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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Relevé du dallage encore en place sur le quatrième secteur du Locus XX (https://www.adlfi.fr/SiteAdfi/document?base=base_notices&id=N2004-LA-0236&q=sdx_q0&recherche=listDocPredef)

Relevé du dallage encore en place sur le quatrième secteur du Locus XX (https://www.adlfi.fr/SiteAdfi/document?base=base_notices&id=N2004-LA-0236&q=sdx_q0&recherche=listDocPredef)

Au cours de la Préhistoire, seules les causses au nord du Languedoc ont été peuplés et exploités, la plaine du Languedoc étant un lieu de paludisme. Après la première occupation de la grotte de l’Hortus par Neandertal (cf. Visite d’une cave de l’Hortus avec Neandertal, et dégustation … cannibale), la stratigraphie ne livre pas de matériel du Paléolithique supérieur. Néanmoins, on y retrouve les traces d'une occupation régulière du Néolithique (Chasséen et Ferrérien) jusqu'au Chalcolithique et à l'âge du bronze final. Les grottes et abris continuent à être utilisés mais leurs fonctions se réduisent par rapport aux époques précédentes. Ils servent le plus souvent de bergeries, comme en attestent les litières qui s'y accumulent alors. Au Chalcolithique, on trouve dans ces montagnes cévenoles des populations de bergers qui ont laissé leurs traces sous formes de stèles sculptées (représentant notamment des guerriers portant un couteau triangulaire).

 

 

Le Sud de la France a connu une néolithisation du mode de vie des Hommes très tôt contrairement à d'autres régions du Nord. Le chalcolithique languedocien est le plus ancien et le plus varié du périmètre français (influences avec ses voisins, Espagne, Suisse, Italie en particulier). Les populations productrices des céramiques de style chasséen sont des populations néolithiques se caractérisant par une structuration géographique forte de leur économie, basée sur l'échange. Les matières premières (obsidienne de Sardaigne et des îles Lipari, éclogites des Alpes, cinérites du Rouergue) exploitées pour la fabrication des outils de pierre, sont transformées à proximité du lieu d'extraction puis exportées sous forme de produits finis (haches polies, grandes lames) ou semi-finis (nucléus destinés à être débités par pression) à plusieurs centaines de kilomètres, vers des sites centraux souvent cerclés de fossés (cette culture se caractérise entre autres par la présence dans les industries lithiques de lamelles débitées par pression sur des nucléus chauffés en silex bédoulien, originaires des gisements du Vaucluse). La métallurgie n'est pas pratiquée bien qu'elle soit connue dans des groupes contemporains d'Europe centrale et orientale. Cette civilisation Chasséenne méridionale s’étendra ensuite, à partir du Midi, dans presque toute la France.

 

Les sites de Moulin de Villard, des Mouguettes, du Rocher du Causse, de Congénies, mettent en lumière la diversité des premières traces d' "urbanisme" des plaines et des garrigues de l'Hérault. Les premières traces de vestiges visibles de l'Homme qui peupla la région du Pic Saint-Loup et qui, par ses activités, amorça la constitution des garrigues, remontent au Chasséen méridional (de -4 750 à -3 250), mais cette période au cours de laquelle élevage et agriculture prennent une place prépondérante est peu représentée en garrigues (cette culture s’étendant essentiellement de la Provence au Languedoc et dans les marges nord-occidentales de l'Italie). Sauf à Teyran, qui se trouve à mi-chemin entre la mer Méditerranée et les premiers contreforts des Cévennes. Entourée de garrigue, le site présente une vue sur le Pic Saint-Loup ainsi qu’une pente générale descendant vers le sud jusqu'à la vallée de la rivière du Salaison (qui reçoit dans sa partie amont de nombreux ruisseaux temporaires provenant des garrigues, ces cours d'eau étant à sec en-dehors des périodes orageuses d'automne) et de ses ruisseaux affluents, notamment la Cadoule, qui traversent la commune.

