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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

 

Pour célébrer le passage de la 100è édition du Tour de France, le jeudi 4 juillet entre le Gard et l’Hérault puis le vendredi 5 juillet entre l’Hérault et le Tarn (on dépasse un peu mais la Montagne Noire est une partie importante proche des causses du Languedoc), nous publierons des synthèses préhistoriques sur les différentes localités traversées.

 

En outre, nous publierons durant l’été des synthèses sur la Préhistoire du "Languedoc-Roussillon" (en débordant un peu des limites administratives régionales) et de ses diverses zones entre "mers" (Méditerranée au Sud et Rhône à l’Est) et terres (Cévennes au Nord et Pyrénées à l’Ouest).

 

Statue-menhir de Paillemalbiau, à Murat-sur-Vèbre

Statue-menhir de Paillemalbiau, à Murat-sur-Vèbre

 

Commune située sur la Vèbre à la pointe Est du département du Tarn, Murat-sur-Vèbre est voisine des départements de l’Hérault et de l’Aveyron. Le village est bâti sur les monts de Lacaune.

Murat-sur-Vèbre se trouve à la limite des influences océaniques et méditerranéennes. De plus, son altitude influe sur les températures et les précipitations. Le climat est froid et humide l’hiver. L’été est chaud, parfois sec, lorsque l’influence méditerranéenne est prépondérante.

Murat est arrosée par les rivières suivantes : la Vèbre qui se jette dans l’Agout ; le Dourdou, qui se jette dans le Tarn et dont le cours supérieur sert de limite entre la commune et Castanet-le-Haut.

 

Aux confins du Tarn et de l'Hérault, à la limite des Monts de Lacaune et de l'Espinouze, une vieille voie d'Est en Ouest traversait les environs de Murat-sur-Vèbre selon l'itinéraire : Plô des Brus (ancien oppidum habité à l'époque romaine sur la commune de Castanet-le-Haut), Pas de la Lauze, Les Amaysses, Gandoubre, Montredon, Caylus, La Trivalle. Elle correspond à la prolongation sur le territoire du Tarn de la voie romaine de Béziers à Albi et à Cahors.

 

 

La plupart des statues-menhirs et menhirs du groupe rouergat ont été découverts entre Lacaune et Murat-sur-Vèbre (carte GoogleMaps de la Préhistoire du Languedoc-Roussillon).

 

La statue-menhir de Plos II servait de passerelle au ruisseau du Greissentous, près du hameau de Plos (= palier), qui s'étage au bas de la colline de la Fageole, non loin d’où une statue-menhir (Plos I) avait déjà été découverte (elle est actuellement exposée dans la galerie d'archéologie du Musée Toulouse-Lautrec à Albi).

Actuellement, ce monolithe, qui est en fait assimilable aux statues-menhirs, est érigé tout près de son emplacement primitif, en bordure de la route de Murat à La Bessière (Départementale 119), à quelques centaines de mètres du hameau de Plos, sur le côté droit de la route en allant à Plos.

La statue se présente sous l'aspect d'un monolithe puissant, d'allure légèrement ovoïde. Elle est taillée dans un bloc de gneiss particulièrement dur et compact qui présente par endroits des surfaces unies presque lisses. Le grain est très fin.

La face avant, pratiquement lisse, eût été tout à fait propice à la gravure. La face arrière présente un aspect massif par suite d'une arête médiane verticale formant carène. La statue mesure 2,16 m X 0,36 m d'épaisseur maximale X 1,26 m de largeur maximale, légèrement au-dessus de la partie médiane. Elle est enterrée sur 0,40 m.

À la base, un sillon très net, placé légèrement de biais, profond de 1 cm et large de 3 cm, très régulier, a été obtenu par martelage de la pierre. Ce sillon pourrait tenir lieu de ceinture. L'originalité de la statue-menhir de Plos II tient à cette ceinture possible et à la forme du monument. La partie haute a été travaillée par un polissage du côté sud et un épannelage du côté nord, afin de lui conférer une allure anthropomorphe. L'ensemble présente un aspect inachevé.

 

La statue-menhir Camp-Grand de Paillemalbiau a été trouvée dans un labour en haut de pente après La Bessière et juste avant le hameau.

