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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Tous nos textes sont présentés sur http://Collectif12Singes.over-blog.com et nos livres ont une version eBook : "Lendemain du Grand Soir" ; "La philosophie south-parkoise, ça troue le cul !!!" ; "Bouquin Coquin et Taquin d’une Catin et d’un Libertin" ; "Photograffi(ti)es d’Expressions Murales : Pierres Philosophales"

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L’idée, pour Partager auprès du plus grand nombre et facilité la lecture, est de mettre à disposition les contenus synthétisés par nos soins, puis les internautes le désirant peuvent télécharger les pdf illustrés ou commander les livres papier imprimés par un professionnel

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Pour célébrer le passage de la 100è édition du Tour de France, le jeudi 4 juillet entre le Gard et l’Hérault puis le vendredi 5 juillet entre l’Hérault et le Tarn (on dépasse un peu mais la Montagne Noire est une partie importante proche des causses du Languedoc), nous publierons des synthèses préhistoriques sur les différentes localités traversées.

 

En outre, nous publierons durant l’été des synthèses sur la Préhistoire du "Languedoc-Roussillon" (en débordant un peu des limites administratives régionales) et de ses diverses zones entre "mers" (Méditerranée au Sud et Rhône à l’Est) et terres (Cévennes au Nord et Pyrénées à l’Ouest).

 

Vue des hauteurs de Pignan sur la plaine montpelliéraine

Vue des hauteurs de Pignan sur la plaine montpelliéraine

 

*** Malheureusement, nous n’avons pu finir à temps cette synthèse vue la quantité de sources à traiter sur le riche passé de cette commune.

Repassez d’ici le 14 juillet, toutes les périodes (préhistoriques) d’occupation auront été traitées. ***

 

 

Pignan fait partie des communes du pourtour Nord-Ouest de Montpellier qui subit depuis plusieurs années une urbanisation rapide. Sept communes ont été concernées par une opération de sondages archéologiques : Pignan, Lavérune, Saussan, St-Georges d’Orques, Juvignac, Fabrègues et Cournonterral. 43 sites ont été répertoriés durant cette campagne. C’est surtout sur les communes de Pignan (28 sites) et dans une moindre mesure de Cournonterral (7 sites), que la plus grande quantité de sites a été montrée, dans la Vallée du Coulazou en particulier.

Il s’agit en majorité d’habitats de plaine gallo-romains. Un autre aspect intéressant et qui serait à approfondir est la présence de plusieurs carrières anciennes (calcaire coquillier, pierre froide), parfois assez étendues (côte des Cormiers) et souvent liées à une occupation antique.

 

 

Le site du Devès se trouve sur une hauteur de 101 m à l’Ouest de Pignan : il s’agit donc d’un habitat dont la situation privilégiée dominant la plaine a favorisé une occupation plus ou moins continue du site sur plusieurs siècles. La datation du matériel issu des prospections de surfaces s’échelonne du Néolithique final/Chalcolithique (céramique lithique, osseux) à la période gallo-romaine avec un pourcentage élevé de fragments d’amphores (étrusques, massaliètes, italiques, etc.).

Le site fait partie des habitats groupés type "oppida", généralement des sites de hauteur (le cas de Lattara/Lattes étant à part). Cette architecture est souvent inscrite dans le paysage languedocien, le développement dès le Bronze Final IIIb d’habitats de hauteur fortifiés ayant engendré un emploi répandu de la pierre en tant que matériau de construction. L’habitat était doté d’une enceinte à une période non déterminée et qui aurait été volontairement détruite par la suite. L’extension totale du site va jusqu’à sur les pentes Sud et Est de la colline.

 

Des fonds de cabanes ont été aménagés en creux dans le substrat rocheux. Ces structures, bien qu’implantées au centre de l’enceinte, n’appartiennent pas à la même période historique. En effet, contrairement à l’enceinte protohistorique, le matériel abondant, tant lithique que céramique, est caractéristique de la période chalcolithique.

Aucun muret en pierres sèches n’a été repéré sur le périmètre des cabanes. L’existence de deux trous de poteaux, avec pierres de calages, et de fragments de torchis atteste d’une construction en matières périssables.