 

Ainsi, dans un cadre plus vaste que celui régional, le premier village structuré construit en pierres sèches se trouve sur le site de Montbeyre-la-Cadoule. La station chasséenne de Montbeyre, près de la source pérenne de la Cadoule (nord de Teyran, route de Montaud), a livré un mobilier à foison et une douzaine de constructions de pierres. Le flanc cette grande colline est, en effet, un lieu privilégié où se trouvent à la fois une source, des bancs de matière première comme le silex et de riches terres alluvionnaires ainsi que des conditions agricoles idéales, à l’origine de la sédentarisation (avec les tous premiers abris construits en pierre). Il est également possible, au travers des diverses techniques de construction, retrouvées sur place, de voir naître les premiers rudiments de l’architecture de pierres, entraînant une nouvelle organisation sociale avec l’attribution de zones spécifiques (habitat, sépultures, etc.). Le site de Teyran a été occupé pendant près de 1 000 ans (jusqu’aux environs de -3 000).

 

 

À la phase primitive, correspondant au "Pré-Chasséen" et au Chasséen ancien, serait liées des suites rectilignes de blocs mégalithiques, limitant des loges à demi-souterraines, creusées ou utilisant les accidents naturels du substrat.

Le locus XX en est l'exemple le plus démonstratif. C'est un vaste ensemble situé à l'ouest de la station. Développé sur près de 12 m, il comprend essentiellement trois aménagements d'excavations placées côte-à-côte. Celles-ci profitent de dépressions du substrat calcaire qui, généralement en pendage prononcé, butent sur un front vertical. Une suite de dalles dressées limite l'ensemble des fronts et un cloisonnage de même matériau assure leur séparation latérale. Le secteur le plus à l'est (sud-est), le plus imposant, possède une paroi, développée sur 4 m, faite de cinq grands blocs disposés de chant, parfaitement agencés les uns à la suite des autres de telle sorte que leur sommet général atteigne la même horizontale, en dépit de la pente prononcée de la plaque rocheuse sur laquelle ils reposent. Pour obtenir cette position, si les deux derniers blocs ont leur base en contact direct avec ce sol, les trois autres sont, par contre, surélevés au moyen d'un mur de biocaille qui les sépare du substrat (le bloc le plus long étant à l'endroit le plus profond). Plusieurs dalles constituant l'alignement mégalithique ont été extraites du substrat naturel de la fosse, à l'endroit même où se situe une succession d'occupations préhistoriques. Dans le niveau V (le plus ancien), la poterie a des formes simples, généralement à embouchure rétrécie, avec des lèvres incisées ou pastillées ; le décor est fait de cordons ondulés, de cannelures courtes et larges ainsi que d'incisions en chevrons verticaux ; la préhension est représentée surtout par le gros bouton, l'anse en ruban et une perforation sous-cutanée. L'industrie lithique se base sur l'obtention de lamelles utilisées brutes ; la retouche de la lamelle est préférablement latérale et grignotée ; le trapèze sert d'élément de couteau ; le grattoir est en bout de lame ou sur éclat en forme d'éventail, la mèche est à bord abattu long ; l'armature tranchante est faite par bitroncature ou de type Néolithique ancien, l'armature perçante est rare ; le débitage présente des techniques de percussion indirecte (punch), ainsi que la pression sans traitement thermique. Ces diverses caractéristiques peuvent définir un "Pré-Chasséen" où se côtoient autant une forte ascendance Néolithique ancien que de probables influences nord-italiennes (Néolithique moyen 1 de Ligurie).