Cette très belle statue n'a subi que peu de dommages. Entière, elle mesure 2,10 m X 0,84 m de large X 0,30 m d'épaisseur moyenne. Elle est faite dans un grès lie-de-vin typique du Permien régional avec conglomérat fin de graviers roulés.

La face est rigoureusement plane, les décors en champlevé apparaissant avec une parfaite netteté.

Il s'agit d'une statue masculine, avec baudrier (simples traits parallèles au bras gauche, au-dessus de la hache) et poignard.

Celui-ci porte une cupule bordée d'un anneau très régulier. Les bras, rectilignes et obliques, sont prolongés par des doigts détachés et réguliers. Parallèlement au bras gauche, un objet en forme de crosse pourrait être une hache emmanchée. Les yeux, bien indiqués par 2 bourrelets circulaires, sont les seuls traits du visage. Un collier court complète la décoration.

La ceinture, à boucle aux angles semi-arrondis, est ornée de chevrons. Les jambes sont jointives, assez longues, et terminées par des doigts bien marqués.

Le double trait de la ceinture se poursuit sur les côtés et sur la face arrière. Dans la partie haute du dos, on distingue le V formé par les 2 branches du baudrier, qu'un jambage médian à peine visible rattache au milieu de la ceinture. Les "crosses" des épaules sont difficiles à lire : celle du côté droit disparaît, enlevée par une écaillure ancienne.

 

La statue-menhir du Col des Saints (Col daïs Sents) est en granite local et porte une ceinture ornée de chevrons verticaux imbriqués les uns dans les autres avec, au centre, une grande plaque subrectangulaire en diabolo aplati, bordée d'un bourrelet en relief. Il s'agit d'une grande pierre en granit local (hauteur : 2,45 m ; largeur moyenne : 1,05 m ; épaisseur : 0,20-0,30 m) qui, jusqu'à ces dernières années, était restée couchée dans les fougères, au lieu-dit Col des Saints, à 50 m environ au Sud du chemin menant de la ferme du Bouyssounnet vers la fontaine de Cap-Estève, entre le bois de Lause et le ruisseau des Baquiès (altitude de 1050 m environ).

Le décor de cette pierre, bien que très réduit, est pleinement caractéristique : on distingue très bien sur la face Nord une ceinture ornée de chevrons verticaux imbriqués les uns dans les autres (trois lignes courbes en forme de fer à cheval) avec, au centre, une grande plaque bordée d'un bourrelet en relief. Il est intéressant de remarquer que cette plaque n'est pas exactement rectangulaire, mais que sa partie médiane est moins large que les deux extrémités (largeur : 35 cm ; hauteur latérale : 17 cm ; hauteur médiane : 14 cm). C'est un détail qui apparente étroitement la nouvelle statue-menhir à l'exemplaire de La Bessière, qui a été trouvé dans la même commune. Il semble, dans les deux cas, que cette plaque de ceinture soit formée de deux éléments symétriques, plaque et contre-plaque, de forme trapézoïdale, opposés par leur petite base.

On distingue également deux cupules situées respectivement à 29 et à 64 cm au-dessous du sommet de la pierre. La cupule inférieure pourrait correspondre à l'emplacement de l' "objet". Mais l'examen direct de la pierre ne permet pas d'affirmer qu'il y ait vraiment trace de ce décor. Pour le moment aucun vestige archéologique n'a été trouvé près de la pierre du Col des Saints. Rien ne prouve d'ailleurs que la statue-menhir, qui était renversée, n'ait pas été anciennement déplacée.

 

En ce qui concerne la ceinture proprement dite, des chevrons identiques orientés, soit dans le même sens, comme c'est le cas ici, soit en sens opposé, de part et d'autre de la plaque, se retrouvent sur les statues-menhirs de Lacoste, de Pousthomy II, des Vidals et des Maurels.