Deux fosses/silos ont été aménagées dans le sol : de gros fragments de récipients s’y trouvent encore en place. Un abondant matériel lithique, l’outillage en os et une grande quantité de tessons complètent le riche mobilier de ces fonds de cabanes.

 

Trois portions de murs ont été mises au jour. Deux d’entre elles, l’un au Nord-Est du site, l’autre au Sud-Est, d’une largeur moyenne de 3 m, sont parallèles et distantes de 82 m. Reconnue sur 250 m, installée en limite de rupture de pente, l’enceinte, qui est construite en appareil irrégulier, enserre le sommet de la colline. La construction utilise la technique du double parement avec blocage interne. La distance entre les assises varie de 1,50 m à 4 m ; il s’agit ici d’un montage à sec utilisant des blocs de calcaire dur de provenance locale. Ces matériaux sont employés brut d’extraction mais on peut remarquer que la face la plus régulière a été laissée visible.

D’autre part, quelques détails de la construction ont été livrés dans la partie Sud-Est de l’enceinte : une zone de circulation large de 3 m, formée par un sol pavé de pierres calibrées aux arêtes mousses, longe l’intérieur du mur ; sous cette zone aménagée, un fossé de 50 cm x 50 cm, rempli de pierrailles, devait servir à drainer les eaux de ruissellement et protéger ainsi les fondations.

Le matériel trouvé lors des fouilles situe cette construction dans la période du 1er âge du fer, soit de -750 à -450.

Au-dessous, des fragments de céramique protohistorique ont été mis au jour. Un mur perpendiculaire à l’enceinte de 1 m de large avait déjà été dégagé. L’enceinte se rétrécissait et formait un angle droit avec ce mur.

 

Le centre du gisement a révélé une grande quantité de matériel céramique protohistorique, deux pendeloques en calcite orange et un gros poinçon en os parfaitement conservé. L’ensemble évoque une couche de remblai reposant directement sur le substrat rocheux.

 

 

Plusieurs concentrations de céramiques distinctes d’époque préhistorique ou gallo-romaines repérées dans l’emprise de la future ZAC Saint-Estève ont toutes les chances de correspondre à des sites.

 

 

Au lieu-dit les Espagnats on trouve les vestiges d’une ferme indigène avec 20 fragments d’amphores massaliètes et 2 fragments d’amphores étrusques. Cela témoigne que des rapports au moins commerciaux existaient avec ces navigateurs marchands.

 

 

À cheval entre Pignan et Murviel-lès-Montpellier, au lieu-dit la Colline des Gardies, un petit oppidum composé d’un modeste habitat de cabanes avec trous de poteaux et constructions en pierre sèche a été découvert, ainsi que des fragments d’amphore massaliètes, étrusques, et de la céramique grecque. L’Oppidum est un terme romain donné à une cité fortifiée ou non, installée sur une hauteur où la vie sociale s’organise en quartiers regroupant artisans, commerçants et partageant certaines commodités comme le puits. Ces acropoles n’ont pas seulement une fonction défensive, mais surtout une fonction économique car les autochtones peuvent surveiller les mouvements des trafiquants étrangers, percevoir des taxes et se livrer à de fructueux échanges.

 

 

D’autre part, à cette période, eut lieu une invasion massive des Ibères (Espagne) et de quelques Ligures (Italie).

Loin de soumettre la population, ces peuples s’y sont progressivement intégrés. Cependant, le caractère originel de cette population, tout en s’enrichissant d’apports nouveaux, s’est maintenu et a ainsi montré qu’il savait résister aux envahisseurs potentiels.

Dans la même période (750 avant JC) la royauté romaine est fondée. La civilisation étrusque régresse. Les Romains trop à l’étroit dans le Latium (Rome) commencent à annexer et soumettre les peuples qui occupaient le reste de l’Italie avant de porter au-delà des Alpes leur besoin d’extension. Ils empruntent les voies terrestres et maritimes en direction de l’Ouest, et posent petit à petit les jalons de leur future implantation. Ils nouent des relations avec les grecs et profitent de leur expérience en matière de commerce.

 

 

Au lieu-dit les Gardies-Bois de Barre, on trouve de nouvelles amphores étrusques, mais aussi massaliètes, un parement de remparts en pierre sèche, un foyer avec fosse à cendres et des céramiques grises ont été mis à jour.