On peut considérer comme étant de même conception la "cabane rectangulaire" du locus II, tout comme le locus XXX, proche et à peu près identique si ce n'est que le front est ici en arc-de-cercle. Situé à l'est du gisement, le locus II est un ensemble assez conséquent comprenant un bâtiment d'apparence rectangulaire et une cellule bâtie en fosse qui paraît en réutiliser la partie nord. L'édifice à plan rectangulaire exploite, pour ses côtés, des affleurements du substrat naturel dont les vides sont compensés par des blocs ou des dalles, laissant une superficie interne libre de 7 m de longueur pour 2 m de largeur. Cette surface est occupée par un sol d'argile damée. La cellule en fosse est ouverte sur environ 4 m de longueur et 2 m de largeur pour une profondeur de 1,40 m. Les côtés est et ouest sont composés de gros blocs, semblables à ceux de l'édifice à plan rectangulaire. Cet appareillage de gros blocs, visible sur le niveau inférieur, semble se retrouver, dans son aspect, sur l'extrémité nord de cette architecture, comme si ce fragment de mur-là, en raison de sa position protégée, ait pu être conservé tout au long des diverses occupations. Le bord sud-est de la structure comprend un plaquage de moellons (la surface intérieure est tranchée par l'ouverture de la "cellule bâtie en fosse" dont le mur de moellons lui est quasiment orthogonal). Ce plaquage est constitué d'un mur dont l'élévation s'ouvre vers l'extérieur de la base jusqu'au sommet. Son appareillage se différencie, à la base, par de gros blocs mal agencés et, sur la majorité de son développement, de cailloux de moyenne dimension en assises très irrégulières. Cette toute première structure est manifestement faite selon un dispositif qui rappelle celui de l'édifice rectangulaire dont la cellule en fosse réoccupe la partie nord ; elle confirme ainsi un caractère d'ordre primitif, qui est d'ailleurs en analogie évolutive avec le type architectural vu dans le locus XX précédent. Dans le niveau le plus ancien (C3), la poterie a des formes hémisphériques simples ; la carène est peu marquée et surmontée d'une longue partie supérieure généralement cylindrique ; la lèvre est souvent à épaississement externe ; la coupe en calotte est de petite taille ; le décor paraît être inexistant ; on doit noter la présence du cordon en relief. La documentation lithique est pauvre. On relève la présence du grattoir surtout sur éclat mince, du perçoir en bout de lame, d'un géométrique et d'une armature perçante. Par cet ensemble de matériel on peut définir un Chasséen ancien.

 

À la phase moyenne, attribuable au Chasséen classique, s'associent des cellules, également à demi-souterraines, plutôt ouvertes dans un substrat plus friable (en l'occurrence, ici, un sédiment lacustre peu consistant) dont les parois sont renforcées par l'application de murs de moellons. Les locus II et XV correspondent tout à fait à ce contexte. Le mur présente dans son élévation des plaquettes horizontales (à chaque type d'occupation, un certain réaménagement du mur a été réalisé). L’appareillage formant véritablement la cellule bâtie du locus II est élevé à l'époque du Chasséen classique. Il est confirmé par le locus XV : même fosse aux parois confortées de murs, même remplissage d'une couche à coloration identique jaune (qui se scinde en deux, l'une stérile résultant probablement de la décomposition du substrat lacustre et l'autre riche en documents) contenant un matériel Chasséen classique.

