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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Maison semi-enterrée de Mallaha

Maison semi-enterrée de Mallaha

 

Les profonds bouleversements quaternaires de la transition Pléistocène-Holocène (adoucissement du climat, recul brutal des glaciers nordiques, élévation du niveau des mers, extension des forêts aux dépens des steppes) transforment les environnements habituels.

 

Du -XIIIè au -IIIè millénaire, le Proche et le Moyen-Orient ont connu des changements qui représentent une inflexion décisive du destin de l’humanité, au travers d’un éventail de processus complexes indissolublement liés à de nouvelles et décisives interrogations, adaptations et créations.

C’est ainsi que, suivant les régions, l’Epipaléolithique prolonge les traditions anciennes tandis que le Mésolithique, notamment avec ses industries microlithiques originales et ses pièces géométriques, marque en quelque sorte une rupture. Toutefois, l’arc, largement utilisé comme arme à la fois de chasse et de guerre durant cette époque, est une invention du Paléolithique récent remontant au Gravettien (-26 000 à -19 000, dont la densité de population était importante dans les vallées des petites rivières de Charente, Charente-Maritime, Dordogne et Vienne, se retrouvant aussi en Belgique, en Espagne, en Italie et jusqu'en Moravie).

 

Ces changements ont conduit à un nouveau mode de vie (sédentarisation, agriculture, élevage, transformation de la matière par le feu – céramique puis métallurgie), à de nouvelles manières de penser et d’agir. Causes et effets se sont enchaînées avec les modifications successives du milieu naturel et social.

La vie sédentaire (déjà pratiquée de manière semi-nomade, avec des campements de quelques semaines ou mois selon la migration des troupeaux sauvages et la pousse de certaines flores), a été rendue possible au lendemain de l’épisode sec et froid du Dryas Récent, par un environnement proche de l’actuel : elle s’est développé là où le permettaient l’abondance et la permanence des ressources naturelles (la présence de blé sauvage et d’animaux domesticables a été en Orient un facteur essentiel de la réussite d’un processus de néolithisation qui s’est étalé sur des millénaires, favorisé par l’optimum climatique de -8 000 à -5 000). La production de subsistance a libéré l’humain de l’angoisse du lendemain. Le « bien-être subjectif » des personnes vivant sous des climats difficiles était bien inférieur à celui des personnes vivant en pays tempéré : rien d’étonnant puisque, dans ces conditions, les besoins physiologies sont aggravés et par conséquent plus difficiles à satisfaire.

 

Ce que recouvrent les concepts de Néolithique et, dans une dynamique, de processus de néolithisation, a pour fondement une autre relation entre l’humain et l’environnement, entraînant un phénomène capitale dans l’histoire de l’humanité : la sédentarisation.

De l’abandon progressif de l’habitat en campement provisoire, d’un nouveau dialogue nature-culture et d’une autre vision du monde et de l’univers dans le cadre d’un territoire différemment ordonné naissent les maisons, les villages pérennes plus ou moins fortifiés (fossés et palissades), les sanctuaires et les enceintes à caractère rituels et par-là même l’architecture.

 

La fin du pléistocène, donc des temps paléolithiques, vit l’adoucissement du climat et la diminution des précipitations.

C’est durant cette phase que commence l’aventure de la néolithisation. Cette évolution a conduit, d’un pas rapide, de modes de vie mobiles aux premiers villages, puis à l’émergence des cités, à l’apparition de l’écriture et à la naissance des états.

L’évolution technique qui menait de l’Âge de la Pierre taillée à celui de l’Âge de la Pierre polie, n’était qu’un aspect d’une mutation plus globale dont les fondements étaient l’apparition de l’agriculture et de l’élevage, c’est-à-dire le passage d’un économie de prédation (les chasseurs-collecteurs du Paléolithique) à une économie de production (les agriculteurs-éleveurs du Néolithique). Par-delà la modification des outils, il convient d’attribuer la place primordiale à l’évolution des comportements humains.

 

A Mallaha, un des sites les plus importants de la période natoufienne (-12 500, -10 000), on a découvert que le recours à l’agriculture n’était pas la première étape de la néolithisation.

