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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

La Montagne d'Alaric, avancée des Corbières dans la plaine, avant la reprise du relief au Minervois (https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=zRpXnMc9mISE.kLiNyDOKMzLE)

La Montagne d'Alaric, avancée des Corbières dans la plaine, avant la reprise du relief au Minervois (https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=zRpXnMc9mISE.kLiNyDOKMzLE)

 

La Montagne d'Alaric est une particularité à la fois géologique et climatique : climatique, car à la limite entre le climat méditerranéen du Narbonnais et un climat "toulousain" essentiellement de type océanique aquitain. L'on peut y observer fréquemment des ruptures climatiques évidentes, chutes de neige, de pluie ne dépassant pas le village. Géologique, car la surrection des Pyrénées provoquée par le rapprochement des plaques européennes et espagnoles provoqua au moins en trois temps le plissement, la cassure et l'élévation des couches calcaires déposées à l'ère tertiaire glissant sur le socle hercynien. Ainsi, l'on peut observer à Moux, la faille éponyme depuis le roc de Rolland jusqu'à la campagne de Didier, revisitant ainsi les différentes couches géologiques du Primaire au Tertiaire.

La montagne d'Alaric, recèle par ailleurs des trésors de botanique, dont l'Allium moly qui dit-on enchanta Ulysse par l'entremise de Circé (les gisements de Moux sont avec Montolieu uniques en France). Son nom a pour origine l'installation en 412 dans le Sud-Ouest de la France actuelle des Wisigoths, un peuple germanique qui fonda dans la région un royaume avec Toulouse pour capitale. Leur roi Athaulf (410-415) - beau-frère et successeur du roi Alaric (395-410) - y fit construire un puissant fort. La légende raconte que le tombeau du roi Alaric se trouverait dans une grotte creusée dans la montagne. Alaric étant mort en 410 dans le Sud de l'Italie, il est possible que ce soit plutôt le roi Alaric II, qui régna de 484 à 507 et qui fut le dernier monarque du royaume wisigoth de Toulouse.

 

Dernière avancée Nord des Corbières, la longue bosse du mont Alaric (d'une quinzaine de kilomètres, s'étirant d'Ouest en Est de la commune de Monze à celle de Fabrezan, sa largeur va grandissant, d'environ trois à cinq kilomètres) domine magnifiquement la plaine de l'Aude, formant un merveilleux belvédère sur l'axe Narbonne/Carcassonne et les Corbières. La montagne est bordée au Nord par la plaine alluviale de l'Aude, au Sud-Est par celle de l'Orbieu, et au Sud par le petit ruisseau des Mattes. Elle est constituée de deux barres rocheuses. La principale, Est-Ouest, d'une longueur d'une quinzaine de kilomètres, est bordée au Nord par la plaine alluviale de l'Aude qui la sépare de la montagne Noire. L'altitude de la crête va croissant d'Ouest en Est, pour culminer à l'extrémité Est au signal d'Alaric ("l’ensegno", à 597 m d’altitude). De là part la seconde barre rocheuse, de direction Nord-Est Sud-Ouest, bordée par la plaine alluviale de l'Orbieu, d'une longueur d'environ six kilomètres, et coupée en son milieu par le ruisseau des Mattes. Outre le point culminant, les principaux sommets sont le roc de l'Aigle (527 m), Miramont (507 m), le rocher de Belaussel (437,9 m).

De la boucle de l'Aude au sommet du signal d'Alaric, le promeneur peut voir défiler toute l'histoire géologique de la région : la vue est somptueuse et le regard embrasse au Nord le Massif Central, à l'Est la Méditerranée, à l'Ouest et au Sud, les Corbières et les Pyrénées.

Cette montagne est un trait remarquable du paysage de par sa forme et de par les bandes de rochers mis à nu qui la strient sur toute sa longueur, conséquence d'un bouleversement géologique.

 

 

Le voyageur, qui depuis la Méditerranée se dirige vers Toulouse, voit soudain son horizon se rétrécir à la hauteur de la Montagne d'Alaric, montagne à la fois harmonieuse et triste. Sur ces quelques hectomètres qui séparent la Montagne de l'Alaric de celle de Montbrun, depuis des temps immémoriaux, les Hommes qui se rendaient de la Méditerranée à l'Océan, les Hommes du Néolithique, les Ibères, les Celtes, les Romains, les Wisigoths... sont passés auprès de cette montagne, ils ont tous vu cette haute silhouette rehaussée par l'éclairage du soleil couchant.

Merveilleux belvédère visible depuis le pas du Loup (route de Béziers), l'Alaric a longtemps été un poste frontière clé : dominant la plaine de l'Aude, surveillant les échanges commerciaux de la Méditerranée vers l'Océan, sa situation géographique a toujours été exploitée par l'Homme. D’autant plus que, dans le Bassin tertiaire de Carcassonne, les formations de l’Ypresien de la Montagne d’Alaric contiennent de nombreux gîtes à silex.

Preuve de l’attractivité de la zone, les nombreuses grottes ont livré des traces d'occupation qui ont perduré à nos jours et la plupart des villages de ce terroir sont situés le long de la N113, qui suit la vallée de l'Aude de Lézignan à Carcassonne. Les communes la bordant, en partant du Sud-Est et en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre, sont : Camplong-d'Aude, Ribaute, Lagrasse, Montlaur, Pradelles-en-Val, Monze, Floure, Barbaira, Capendu, Comigne, Douzens, Moux, Fontcouverte et Fabrezan.

 

 

Situé dans les Corbières, le village de Montlaur se trouve dans un val délimité au Nord par la montagne d'Alaric et au Sud par la colline de la Coque. Une source au centre du village vient gonfler le ruisseau des Mattes qui se jette quelques kilomètres plus loin dans l'Orbieu.

Trois petites collines surplombent le village : le château (dont il ne reste que quelques pierres), les moulins (deux moulins dont il ne restait que le mur circulaire en pierre aujourd'hui transformés en habitation), la bergerie (un moulin et une bergerie en ruines aujourd'hui transformés en habitation).

 

La station des Picarts à Montlaur est un de ces grands villages chasséens des riches plaines alluviales du Midi de la France. Il s’agit d’un contexte culturel chasséo-bizien (Chasséen ancien) selon des associations d'indicateurs culturels qui se retrouvent dans d'autres gisements du bassin de l'Aude (camp de Poste- Vieille à Pézens, station de Mournègre-Las Pianos à Ladern, habitat de plein air de La Salle à Carcassonne ou la station d'Aussières à Narbonne). Il fait partie des sites piémontais et ligures ayant fourni de l'outillage en pierre polie.

Ce site, comme celui d’Auriac à Carcassonne, daté de la même époque, indique la place primordiale que jouait le bœuf dans l'élevage chasséen. Le bœuf est prédominant avec 45 % de la faune, le mouton occupe la deuxième place avec 36 %, toutefois, le total des ovicapridés égale celui des bœufs (le porc ne représentant qu'un pourcentage infime.

 

Ont également été découvertes des sépultures néolithiques à dalles, dont l'une d'elles a donné un crâne trépané (grattage dans un sillon circulaire circonscrivant une rondelle, l'opération est restée inachevée mais la trépanation a cicatrisée).

La trépanation faisait-elle partie d'un rite religieux ? En effet, une des pratiques étranges, qui peuvent également être liées à un aspect religieux, était la trépanation pratiquée sur les grandes Causses (certains sujets ont même été percés deux fois ; un pourcentage très élevé de ces opérations brutes, à l'aide d'une perceuse-silex, a réussi - estimé à 70%). Il convient de noter que les trépanations ont été réalisées sur les morts et les vivants, individus de tous âges, ce qui renforce l'hypothèse religieuse : le trou dans le crâne était-il destiné à permettre l'évasion de l'esprit ?, ou était-ce une intervention chirurgicale extrême ?, y a-t-il une quantité excessive de manganèse ou de plomb dans les crânes trépanés ?

Les collines du Minervois contenaient une richesse en minéraux : de la plus grande mine d'or actuelle d'Europe (Salsigne) aux dépôts anciens de cuivre et de manganèse, mines et puits, grottes et avens abondent. Cependant, l'arrivée de la métallurgie dans l'ère Néolithique final / Chalcolithique - comme avec toutes les nouvelles technologies - apporte du mauvais avec le bon. En effet, l'exposition aux poussières et fumées de manganèse ne devrait pas dépasser la valeur limite de 5 mg/m3 même pour de courtes périodes en raison de son niveau de toxicité. Le manganèse représente un risque particulier pour les enfants en raison de sa propension à se lier aux récepteurs CH-7. Un empoisonnement au manganèse est lié à une motricité réduite et des troubles cognitifs. Une forme de neuro-dégénérescence similaire à la maladie de Parkinson appelé "Manganisme" a été liée à l'exposition au manganèse chez les mineurs depuis le début du XIXè siècle. Elle se caractérise par une rigidité musculaire, des tremblements, un ralentissement des mouvements (bradykinésie) voire, dans les cas extrêmes, une perte de mouvements (akinésie). Les symptômes sont semblables à la maladie de Lou Gehrig et la sclérose en plaques, la maladie de Charcot (spasticité ou raideur dans les bras et les jambes, et des réflexes tendineux hyperactifs). Les patients peuvent présenter des symptômes aussi divers que le pied traînant, perte musculaire unilatérale dans les mains, ou troubles de l'élocution. Les composés de manganèse étaient en usage dans les temps préhistoriques, les peintures qui ont été pigmentée avec du dioxyde de manganèse peuvent être remontées à -15 000. Mais l’intérêt pour les métaux, les mines, les minéraux et la métallurgie était sans précédent dans l'âge chalcolithique et de bronze.

 

Les montagnes d’Alaric - qui domine l'horizon immédiat des communautés minières protohistoriques des riches collines minières du Minervois, tout comme le Pic du Canigou se profile derrière à la périphérie pyrénéenne domine l'horizon plus large - étaient-elles un de ces endroits spéciaux considérés pour la chirurgie, la guérison ?

 

 

À Lagrasse, un menhir s'élève au lieu-dit Pratx, une haute borne appelée dans le pays Peïro Dreïto. Un moule de fondeur a également été découvert.

 

Alors que les dolmens et les menhirs se trouvent plus nombreux dans le Nord et le Sud-Est de l’Aude (la partie Ouest en est complètement dépourvue), on rencontre un dolmen au centre du département, à Monze, et un autre est signalé en face sur le mont Alaric. Le dolmen de La Madeleine d'Albesse fait partie des grands monuments mégalithiques (avec les dolmens de Laroque-de-Fa, Pépieux, Boun-Marcou), où les Campaniformes succèdent aux indigènes constructeurs des dolmens ou allées couvertes.

À 1,5 km environ de Monze, sur le sommet d'un mamelon escarpé, faisant partie des premiers contreforts des Corbières, près du domaine de la Madeleine d’Albesse, dépendant de la commune de Fontiès-d'Aude, se trouve un dolmen à peu près ruiné.