Dans le niveau 2 du locus II, la poterie possède encore une forme hémisphérique dont le nombre cependant s'appauvrit ; la carène devient anguleuse, alors que l'on note la nouveauté de l'épaulement surtout semble-t-il anguleux ; la partie supérieure est moins développée et toujours cylindrique ; l'épaississement extérieur de la lèvre existe, la coupe en calotte prend une grande taille, elle peut s'agrémenter d'une courte lèvre souvent épaissie et parfois légèrement ourlée, bien que plus rarement ; la préhension est souvent à pans aplanis, olivaire, ou en tubulures verticales ; le décor est excessivement rare (mais quand il existe, il est exubérant, fait de triangles ou de bandes gravés sur pâte cuite et de cannelures) ; le cordon en relief est toujours présent. Le matériel lithique est surtout sur lamelle ; la retouche latérale est irrégulière, plutôt grignotée, et est en augmentation ; le grattoir frontal est en bout de lamelle généralement épaisse ou sur éclat ; la coche est latérale sur lamelle ; l'armature géométrique est toujours présente ; l'armature tranchante et l'armature perçante ont des côtés préférablement concaves ; le débitage répond à une pression thermique selon un type semi-conique. Ces traits généraux sont connus dans les séquences du Chasséen classique du Languedoc et de Provence. Dans le niveau 1 d, la poterie se diversifie avec l'apparition notamment de la marmite à col et surtout par une grande variété de préhensions avec des perforations multiples sur barrette, en cartouchière ou en suite de boutons ; la partie supérieure du vase peut être encore cylindrique avec cependant une certaine concavité ; la carène est bien marquée sans être toutefois anguleuse ; l'épaulement est plutôt adouci ; la grande coupe a une lèvre courte très peu épaissie et rarement ourlée ; la coupe en calotte peut avoir un sillon intérieur ; le décor est toujours très rare que ce soit par incisions gravées ou par de très légers cordons courbes. L'outillage de silex taillé présente une augmentation numérique des lames ; la retouche latérale est parfois rasante ; on note le grattoir sur lame à bords fonctionnels dislatéraux et la troncature rectiligne et concave ; il y a également la coche en bout de lamelle et le burin d'angle sur cassure ainsi que sur troncature ; le perçoir est d'axe ; la lame appointée est d'angle ; l'armature perçante losangique ainsi que l'armature tranchante ont en principe les bords légèrement convexes. Cet ensemble présente les caractéristiques d'un Chasséen classique évolué.

 

À la phase finale, datable du Chasséen récent, s'attachent les premières constructions élevées directement sur le sol, à l'aide de murs faits de suites de dalles accolées ou de blocs dont la base est engagée dans une courte tranchée. Le locus VII en représente le prototype, mais ce caractère se retrouve également dans une partie du locus I et dans le niveau superficiel du locus XV.

Situé à une dizaine de mètres à l'ouest du locus II (dont le sommet est cette fois constitué de moellons grossièrement disposés), le locus VII est un bâtiment de forme trapézoïdale à trois côtés, ouvert au sud-est. Les murs, d'environ 3 m de longueur, sont faits d'une suite de dalles, de dimension moyenne, accolées de chant, ou bien de blocs dressés, dont le fondement est engagé dans une tranchée peu profonde. Le sol semble présenter des trous de poteaux, aussi bien vers l'ouverture qu'à l'extérieur nord-est. Cet édifice est, dans sa partie nord-est, construit sur une couche de teinte jaune à laquelle appartient un système de fosses ; dans sa partie sud-ouest principalement, les dalles sont abattues pour servir de sol à une occupation Néolithique final-Chalcolithique. Le mur de l'édifice est fait d'une suite de dalles accolées ou de blocs, engagés en partie dans une tranchée ouverte spécialement dans un sol qui est, au nord, constitué de la couche de teinte jaune (contenant des fosses à vocation funéraire ou cultuelle avec un matériel de type Chasséen classique), et au sud, par le substrat blanc de type lacustre. La couche de teinte noire qui constitue là le remplissage général de la construction est toujours sur l'ensemble du site sus-jacente à la couche de teinte jaune. On peut en conclure que l'édifice locus VII est plus récent que le Chasséen classique. D'autre part, la portion sud de l'édifice présente une structure qui, si elle est conforme à tout le reste du bâtiment, est cependant à cet endroit profondément ruinée et présente des dalles abattues. Or c'est sur cette même surface, et seulement là, au-dessus des dalles alors effondrées, que se trouve une documentation de type Néolithique final-Chalcolithique. Il s'agit donc d'une réoccupation qui scelle ainsi la destruction d'un bâtiment plus ancien. La couche de teinte noire, la plus profonde, doit donc être en relation avec l'architecture du bâtiment. Elle est datable par son mobilier du Chasséen récent et terminal, qui se situe d'ailleurs logiquement ici entre une occupation du Chasséen classique et une réutilisation du lieu au Néolithique final-Chalcolithique, par ailleurs exceptionnellement rare sur le site. Signalons que ce type de construction en dalles accolées ou de blocs engagés dans une tranchée se rencontre en plusieurs endroits sur le site, comme par exemple dans le mur est du locus I, ou bien encore dans l'architecture superficielle du locus XV.

