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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Collage de Idiots.25 Crew à Leipzig

Collage de Idiots.25 Crew à Leipzig

 

 

  • Animateur : Pour obtenir des aliments ou la protection des mâles, les femelles gorille, babouin, chimpanzé ou bonobo développent d’incroyables stratégies de séduction, mais peut-on pour autant parler de prostitution ?
  • Éthologue : Pour qu’il y ait prostitution, il faut du désir ou des frustrations tournées en désirs, des individus acceptant de louer leur corps pour une relation limitée, un contrat et une monnaie d’échange. Pour d’autres espèces que l’humain, on parlera plutôt d’échanges sexuels contre un avantage attendu ou négocié. Premier point, il ne peut y avoir échange d’un service sexuel contre un avantage si les femelles ne sont réceptives que lors de leurs rares périodes d’ovulation. Deuxième point, si une femelle est en œstrus et copule avec des mâles différents, elle n’en tire aucun avantage, si ce n’est la tolérance et parfois la protection de ceux-ci pour son ou ses jeunes. Ainsi, pour qu’il y ait prostitution des femelles, il faut que celles-ci aient des périodes de réceptivités sexuelles étendues autour de l’ovulation, qu’elles suscitent du désir qui ne soit pas soulevé par les seules phéromones, qu’elles aient conscience de ce désir chez les partenaires potentiels, que ces derniers acceptent de céder un avantage contre une relation sexuelle. Les manchots sont une espèce souvent citée pour ces pratiques d’échanges de bons procédés. Au cours de la période d'accouplement qui dure de trois semaines, les cailloux étant en forte demande, le vol et la "prostitution" sont couramment utilisés pour acquérir ces objets de valeur (plus il y a de cailloux mieux c’est, car le printemps venu, avec la fonte des neiges arrivent les inondations et seuls les plus grands nids survivent). Les femelles manchots de la Terre Adélie (Antarctique) sortent alors souvent seules du groupe pour aller recueillir ces cailloux nécessaires à la construction du nid, les mâles ne doutant pas de leurs partenaires féminines. Mais, de temps en temps, quelques manchots femelles se "prostituent" en ciblant des mâles célibataires (si à la place elles choisissent un manchot mâle en couple, la partenaire actuelle du mâle courtisé rentrerait en conflit avec la femelle courtisane). Les femelles courtisanes effectuent parfois un rituel de parade nuptiale, entendue comme une astuce pour attirer les mâles par la ruse et les conduire à des rapports sexuels. Après la copulation et avoir pris les cailloux, les femelles s’enfuient. Elles reviennent ensuite chez leurs clients jusqu'à dix fois, en prenant un ou deux cailloux à chaque fois. Autant les cailloux sont rigoureusement défendus par les mâles contre d'autres mâles, ce n’est plus le cas quand le sexe est utilisé pour payer ces pierres précieuses. En fait, certains mâles sont tellement sous le charme qu'ils laissent les femelles prendre des cailloux, même après seulement avoir flirté avec elles. Les mâles peuvent obtenir la paternité sur la descendance de la femelle, progéniture pour laquelle ils n'auront pas eu à s’investir. Ce comportement de courtisanerie ne se fait pas que pour les pierres (la femelle prend seulement une ou deux pierres, alors qu’il en faut des centaines pour construire un nid correct afin que leurs œufs ne refroidissent pas au contact du sol gelé ; une seule femelle a tout de même pu recueillir par ce biais 62 pierres en une heure). Il a également été suggéré comme étant un processus de test d'un partenaire par lequel les femelles pourraient trouver un éventuel compagnon d'avenir, au cas où leur partenaire actuel venait à mourir avant la prochaine période d'accouplement (les manchots mâles célibataires n’étaient engagés dans des relations sexuelles avec les femelles courtisanes que pour leur satisfaction sexuelle immédiate). En définitive, la question se pose de savoir des cailloux ou du sexe avec un autre mâle quelle est la ressource la plus importante pour les femelles : les cailloux sont importants pour la survie du nid, mais le sperme d'autres mâles peut affecter la paternité de la progéniture du "couple". Finalement, peut-être que les femelles choisissent d'avoir des relations sexuelles avec d'autres mâles, de meilleure qualité, et ne ramassent les cailloux que pour tromper leur partenaire sur le long terme, expliquant par la collecte des cailloux leur absence. Reste donc à déterminer si les cailloux sont le paiement ou l'alibi de ces dames.