Ce monument devait être assez important, à en juger par ses dimensions : allée couverte, largeur lm20, longueur 3 mètres ; table 2m70 x 2m80, épaisseur 0m30, plus grand support lm80 x lm8O. Ses supports sont en grès Carcassien et proviennent des terrains environnants, la dalle centrale est en calcaire nummulithique, appartenant aux couches de l'épicrétacé de l’Alaric, séparé du point culminant où se trouve le mégalithe par la profonde dépression que forme la vallée de la Bretonne.

Une courte allée couverte du côté Sud précède la crypte centrale. Une tombelle ou cella, se voit du côté Est à deux mètres du dolmen. Trois des supports de celui-ci sont encore debout, la dalle de couverture reposant d'un côté sur le sol a glissé du côté Ouest.

Le dolmen a livré des fragments de trois gobelets décorés dont un entier, un bol décoré, cinq boutons en os, perforés en V, ronds.

Sur un gobelet décoré de bandes au peigne limitées par des lignes à la cordelette (style mixte), les lignes horizontales sont doublées au détriment de la puissance des zones réservées. Cette disposition, très rare, est notamment connue à Mourèze dans l'Hérault et sur un fond de gobelet de la grotte des Frères à Saint-Anastasie dans le Gard.

Les boutons d'os perforés en V sont extrêmement abondants dans le Midi occidental (un des premiers foyers européens : 600 pour les départements de l'Aude, de l'Ariège et des Pyrénées-Orientales) et de formes variées : boutons hémisphériques, ronds ou ovales, parfois à tendance conique (comme c’est le cas à Monze). Ce sont les plus courants. Leur répartition est la plus large puisqu’on rencontre ces boutons à l'Est du Rhône ; ils semblent persister dans le Bronze ancien.

 

Près du dolmen, dans une tombelle carrée incluse dans le tumulus (dans certaines mentions anciennes, les tombes à dalles ont été distinguées des dolmens sous le terme impropre de "tombelle"), se trouvait deux belles pointes de javelot en silex corné bien retouchées sur les bords, l'une lancéolée à base aplatie, la seconde plus petite en forme de feuille de laurier 2. Ces tombes en caissons ou cistes sont attribuables au Chasséen.

 

 

À Floure, un dolmen a été signalé sur le mont Alaric dans le tènement dit de Sainte-Colombe, près des bénitiers, au Nord de la vallée de la Bretonne. Ce monument doit se trouver au lieu-dit Laouret où l’on trouve des débris de poteries et des silex.

 

 

La nécropole chasséenne des Jardins d’Alaric à Capendu se compose de tombes tumulaires en terre au centre aménagé d’un coffre réalisé en dalles disposées sur chant dont la périphérie est délimitée par des blocs rocheux.

Deux tertres funéraires chasséens ont été mis en évidence, distant l’un de l’autre d’environ 10 m : ils se composent de cercles de pierres périphériques et d’une tombe centrale en ciste.

Ces deux monuments appartiennent probablement à un ensemble plus large comme le laisse entrevoir des zones de concentration de moellons au Sud et à l’Est. Il s’agit de monuments composés d’un cercle de pierre en périphérie et d’une tombe centrale en ciste.

Le diamètre externe du cercle ainsi dégagé est de 8,05 m. La construction de la couronne s’est faite à partir de blocs, de moellons de grès ou de calcaire bruts de taille, de gros galets de l’Aude et de cailloux. Ces matériaux sont la plupart du temps disposés en vrac, à plat mais parfois de chant. Le profil en coupe de ce cercle présente un effet de dôme, peu accentué il est vrai. Le bord extérieur de la ceinture de pierres n’est pas parementé, comme on peut le voir parfois sur ce type de monument.

La tombe se présente sous la forme d’un petit caisson enfoui orienté Est-Ouest, situé au centre du cercle. Il semble à peu près certain qu’il n’y ait qu’une seule tombe dans le périmètre de la couronne. Il s’agit d’une ciste composée de six grandes dalles de grès disposées de chant et fichées dans le sol. Les dalles délimitent ainsi un rectangle plus ou moins irrégulier dans la mesure où la partie orientale de la tombe n’est plus en place. Le côté Sud de la ciste présente deux dalles qui, bien qu’ayant bougées, semblent avoir pu se chevaucher à l’origine de la construction. L’examen attentif de ces deux plaques de grés pourrait mettre en évidence un système de fermeture frontale, du même type que celui de la chambre funéraire de la tombe de Coste Rouge à Beaufort dans l’Hérault. L’espace interne du coffre présente une largeur de 0,45 m pour une longueur totale estimée de 1,40 m. La tombe est donc de forme assez trapue où l’on note l’absence de dalle de couverture.

 

 

À la Redonde, dans la commune de Marseillette, un tronçon de fossé chasséen a été mis à jour.

 

 

À Comigne, dans la grotte Douat ou du Figuier, un tesson de poterie porte les fines cannelures déjà repérées sur de nombreux sites de l'Aude (grottes de Véraza, grotte des Chambres d'Alaric, station de Sélicate à Ouveillan, station de la Métairie-Grande à Laure, grotte 2 de Bize, etc.).

 

 

La commune de Moux est située sur le vignoble de la Montagne d'Alaric qui fait partie du vignoble des Corbières. À la limite des climats océanique et méditerranéen, le territoire de Moux est aussi sur la faille éponyme, rupture géologique lors de la surrection des Pyrénées.

Très tôt dans l'Histoire, le site de Moux s'est trouvé lié aux grands courants commerciaux : d’abord route d'échanges entre les ports Méditerranéens et l'Aquitaine et l'Ouest, puis pour les métaux des Îles Casitérides, ensuite pour les produits finis en provenance de la Grèce, de Rome, de l'Orient.

 

La station de plein air d’As Mountagnos est située au flanc de la Coste, en bordure du ruisseau de Vevas. De nombreux fragments de silex, outillage lithique, grattoirs, armatures de flèches, coquillages de parure, fragments de céramique chasséenne y ont été découverts.

 

Au pied du Mont Alaric, arrivé au premier replat, on aperçoit à gauche, au milieu d'une mer de cailloux, les ruines du château St-Pierre d'Alaric, au pied du Roc Gris qui domine sur la droite. Après le château, le chemin suit une ligne de niveau exposée plein Sud, au milieu d'une lande rase.

Puis on arrive au bout de la vallée, plus humide, et la végétation change brusquement : les arbres nous entourent, il y a des chênes verts ainsi que des platanes au pied d'une ancienne ferme ruinée. À droite un sentier balisé en jaune (PR) remonte le fond de vallée vers l'Ouest, le GR (balisé rouge et blanc) suit le chemin qui devient sentier et monte brusquement. Au bord du sentier, un menhir est dressé avec son sommet arrondi.

Après une courte et raide grimpée vers le Sud (indiqué par une balise GR impressionnante, un menhir carré), on suit le flanc de la montagne, vers l'Ouest. Le PR rejoint alors le GR. Le parcours est boisé : pins d'Alep, pins de Salzmann (pins noirs) et chênes verts forment une voûte sur les têtes ; le sous-bois est constitué de buis de belle taille.

Le sentier débouche sur un chemin forestier récent orienté Est-Ouest à cet endroit, et qui permet d'accéder au sommet de l'Alaric. Au fur et à mesure que l’on monte, la végétation se fait moins fournie. L'absence d'eau, de terre, et l'exposition au vent expliquent cela. La vue se dégage, on distingue d'abord la combe en contrebas, ainsi que le château ruiné de St-Pierre d'Alaric.

 

 

La grotte sépulcrale du Trou de l'Ouïe est située en-dessous du château de St-Pierre. On y trouva des restes humains. Jean Guilaine l'attribue au Chalcolithique et la qualifie de poche sépulcrale.

La grotte sépulcrale du début de l'Âge des Métaux dite "le Trou de l'Ouïe" (c'est-à-dire "Trou de la Poterie", Voulo étant en Occitan le pot à soupe : il est vraisemblable que cette dénomination vient de la découverte ancienne d'une poterie malheureusement pas parvenue jusqu'à nous) se trouve à Моuх.

En marge du massif principal de la Montagne d'Alaric, vers le Nord, se trouve un relief monoclinal calcaire, orienté Nord-Sud, dont l'abrupt fait face au midi et dont le revers va en s'abaissant assez régulièrement en direction du village. La partie la plus élevée de ce relief porte le nom de Cap Roland.

Lorsque l'on considère cette cuesta de l'Est (par exemple, de l'ancien chemin de Моuх à Camplong), on s'aperçoit qu'elle est formée principalement par deux grosses assises calcaires, aux parois verticales, se terminant par un éboulis en pente plus douce qu'occupent vignes, champs en friche, ou ruchers à la base de la deuxième assise calcaire, au contact avec le talus, par un monticule de terre claire bouleversée : il s'agissait de l'orifice d'une petite cavité dont on avait extrait une partie de la terre de remplissage. Le gisement se présentait comme un étroit boyau de 2,50 m de développement maximum, avec un diamètre n'excédant jamais 0,80 m et se limitant le plus souvent à 0,50 m. Ouvert à l'Est, il plongeait en direction opposée avec une déclivité prononcée (coordonnées hectométriques de la carte au 1/20 000e Capendu n°2 : 45.61).

Le ravinement, le long de la paroi, avait attaqué le calcaire et provoqué une dissolution à une époque très ancienne. Ce boyau avait dû être obturé par les Préhistoriques qui y avaient enseveli leurs morts. De toute évidence, ce trou avait reçu de nombreux restes humains qui, probablement après décharnement pré-sépulcral, paraissaient avoir été jetés pêle-mêle dans l'ossuaire. Comme dans la plupart des sépultures de ce type, l'entrée devait être primitivement dissimulée par un amas de pierres judicieusement disposées.

 

La grotte a livré les restes d'un crâne en assez bon état de conservation, dont la partie bombée de la calotte faisait face à l'entrée, c'est-à-dire face à l'Est. Ce sujet se réduit à la Calvaria et à quelques éléments du massif facial d'un individu masculin âgé de 45 à 50 ans.

Observations : Norma verticalis. La boîte crânienne est de type pentagonoïde ; les bosses pariétales sont bien développées, l'occiput est saillant en arrière. Les lignes de sutures, assez peu compliquées, sont dans un état de synostose avancée sur toute leur étendue. Seule une partie de l'arcade zygomatique est conservée, et se trouve à la limite de la visibilité ; en raison de l'étroitesse du front, les éléments latéraux du massif facial devaient certainement apparaître.

Norma laterulis. La voûte est moyenne, plutôt haute, de profil régulièrement galbé, avec le front droit et le vertex situé entre le tiers et la moitié de la distance du bregma au lambda ; le méplat obélio-lambdatique est étendu : l'occiput est bien développé, mais sans former de chignon individualisé. Les crêtes temporales sont nettes et les apophyses mastoïdes bien développées.

Norma occipilalis. La voûte est moyenne, plutôt large, avec la ligne sincipitale légèrement saillante. La suture lambdoïde est formée de nombreux méandres, mais ne paraît pas avoir comporté d'os wormiens ; l'ensemble est dans un état de synostose avancée.