Dans le niveau II b du locus XX, un remplissage caillouteux très pauvre fait suite au Chasséen classique et au-dessus encore, se trouve une couche noire séparée en deux strates par un dallage (la face Est des cinq gros blocs a été réutilisée comme côté d'un édifice à plan sensiblement carré, au sol dallé, et dont au moins deux des autres côtés sont faits de blocs, moins bien agencés, mais réservant entre eux des espaces où semblent exister des traces d'emplacements de trous de poteaux). Cette séquence correspond à un Chasséen récent : la partie supérieure du vase devient concave ou verte et voit apparaître le profil en "S", ainsi qu'un plus grand nombre de jarres à cordons multiples ; il existe un décor de triangles pointillés ; la coupe en calotte, à lèvre parfois épaissie, est encore décorée de rainures internes ; la perforation de la préhension est moins fréquente, avec la présence du ruban multiforé en fausses tubulures multiples. L'outillage de silex se diversifie et la lame est en augmentation numérique ; grattoir sur lame à bord continu ou frontal, perçoir d'axe, burin, troncature, lame appointée, coche parfois en bout de lamelle ; l'armature tranchante est en régression, alors que la perçante a parfois une base rectiligne ; le débitage est par pression avec ou sans traitement thermique, selon un type plat unipolaire ou semi-conique.

Dans le niveau C 1 c du locus VII, la poterie voit apparaître le profil en "S", ainsi que la grande jarre à cordons horizontaux multiples ; la coupe peut être en calotte, alors assez nombreuse et avec souvent un épaississement interne, ou bien une carène à angulation peu marquée ; la partie supérieure est légèrement concave verticale ou bien ouverte ; la préhension est en languette, bouton rond ou court mamelon à perforation sous-cutanée. L'outillage lithique se diversifie avec le grattoir à tranchant surbaissé et parfois à bord continu, le perçoir, la lame appointée, le burin d'angle sur troncature, la lame à coches multiples. On constate un talon à base rectiligne sur l'armature perçante, alors que l'armature tranchante est plus allongée. Ce mobilier est à rapprocher d'un Chasséen final.

Dans le niveau 1 b la carène de la poterie tend à disparaître au profit d'un galbe très peu anguleux allant jusqu'au profil en "S" ; la grande jarre à multiples cordons a une haute panse cylindrique et la marmite souvent un monocordon supportant des languettes ; la coupe ou le bol se multiplient dans une forme en demi-sphère ou à bord à peine cylindrique ; la coupe en calotte présente une lèvre à intérieur ourlé ou légèrement épaissie ; la partie supérieure du vase est courte, d'allure concave plutôt fermée, rarement ouverte ; il semble que le moyen de préhension (anse, languette, bouton rond) ne présente plus de perforation. Le mobilier de silex se caractérise surtout par l'augmentation numérique des éclats ; le grattoir épais est parfois caréné ; la lame devient épaisse et la retouche latérale peut être bifaciale ; l'outil appointé peut être sur lame ou sur éclat, l'armature tranchante est rare, de grande dimension et peut-être élaborée sur éclat, tout comme l'armature perçante qui, quant à elle, se diversifie dans une forme préférablement foliacée ou à léger pédoncule. On serait ici en présence d'un Chasséen terminal où se manifestent quelques formes intermédiaires entre le Néolithique moyen et le Néolithique final, dont on retrouve quelques indices semblables à ceux du Gourgasien.

Dans le niveau II a du locus XX, la carène de la poterie tend à disparaître au profit d'un galbe allant jusqu'au profil en "S" ; la partie inférieure est profonde alors que la partie supérieure est courte et concave-fermée ; la préhension se caractérise par des languettes ou des boutons placés sur la carène, ainsi que des anses en ruban. L'outillage lithique est surtout sur lame épaisse ; la retouche latérale bifaciale est présente sur des lames ; le grattoir sur éclat épais est mieux représenté ; l'armature perçante peut être élaborée sur éclat et prend la forme foliacée, parfois asymétrique ; le débitage utilise deux techniques : le punch et la pression sans traitement thermique, de type plat unipolaire. Il est à noter des petits blocs d'hématite polie et une diversification numérique de l'outillage osseux (poinçon, lissoir, tranchet, spatule). Cette séquence est attribuable à un Chasséen terminal avec des traits proches du Gourgasien.