Dans la haute vallée du Jourdain, sur la rive occidentale du lac Houleh, à côté d’une source abondante, on a trouvé des installations sédentaires antérieures aux plus anciennes expériences agricoles. Les habitants de Mallaha étaient des chasseurs-collecteurs qui surent profiter des conditions propices de la région où ils se fixèrent.

Vers -11 000, le lac, les marécages et les montagnes qui l’entourent constituaient un garde-manger : pêche, chasse et collecte assuraient l’existence tout au long de l’année sans trop de fatigue. Avec le radoucissement du climat, il y a abondance de céréales, qui ne pourrissent pas. Les graines les meilleures poussent sur l’humus des déchets organiques des humains.

 

Les habitations (cinq ou six maisons), à moitié enterrées et groupées sur quelques 2 000 m² étaient installées sur une pente. Un mur de grosses pierres contient la paroi des fosses à maison dont le diamètre peut atteindre neuf mètres.

On connaît ce type de village non seulement en Galilée, mais aussi dans le désert du Negev, dans la région de Pétra, ou les bords de l’Euphrate syrien. Leurs habitants sont des chasseurs de gazelles, de chèvres sauvages, voire d’oiseaux.

A côté de cela, les Natoufiens collectent en abondance des céréales sauvages. Ils ne se doutent pas que là est l’avenir, ils ramassent ce qu’ils trouvent dans leur région. Il n’y a pas d’outillage agricole. Les meules servent à broyer aussi bien l’ocre que les céréales. Les herminettes en silex travaillent le bois et non la terre. Les faucilles ont pu cisailler joncs et roseaux.

Ces instruments ne deviendront agricoles que par une adaptation ou une spécialisation de leurs fonctions initiales. Tous les outils du néolithique existent en effet dès l’époque natoufienne, destinés à des fins variées, mais autres que l’agriculture.

 

La nouveauté de la culture natoufienne repose sur le fait qu’elle témoigne, pour la première fois en Orient, d’un mode de vie sédentaire. Ce processus ne concerne pas toute la culture natoufienne, mais quelques unités décidées à expérimenter un choix de vie Collective selon des règles partagées. La présence de tombes auprès des cabanes souligne le caractère fixe de ces installations.

Ces communautés de chasseurs-collecteurs, sédentarisées, vont rapidement générer des différences de statuts entre individus. De véritables nécropoles sont alors associées aux localités fixes en même temps que sont explorées diverses pratiques funéraires : certains défunts sont parés d'objets personnels de distinction et leur crâne préservé, à part.

A proximité du petit village de Mallaha ont été creusées des tombes individuelles ou collectives, groupées peut-être déjà par familles.

Une tombe renfermait le squelette d’une femme âgée, la main posée sur un chien ou un loup apprivoisé (déjà domestiqué vers le -XVIè millénaire : il est le résultat d’une évolution génétique du loup provoquée par l’humain, sélectionnant les individus les moins farouches qui venaient se nourrir sur les tas de déchets carnés des campements ; ses caractères sociables et son état de carnassier, utile à la chasse, en font un excellent compagnon pour les expéditions organisées à la poursuite du gibier, puis dans un second temps, comme gardien des troupeaux et du groupe humain). C’est la plus ancienne trace d’une relation spéciale entre l’humain et un autre animal (au-delà de la mythologie préhistorique). Avec le chien, la relation humain-animale n'est pas Egale, elle est hiérarchisée : l'humain exige que l'animal l'accompagne dans la mort comme un mobilier auquel il tient !

Les squelettes humains (souvent enduits d’ocre rouge ) sont ornés de parures abondantes, bracelets, bandeaux de tête souvent faits de coquilles, le plus souvent des dentales provenant de la mer Méditerranée, de dents perforées ou de petits os de gazelle. Quelques parures sont en pierre polie, apparition précoce de la technique de polissage par abrasion, devenue ensuite le symbole du Néolithique mais qui ne semble pas répondre, ici, à une nécessité pratique ou fonctionnelle.

Cette société a donc tenté une sorte de synthèse entre la nécessaire cohésion communautaire et l'espace revendiqué par chaque individu. Comme à Kebara, la violence n'en était pas exclue !