Norma hasilaris. La base du crâne n'a pas pu être entièrement reconstruite, le basion a néanmoins pu être correctement situé. La région nucale, bien délimitée, porte de fortes empreintes musculaires ; l'inion n'est pas très saillant, mais sa position est bien nette.

Norma facialis. Le front est étroit par rapport au crâne ; les saillies latérales sont nettes, la glabelle et les arcades sourcilières bien développées ; la dépression de l'ophryon n'est point trop accusée, et la ligne métopique n'est point caractérisée.

Diagramme sagitial. Le front apparaît bien développé, et moyennement incliné ; la calotte est moyennement élevée, et la position du vertex n'est marquée par aucun accident particulier. On vérifie également que l'occiput ne forme pas un chignon individualisé.

Les droites Glabelle-Lambda et Bregma-Basion sont perpendiculaires ; la coordination centrale de Klřutsch se trouve donc exactement vérifiée.

 

En complétant les mensurations directes avec les chiffres donnés par la reconstruction diagraphique, on voit que la partie supérieure de la face, étroite dans ses proportions, est en fait étroite par rapport au crâne mais peu développée en hauteur. Seul le malaire droit et un fragment adjacent du maxillaire ont pu être mis en connexion avec le frontal, ce qui a permis la reconstitution de la plus grande partie de l'orbite droite, de forme sub-quadratique, peu oblique, moyenne dans ses proportions. On possède également une partie de l'arc dentaire droit avec C, PM1-2, et M1-3; toutes sont très usées, surtout M1 ; les molaires comportent quatre cuspides, mais sur M3 l'hypocône, très peu développé, se réduit à un simple denticule.

 

Mise à part la poterie à laquelle il doit son nom, ce site n'a pas livré de mobilier archéologique. Peut-être d'autres vases avaient-ils été déposés ; ceci n'est toutefois pas certain, car on connaît d'autres grottes chalcolithiques dont le remplissage a été soigneusement exploré, et qui n'ont fourni qu'une seule poterie ; en outre, si les restes de poteries avaient été un tant soit peu abondants, quelques fragments auraient dû être trouvés dans les déblais extraits de la cavité par les animaux fouisseurs et les chercheurs qui ont précédés.

En tout cas, il ne fait pas de doute qu'il s'agit d'une poche sépulcrale chalcolithique d’un néo-méditerranéen (AC2), un de ces nombreux ossuaires des régions calcaires, au contact cuesta-éboulis, dont regorgent le Languedoc méditerranéen et le Roussillon.

Dans cet ordre d'idées signalons que dans les Pyrénées-Orientales, l'abbé Abelanet a prospecté systématiquement les pieds de falaises et il a ainsi réussi à découvrir de nombreux gisements d'un intérêt certain : ossuaire du Portichol à Salses, ossuaires de la Coma Grillera dans la même localité.

L'intérêt du "Trou de l'Ouïe" vient de ce qu'il a livré un crâne, incomplet mais étudiable ; les sujets de cette époque, dans la moyenne vallée de l'Aude, entre Limoux et Lézignan, sont rares, par opposition à la belle série anthropologique provenant des fouilles Lanet-Héléna dans les ossuaires chalcolithiques de la partie orientale du département (Narbonnais). Sans doute, les grottes sépulcrales sont-elles tout aussi nombreuses dans le Cabardès et les Corbières que dans le massif de la Clape. Citons les deux grottes des Morts à Lastours ; la grotte du Cimetière à Sallèles-Cabardès ; les deux cavités sépulcrales du Rec de las Balmas, près de Notre-Dame du Cros à Caunes-Minervois ; les deux abris vidés à Aragon et dont le mobilier de l'un est typique du Chalcolithique régional ; la grotte sépulcrale de la Caouno à Cennes-Monestris, etc.

 

Il y a, provenant de l'allée couverte de Saint-Eugène à Laure-Minervois, un mésocrâne (77,7) et un brachycrâne (83,3), et provenant de l'allée couverte de Jappeloup à Trausses, un dolichocrâne, un mésocrâne, et deux brachyerânes (88 et 90) ; en l'absence de toute indication sur le développement de la voûte en hauteur, il est impossible de proposer l'attribution de ces sujets à tel ou tel autre type attesté en Languedoc au Chalcolithique.

 

 

En continuant, on arrive au sommet. Ici, seule une maigre garrigue balayée par la tramontane s'accroche au milieu des cailloux. Le sommet est plat, il descend en pente douce vers l'Ouest. Les pentes Nord, Est et Sud, d'où l’on vient, sont plus abruptes : la grotte des Chambres d’Alaric est située sur ces pentes et s'ouvre sur la face Nord du Massif. La vue est magnifique et s'étend sur 360°. Au Nord, on voit l'extrémité méridionale du massif central (Montagne Noire, Caroux). Au Sud, les Corbières, et plus loin, les Pyrénées (le Canigou). À l'Est, la Méditerranée et les étangs côtiers. À l'Ouest la continuation de la montagne d'Alaric, car on est là à son extrémité Est.

 

La stratigraphie des Chambres d'Alaric peut se résumer ainsi :

Cl (puissance variant de 0,15 à 0,60 m) : remanié ; C2 (puissance moyenne : 0,15 m) : sédiment brun-gris, Bronze final ; C3 (puissance moyenne : 0,20 m) : sédiment brun-rouge, Chalcolithique.

 

Le niveau C3 est constitué par des traînées brunes alternant avec des couches d'argile rouge. Il fournit un abondant matériel céramique pouvant être rattaché à un groupe culturel régional, le Vérazien, qui évolue dans le temps du Néolithique final jusqu'au plein Chalcolithique. Les peuplades de Véraza paraissent occuper la base des niveaux à céramique (l'une des caractéristiques majeures du Vérazien récent, vers -2 600, est la diversification des formes et l'abondance des décors), signe peut-être d'une poussée démographique supérieure à celle des Chasséens.

Les différences avec les horizons récents sont beaucoup plus marquées : le Vérazien classique ignore les nombreux éléments qui caractérisent le Vérazien récent mis en évidence dans des gisements comme les grottes de Lavalette à Véraza, la grotte des Chambres d'Alaric à Моuх, ou le gisement des Courondes à Ouveillan. La poterie, de qualité variable, montre notamment les mamelons superposés typiques, des anses sur carène associées à un décor de cannelures larges. Les bords sont droits, légèrement éversés ou très rentrants.

Les formes en sont variées : bols lisses ou décorés de boutons ou d'oreilles de préhension parfois superposées ; vases tronconiques. Les fonds sont ronds, aplatis, plus rarement plats.

 

Les petites coupelles carénées déjà apparues au Chasséen sont connues : la carène est basse et le col franchement écrasé vers l'extérieur. La technique remarquable de la céramique pouvait faire prendre les documents pour un faciès chasséen. Il y avait là la marmite à boutons superposés, les écuelles à fond rond, les récipients cylindroïdes à col droit et carène basse, les coupelles carénées à ouverture évasée. En réalité, il s’agit des formes les plus anciennes reconnues dans le Vérazien (comme à la Valette).

Ce site a par ailleurs livré des restes de céramiques à cordons lisses ou à cannelures : un grand vase caréné porte un décor de cannelures en métopes et présente de nettes affinités avec le groupe de Fontbouisse. À propos de ces derniers thèmes décoratifs on pourrait parler de style de Fontbouisse. Bien qu'une assimilation pure et simple paraisse discutable, contentons-nous de souligner la parenté de certains styles ou techniques décoratives propres aux cultures "pastorales" de la façade méditerranéenne.

De même, malgré quelques différences morphologiques, une indéniable parenté de formes existe entre les exemplaires languedociens et provençaux des coupes polypodes chalcolithiques. Si l'origine de ces coupes polypodes semble pouvoir être imputée aux Fontbuxiens, on s'explique dès lors difficilement que ces récipients se soient diffusés jusqu'en Provence orientale (Haut-Var). De même on peut s'étonner de leur absence à l'Ouest du fleuve Hérault, alors que le Groupe de Fontbouïsse y a largement influencé la culture de Véraza, tant dans les formes que les décors céramiques (station des Courondes à Ouveillan et grottes des Chambres d'Alaric à Моuх).

 

Les Chambres d'Alaric ont également fourni conjointement (on ne peut dire plus) de l’Épicampaniforme et du Vérazien, même si l’on n’est pas sûr de la liaison entre le Barbelé et le Vérazien (quelques tessons de campaniformes pyrénéens signent également le plein Chalcolithique : un fragment de jatte carénée, à bord dégagé, ornée sur l'épaule d'un méandre cruciforme associé à un fragment de bol biconique orné d'incisions parallèles). En effet, il ne faut pas réduire le Barbelé à un critère chronologique et une mode stylistique, faciès de dégénérescence des styles campaniformes ; son extension européenne témoigne de puissants courants commerciaux dans le concert d'échanges sans doute multipolaires au Bronze ancien. Cela n'est pas en contradiction avec l'autochtonie désormais avérée des productions céramiques campaniformes. En effet, analysant les productions campaniformes de l'axe Rhin-Rhône dans leur contexte régional, dans tous les cas la distance entre les gîtes d'argile utilisés dans la confection des céramiques et l'emplacement du site archéologique n'excède pas 40 km. Par contre, tous les sites étudiés présentent une constante : une partie plus ou moins importante de la céramique renferme de la chamotte, laquelle n'est pas présente dans les céramiques régionales contemporaines de Provence et de Languedoc. En l'absence de tradition locale, l'emploi de chamotte comme son origine sont donc externes au Midi de la France. Les idées et les techniques migrent ... pas les vases.

Toutes ces formes céramiques se retrouveront également dans la grotte voisine de la Caouno à Моuх.

 

L'outillage lithique comprend un outil composite (sur silex en plaquette) ayant notamment fait fonction de faucille (il présente le "lustré des céréales"), une flèche et des outils sur lame.

 

Une sépulture a été découverte à 1,60 m du sol. Cette tombe était constituée d'une dalle de schiste de 40 cm de côté, prise dans une couche de cendres de 5 cm sous laquelle se trouvaient les restes d'un individu apparemment inhumé en position contractée ; les os du crane et du bassin étaient absents.

 

La cavité a également livré un grand nombre de documents d'âge historique ou protohistorique. Des traces de fréquentation sont connues pour le Bronze final IIIb des Champs d'urnes (céramiques ; comme au champ d'urnes d'Olonzac, l'objet le plus surprenant des bronzes provenant des Chambres est un rasoir circulaire à manche et lame ajouré), pour l’Âge du Fer (céramiques de La Tène, fibule en fer de La Tène II) et la grotte est également occupée au -IIè/-Ier siècle. On y a trouvé entre autres, de la céramique gauloise peignée ou peinte ainsi que des importations de céramique grise ampuritaine, puis des poteries romaines, des céramiques estampées wisigothiques, des monnaies, etc.