  • A. : Et chez nos cousins les singes, qu’en est-il ?
  • E. : Si un jeune adulte babouin courtise une femelle en se montrant attentionné envers elle (même envers son enfant, dont il n’est pas le géniteur), lui offre une jeune antilope, lui rend service en lui cherchant des poux sur la tête, au fil des mois il en fait une amie, puis une partenaire sexuelle privilégiée. Il ne s’agit évidemment pas de prostitution, mais d’un ensemble de comportements complexes avec des anticipations, des échanges d’attention et d’affects, des services : la plupart des animaux négociant de la nourriture contre des faveurs sexuelles le font seulement au sein d'un partenariat. Les singes à la réputation de lubricité solidement établie, tels les gorilles chantés par Georges Brassens, s’avèrent aussi sages que modestes sur les choses du sexe, les copulations étant sollicitées par les femelles sans recherche d’un avantage quelconque. Ce qui importe, c’est d’être sous la protection d’un mâle qui défend le groupe. Chez les bonobos, ces singes érotomanes, il n’y a pas de négociation sexe contre nourriture ou sexe et intrigues de pouvoir comme chez les chimpanzés, bref d’échange contre un avantage (il arrive qu’une femelle bonobo se donne pour obtenir de la nourriture ou un objet convoité, mais on doit plutôt parler de bonnes mœurs). En l’état des connaissances, seuls les chimpanzés affichent des comportements s’apparentant à de la prostitution. Faut-il rappeler que nous partageons 99% de notre génome avec eux ??? Les femelles chimpanzés présentent une assez longue période de réceptivité sexuelle autour de leurs périodes de fécondation. Elles profitent alors de leur attractivité pour jouir de relations sexuelles avec plusieurs mâles, selon la tolérance du mâle dominant. Elles sont conscientes de l’envie qu’elles suscitent et s’en servent pour échanger leurs faveurs, pour obtenir des nourritures prisées auprès des mâles. Il existe ainsi des négociations « sexe contre nourriture », par exemple entre une femelle particulièrement appréciée et un mâle numéro deux très entreprenant : cette femelle est poursuivie de ses assiduités par ce mâle « secondaire » d’autant plus séduisant qu’il détient deux noix de coco, qu’elle finit par obtenir contre plusieurs copulations. Une autre fois, c’est le mâle dominant qui accapare beaucoup de nourriture. La même femelle se présente devant lui, le mâle numéro un lui proposant un tiers de ses réserves, ce qu’elle refuse. Il en propose le double, elle refuse toujours. Il finit par tout offrir et il obtient ce qu’il désirait. On voit bien ici que les autres animaux savent ce qu’ils veulent et ce qu’ils valent, qu’ils connaissent le sentiment d’injustice et qu’ils négocient donc dur pour arriver à un accord correct (même si ici la femelle a été particulièrement gourmande, mais quand on aime – ou qu’on veut faire du sexe à tout prix – on ne compte pas, on ne va pas pinailler pour « si peu »). Les chimpanzés éprouvent donc du désir sexuel et du désir gourmand ; ils sont capables de comprendre l’autre et ses attentes. Non seulement ils attribuent de l’importance à ses menus plaisirs, mais ils savent les évaluer pour négocier des échanges sexe contre nourriture. Mais les jeux du sexe interviennent aussi dans les intrigues de la politique. Le sexe intervient ainsi dans des marchandages subtils au sein des coalitions de mâles chimpanzé, un mâle dominant permettant à un second qui le soutient fidèlement d’accéder de façon privilégiée aux femelles réceptives, tout en empêchant les autres de le faire. Il faut également savoir que même nos très lointains cousins, la famille dont nous nous sommes séparés avant que la nôtre (les hominoïdes) ne perde sa queue, maîtrise la valeur de la qualité du sexe tarifé ! Ainsi, les mâles macaques à longue queue utilisent le toilettage pour "monnayer" du sexe, et certains singes capucins ont appris la valeur monétaire de disques percés et les échangent contre des faveurs