Pourtant, le retour pendant une brève période, d'un froid sec (le Dryas récent) remet pour partie en cause certaines de ces « avancées ». Après cet épisode, le processus de sédentarisation va reprendre sur un large espace (de la Palestine au Zagros iranien). Les humains, devant l’abondance crue inépuisable de céréales et de légumineuses sauvages, du gibier et du poisson, se sédentarisent. La population augmente vite, essaimant dans de nombreux petits campements.

 

M’lefaat, le plus ancien village mésopotamien connu (daté du début du -Xè millénaire, à 35 Km à l’est de Mossoul), se compose de cabanes en pisé ; l’une est construite en briques façonnées à la main, la plus ancienne attestation de la brique en Mésopotamie.

Entre les habitations, de grandes fosses servent de silos à grain, car les céréales se conservent relativement bien. C’est d’autant plus utile qu’il y a un brusque refroidissement du climat, entraînant moins de proies et de végétaux.

 

De -10 000 à -9 500, le Khiamien (Galilée : rive occidentale de la mer Morte, dans le désert de Judée) voit l’apparition d’un outil caractéristique du Néolithique, la pointe de flèche, témoin de l’invention de l’arc dans cette région. Elle est présente entre la côte méditerranéenne, la mer Morte, la vallée du Jourdain, mais aussi sur l’Euphrate, dans l’anti-Liban et jusqu’au Sinaï.

 

En Syrie du Nord (PPNA entre -9 100 et -8 700), les maisons semi-circulaires et semi-enterrées coexistent avec d’autres à murs droits aux angles arrondis. A la fin de l’occupation apparaissent des maisons à murs orthogonaux (comme les silos de Mureybet). On est passé du simple abri, purement fonctionnel, centre de certaines activités quotidiennes nécessitant la protection, à une véritable maison, centre de la vie familiale, chargée d’un sens symbolique. C’est la naissance archéologique de la « maisonnée ».

L’architecture quadrangulaire marque un progrès technique notable, car il est plus difficile d’assurer la cohésion d’un angle que de construire un abri rond. Autant l’espace intérieur d’un abri circulaire est indifférencié (quoique l’exemple de la yourte mongole indique qu’on peut hiérarchiser un espace rond), autant celui d’un abri quadrangulaire est susceptible d’affectations particulières, voire d’un début de hiérarchisation de l’espace, si l’on en ressent le besoin. On peut le comparer à celui d’une table, très Egalitaire quand elle est ronde, beaucoup moins quand elle est quadrangulaire et permet de distinguer un bas bout et un haut bout, une place d’honneur ou une symétrie.

Répond-elle à une nécessité sociale ? Le désir d’habiter un espace différencié conduit-il à construire des angles ?

Après s’être « enfoui dans la terre » à l’époque des fosses et des maisons rondes semi-enterrées du Natoufien, l’humain construit désormais sur le sol, selon des formes architecturales rectilignes dont la nature montre peu d’exemples : l’humain sédentaire a quitté le trou des origines et l’arrondi matriciel de son premier habitat !

 

A la surface d’un petit foyer, trois crânes ont été réunis en dépôt. Des pierres gravées de représentations figuratives et de symboles abstraits sont les témoins de l’utilisation très précoce de signes « aide-mémoire ».

Des figures humaines, en terre peu ou mal cuite, sont encore très schématiques. La tête est à peine indiquée, mais le sexe et la poitrine sont clairement reconnaissables. A côté de ces figurines anthropomorphes existent de nombreuses représentations animales, vivantes et réalistes (bêtes à cornes, sangliers, chiens). Mais de véritables sculptures font leur apparition, avec des traits soulignés au bitume, les joues fardées de pigment, les mains ramenées vers les seins en un geste de désignation, première attestation d’une posture qui sera souvent reprise par la suite.

 

L’orge recueillie est encore sauvage. Au sein de villages semblables vont se dérouler, durant l’étape suivante, les premiers pas de la domestication. Par la production contrôlée de nourriture grâce à la mise en culture des plantes et la domestication des animaux, les humains préhistoriques ont réussi à se protéger progressivement des aléas de la chasse et de la collecte.