 

Dans les carrés H 15 - H 16 - G 15 - G 16, une couche de terre grise homogène (C2), appartient à la fin de l'Âge du Bronze. Des ossements humains mal conservés mais montrant des connexions partielles permettent de supposer qu'il s'agit là d'un niveau sépulcral, hypothèse en faveur de laquelle plaide l'abondance des éléments de parure : 5 épingles à tête enroulée et une épingle à tête conique recourbée (elles sont datables de -1 760, soit du Bronze ancien I, rattachable à la fin de Fontbouisse), anneaux, disque décoré de cercles concentriques, bracelets, alênes bipointes, aiguille à chas, armilles. Les fusaïoles sont également nombreuses, parfois décorées de coups d'ongles sur la tranche. Il convient de signaler également la présence d'une perle en ambre remarquable par sa taille (22 mm de diamètre). Les documents métalliques et les formes céramiques bien typées qui les accompagnent indiquent le Bronze final IIIb (groupe Mailhac I). Or, à cette époque, la plupart des nécropoles languedociennes attestent une généralisation du rite de l'incinération alors qu'ici il semble s'agir encore d'inhumations désordonnées, dans la tradition de l'Âge du Bronze. Cela soulève le problème de la possible perduration du rite de l'inhumation à l'extrême fin de l'Âge du Bronze bas-languedocien.

La céramique se caractérise par des jattes carénées, des fonds éversés, des fonds plats ou cupules. Le décor est à base de traits fins incisés. Les motifs sont géométriques (présence notamment des "chevaux" stylisés).

 

Les couches supérieures enfin ont livré un solidus d'Arcadius. La même grotte avait livré, en 1953, un autre solidus, d'Honorius. Cela indique une réoccupation des grottes dans le Midi de la France au cours des périodes troublées du Bas-Empire.

 

 

La grotte du Trou de la Caouno n'avait livré qu'un vase campaniforme presque entier, décoré au peigne dans le style pan européen. Une fouille de sauvetage programmé permit de découvrir au fond de la cavité connue de tous les Mouxois une seconde salle renfermant les restes osseux d'une centaine d'individus. La Caouno/La Caune de Moux a révélé l'existence d'une importante nécropole chalcolithique. La couche funéraire, épaisse de 40 cm environ, contient un grand nombre d'ossements humains présentant de nombreuses connexions (et des trépanations), ce qui est tout à fait inhabituel dans les sépultures collectives méridionales. De l'aveu des chercheurs, le site de la Caouno représente un intérêt considérable pour la Paléopathologie : un crane trépané dont le patient a survécu à l'opération et un cas de tuberculose osseuse constituent des documents exceptionnels.

 

La présence de plus de 100 individus, dans l'état actuel des travaux, apporte une série anthropologique exceptionnelle qui pourrait, du moins partiellement, se rattacher à la culture du vase campaniforme.

Dans la partie du boyau d'accès à la salle II, des urnes biconiques et un anneau spiralé en bronze furent mis à jour, datant de la période du Bronze moyen (-1 500) ; cette datation n'a pu être confirmée, au contraire, la trouvaille de deux armatures de flèches à pédoncule et ailerons, un petit bol orné campaniforme classent les restes de la salle II au Chalcolithique, donc vers -2 500/-2 000 pour cette période du Néolithique final.

 

 

Au-dessus de Moux, le dolmen de Moux se trouve au pied de la falaise, directement en face d’une grotte peu profonde. Il regarde au Sud-Est à travers un large rebord connu comme le Camp de Roland, et au-delà vers le château Saint-Pierre, un fort médiéval (cette tombe sous lauze dite "dolmen" a été découverte en contrebas du Camp). Au-delà, de l’autre côté d’un ravin se trouve la grande grotte appelée Les Chambres d'Alaric.

La dalle de chevet ou pierre tombale, mesure 90cm x 90cm. De chaque côté sont 5 orthostates dont la stature va en diminuant : gauche 90cm de largeur x 90cm de hauteur, 80 x 80, 70 x 70, 60 x 60 ; droite 60cm de largeur x 90cm de hauteur, 70 x 90, 60 x 90, 60 x 60, 40 x 60.

 

Ce qui rend ce dolmen inhabituel est la grotte derrière lui. Il y a un gros rocher sur la gauche, haut d’environ 1,6 m, bloquant l'entrée et contre lequel le chevet est posé. Il y a une deuxième dalle sur le côté, à moitié enfouie dans le sol et les décombres : deux telles dalles seraient nécessaires pour couvrir la longueur du dolmen de 4 mètres.

À une cinquantaine de pas vers l’Est se trouve une ouverture d'aven ou nid de poule dans la falaise. Cet aven, ou diaclase, est juste assez large pour entrer, et la pente descendante à 45 degrés est juste assez douce pour imaginer d'aller plus loin.

La coexistence des grottes, avens, et dolmens est assez fréquente dans le Languedoc, ce qui fait penser qu’il existe un lien utile entre eux. Étonnant dispositif : la tombe est proche de l'ombre portée par la falaise.

 

 

Le gisement de La Bade du Bas est implanté à Moux au pied du flanc Est d'une petite éminence, avec une phase d'occupation au Néolithique et une seconde phase au premier Âge du Fer, matérialisée de façon très fugace par la présence d'un fragment d'amphore de Marseille et de céramiques non tournées.

 

 

Sur le versant Sud de la montagne d'Alaric, à proximité d'un ancien village aujourd'hui disparu et appelé Gavart, au lieu-dit Les Escudines (ou le Crès de la Garrigue, parcelle B 153), une nécropole paléochrétienne était établie sur une station préhistorique.

On y a retrouvé des gros "vases-à-eau" munis de cordons lisses en relief cerclant les panses. Ils sont très courants et paraissent communs aux diverses cultures chalcolithiques méridionales (grottes de Véraza, de Gazel, Balmo dal Carrât, stations de la Métairie-Grande à Laure-Minervois, du Moulin à Mailhac, Aude ; du Rec de las Balmos à Félines, Hérault ; des Bruixes à Tautavel, Pyrénées-Orientales, etc.).

 

 

À environ 500 m au Sud du centre de Douzens, en bordure d’un chemin encaissé, qui, suite à une rampe peu pentue, franchit un petit col limité par deux barres rocheuses érodées, une fosse contenant du mobilier attribuable au Néolithique final a été découvert aux Crozes. Cette fosse ellipsoïdale, conservée sur 3 m de long par 2 m de large et sur une profondeur de 0,40 m était à l’origine plus étendue. Sans en connaître la forme, ses dimensions ont été estimées à 3,50 m de large pour 6 m de long minimum. La structure, en bordure d’un ravin et d’une mouillère, installée sur un petit socle calcaire destructuré, est interprétée comme les restes d’un habitat, d’une construction aménagée à l’aide de terre crue et présentant des plans assez proches des constructions en pierre sèche. Celle-ci n’aurait conservé que ses aménagements les plus profonds, ici FS 1 dont nous ne connaissons pas la fonction (ancien foyer en creux ?). Il est possible que cet aménagement s’insérait dans un ensemble plus important, en référence à quelques tessons de même type découverts immédiatement sous les labours et au contact du substrat, dans la tranchée 17,30 m plus au Sud (absence de structures).

 

 

La Grotte I de la Coumbo de la Saoumo à Douzens a livré des fragments d'un gobelet décoré à lignes horizontales au peigne et incisées.

Si l'on considère la répartition générale des Campaniformes, ce décor est plutôt occidental. On le rencontre au Portugal, en Espagne, en Italie, en Allemagne rhénane. En France, il est assez bien représenté en Bretagne, tandis qu'il est plus rare dans les autres régions. On peut citer, en dehors de la Bretagne, les exemplaires d'Hardelot (Pas-de-Calais), de Portejoie (Eure), de Ternant (Côte-d'Or), de Félines-Minervois (Hérault), de Roc Gris à Moux, de Bize et de Cavanac (Aude).

 

 

Dans la région audoise, le Campaniforme est représenté à différentes échelles. Il se retrouve sous forme ponctuelle sur plusieurs gisements ou de façon plus conséquente : Roc d’en Gabit à Carcassonne, En Tourre III à Castelnaudary, Domaine de la Pièce d’Alquier à Fontiès-d’Aude en tant que petite occupation du Campaniforme.

 

Un tronçon de fossé de 31,2 m de longueur fossé est attribué au Campaniforme pyrénéen, ainsi que deux trous de poteau et une fosse chalcolithiques dans la partie Sud de l’emprise.

Une sépulture d’enfant, chalcolithique du Vérazien ancien, et un trou de poteau ont été fouillés.

Une large tâche noire en amont et une formation linéaire sombre probablement reliées entre elles sont à mettre en relation avec la stagnation et l’écoulement de l’eau de surface. Le fossé intercepte la formation linéaire, puis en dévie légèrement, en suivant la même orientation le long de la pente naturelle du terrain. Tout se passe comme si le fossé venait capter et drainer à son tour l’eau de surface.

Près de la limite Est de l’emprise, le fossé apparaît mieux conservé et recoupe une fosse complexe, également campaniforme.

 

 

À Monze, au lieu-dit Laval de la Bretonne, au pied de la montagne d'Alaric, existait un petit habitat agricole de l’Âge du Bronze ancien (entre -1 800 et -1 400 environ).

On note la présence de bols à parois verticales, de vases à col et panse renflée, des vases, carénés dont certains portent une anse en ruban joignant la lèvre à la carène. Une grande jarre à fond plat et panse renflée est ornée de cordons impressionnés formant des motifs complexes. Les gobelets, du Type b 3, tendent à une normalisation du profil en S. Ils sont moins larges à l'ouverture. Le col est moins long. La panse est assez dilatée. Sa hauteur se situe aux 2/3 de la hauteur totale. Le fond est plat ou légèrement concave. Il se rattache au régionalisme des formes bretonnes : en-dehors de la Bretagne, elles n'ont qu'un faible rayonnement vers le Sud-Ouest et le Bassin parisien.

De nombreux fragments de pisé portant des empreintes de branchage évoquent des constructions en terre et matière végétale.

 

 

Entre -1 200 et -700, les premiers Celtes venus d'Europe centrale parcourent une grande partie du sud de la France actuelle. Lorsque les peuples celtiques (peuples des champs d'Urnes) s'infiltrent vers -800 sur le territoire Audois actuel, emmenant devant eux leurs troupeaux, l'épée de fer au côté, des peuples d'origine Ibère occupent la région, de l'actuelle Haute Vallée de l'Aude à Béziers ; après cette ville, les Ligures occupent le territoire jusqu'en Italie. Cette première invasion celte n'est pas une déferlante. Ce mélange de populations donnera le fond Celto-Ibérique ou Celto-Ligure cité par les Anciens.

 

Le site perché du Laouret, hameau abandonné entre Floure et Monze, date des -Xè/-XIè siècles. Le site de cette petite communauté paysanne a livré plusieurs ensembles d’habitats en bois à poteaux, dont un couple de maisons à foyer-resserre. On notera ainsi l'existence de maisons quadrangulaires à poteaux porteurs (voisinant avec une forme de plan absidial) en Languedoc antérieurement aux influences des civilisations classiques de la Méditerranée.