 

 

Les diverses occupations chasséennes de Montbeyre-La Cadoule se reconnaissent autant par la superposition des sédiments et des dépôts produits par le passage de l'Homme, que par la localisation préférablement choisie selon la période ou bien encore par la réutilisation et la modification des bâtiments. Chaque unité se succède sans interruption, ou bien se trouve séparée par un remplissage stérile, ou bien encore est isolée. Il faut également noter que, selon le secteur, la puissance de la strate est telle qu'il est possible d'en différencier plusieurs niveaux ; par contre la réduction de son épaisseur permet de localiser un type particulier d'occupation qui se révèle parfois très différent selon le secteur. On s’aperçoit alors de la limitation à une zone bien précise, ayant une faible superficie, de la seule réoccupation Néolithique final ; on trouve également des parures en coquillage dont la présence est exclusivement limitée à deux endroits, séparés par un espace de vingt mètres totalement démunis de ce genre de documents ; absence de graminées dans un locus placé parmi d'autres qui en détiennent, au contraire, abondamment.

 

 

Une sépulture fut également découverte sur le site (locus IV) : il s’agit de l’inhumation en connexion anatomique d'un bébé de 2 mois placé sur une litière dans un petit coffre doublé d'une palissade, sous un tertre de pierraille surmonté d'une dalle et soutenu par un poteau.

Comme à Congénies en Vaunage (le Puech de la fontaine), Mèze (Raffègues), et plus au nord-ouest (St Rome de Cernon dans la grotte de Sargel, Saillac dans la grotte de la Perte du Cos, Gondrin), le site présente des idoles féminines chasséennes. L'application de boulettes pour figurer les yeux est un procédé utilisé sur une statuette du site de Montbeyre, à comparer à des exemplaires plus anciens des Balkans et d'Italie.

 

Remarque importante concernant des vases dont le profil rappelle la forme d'un œuf dans sa partie la plus étroite. Ces vases aujourd'hui connus étaient inédits avant les fouilles de Montbeyre. Ils étaient d'abord baptisés "oviformes". En effet, vu les dimensions de leurs diverses parties, il apparut que ces dimensions étaient des multiples de 0,435 dm (le douzième de la coudée sacrée égyptienne vaut 0,437 dm) et que les rapports de ces dimensions entre elles étaient les mêmes que ceux des parties correspondantes d’un ovale géométrique. Ces conditions étant remplies, il fut facile de démontrer que tous les oviformes de Montbeyre sont parfaitement ovoïdes, et forment une catégorie nettement définie. Tout s'était passé comme si ces vases avaient été conçus et réalisés de façon rationnelle par des potiers connaissant le tracé exact de l'ove géométrique.

Les autres poteries de Montbeyre, de type chasséen, almérien, Cortaillod ou Lagozza, peuvent être étudiées dans les mêmes conditions et réparties en catégories aussi nettement définies que celle des ovoïdes. II n'est guère possible d'admettre que cette station est la seule dont la céramique se comporte de façon rationnelle. Un sondage dans la céramique d'une station de l'Aude a confirmé cette opinion. Il s'agit de vases chasséens dont la figure de base est différente des figures de base du chasséen de Montbeyre, ce qui explique les différences de formes. Pour cette station, également, tout se présente comme si ces vases avaient été conçus et réalisés rationnellement par des potiers connaissant le tracé de l'ellipse et les caractéristiques de cette courbe.

 

L'un des éléments emblématiques de la période est constitué par de grands foyers de pierres chauffées, rectangulaires ou circulaires. Ce type de structure apparaît dès le Mésolithique et se maintiendra jusqu'à l'Antiquité mais a d'abord été remarqué et décrit sur des sites chasséens.

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