 

Les descendants des Khiamiens vont commencer, vers -9 000, à poser les jalons d’une économie fondée sur l’agriculture.

Le blé amidonnier domestique est présent dans l’oasis de Damas, mais sa domestication a eut lieu ailleurs, probablement dans une zone du Sud ou Sud-Ouest du bassin de Damas. Dans la vallée du Jourdain, le lac Tibériade est asséché. Des terres fertiles apparaissent. Les humains plantent des graines pour gérer leur avenir.

L’orge suit rapidement. La chasse procure toujours la viande, la domestication des animaux viendra plus tard.

A Jéricho (où le Natoufien récent et le Khiamien ne sont pas attestés), on connaît quelques graines de céréales domestiques, blé amidonnier et orge, et ailleurs le seigle. La phase du Sultanien (entre -9 500 et -8 300) y est représentée par les vestiges d’un village s’étendant déjà sur plus de deux hectares. Les maisons sont toujours rondes et à demi enterrées, mais les murs sont désormais construits en grosses briques modelées en terre crue, liées entre elles au mortier.

A côté de ces maisons, se situait une énorme tour construite en pierres, haute de 8 m pour un diamètre à la base de 9 m, munie d’un escalier intérieur de 22 marches permettant d’accéder au sommet. Cette tour impressionnante s’appuie contre un mur de trois mètres de large. Les villageois ont été contraints de s’organiser pour mener à bien une telle entreprise. La tour est un monument religieux, un véritable exploit architectural, et le mur un soutènement de terrasse ou un dispositif de protection contre les crues brutales du wadi voisin : c'est l'architecture qui traduit le mieux l'évolution dans certaines communautés vers un esprit Collectif plus marqué. A côté de maisons « individuelles » sont désormais construits des bâtiments « hors normes », résultant de projets communautaires.

 

Ces transformations néolithiques ne se sont pas produites en même temps dans l’ensemble du Levant, mais seulement dans une étroite bande alluviale entre vallée du Jourdain et vallée de l’Euphrate : le corridor levantin.

 

Pourquoi certaines communautés humaines (mais pas toutes) s’étaient-elles « mise au travail » en passant de la simple collecte à l’exploitation besogneuse d’un champ et de la chasse au dressage patient d’un troupeau ? Pourquoi produire et stocker des céréales, ce qui en permettait la consommation différée ? Pourquoi élever des animaux, devenus ainsi plus précieux vivants que morts ?

L’assèchement du climat, après la fin du dernier épisode glaciaire, s’était produit bien avant les premières tentatives de production agricole. L’environnement n’était pas la cause de la domestication, mais le cadre dans lequel elle s’était produite pour d’autres raisons. En effet, il y a un retard de deux millénaires entre la mise en place spontanée de ces plantes sauvages dans les zones semi-arides, et leur domestication.

 

Les débuts de l’agriculture ne semblaient s’être effectués que dans la zone semi-aride à céréales sauvages qui s’étend sur le piedmont des montagnes qui entourent le désert central, Judée, Djézireh et piedmont du Zagros.

Expansion démographique conduisant à la recherche de ressources supplémentaires ? Mise en culture de zones marginales où les céréales sauvages ne poussaient pas spontanément ? Les humains étaient sans doute peu nombreux et les ressources naturelles loin d’être épuisées.

Les premières maisons natoufiennes datent des environs de -11 000, alors que les premières manipulations de céréales ne remontent au mieux (oasis de Damas) qu’au début du -IXè millénaire et les premières traces de domestication animale à la fin du même millénaire.

Aux environs de -8 700, ces villages sont les héritiers directs des petits groupements de cabanes du Natoufien et du Khiamien, et pratiquent les premières expériences agricoles.

 

Mais le travail agricole est plus astreignant que la chasse ou la collecte. On peut douter de l’existence, au Néolithique, de nouvelles contraintes extérieures. Mais il vaut mieux voir l’évolution mentale de petits groupes humains.