 

Un très abondant mobilier permet de caractériser la culture matérielle régionale du bassin de l’Aude vers la fin de l’Âge du Bronze final IIIa (au sens "languedocien" du terme même si quelques indices suggèrent des prolongements au BF III b).

La pierre a été utilisée dans la fabrication d'outils quotidiens : meules, broyeurs, lissoirs à poterie, pierres de chauffe, etc.

La production céramique du BF IIIa régional est placée entre -1 000 et -900. Cette étape marque l'origine d'un processus dynamique qui conduira à la genèse du Mailhacien, culture profondément méditerranéenne du BF III b. Par rapport à la typochronologie nord-orientale actuelle, les dates retenues pour le BF III a sont un peu plus basses (-1 050/-950) mais surtout, la dynamique évolutive considérée s'éloigne du modèle nord-oriental. À ce jour, en France orientale, on s'accorde sur une tripartition du Bronze final avec une étape ancienne (BF III a), moyenne (BF II b-III a), finale (BF III b-Hallstatt ancien). Dans le système oriental, le BF III a se place en continuité du BF II b et la coupure BF II b/III a se trouve minorée par rapport à celle du BF II a/II b ou BF III a/III b. Pour le Languedoc, on privilégie la continuité BF III a-III b mais aussi une certaine unité du BF II où se placent la céramique à cannelures et les influences R.S.F.O. (Rhin-Suisse-France Orientale) les plus tangibles.

Les petits vases globuleux à bord évasé sont bien représenté. Ces petits récipients sont fréquemment décorés de cannelures, souvent étroites. Ils correspondent à des formes apparues au Bronze final II en Languedoc occidental. L'un de ces petits vases est décoré d'un motif répétitif de triangles hachurés en très fines incisions. Un décor assez proche de ce dernier a été signalé à la grotte de Buffens (Caunes-Minervois, Aude). Des motifs semblables existent à la grotte du Hasard (Tharaux, Gard), datés de l'Âge du Bronze final II b, à la station de Mourèze (Hérault) et dans les séries de la grotte de Peyroche (Auriolles, Ardèche) attribuées au Bronze final III. Cette série de petits vases globuleux décorés de cannelures et souvent aux profils assez anguleux se rattache donc à une tradition locale. Les jattes carénées à col cylindrique ou sub-cylindrique, très caractéristiques du Bronze final II régional, sont encore présents au Laouret. Un exemplaire à carène vive porte des cannelures parallèles horizontales. Parmi les petits vases globuleux à col évasé plusieurs exemplaires affectent des formes voisines.

II semble que l'on puisse attribuer à une phase ancienne de l'Âge de Bronze final III l'ensemble du mobilier découvert à ce jour sur le site du Laouret. L'habitat paraît n'avoir qu'une période majeure d'occupation, même si des réoccupations plus tardives l'ont localement affecté. Cette datation pose le problème des récurrences de la phase précédente (Bronze final II) mais également celui de son devenir et des éléments qui seront transmis au Bronze final III b. L'amollissement des formes céramiques souligné pour cette période par rapport aux séries anguleuses du Bronze final II se confirme au Laouret. Les vases à degrés concentriques paraissent très rares ; un seul fragment porte un motif de guirlande, comme il était fréquent durant la phase II du Bronze final. Les petits gobelets et vases globuleux représentent 9 % des vases. Les jattes à col cylindrique sont estimées à 3 % mais ce chiffre n'est qu'indicatif ; on mesure toutefois bien leur chute statistique. Toutes ces formes communes au Bronze final rassemblent 73 % des vases de l'échantillon étudié. C'est la percée de ce décor d'incision qui peut, de ce fait, caractériser le début du Bronze final III a. Les formes nouvelles ne sont pas représentées par de nombreux exemplaires. Quant aux coupes et écuelles hémisphériques, elles sont beaucoup moins parlantes : peu signalées au Bronze final II, il n'est pas exclu de les y rencontrer en raison de leur forme simple et primaire. Elles seront toujours présentes au Bronze final III b pour atteindre leur apogée au Premier Age du Fer. Leur spécificité est donc faible. Dans l'ensemble, les formes qui se développent durant la phase III a (jattes biconiques et, sous réserve d'un apport plus ancien, écuelles hémisphériques) regroupent 27 % de l'échantillon étudié. Plus d'un quart (27 %) des décors sont des cannelures, ce qui est un chiffre assez élevé pour cette phase du Bronze final (comme en Languedoc oriental). Les impressions sont les décors dominants (38 %) atteignant près d'un exemplaire sur deux si l'on comptabilise les décors mixtes. À partir du Bronze final II, ces motifs sont couramment disposés sur la vaisselle commune de l'Âge du Bronze régional. Ici les digitations sont les plus fréquentes (27 % à elles seules). Dans de rares cas, des vases portent des décors mixtes d'impressions ponctuelles et de cannelures. Ce sont tout autant des motifs digités, des décors d'incisions ponctuelles triangulaires que des impressions à section et profil carrés (6 %). Les incisions doubles linéaires constituent le troisième ensemble décoratif. Cette technique connue durant le Bronze final II atteint 27 % des pièces décorées ; 2 % sont disposées sur des vases à cannelures, les deux techniques étant rarement associées. Les incisions doubles linéaires donnent, sans pourtant dominer, l'unité décorative du mobilier du Laouret. 10 % des fragments ainsi ornés ne portent qu'une ou deux doubles incisions linéaires, toujours horizontales. Mais 17 % au moins sont véritablement décorés de ces lignes doubles alors régulièrement espacées et couvrant la majeure partie de l'espace supérieur des vases. Il est important de souligner l'existence d'un méandre symétrique et d'autres décors géométriques composites. Ce thème décoratif, qui se développe durant l'époque de Mailhac I, est ici rarissime. Il s'agit sans doute d'un témoignage de l'évolution conceptuelle des motifs de lignes doubles horizontales déjà connus durant le Bronze final II, mais les quatre pièces de l'échantillon ne représentent que 1,34% des tessons caractéristiques et dix fois moins sans doute au regard de l'ensemble du mobilier. Même si certains tessons décorés d'incisions doubles linéaires sont des fragments de motifs en méandres, il est certain que leur importance est minime.

L'ensemble de ces données traduit la connaissance que nous avons pour l'instant de la céramique Ouest languedocienne de ce Bronze final III débutant. Un fait majeur est sans doute l'utilisation, désormais en hausse, des incisions linéaires horizontales, en double trait ou multiples. Alors que les cannelures groupées par deux ou trois forment d'étroits bandeaux, les incisions, dès qu'elles atteignent plus de deux rangées superposées, tendent à couvrir une part importante de la partie supérieure des vases décorés.

La modestie du mobilier de bronze est conforme à ce que livre la plupart des sites d'habitat contemporains "terrestres". Les épingles et la parure priment dans ce petit ensemble. Les quelques fragments de moules de fusion attestent l'existence d'une production bronzière sur le site (six épingles en bronze ont été découvertes).

L'étude de la faune, abondante et diversifiée (plus de 21 espèces de "grands" mammifères), restitue l'image d'une communauté exploitant au mieux les possibilités cynégétiques du milieu et qui élève le porc, les ovins et caprins, le cheval, le bœuf (animal dominant). Très développé dans l’Aude (Carsac, Gaougnas, Laouret) durant le Bronze final, l’élevage du porc est vu comme une marque de sédentarité et de pratiques adaptées aux milieux peu favorables à l’agriculture.

 

On trouve donc une ferme avec ses bâtiments satellites : un grand bâtiment rectangulaire ou deux petits sur la première terrasse ; une bâtisse rectangulaire à abside et deux bâtiments annexes sur la seconde. Ceci est conforme à ce que l'on sait des fermes contemporaines de France orientale et d'Europe moyenne.

Le gisement s'étend sur la face Nord de la Montagne (350 m). Il domine la dépression de l'Aude, face aux hauteurs du Minervois qui, venant atteindre les rives du fleuve, en étranglent la vallée et soustraient la région de Carcassonne à l'influence du climat méditerranéen.

Par sa position élevée, le Laouret évoque les places fortes (oppida) des périodes ultérieures. Il domine la plaine de l'Aude de plus de 230 m, soit un dénivelle de près de 180 m et 35 % de pente avant d'atteindre les contreforts de l'Alaric. Tout laisse à penser que celui-ci s'étendait à l'ensemble des terrasses naturelles, détachées de la bordure Nord de l'Alaric au lieu-dit le Laouret. En fonction des quelques sondages préliminaires réalisés, on peut provisoirement estimer à 1 ha la superficie du gisement.

La position dominante du site apparaît comme une donnée essentielle et responsable de son implantation alors que les sites contemporains s'installent plutôt en bas de piedmont.

Le Laouret contrôle un milieu diversifié mais difficile. Place centrale ? Ceci ne semble pas assuré car une impression de marginalité transparaît fréquemment à l'observation des données.

On constate la diversité des potentialités du site, ses contraintes fortes, le caractère aléatoire des productions agricoles d'un tel lieu (système de terrasses). Ce constat expliquera l'importance de l'élevage et de la chasse, la nécessité d'échanges complémentaires avec les populations voisines de la plaine et des zones palustres.

Le site témoigne déjà d'une concentration de population et rappelle par son étendue et sa position les oppida des époques postérieures.

On notera l'usage encore très répandu de la fronde, avec ses modèles distincts déclinés en armes de chasse ou de combat, comme au Laouret à la fin de l'Âge du Bronze final IIIa : il convient de penser que tous les paysans-guerriers bas-languedociens n'arboraient pas une panoplie européenne standardisée à la fin de l'Âge du Bronze et probablement n'étaient pas animés de sentiment commun ou de représentations égales de l'organisation sociale qui s'imposaient dans des contrées plus "nordiques".

 

 

Des fragments de céramiques datés du Bronze final IIIb sont apparus lors de l'arrachage d'une vigne au Sud de Fabrezan, sur une terrasse de la rive gauche du ruisseau de Nielle, affluent de l'Orbieu, à Bataille.

 

Le village de Douzens se situe en piémont des Corbières et en bordure de la plaine fluviale.

On note la découverte isolée ancienne d’un rasoir circulaire en bronze du Bronze final IIIb, pouvant signaler la présence d'une tombe.

 

Comigne se situe en piémont de la Montagne d'Alaric. Au Sud s'étendent les terres alluviales de l'Aude. Dans la grotte de Douat (versant Nord de l'Alaric), des céramiques de faciès Bronze final IIIb ont été découvertes.

 

À Montlaur, Le Peyra recelait une tombe à incinération datant de la transition Bronze Final IIIb/Fer I, vers -700. On note en effet une progression du développement dans les rites funéraires protohistoriques, menant par la suite à l'adoption de l'incinération vers le début de l'Âge du Fer.

