importantes. Tous les étangs ne sont pas également bien partagés de ce point de vue, mais l’étang de Thau - grâce à sa profondeur et à la permanence de ses communications avec la mer - se trouve spécialement favorisé. On y pêche des soles, des barbues, des muges, des sardines.

La pêche au poisson dans le Thau s’effectue pendant la nuit.

Chaque pêcheur opère monté sur sa nacelle, embarcation à fond plat longue de 5 à 6 m, muni de sardinaux et de trémails pour explorer la crique de l’Angle et les rochers de Roquerols. Il prend les gros poissons (loups, muges) au moyen d’un harpon à plusieurs dents, la "fichouire".

 

En raison de la nature de ses fonds, l’étang de Thau offre des ressources en fruits de mer.

Les gisements naturels d'huîtres et de moules ont toujours existé dans l'étang de Thau (dans les stations préhistoriques du littoral, des quantités de valves de moules et quelques écailles d'huîtres ont été trouvées), comme sur toutes nos côtes. Entre Bouzigues, Mèze et les salines de Villeroi, se dressent plusieurs centaines de formations madréporiques, d'origine exclusivement marine, et que nous signalons parce que ce sont les régions particulièrement peuplées en huîtres et en clovisses.

Un tiers de l'étang est occupé, vers son centre, dans le triangle compris entre Bouzigues, Mèze et le château de Villeroi, par des hauts-fonds de 4 m, 3 m et même 2,60 m d'eau, se présentant soit en plateformes étroites, planières, soit en troncs de cônes et aiguilles, appelés cadoules ou taus, entourés de creux vaseux profonds de 10 à 11 m. Ces bancs ont été édifiés par des annélides tubicoles, principalement par des serpules dont les tubes enchevêtrés servent de support et d'abri à une riche faune de mollusques, notamment une huître indigène (Ostrea edulis). L’huître, très ancienne dans le golfe du Lion, était ouverte à l'aide d'un couteau pointu en creusant l'épaisseur de la valve (selon la technique habituelle des habitants de l'étang de Thau, les autres chauffant le mollusque jusqu’à ouverture).

Dans les profondeurs vaseuses autour des cadoules vivent des clovisses (Tapes virgineus) et, sur les sables calcaires des planières, des palourdes (Tapes decussatus). La cueillette de ces coquillages se fait à l'aide d'une perche longue de 7 m avec un râteau armé de dents et muni d'un filet collecteur (arselière) pour les clovisses, d'une espèce de fourchette pour les palourdes ou d'un grappin pour les moules et les huîtres. La cueillette du coquillage, très productive, est très fatigante car l’arselière est un instrument fort lourd aussi la plupart des pêcheurs d’huîtres et de clovisses ont-ils des hernies. On trouve également des crustacés, crevettes et crabes. Signalons aussi la présence d’oursins comestibles sur les rochers de Roquerols.

Du fait de cette consommation de fruits de mer, la côte et les plaines littorales connaissaient les fièvres, la leishmaniose, les leptospiroses et surtout la typhoïde "coquillière", qui resta longtemps importante tout autour de l’étang de Thau.

 

L’influence de la mer s’exerce encore d’une autre façon sur l’activité humaine : l’exploitation des salines emploie de nombreux bras dans la partie méridionale du Grand- Étang.

 

 

L’origine du nom de Thau est très difficile à départager. Certains donnent une origine ligure, d’autres grecque bien sûr, vue la proximité d’Agathé Tiché (Bonne Fortune en grec). Si l’on en croit les auteurs, les Grecs nommaient l’étang Taphron, la racine Taphros évoquant un chenal, une passe. Les étangs servaient déjà de voie de communication où alternaient chenaux et étangs. Pour d’autres, le Taphrum d’Avienus concernerait la passe entre la presqu’île du Barrou et l’île de Rouquairol. Ces passes permettaient aux étangs de communiquer entre eux et cette originalité géographique retenait déjà l’attention des Anciens. Pline l’Ancien et Pomponius Mela au premier siècle appelaient cet ensemble Stagna Volcarum, c’est à dire les lagunes des Volques. Les spéculations allèrent bon train Taphrum, Taurum, Taur, Tau et enfin Thau (on écrivait encore Tau au XVIIè, comme au XIIè).

D’autres, en réaction à cette interprétation, affirmèrent que le nom était en rapport avec l’étang près de la montagne, Tauri Stagnum, Taur en celtique signifierait montagne. Par analogie, Lateroe Stagnum pour l’étang de Lattes signifierait l’étang de la plaine.

D’autres croient que ce nom de Taur a été donné par les Anciens pour signifier l’impétuosité du taureau, tant les colères de l’étang sont parfois sévères. Des monnaies grecques présenteraient l’empreinte du lion, Sinus Leonis, Golfe du Lion, ou du taureau, Tauri Stagnum, pour peut-être l’étang de Thau, près de l’important comptoir grec de la Méditerranée Nord Occidentale, Agathé, Agde aujourd’hui.

 

 

La connaissance historique de l’Étang de Thau s’est développée depuis que les archéologues subaquatiques se sont référés à une légende datant du IVè siècle. En effet, un poète et géographe romain du nom de Rufus Festus Avienus dans un écrit nommé Ora maritima parle d’une cité du nom de Polygium, alors « pauvre et petite cité barbare ». Avienus effectuait un périple massaliote et décrivait avec précision l’étang de Thau appelé Taurus Palus, voisin du fleuve Oranus séparant les Ligures des Ibères. La montagne de Sète est également évoquée, Mons Sétius, qui s’étale jusqu’à Taphrum.

 

Dès le début des années 1970, des plongeurs recherchent cette cité engloutie et la découvrent à Balaruc-le-Vieux. L’étang de Thau était donc peuplé de cultivateurs dès le Néolithique. Malgré la montée des eaux le site restera occupé jusqu’à l’Âge du Fer. Des cultivateurs plus que des pécheurs occupaient ce site mais aussi des éleveurs, en témoigne la découverte de vaisselles servant à la confection des fromages. Il s’agissait non pas d’une citée lacustre mais d’une ville engloutie par la montée des eaux du sub-boréal, site occupé de -3 500 jusqu’au premier ou deuxième siècle de notre ère.

Les fouilles subaquatiques récentes dans l'étang de Thau ont permis non seulement de découvrir des documents du Néolithique Moyen-Final et de l'Âge du Cuivre, mais aussi des témoins de type d'occupation "palafittique".

 

 

Ce n'est qu'au milieu du Néolithique (époque Chasséenne), que l'Homme semble s'installer près de l'étang. Probablement pêcheurs, les chasséens n'occupaient peut-être les rives de l'étang que temporairement.

 

Administrativement, l'étang est partagé entre les huit communes riveraines : Sète, Frontignan, Balaruc-les-Bains, Balaruc-le-Vieux, Bouzigues, Loupian, Mèze et Marseillan.

Chaque commune aura son Histoire intégrée, à venir …

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