 

En ce qui concerne les débuts de la néolithisation en Asie antérieure, la recherche de témoignages ne mène pas à la Palestine ou, plus à l’ouest, dans la vallée du Nil voisine, pas plus qu’aux larges plaines de la Mésopotamie avec leurs civilisations urbaines anciennes, mais au paysage vallonné autour des cours supérieurs de l’Euphrate et du Tigre. Le début de la vie villageoise sédentaire dans les hautes terres anatoliennes du Sud-Est est au moins aussi ancien que dans les plaines du Sud (notamment dans le sud du Levant, en Syrie vers le -Xè millénaire), puisqu’il existait le site permanent d’Hallan Çeni déjà au -XIè millénaire.

Çayönü est situé dans une zone aux riches potentialités environnementales, et où le risque de sécheresse n’existe pas. En outre, le site se trouve au cœur de la zone d’habitat naturel des ancêtres sauvages des espèces domestiquées (tant de la faune que de la flore). Ainsi, les habitants pouvaient vivre dans la prospérité, tout en chassant. Les contraintes environnementales n’ont donc pas eu ce rôle stimulant dans le développement des domestications, alors que les hautes terres d’Anatolie se trouvaient au cœur même de la zone de néolithisation (et non un satellite secondaire du Levant ou de la Mésopotamie).

 

Voici 11 500 ans, les humains vivaient comme dans le jardin d’Eden !

Sur les rives de l’Euphrate, à l’est de la Turquie actuelle, des centaines d’hommes se sont rassemblés pour organiser une battue. Ils chassent d’immenses hardes de gazelles. Bien organisés, ils guettent les bêtes qui traversent les gués du fleuve, puis ils repoussent leurs proies vers des pièges aménagés en V. En une seule expédition, ils vont récolter des tonnes de viande. La collecte, faîte par les femmes et les enfants (quand ils n’aident pas à rabattre le gibier par leurs cris), elle-même est une partie de plaisir : les pentes des collines sont couvertes de céréales qui poussent à l’état sauvage sur de grandes étendues. Sans avoir rien semé, nos ancêtres remplissent sans fatigue leurs escarcelles.

Quoi de plus normal, puisque avec le réchauffement post-glaciaire, les températures gagnent rapidement 9°C et le paysage se couvre de chênes, de genévriers et d’amandiers. Fini le temps où il fallait guetter, par des températures glaciales, le passage hypothétique d’un mammouth ou, à défaut, se contenter de charognes (les immenses canines du tigre à dents de sabre l’empêchaient de manger toute la carcasse de sa proie, laissant les restes aux hyènes, et … aux humains).

En ces temps anciens, l’organisation sociale de la plupart des groupes de chasseurs-collecteurs, dans laquelle l’unité de base est le groupe, était une petite bande nomade de 15 à 50 individus liés par des relations de parenté. La flexibilité et la fluidité de leur composition sociale étaient alors les points-clés de leur organisation sociale. De façon générale, la notion de territoire restait assez vague et renvoyait à une zone plus ou moins délimitée exploitée régulièrement au long de l’année par chaque groupe.

La logique économique qui prévalait dans ces sociétés de chasse-collecte était orientée vers la satisfaction des besoins minimaux de la famille, ce qui est facilement réalisable. Ces économies primordiales ne sont pas systématiquement orientées vers la production d’un surplus, ainsi lorsque les besoins sont satisfaits, le travail stoppe jusqu’à ce que les biens vivriers soient épuisés. Ainsi, la part du temps consacré à l’acquisition de la subsistance n’est pas très importante, une part significative de temps libre étant largement consacrée aux relations sociales. C’est en ce sens que ces sociétés connaissent un état d’abondance, dans un niveau de vie minimum et non de pauvreté. De cette définition, il ressort que la mobilité, le Partage, la Coopération entre groupes, le Partenariat et l’absence de production de surplus sont autant de facteurs susceptibles de limiter l’appropriation personnelle de ressources ou l’usage social de biens alimentaires, voire le contrôle d’un territoire.

Pour quelques siècles, dans ce corridor fertile entre Tigre et Euphrate, un vent chaud a fait cadeau à l’humain d’un vrai pays de cocagne.

C’est une tout autre image de la vie économique et sociale que présente la phase suivante : il fut alors décidé, contraint et forcé, de changer de mode de vie, pas complètement dans un premier temps, mais la survie de groupes plus nombreux et denses allait pousser à la production « intensive ».

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