 

 

À Laure-Minervois, les vestiges de l’habitat perché de Mourral del Geis du début de l'Âge du Fer se situent au Nord-Ouest du village actuel, sur une éminence rocheuse du Minervois occidental qui domine en contrebas la vaste dépression de l'étang asséché de Marseillette. Il est bordé à l'Est par le ruisseau de la Resclause.

La céramique recueillie daterait l’occupation du -VIIè siècle. L’ensemble ne témoigne pas de la présence d’un site de grande ampleur (deux foyers). Cependant, son intérêt tient au fait que très peu d’habitats correspondant à cette période (Grand Bassin I) sont connus dans le bassin de l’Aude.

 

À 3 km à l’Est du Mourral del Geis, le site de Métairie Grande se localise sur la pente Sud-Est d’une éminence dominant l’ancien étang de Marseillette. Il s’agit d’une tombe à incinération appartenant à la première moitié du -VIIè siècle.

 

 

Vers -600, les Ligures en provenance d'Italie et les Ibères d'Espagne s'installèrent dans les Corbières. Dans son ouvrage de référence, C. Jullian précise que les peuples Ibériques envahirent la Gaule vers -500/-475. Après un conflit sanglant, ces deux peuples fusionnèrent.

 

À Barbaira, le site de Miramont est installé sur un plateau rocheux culminant à 332 m au Nord des pentes de la montagne d'Alaric. Il surplombe le cours actuel de l'Aude qui se trouve à 1,5 km. Le ruisseau de la Bretonne, petit affluent du fleuve, coule au pied de la butte rocheuse.

On peut dégager deux grandes tendances : fortes proportions de céramiques non tournées et rares importations d'amphores.

L'occupation principale de l'habitat perché de Miramont est fixée à la fin du -VIè et au -Vè siècle.

D’autres sites avaient déjà été détectés, le premier se rapportait au Néolithique final/Chalcolithique, le second à l’Âge du Bronze.

Par la suite, au lieu-dit La Cayrade, des vestiges romains étaient mis au jour. L’ensemble, daté principalement du changement d’ère, a livré des restes de murs, de voirie, et de fosses indéterminées. L’étendu du gisement implanté en bordure du cours d’eau est estimée à près d’un hectare. Si une relation avec le fleuve peut être évoquée (rampe d’accès barrée par un fossé), le statut du site de la Cayrade reste à préciser. En effet plusieurs érudits font passer à Barbaira la voie d’Aquitaine reliant ici Narbonne à Carcassonne. L’agglomération était particulièrement occupée à l’époque romaine : 4 grosses concentrations de mobilier se rapportant à de probables villas (matériaux de construction bien présents), distantes de moins de 500 m les unes des autres ; également 2 autres sites de même période, mais de taille plus modeste.

L’ensemble est grossièrement orienté Est-Ouest, et tangent à un axe matérialisé par places par un chemin probablement très ancien si l’on en juge par les calvaires qui le jalonnent. Tous ces sites se situent sur les coteaux compris entre les terres basses et les contreforts de la montagne d’Alaric.

Il serait donc en conséquence envisageable que le site de la Cayrade soit la station de Tricensimum.

 

La découverte du dépôt de Carcassonne s'est faite dans un rayon de huit kilomètres environ autour de Carcassonne, sur le territoire d'une commune voisine. L'abbé Breuil paraît désigner Barbaira, localité qui se trouve toutefois à 12 km à l'Est de Carcassonne (il est permis de se demander si une cachette des environs de Leuc ne correspond pas en fait au dépôt étudié ici). En effet, ce dépôt ne représente pas une cachette géographiquement isolée : il appartient, au contraire, à une série de dépôts, souvent très riches, qui s'égrènent le long des bassins de l'Aude, de l'Hérault et du Tarn.

Dans le Tarn, citons les dépôts de Briatexte et de Vielmur. Dans l'Aude, on connaît les dépôts de Rieux-Minervois et de Durban (deux cachettes) ; par ailleurs les lots, anciennement mis au jour, de Sougraigne et de Notre-Dame-de-Marceille près de Limoux, se rattachaient probablement à la même industrie. Mais c'est la région héraultaise qui en a fourni le plus grand nombre : la Boissiere, Bautarès-Péret, Loupian, Montpellier, Murviel-La-Croix-de-Mus, Quarante et l'épave d'Agde. Le caractère languedocien de cet exemple paraît assez accusé, mais il ne saurait être considéré comme très probant : plusieurs cachettes du Massif Central (par exemple celle de la Mouleyre-Saint-Pierre-Eynac, Haute-Loire) entraient sans doute dans l'aire géographique du complexe launacien. Quoi qu'il en soit, la géographie assigne au dépôt de Carcassonne une place particulière dans cette importante série de découvertes : il est l'un des plus occidentaux, l'un des plus éloignés de la Mer Méditerranée et donc des plus ouverts aux influences du Bronze de type atlantique, car il se trouve, sinon aux portes mêmes de l'Aquitaine, du moins sur une grande voie de passage et de pénétration des Hommes et des civilisations.

 

Nous trouvons dans le dépôt de Carcassonne les instruments essentiels de l'industrie launacienne, à savoir : les haches à douille carrée ou circulaire parfois décorées de nervures avec des cercles et des points en relief ; les nombreux types de bracelets à renflements externes, à côtes, de diverses formes et de diverses catégories ; les talons coniques. Parmi les pièces moins bien représentées, nous trouvons le racloir (ou tranchet) triangulaire, la boucle d'oreille rubanée, la pointe de lance à douille, les rouelles-pendeloques, le bouton à bélière, etc..

La plupart de ces objets se retrouvent dans les autres dépôts mentionnés précédemment. Il faut établir des comparaisons avec ces derniers, comme avec d'autres. II faut aussi comprendre dans le complexe launacien les lots de bracelets de Roufllac-des-Corbières et d'une grotte d'Axat, dans l'Aude. Par ailleurs, les cachettes des Arz à Castillon, et du Peyré, à Sabarat dans l'Ariège, relèvent également de cette industrie.

Or le même type de cachettes avait été également révélé, dès le XIXè siècle, dans le bassin de l'Aude, zone occidentale de répartition du Launacien. Comme dans l'Hérault, il s'agissait de lots mis fortuitement au jour, dont le volume allait de la petite cachette (cachette de Sainte-Raphine à Durban) au dépôt de grande capacité : à Rieux-Minervois, le poids total des objets atteignait 150 kg ! Hélas, seuls neuf objets furent épargnés et ont pu parvenir jusqu'à nous.

 

Parmi ces lots se trouve le dépôt dit "de Carcassonne". Il a été découvert en 1886 et occupe une place de choix : il renfermait 40 kg de métal.

Compte-rendu de la découverte : « Dans le courant de janvier 1886, des ouvriers espagnols, en piochant une vigne à 8 km de Carcassonne, mirent au jour un grand vase rempli d'objets de l'époque préhistorique. Les ouvriers s'empressèrent de venir à Carcassonne vendre à vil prix leur trouvaille à un chaudronnier de la ville. Un marchand de curiosités eut la bonne fortune d'entrer chez ce chaudronnier quelques heures après l'achat qu'il venait de faire et put choisir dans l'ensemble de la trouvaille, qui ne pesait pas moins d'une quarantaine de kilos, soixante-cinq belles pièces et des mieux conservées. Ces objets furent ainsi sauvés d'une destruction certaine car, à peine rentré chez lui, ce marchand les revendait à M. Paul Raynaud, amateur éclairé, à un prix qui lui laissait encore un joli bénéfice. Le surlendemain, le même marchand, encouragé par la bonne affaire qu'il venait de réaliser, retournait chez le chaudronnier et choisissait parmi les objets trop mutilés pour être présentés à la vente une quinzaine de torques et de bracelets parfois fort beaux ».

 

Parmi tous les objets du dépôt de Carcassonne se trouvent tout d'abord quelques objets appartenant chronologiquement au Bronze Ancien (haches plates) et au Bronze Moyen (haches à rebords). Par ailleurs quelques haches à talon et à ailerons sont également à éliminer d'office car provenant d’autres époques ou sites (des haches à ailerons terminaux existent dans les dépôts comme celui de Launac où elles voisinent avec des haches à douille).

On recense donc trente-trois haches à douille avec ou sans anneaux, de différents modèles et de diverses grosseurs, un objet triangulaire en bronze, une pointe de lance à douille, trente-huit bracelets de formes, de grandeurs et d'ornementation diverses, trois boîtes remplies de fragments de bracelets en assez grand nombre, plusieurs anneaux simples ou avec anneaux intérieurs, des grains de colliers, des fibules en bronze, etc. Ainsi, cent cinquante-deux objets appartiennent à peu près sûrement au dépôt de Carcassonne/Barbaira.

On peut grouper les pièces selon leur typologie. Nous distinguerons, d'une manière générale :

— 8 haches à douille carrée/rectangulaire/ronde,

— 23 haches à douille avec anneau latéral,

— 8 talons coniques,

— les bracelets à côtes,

— les bracelets lisses (pour la plupart décorés),

— les anneaux simples ou doubles,

— viennent ensuite des objets représentés par des éléments beaucoup moins nombreux, et souvent réduits à une unité tels que : chaînette, bouton à bélière, boucle d'oreille rubanée, tranchet triangulaire, faucille, etc.

 

On notera la présence de poignées d'épées à pommeau plein qui, en Bretagne, sont associées aux dépôts de l'épée en langue de carpe. Le dépôt de Carcassonne serait donc l'un des rares gisements méridionaux à avoir fourni de telles armes. Signalons qu'une épée en langue de carpe a été draguée dans la Garonne à Vigoulet-Auzil (Haute-Garonne) tandis qu'une autre a été rencontrée dans une sépulture à Barjac (Gard).

 

On peut utiliser des éléments extérieurs au complexe launacien pour tenter de préciser maintenant la chronologie du dépôt de Carcassonne.

— Les haches à douille ne sauraient fournir de données bien précises. J. Déchelette les classe dans son "Bronze IV", mais il reconnaît qu'elles abondent dans les dépôts méridionaux : en se référant aux gisements du 1er Âge du Fer, il admet que ce type d'objet était largement répandu dans le Midi pendant toute cette période. Les haches à douille circulaire, nombreuses dans le Bronze Final de l'Est, voisinent avec les haches à douille carrée, connues dans le Bronze Final Atlantique. En fait, il s'agit le plus souvent d'un type intermédiaire de forme quadrangulaire, dont la zone d'emmanchement est arrondie. En Bretagne, plusieurs dépôts riches en haches à douille carrée "armoricaines" sont datés par J. Briard du -VIIIè et du -VIIè siècle, mais cet auteur signale également que d'autres dépôts de haches, fort importants aussi, ne remontent guère au-delà du -VIè siècle (Loudéac).