Quant à la plaque, on l'observe également sur d'autres monuments de la même région, non seulement sur la statue-menhir de La Bessière, déjà citée, mais aussi sur celle des Vidals (avec les mêmes chevrons ornant la ceinture) sur celle de Crouxigues et sur celle de Pousthomy I. Pour ce qui est des plaques en double trapèze de La Bessière et du Col des Saints, il semble qu'elles présentent une certaine parenté avec les plaques et contre-plaques des nécropoles espagnoles de La Osera (Chamartin de la Sierra, province d'Avila : cette nécropole, qui correspond à l'habitat fortifié de la Mesa de Miranda, est située dans une zone fortement celtisée) et de Monreal de Ariza (près de Medinaceli, province de Soria : appartient à la zone celtibérique proprement dite, où les traces de la civilisation celtique de La Tène sont nombreuses). Bien que ces plaques soient rectangulaires et non trapézoïdales, elles sont disposées symétriquement par rapport à l'agrafe proprement dite qui les réunit, comme sur la statue-menhir du Col des Saints, où l'on peut observer un système de fermeture analogue. Sans doute la province d'Avila est-elle très éloignée du département du Tarn, mais il ne faut pas oublier qu'une statue-menhir à ceinture a été signalée à la Granja de Toňinuelo, près de Jerez de los Caballeros, province de Badajoz (il s'agit d'une grande statue-menhir longue de 1,38 m, large de 62 à 67 cm, épaisse de 32 à 42 cm, ornée d'une ceinture sans plaque-boucle, que l'auteur classe chronologiquement à l'époque des dolmens à coupole et qu'il compare aux statues-menhirs françaises. Une autre statue-menhir à ceinture a été signalée à Castello Branco, province de Beiro, Portugal. Ce monument présente la particularité d'être orné sur le dos de gravures figurant des guerriers qui, suivant l'interprétation de Déchelette, sont porteurs de boucliers ronds. Cette interprétation paraît d'autant plus plausible que, dans la région de l'Extremadure, notamment dans la province espagnole de Caceres, limitrophe de celle de Beira (c'est-à-dire dans un lieu situé à une distance encore plus grande de Murat-sur-Vèbre), les trouvailles et les représentations figurées de boucliers ronds à échancrure naviforme sont nombreuses - 8 exemplaires au moins - or, ces boucliers, contemporains des fibules du type dit de Castille, sont datés de l'extrême fin du Bronze Final, soit vers -750. Du point de vue chronologique, le type de ceinture de La Osera et de Monreal de Ariza n'est pas antérieur au 2e Âge du Fer : dans le premier cas il était associé, à l'intérieur de la tombe 350, à une fibule annulaire hispanique (la fibule de la tombe 350 de La Osera, qui correspond au type 4 с de la classification de l'auteur, est datée du –IVè/-IIIè siècle. Ces fibules annulaires hispaniques dérivent des fibules hallstattiennes) ; dans le second cas, il a été trouvé dans un cimetière enfermant des sépultures de La Tène II.

 

On a ainsi retrouvé à Murat-sur-Vèbre des moules de bronziers datant du Bronze Final (Laure-Minervois, dans l’Aude, à 80 km à vol d’oiseau, est lui daté du Bronze Ancien).

L'utilisation de la pierre pour la fabrication des moules de bronziers constitue un caractère commun à toute la région étudiée. De plus, après ce rapide aperçu typologique, on peut observer que le Languedoc occidental et la vallée de l'Èbre produisent au Bronze final des objets parfois proches, ce que confirme également la morphologie de certains types de haches. Cependant, des apports extérieurs se glissent dans cette production. La plupart sont originaires de l'Europe moyenne et des Alpes, certains peut-être du sud de l'Espagne. Les premiers sont très présents en Languedoc, mais ils semblent déjà beaucoup plus rares en Catalogne espagnole : les moules multiples y sont moins nombreux, nous n'y retrouvons pas cette utilisation maximale d'un bloc de pierre. Cependant, la Catalogne est au Bronze final un foyer métallurgique très dynamique qui se développe aussi en-dehors des influences extérieures et cela dès le Bronze ancien/moyen. On doit également signaler la découverte de traces de fontes à la cire-perdue sur le site de Genó à Aitona au Bronze Final II.

