Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation du Collectif des 12 Singes

 

Nous sommes un Collectif
d’écriveurs autoédités.

Pour nous suivre, connectez-vous à facebook et/ou twitter

Tous nos textes sont présentés sur http://Collectif12Singes.over-blog.com et nos livres ont une version eBook : "Lendemain du Grand Soir" ; "La philosophie south-parkoise, ça troue le cul !!!" ; "Bouquin Coquin et Taquin d’une Catin et d’un Libertin" ; "Photograffi(ti)es d’Expressions Murales : Pierres Philosophales"

*** TÉLÉCHARGEMENT ***

*** COMMANDE ***

 

L’idée, pour Partager auprès du plus grand nombre et facilité la lecture, est de mettre à disposition les contenus synthétisés par nos soins, puis les internautes le désirant peuvent télécharger les pdf illustrés ou commander les livres papier imprimés par un professionnel

 

  1. Téléchargement pdf
    illustré

     
  2. Commande livre papier personnalisé

 

 

COMMANDEZ NOS
LIVRES CRÉATIFS

Publié par Collectif des 12 Singes

Chenille de la piéride du chou parasitée par des larves de la guêpe Cotesia glomeratus, qu’elle a nourries de sa chair et qu’elle protège de son corps

Chenille de la piéride du chou parasitée par des larves de la guêpe Cotesia glomeratus, qu’elle a nourries de sa chair et qu’elle protège de son corps

Une chenille dévore une feuille de chou et déclenche une alarme. La plante libère des produits chimiques dans l’air, signalant qu’elle se fait attaquer. Cette alarme est interceptée par une guêpe qui pique la chenille et y implante ses œufs.

 

Les guêpes hyménoptère Braconide [Apanteles (Cotesia) glomeratus] adultes sont de petite taille (environ 7 mm), sont noires et ressemblent à des fourmis volantes ou à des minuscules mouches. Les adultes s'accouplent et les femelles pondent des œufs immédiatement après être sortis de leurs cocons. La guêpe ne fournit aucune vésicule vitelline avec réserve de matière nutritive : l’odeur des feuilles de chou abimées la guide vers les jeunes chenilles de la piéride du chou, ses utérus de substitution. La piéride du chou est un papillon blanc marqué de noir. Ses chenilles, vert jaune et couvertes de points et de stries noirs, sont gourmandes et vivent en groupes. Les œufs sont déposés dans ces larves (de préférence au premier stade larvaire) de chenilles peu de temps après l'accouplement.

La guêpe pond ses œufs (environ 20-60 par larve, son antenne détectant également celles déjà parasitées et les laisse de côté) dans l’espace vide entre la peau des chenilles et leurs boyaux, en injectant également une substance très riche (hémolymphe pour la transmission de messagers chimiques). Pour contrer le système immunitaire de la chenille, les œufs de la guêpe (seul être vivant à faire ça) utilisent une arme biologique, un virus présent dans son ADN (qui s’est reproduit dans les ovaires de la guêpe mère) qui recouvre les œufs quand ils sont pondus dans la victime, qui fonctionne comme le VIH en neutralisant les cellules immunitaires protectrices des invasions extérieures (en perturbant également le système hormonal de son hôte, le virus lui atrophie ses organes sexuels : castration chimique). La chenille se développe selon les besoins de ses squatteurs. Après quatre jours, la chenille hôte a quadruplé de volume, après douze jours elle est obèse (pas que de la graisse, les larves de guêpe représentant 1/3 du poids de la chenille). Le corps de la chenille protège ces parasites du monde extérieur pendant qu’eux se nourrissent de son sang très nutritif. D’autres larves parasites habitent le corps de la chenille, les œufs de la Cotesia rubecula dont les mandibules tentent de détruire les autres envahisseurs. Ceux-ci sont plus gros et plus nombreux, dotés également d’une arme chimique qui prive leurs rivales d’oxygène. Après deux semaines, les larves utilisent des crocs acérés uniquement là pour percer la peau épaisse de la chenille, produisant un produit chimique qui paralyse la chenille. Sorties, les larves se tissent des cocons de soies pour leur ultime métamorphose. Elles peuvent alors se faire parasiter par d’autres guêpes, mais la chenille blessée les protège : elle tisse le cocon dont elle aurait normalement besoin elle-même au-dessus des larves de guêpe leur donnant ainsi une protection supplémentaire. En effet, le virus de guêpe a envahi le cerveau de la chenille et a altéré son comportement, et l’agressivité naturelle de la chenille est également détournée de son rôle premier, la transformant en grade du corps de ses propres parasites désormais éclos, veillant sur eux jusqu’à ce qu’elle meurt de faim. Les larves la mangent en se développant puis la quittent à sa mort pour se nymphoser en cocons se disposant autour de sa dépouille.

 

Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire. Certaines guêpes parasites sont des hyperparasitoïdes, elles ciblent d’autres guêpes parasitoïdes. Elles peuvent aussi sentir les produits chimiques de l’alarme du chou, de sorte qu’elles peuvent trouver les chenilles infectées. Quand elles le font, elles pondent leurs œufs sur les larves ou les chrysalides de guêpes qu’elles trouvent. Leurs jeunes dévorent les jeunes de l’autre qui voulait être parasites, dans un ensemble hiérarchisé.

L’hyperparasite Lysibia nana pond un œuf dans toutes les larves de guêpe ou de pupe qu’elle trouve. La Cotesia glomeratus est le meilleur choix pour être l’hôte de sa larve plus petite, elle offre moins de place pour la descendance de la Lysibia nana, mais elle en implante entre 20 et 60 dans la même malheureuse chenille. Si la Lysibia nana peut trouver l’un de ces groupes, elle peut parasiter une énorme couvée de larves de guêpe en une seule visite. Et elle peut les trouver grâce au chou. Alors que les larves parasitoïdes se développent dans une chenille, elles suppriment le système immunitaire de leur hôte et contrôlent sa croissance et son métabolisme pour leur propre bénéfice. Comme effet secondaire, elles changent aussi les produits chimiques dans la salive de la chenille et le chou réagit à ce cocktail salivaire en libérant différents mélanges de produits chimiques d’alarme. L’hyperparasite Lysibia nana est alors particulièrement attiré par l’odeur de choux qui avaient été attaqués par des chenilles parasitées par la Cotesia glomeratus, son hôte préféré.

Cotesia rubecula (autre guêpe parasitoïde de la piéride du chou) est quant à elle relativement indétectable, car elle aurait un mode furtif. Peut-être qu’elle a évolué de telle sorte qu’elle modifie à peine les produits chimiques salivaires de ses chenilles, pour ne pas se révéler aux hyperparasites.

 

Le chou est donc pris entre le marteau et l’enclume. En libérant des substances chimiques lorsqu’il est agressé, il attire les parasitoïdes, qui appellent également les hyperparasites, pouvant être des gardes du corps bien utiles ! Certains scientifiques agricoles essayent d’utiliser des produits chimiques qui simulent l’alarme de plantes pour attirer les guêpes parasites qui peuvent les aider à lutter contre les insectes ravageurs. Mais cette stratégie pourrait échouer si elle attire aussi de nombreux hyperparasites.

Et cela peut être plus compliqué. Certains hyperparasites pondent leurs œufs dans d’autres hyperparasites ! Un ennemi commun d’un hyperparasitoïde est donc un autre hyperparasitoïde. Cela peut inclure d’autres femelles de la même espèce. Une chenille peut ainsi jouer l’hôte de deux, trois, peut-être même quatre niveaux de parasites.

Commenter cet article