— Les nombreux bracelets du launacien, si variés, posent les mêmes problèmes chronologiques. J. Déchelette les place dans la deuxième période du 1er Âge du Fer (-700/-500). Serrant la question de plus près, A. Soutou ne les croit pas antérieurs au -VIè siècle (Hallstatt D ou II). Ce n'est pas l'opinion de J. P. Millotte qui, par comparaison avec des gisements du Centre et de l'Est, propose le Hallstatt I (-725/-625, selon la chronologie de J. J. Hatt).

-— Le talon conique est bien connu dans les ensembles du Launacien (Rieux-Minervois, Bautarès-Péret, Vielmur, etc.). On le connaît également en Indre-et-Loire dans la cachette d'Azay-le-Rideau au milieu d'un riche ensemble dominé par le Bronze Final Atlantique mais, il est vrai, avec quelques intrusions launaciennes possibles.

— Le racloir triangulaire est plus rare dans les dépôts méridionaux. Il n'en existe pas dans le bassin de l'Hérault, mais on le connaît dans les cachettes du Tarn (Briatexte, Vielmur), de l'Aude (Durban), de l'Ariège (grotte de l'Herm). La façade atlantique en est, elle, largement pourvue. Le racloir triangulaire n'apparaît pas dans les dépôts de l'Hérault, manifestement influencés par la civilisation toute proche des tumuli Hallstattiens ; par ailleurs, sa répartition dans le Midi coïncide avec l'aire de la civilisation des Champs d'Urnes. Aussi sa durée d'utilisation a pu être assez courte, il constitue, par comparaison avec les dépôts atlantiques, un élément relativement ancien, et il peut ainsi donner une indication chronologique : Hallstatt B 2 et une grande partie du Hallstatt C. Le dépôt de Carcassonne, comme ceux de Durban et du Tarn, aurait été enfoui avant le dépôt de Launac et ses voisins. Mais la présence d'éléments souvent identiques dans tous ces dépôts ne permet pas d'établir de différences chronologiques bien nettes. De plus, les racloirs du Launacien étaient pleins tandis que ceux du Bronze Atlantique étaient perforés. En fait, des outils différents correspondent à des groupes géographiques non moins différents, et cela n'aide pas à connaître les relations entre ces groupes ni la chronologie des objets.

— La boucle d'oreille rubanée serait typique du début du Hallstatt D (début du -VIè siècle). On la connaît régionalement à Launac mais aussi dans les tombes de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn), de Castelnau-de-Lévis (Tarn), de Buzet (Haute-Garonne) et dans la grotte du Roc-de-Buffens (Caunes, Aude), ce dernier exemplaire étant en or.

— Le bouton à bélière simple est connu dans les dépôts de la façade atlantique : Notre-Dame-d'Or (Vienne), Azay-le-Rideau (Indre-et-Loire), Vénat (Charente). On le retrouve aussi à Launac. Il semble antérieur au bouton à bélière en croix qui se rencontre à Launac, dans le tumulus d'Avezac-Prat (Hautes-Pyrénées) et même à Vénat. Cet élément paraîtrait donc confirmer la valeur du racloir triangulaire comme indice chronologique, si on le retrouvait à Launac, où il peut avoir persisté jusqu'à la fin de la période hallstattienne.

- Les fibules de type italique appartiennent bien au 1er Âge du Fer : les types a navicella et a sanguisuga sont connus en Italie dans la première moitié du 1er Âge du Fer mais on les retrouve au Nord des Alpes dans des contextes plus récents. Aussi J. Déchelette les place-t-il dans sa seconde période hallstattienne (-700/-500). Pour plus de précision, notons que la fibule à porte-agrafe allongé sans bouton terminal voisine à Launac avec la boucle d'oreille rubanée.

 

En chronologie absolue, les auteurs ne sont pas d'accord. N. K. Sandars date le Launacien du -VIIè siècle et avance les dates de -650/-600. C'est à peu près l'opinion de J. P. Millotte pour qui ce groupe est contemporain du Hallstatt C ou I et qui ne paraît guère admettre des dates d'enfouissement postérieures à -650.

Les auteurs méridionaux, eux, ne sont pas favorables à des dates aussi hautes : certains objets des dépôts launaciens se rencontrent parmi les mobiliers funéraires des tumuli des Garrigues ou des Causses, en compagnie d'objets relativement récents ou d'instruments qui se sont longuement maintenus dans la région (telle l'épée à antennes). Aussi A. Soutou assigne-t-il au -VIè siècle la plupart des dépôts dépourvus de racloir triangulaire et pense-t-il même à une datation plus récente pour les cachettes de la Croix-de-Mus et de Launac.

En ce qui concerne le dépôt de Carcassonne, il y a présence simultanée du racloir, qui paraît très courant au -VIIè siècle, et de la boucle d'oreille rubanée, datée du début du Hallstatt D : cela pourrait donner une date comprise entre la fin du -VIIè siècle et le début du -VIè siècle avant : alentours de -600 ?

En fait, ce n'est là qu'une précaire tentative de conciliation des deux systèmes, chronologie longue et chronologie courte. L'enjeu du débat est sérieux : un siècle au moins.

En résumé, le dépôt de Carcassonne se révèle être d'une grande importance pour l'étude du Premier Âge du Fer du Languedoc et notamment de la question dite "launacienne". C'est l'un des nombreux dépôts enfouis sur la bordure de la Mer Méditerranée aux contreforts aquitains du Massif Central, à une époque où les industries de type Bronze Final continuaient à connaître un regain de faveur. Affinités indiscutables avec la civilisation du Bronze Final de type atlantique, influence, par ailleurs, de la civilisation des Champs d'Urnes, dans l'aire de laquelle il se trouve : ces deux traits mettent en valeur le rôle joué dès cette époque par la grande voie mer-océan franchissant le seuil de Naurouze et accusent l'importance des échanges qui s'opéraient, par la Montagne Noire, avec l'Albigeois et, au-delà, avec le Massif Central.

 

 

Au Roc Gris, une enceinte en pierres sèches est d'époque protohistorique : au sommet des "barres", ce mode de construction est typique des éperons barrés des peuples indigènes Élisyques, constituant le peuplement avant l'arrivée des Celtes (-IIIè siècle). Il s’agit d’un poste de guet, naturellement très puissant et pourvu de murailles aux endroits accessibles. Sur les barres de calcaire, on remarque un anneau de Pierre, rocher qui semble avoir été creusé par la main de l'Homme : une série de marches, taillées dans le calcaire permettent d'accéder à ce passage. Passage permettant d'accéder au Camp Roland ? Passage cultuel ?

 

Au Sud de Moux, le site du Camp-Roland est installé sur le Roc Gris, qui compose la partie orientale de la montagne d'Alaric et qui culmine à 418 m ; il se rattache au même massif que celui des Chambres d'Alaric et se localise au Nord-Ouest de cette cavité. Il domine ainsi la vallée de l'Aude au Nord et le bassin de l'Orbieu au Sud-Est. Le site est cependant en retrait du couloir fluvial audois. Deux ruisseaux, à écoulement saisonnier, prennent leur source au sommet du roc. L'environnement immédiat du gisement laisse peu de place à l'idée d'un établissement tourné vers des activités agricoles. En revanche, les terres arides caractéristiques de la Montagne d'Alaric, sont plus propices à l'élevage d'ovicapridés.

Un mur d'enceinte, long de 195 m, probablement contemporain de l'occupation, protège l'habitat qui semble s'étendre sur moins d'un hectare. Ce système est complété au Sud/Sud-Est par des falaises qui offrent une protection naturelle. Quelques vestiges d'habitat sont visibles à l'intérieur de la zone fortifiée. On y a recueilli, avant toute fouille, des fragments d'amphores micacées.

 

Le peuple Élisyque a laissé une empreinte qui fait référence dans l'architecture militaire de l'époque : le Camp Rolland, exemple typique d'éperon barré. À l'arrivée des vagues d'immigration Celtes, probablement vers le -IVè siècle, les populations autochtones se réfugient sur les hauteurs naturelles, à la fois pour se défendre et pour observer (ce réflexe est à rapprocher des évènements de 1944 où à l'annonce du passage des colonnes Allemandes en repli, la population se réfugia derrière la Bade, au lieu-dit "Le précipice"). Les Mouxois-Ibères, habitant très certainement entre Les Moulins et la Bade, se réfugient donc vers le lieu le plus sécurisé : au lieu dit "Le Roc Gris" ou le "Rocher de Rolland", dans le massif de l'Alaric (côte 418) en surplomb des ruines de l'actuel "Château de St Pierre". Ce belvédère domine la dépression de Moux et un vaste horizon en direction de la Montagne Noire, du couloir de l'Aude, du Narbonnais et des Basses Corbières.

Le camp Rolland apparaît comme le point d'aboutissement probable de la ligne fortifiée Elysique des Corbières. Comme le Calla de Durban et le Carla d'Albas, il occupe une position très favorable à la défense. Protégé naturellement au Sud et à l'Est par des à-pic invulnérables, il est défendu des deux autres côtés, où s'ouvrent des accès en pente parfois forte, par une ou deux murailles selon les endroits qui se raccordent aux falaises, faisant de cet oppidum un exemple parfait d'éperon barré. Les murs tout en étant éboulés émergent suffisamment au-dessus de la surface du plateau pour permettre de deviner le tracé. Notons que la défense était semble-t-il renforcée au Sud-Ouest par un bastion. À l'intérieur des murs, l'habitat s'étendait sur une surface évaluée à 73 ares. Pour seuls vestiges, il ne subsiste que quelques emplacements de cabanes en arrière de l'enceinte intérieure et de très rares fragments de poterie appartenant en majorité à des amphores micacées de pâte rosâtre. La rareté des vestiges domestiques par rapport à l'importance de l'enceinte est sans doute due comme au Calla au rôle essentiellement militaire du poste. Si pendant des périodes d'insécurité, il a pu servir de refuge aux populations de l'alentour, il ne semble pas avoir été occupé en permanence par un grand nombre d'habitants.

Le site du Camp Rolland a coexisté avec les autres postes frontières du royaume Elysique au moins pendant le -IVè siècle. La présence sur le site d'amphores Massaliotes trouvées par ailleurs en connexion avec du mobilier Attique, plaide en faveur de la contemporanéité de l'ensemble. Le "terminus ad quem" du site se situe au -IIIè siècle, l'absorption du royaume Elysique par les Volques Celtiques rendant caduc la nécessité des postes frontières.

L'image du royaume Elysique semble bien conforme à celle de ce peuple belliqueux dont nous parle Avienus, qui apparaît comme un peuple parfaitement organisé, tenant solidement en mains son territoire et veillant jalousement sur son indépendance.

 

Dans un abri sous roche situé légèrement en contrebas, ce qui caractérise le petit lot de mobilier recueilli est la présence de la céramique non tournée (la moitié des fragments) et de jarres ibériques. Le matériel importé (amphores et céramiques fines) est anecdotique, ce qui s'explique sans doute par la position reculée du site dans l'arrière-pays et difficilement accessible. L'ensemble des vestiges porte à croire que le Camp-Roland a été occupé durant la deuxième moitié du -VIè et le -Vè siècle.