 

II n'est peut-être pas sans intérêt de noter que la pierre du Col des Saints se dresse à proximité d'une voie ancienne que le cadastre du début du XIXè siècle appelle "chemin des mulets au Pas de la Lauze". Ce chemin muletier faisait communiquer la vallée de Murat, sur le versant océanique, avec le bas-pays méditerranéen, par-delà la ligne de partage des eaux et il passe par le col du Pas de la Lauze que domine le rempart en pierres sèches de l'oppidum celtique du Plo des Brus (oppidum situé dans la commune de Castanet-le-Haut) situé à 10 km environ de la statue-menhir. Ce chemin était utilisé également comme voie de transhumance: il y a encore une soixantaine d'années, des troupeaux de moutons venus de la Montagne de la Clape, près de Narbonne estivaient dans les pâturages aujourd'hui entièrement reboisés de La Salesse, à proximité même du Col des Saints.

Enfin le nom même du lieu-dit est remarquable. Comme le Cerro de los Santos ("Montagne des Saints") en Espagne (province d'Albacete), qui désigne l'emplacement d'un ancien sanctuaire ibérique où étaient rassemblés de nombreuses statues de pierre, ce toponyme semble indiquer que les anciens habitants de Murat avaient remarqué au Col des Saints plusieurs statues que l'on pourra peut-être retrouver à moins qu'elles n'aient été détruites : il ne faut pas oublier, en effet, que notre statue-menhir porte sur son dos cinq entailles de débitage et qu'elle n'a dû vraisemblablement sa conservation qu'à son éloignement de tout chemin carrossable.

 

La statue-menhir des Favarels est en gneiss blanc, différente des gros blocs de quartz et d'agate du terrain environnant.

Haute de 1,09 m pour une largeur au sommet de 0,44 m et 0,33 m à la base, cette statue-menhir a une épaisseur de 0,22 à 0,25 m, et un aspect sensiblement rectangulaire. Seule la face avant est gravée, en faible relief.

Le visage est pratiquement invisible. Par contre, un collier à plusieurs rangs est très net, de même qu'une ceinture médiane, peut-être cloisonnée par des rainures verticales très peu visibles. Au-dessus de la ceinture, approximativement vers son milieu, se rejoignent les avant-bras, à moins qu'il ne s'agisse d'un baudrier partant de l'épaule gauche et descendant en oblique au niveau de la ceinture.

Les côtés, comme le haut de la statue, ont été aménagés et régularisés par piquetage.

 

Une hache en roche verte à bords équarris (longueur : 4,2 cm ; largeur : 3,5 cm au tranchant et 2 cm au talon ; épaisseur maximum : 1 cm), un grattoir et une lame silex, ont été découverts entre les hameaux de Lacour et de La Ferrière.

 

Entre Poumérou et Lacour, trois sépultures à inhumations bâties de "lauzes" formant un coffre parallélépipédique de 2 m de long, 0,65 m de large et 0,30 m de haut. Il ne restait aucun vestige des squelettes, mais le mobilier comprenait des perles de verre à côtés et des rivets-agrafes en bronze semblables à ceux de la nécropole "barbare" des Martels, à Giroussens.

 

La statue-menhir de Poumerou (2,90 x 1,10 x 0,40 m) a la face parcourue par un sillon. Elle se situe en bordure de route lac du Laouzas - Murat, à l’entrée du hameau du même nom.

 

La statue-menhir de Ferrière (0,97 x 0,58 x 0,32 m), en gneiss très dur et compact avec des inclusions de quartz, d'aspect blanc avec de belles surfaces régulières et des côtés obliques, a une forme trapézoïdale. Les angles sont bien arrondis par bouchardage pour régulariser sa forme. Seule la ceinture, déterminée par 2 traits parallèles, à 0,10 - 0,12 m l'un de l'autre, est bien visible. Au lieu-dit Lubio, sur une légère pente, noyée dans la végétation, elle se trouvait sur la route du Lac du Laouzas – Murat.

 

Le menhir de Candoubre (0,85 x 0,60 x 0,20 m) est lisse. Il se trouve sur le chemin Candoubre – Castelsec.

Le petit dolmen de Castelsec (2,40 x 2,00 x 0,35 m) a deux chambres, dont la table en gneiss reposait sur 7 piliers pratiquement couchés. Son mobilier est attribué au Chalcolithique des Grandes Causses (pointes de flèches, sagaie et fragment de poterie ont été trouvés).

 

Il existe également un petit menhir à Montégut.