sexuelles. Comme dans le capitalisme, plus le produit est rare (ici le nombre de femelles sexuellement réceptives disponibles) plus le prix sera élevé. Quand il y a beaucoup de femelles présentes, les mâles macaques à longue queue paient moins pour acheter du sexe ; quand elles sont moins nombreuses, les mâles paient plus. La méthode de paiement préférée est le toilettage. En effet, l'acte de toilettage a des effets physiologiques bénéfiques tels que le soulagement du stress et l’augmentation de la tolérance et de l’envie de coopération. En outre, cela peut mettre le mâle plus à l'aise pour tenter un acte sexuel et rendre la femelle plus tolérante à ses avances sexuelles. Le prix est défini par la durée de toilettage avant que le rapport sexuel ne soit fourni : plus le toilettage dure longtemps, plus le prix est élevé. La disponibilité de partenaires sexuels (abondance relative de la ressource) n'est pas la seule force du marché biologique qui détermine le prix de ce commerce de biens sociaux. La qualité de la partenaire sexuelle (valeur de la ressource) détermine également le prix. Les femelles de qualité supérieure, généralement de rang plus élevé, fixent leur prix plus cher, les mâles devant les toiletter plus longtemps s'ils veulent acheter du sexe auprès d’elles. Mais fondamentalement, les femelles n’offrent par de sexe à tout mâle en manque qui passerait par là. Les mâles doivent faire beaucoup d'efforts dans les préliminaires afin d'obtenir du sexe. On pourrait donc conclure que les autres singes ne sont pas si différents de nous quand il s'agit de sexe. Concernant les femelles, l'hypothèse est qu'elles formeraient des alliances avec des mâles en étant toilettées. Cela pourrait ensuite leur donner un environnement plus stable pour leurs enfants et la protection des mâles avec qui elles ont formé des alliances (en plus du plaisir immédiat d'être toiletté). Un enchaînement d'effets moins agréable peut toutefois se produire. Les mâles mettent parfois en place une stratégie alternative d'accouplement, une "association" où ils monopolisent la femelle. Ces mâles se battent alors avec d'autres mâles pour leurs droits autoproclamés sur le corps de la femelle et forcent celle-ci à des activités sexuelles. Concernant les singes capucins, malgré leur petit cerveau, il a suffi que des scientifiques leur enseignent le concept de l'argent pour que, peu de temps après, la première prostituée simiesque apparaisse dans ce groupe ! Il faut voir le capucin comme un estomac sans fond : on peut le nourrir de guimauves toute la journée, il va vomir puis il revient pour en ravoir. C'est ces désirs égoïstes que les scientifiques ont essayé d'exploiter et d'expérimenter après avoir enseigné aux capucins à acheter des raisins et des pommes. Après plusieurs mois de répétition pour que les capucins apprennent qu'ils pouvaient échanger un disque percé contre des fruits, chaque singe a reçu 12 jetons pour décider comment les dépenser en fruits de prix différents, dans son meilleur intérêt. Et les singes géraient très bien leur budget. Le marché a alors changé, le prix des pommes baissant, histoire de voir si les singes achèteraient moins de raisins et plus de pommes. Ils ont agi exactement comme les lois actuelles de l'économie dictent les comportements humains. Ils ont ensuite appris à parier, et ils ont pris les mêmes décisions irrationnelles qu’un joueur humain. Un jour, au lieu de la forme cubique habituelle, un chercheur a coupé des tranches circulaires de concombre, semblables aux disques percés qui avaient été distribués aux capucins comme argent. Un des singes a pris une tranche, l’a mâchée un peu, puis s’est immédiatement rendu auprès d’un des chercheurs pour savoir s’il pouvait acheter quelque chose de plus savoureux avec ça. Apparue alors la forme la plus évidente de l’emprise de la monnaie. L'idée est que l’on peut utiliser l'argent comme une forme de monnaie d'échange pour des biens ou des services, pas seulement pour de la nourriture. C’est ainsi que l'un des singes a échangé son argent avec un autre capucin contre du sexe. Après que l'acte fut consommé, le singe qui avait été rémunéré utilisa immédiatement cet argent pour acheter du raisin.

 

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