 

 

À Fabrezan, le gisement de Notre-Dame-de-Consolation est implanté sur une éminence de forme allongée, peu élevée, surplombant les terrasses basses de la plaine de l'Orbieu, affluent de l'Aude, qui coule à moins de 1 km au Sud-Est. D'autre part, la colline est bordée au Nord-Est par le ruisseau de la Peyrouse et se trouve également à proximité d'un petit affluent de l'Orbieu. L'alimentation en eau devait s'effectuer par la source située devant la chapelle de Notre-Dame-de-Consolation. On distingue sur cette éminence, deux zones d'occupation : sur un plateau au Nord et sur un mamelon au Sud où une cabane a fait l'objet de sondages.

Le mobilier recueilli à cette occasion atteste la présence d'un habitat occupé durant une courte période, centrée sur le dernier tiers du -VIè siècle. L'ensemble céramique est caractéristique de cette phase et se compose de vases gris monochromes utilisés pour le service des liquides et de la nourriture, de jarres et d'urnes de type ibérique pour le stockage et de vases en céramique non tournée à usage culinaire. Quelques fragments d'amphores étrusques, puniques et massaliotes ont également été collectés à plusieurs endroits de la colline.

 

 

Le site de Mayrac à Capendu est installé en bas de pente, dans la partie Nord des Corbières, entre la Montagne d'Alaric et la plaine alluviale de la rive droite de l'Aude. Le fleuve coule à 2 km au Nord du site, qui se trouve par ailleurs sur la rive gauche du ruisseau de Mayrac.

Les vestiges d'une cabane en matériaux périssables et d'une zone de foyer ont pu être identifiés.

Le mobilier recueilli se compose essentiellement de céramiques non tournées, qui représentent un peu plus de la moitié des fragments. Parmi la céramique fine, on compte deux exemplaires de type ibérique, quatre vases tournés indigènes de type celtique. On note aussi la découverte d'une amphore massaliète. L'ensemble est attribué au -IVè siècle et le site sera occupé jusqu’au -Ier siècle.

Il faut dire Capendu était un relais entre Narbonne et le passage du fleuve Aude, au centre du bassin. Au départ de Narbonne, une voie proche du fleuve empruntait, au Nord de la plaine lézignanaise, un des chemins unissant la basse plaine aux riches territoires situés sur la rive gauche de l'Aude (plaine minervoise, Cabardès). À partir de Capendu, par Floure, et jusqu'à Carcassonne, la zone de passage semble identique à celle connu à l'époque romaine (attestée par de nombreuses découvertes relatives à cette période : deux trouvailles anciennes à Douzens et deux autres sites à Floure).

 

Une œnochoé à vernis noir intacte datant du -IVè siècle ou du début du -IIIè siècle a été découverte au Nord-Est de Capendu, à Roque-Payrolle en bordure de l'ancien chemin de Saint-Couat sur une terrasse de l'Aude et à proximité d'un ancien gué. Cet objet pourrait témoigner de la présence d’une tombe.

 

 

Camplong d'Aude (du latin "Campus longus" qui signifiait "champs longs") est situé dans le massif des Corbières, au Sud de la montagne d'Alaric à la confluence du ruisseau des Mattes et de l'Orbieu (à ses débuts il ne se trouvait pas exactement à cet endroit précis, le village se trouvait plus vers la montagne d'Alaric, au lieu-dit Aousi).

Au -IVè siècle les Grecs implantent une campagne au pied de la montagne d'Alaric pour cultiver la vigne [les Romains agrandiront la campagne et cultiveront toute la vallée dans de longs champs (campus longus)].

 

À Moux, au lieu-dit "le col de Portes", on rencontre des traces d'occupation antique des derniers siècles précédant l'occupation romaine, aux -IVè et -IIIè siècles. La découverte de cet habitat préromain à Moux confirme ainsi l'hypothèse de la frontière fortifiée à l’époque du Cayla de Mailhac.

 

 

La civilisation celtique s'épanouit en Gaule avec La Tène, c'est-à-dire au deuxième Âge du Fer, à partir du -Vè siècle. Dans le Midi, la région habitée par les Élisyques voit arriver des Volques, peuple celte qui se sont installés là au milieu ou à la fin du -IIIè siècle : ils s’installèrent vers -270/-260 en Gaule Narbonnaise, attirés par le mercenariat au service des Carthaginois et des Romains. Ces tribus se subdivisent en deux, d'un côté les Volques Tectosages qui ont Tolosa comme capitale et de l'autre les Volques Arécomiques dans la région de Nemausus, le fleuve Hérault étant la frontière entre les deux tribus. Actifs, tournés vers le progrès, ils construisirent des routes (de Lagrasse à Carcassonne passant par Marcodames).

Camille Julian qualifie de Ligure le peuple occupant la région traversée par Hannibal et ses éléphants dans son périple (Espagne, Gaule, Italie par les Alpes) en -218. Les oppidum, villages fortifiés de l'époque, furent détruits à cette période (Pech Maho, Peyriac, Mont Milan, Ensérune).

 

 

Au Sud de Mayrac et au pied de la Montagne, des sondages pratiqués à l’Oratoire-Sud ont révélé des niveaux d'occupation du -IIè/-Ier siècle. Ils ont livré de la céramique à vernis noir, ainsi que des fragments de vases peints et gris.

 

 

Entre le village actuel de Douzens et les premières collines de la Montagne de l’Alaric, des fragments d’amphores sont signalés ainsi que la découverte d’une drachme ampuritaine du -IIè siècle.

Notons également la découverte de vestiges d’amphores, à l’Est du village, sur le chemin de Saint-Couat.

Au Nord-Est du village de Douzens, au lieu-dit La Viala, s'étendent les ruines de Liviana, gîte d'étape sur la voie romaine de Narbonne à Toulouse. On y a trouvé : fibules de type La Tène II (de -260 à -150), arc filiforme, ressort à 4 spires et corde interne (dont le pied retourné vers la tête est fixé à l'arc par une bague, ici de type inconnu), arc coudé à la tête avec profil en "anse de panier".

 

 

Strabon qualifie vers -40 les Aquitains de « peuple ressemblant plus aux Ibères qu'aux Celtes ». César dans la "Guerre des Gaules" qualifie les Aquitains de « peuple Ibérique » à la même époque. Diodore de Sicile précise que les Celtes et les Ibères habitent la Gaule du Sud vers -90. Les faits attentent que le long de la côte Audoise, un monnayage Ibérique a circulé aux -IIè et -Ier siècle, quelques rares monnaies se rencontrant à la Lagaste, Castelnaudary, alors que le monnayage de l'Intérieur est majoritairement Celte (Monnaies à la Croix). Les Romains donnèrent le nom d'Atax au fleuve Aude actuel, en référence au peuple qui habitait ce territoire (Atacins).

 

À Moux, la villa de la Lecune à proximité de la voie romaine perdurera du -Ier siècle jusqu'au IVè siècle.

On a trouvé en surface divers objets (en fer, plomb, verre et de nombreux objets de bronze : monnaies, phallus, rouelles, fibules, boucles, boutons, bagues, sceau, éléments de harnais et une applique représentant Hercule étouffant le lion de Némée), de la céramique (campanienne, d'Arezzo, de La Graufesenque, celle-ci avec estampilles), des monnaies (de Nîmes, des empereurs des Ier, IIè et IVè siècles). Il s'agit sans doute, une fois encore, d'une villa gallo-romaine.

 

Sur le versant Sud-Est du Mont Alaric, qui surplombe les Gorges du Congoust, étroites et escarpées, se trouvent les ruines de la chapelle St Michel de Nahuze. Jusque dans les années 40, les villageois des alentours y montaient en pèlerinage pour demander la pluie les années de sécheresse. La petite vallée abritée, située à l’intersection des chemins entre Montlaur et Camplong-d’Aude pour l’axe Ouest-Est ainsi qu’entre Moux et Lagrasse pour l’axe Nord-Sud, est couverte de fleurs sauvages au printemps.

 

La moitié des noms régionaux de racines celtiques sont liés à la manne liquide. On rappellera simplement, à titre d'exemples, les divinités liées aux rivières telles les Maires Ubelnae pour l'Huveaune près de Marseille, Urnia pour l'Ourne (Gard) ou aux sources avec Graselos au Groseau près de Malaucène, encore Larraso pour la source Font de Comigne à Moux.

Au Sud de Moux, sur le versant Nord de la Montagne d'Alaric, se trouvent les substructions d'un petit sanctuaire du dieu Larraso.

 

Les terres de Faillenc et de Bevas/Vevas sont directement au pied de la Montagne d'Alaric. Des pièces romaines permettaient au passant de la Voie d'Aquitaine de s'attirer les grâces du Lare Larasso, protecteur des lieux.

Larraso est un dieu gaulois connu par trois inscriptions trouvées en France (deux inscriptions trouvées à Moux et une inscription gauloise en grec trouvée à Carcassonne). Le nom est probablement dérivé du proto-celtique * La- (seulement, seul) et * As-no-, qui est lui-même dérivé de la racine proto-indo-européenne * as- (brûler, briller) donnant quelque chose comme « Celui qui est le Feu » ou peut-être « Celui qui est la Forge » : ainsi Larraso était probablement un dieu forgeron associé au dieu romain Vulcain.

La continuité du site, du Ier au IVè siècles, permet de penser à un site exceptionnel, son culte devait attirer des pèlerins de toute la région et enrichir ainsi les magistri pagi, chargés de son administration. Ce butin amassé pendant des siècles permit à ces magitri de prospérer, ce n'est que beaucoup plus tard, au début du IVè siècle que ce fanum sera abandonné lors des grandes invasions. Comme tous les sites de la région, les céramiques et les tegulae laissent apparaître des traces de brûlures, le site ne fut pas abandonné, il fut détruit, le butin le plus apparent emporté, les animaux, les femmes et les enfants réduits en esclavage. Les trésors monétaires, généralement enfouis échappaient à la prise. Ce qui explique les découvertes dans la région Mouxoise de pièces de monnaie romaines : le pays était prospère, la paix avait duré trois siècles, avec de courtes périodes d'insécurité, le numéraire circulait abondamment.

 

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Deville 13/03/2014 14:31

Copier/coller depuis le site mouxalaric....

Collectif des 12 Singes 15/03/2014 03:50

Bonjour,
Il y a eu effectivement des copies depuis le très bon site mouxalaric.fr (lien en bas de l’article, mais le site n’a plus l’air de fonctionner), mais la base de cet article est constituée d’infos scientifiques en provenance des BSR régionaux (http://www.culturecommunication.gouv.fr/Regions/Drac-Languedoc-Roussillon/Publications/Bilan-scientifique-regional-et-Grands-sites-archeologiques) et de Persee.fr, agrémentées par d’autres sources. Nous ne gardons que la substantifique moelle et recoupons les infos pour que les sources se complètent entre elles.
Bref, cet article est l’équivalent de moult heures/jours de recherches de données et de leur synthèse, quantités d’infos éparpillées livrées en un article synthétique. Merci de l’avoir lu !