 

 

La statue-menhir du Moulin de Louat (1,60 x 0,94 x 0,17 m) a été découverte dans un labour à Malvielle, à 2 km de Moulin Mage, sur la route Plos-Ceren. En grès rose, il s’agit d’une statue-menhir masculine transformée en féminine : seins encore visibles. Elle porte sur la face : yeux, nez, tatouages, collier à 4 rangs, bras et doigts, hache sur le côté gauche et baudrier sur le côté droit, ceinture avec boucle, jambes jointives et orteils et dans le dos, épaules et baudrier.

 

La statue-menhir de Malvielle a été mise au jour, au cours de labours, dans un champ situé sur une petite hauteur à 400 m au Nord-Est du Moulin de Louat.

Elle est faite dans une dalle de grès rose permien. Arrondie à son sommet, elle mesure 1,60 m de haut, pour 0,94 m de large et 0,15 m d'épaisseur moyenne.

Le visage, inscrit dans un demi-cercle très ouvert, comprend les deux yeux, le nez, des tatouages horizontaux, le tout entouré d'un large collier à plusieurs rangs. Au-dessous et de part et d'autre, on distingue d'un côté une hache emmanchée posée en oblique en travers de la poitrine, de l'autre, en sautoir, le baudrier classique, qui se termine sur l'objet placé à la hauteur des mains.

Sur le baudrier et la partie médiane du manche de la hache ont été creusés deux demi-cercles très nets figurant les seins ; l'autre moitié des seins est matérialisée sur la partie plate de la pierre par un bouchardage en demi-cercle.

Cet attribut féminin et sa technique ne laissent aucun doute : il s'agit de la transformation d'une statue originellement masculine en statue féminine.

Les avant-bras repliés sur la poitrine se terminent par des doigts effilés bien détachés.

Au-dessous, un bandeau horizontal en relief, orné de chevrons tous disposés dans le même sens, matérialise la ceinture, avec boucle centrale. De la ceinture partent les jambes, très nettes, prolongées par les orteils. De part et d'autre, on distingue des traits verticaux, qui pourraient être un vêtement passant sous la ceinture.

Les bras et la ceinture sont apparents sur les côtés, de même que le baudrier, qui se prolonge, ainsi que la ceinture, dans le dos de la statue. La crosse des épaules est suggérée.

Dans son ensemble, le dos est très irrégulier, et moins bien traité que la face.

Le pied de la statue est plus épais que sa partie haute, conséquence du traitement des sculptures en champlevé sur la face avant.

 

La statue-menhir des Arribats (Murat-sur-Vèbre, Tarn) trois fois transexuée apporte une base chronologique : d'abord masculine, avec l’objet tenu horizontalement, elle devient féminine par martèlement du témoin de son sexe et par l'adjonction de deux seins en creux. Dans un deuxième temps le sein droit a servi d'anneau à un objet porté par un baudrier et finalement un collier à cinq rangs a reféminisé la statue en recouvrant les trois autres attributs. Il y a là un commencement de preuve de l'antériorité des objets tenus à la main sur les autres. L'hypothèse récemment émise de la contemporanéité du culte des deux sexes des statues-menhir n'est plus soutenable depuis les récentes découvertes de la région Languedocienne. Le changement de sexe dans le cultuel du Néolithique final au Chalcolithique ne s'est pas fait dans l'accord général. La statue-menhir des Vignals (Mounès-Prohencous, Aveyron) féminine a été masculinisée et celle des Arribats a par trois fois changée de sexe : elles apportent la preuve de la résistance à l'évolution.

 

II est maintenant solidement établi que les statues-menhirs masculines précèdent les féminines en Rouergue.

Les "objets" réels sont en bois de cerf soit avec un anneau, portent en plus deux perforations pour fixer la branche gauche du baudrier, soit sans anneau qui devait être en matière périssable, bois ou cuir, mais conservant les deux perforations pour fixer la branche gauche du baudrier.

Les objets votifs sont tous en pierre, les uns en jayet avec anneau ou sans anneau ou gravé sur un galet.

Ces derniers accompagnaient les morts dans les dolmens tandis que les réels étaient inhumés avec leur propriétaire dans les grottes. Cette distinction confirmée par les dépôts funéraires des idoles-enseignes montre une légère différence dans le rituel rouergat. La même coutume en Languedoc fortifie cette observation tout en faisant ressortir une certaine communauté de mœurs entre les deux groupes.

 

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