1-6; 1-7;

1-5; III-6;

1-1; 1-2; 1-3; 1-4; II-4;

II-5; III-3A; III-4A; III-5A;

III-3/4B

III; II-3;

III-1A/2-B; III-2A

(533-500)

(vers 500)

(500-450)

(vers 450)

(450-425)

(450-400)

0,69% ( 309)

3,31 % (1429)

7,89% (4026)

10,21 % ( 274)

12,51 % (1965)

44,51% (1445)

 

L’oppidum des Gardies est situé au Nord de la commune de Pignan, à cheval sur la commune voisine de Murviel-les-Montpellier. Il occupe une butte calcaire au sommet aplati, allongée dans le sens Nord-Est/Sud-Ouest et dont l'altitude culmine à 180 mètres. Il semble n'avoir été occupé qu'aux -VIè et -Vè siècle.

Au nord, le relief de 95 à 150 mètres en moyenne est collinéen et la végétation est une garrigue parsemée de quelques vignes, vergers et résidences dispersées. L'altitude et l'encaissement des cours d'eau et vallées sèches s'accroît au nord-ouest jusqu'au point culminant et difficilement accessible de la commune, le Feraillès à 217 mètres.

La ville de Pignan s'est initialement développée au nord de la plaine, au pied des collines où passent également les routes départementales D5 et D5E5 en provenance de Montpellier. Les quartiers résidentiels du XXe siècle se sont majoritairement construits en habitat individuel dense entre le village et les premiers flancs des collines, puis en villas espacées sur le sommet autour des routes menant à Murviel-lès-Montpellier.

 

Les sondages stratigraphiques effectués sur le site attestent une occupation continue du dernier tiers du -IVè siècle jusqu'à la seconde moitié du -Vè siècle avant notre ère.

 

En Languedoc méditerranéen, le dolium (vase de très grande taille de l'Italie antique, d'une contenance allant jusqu'à 1 200 litres, et qui servait de citerne à vin, à huile ou à céréales) apparaît au -VIè siècle et se généralise au -Vè siècle. Autour de -500, ils sont encore peu nombreux, mais leur présence est attestée sur de nombreux gisements à Clermont-1'Hérault/La Ramasse, Pignan/Les Gardies, Saint Bauzille de la Sylve/Puech Crochu dans l'Hérault, à Beaucaire/La Redoute et Gailhan/Le Plan de la Tour dans le Gard.

Ces dolia ont une pâte tendre, mal cuite, contenant un gros dégraissant de quartzite et de calcite (grains de 1 à 5 mm). La couleur varie du rose au brun. Les surfaces, rugueuses, sont aménagées par un polissage ébauché ou restent brutes. Dans la plupart des cas, les bords sont épais, courts, horizontaux ou déversés vers l'extérieur. La panse est renforcée par des cordons lisses ou décorés d'impressions triangulaires, digitales ou allongées-obliques. Sur la panse, on observe parfois des décors en coups de peigne ou des impressions profondes et obliques.

Les pourcentages de dolium sont très probants. On remarque que le dolium est presque inexistant durant la phase 1 (1 fragment) (550-500), ensuite cette catégorie de céramique se multiplie brutalement durant la phase 2 (500-450) avec 504 fragments pour croître encore à la phase 3 (450-400).

 

Nous avons vu que durant le Bronze Final III et au début du Premier Age du Fer, le « rôle du dolium » était principalement tenu par de grandes urnes en céramique non tournée. Il ne semble donc pas qu'il existe, à proprement parler, de prototypes indigènes du dolium.

Par contre, en Grèce classique, l'usage de grandes jarres (pithoï) pour conserver les grains est universellement répandu.

Pour J.-P. Tardieu(55), « à regarder un dolium, il est vrai que notre première réaction est d'être sceptique sur les possibilités et les commodités de transport d'une telle pièce... A l'époque préromaine, l'épaisseur de la pâte doliaire n'excède pas trois centimètres alors que les vases dépassent généralement un mètre de hauteur. N'importe quel déplacement aurait brisé la pièce qui avait des parois trop faibles pour résister au moindre choc. Il y a même de fortes chances que certains spécimens aient été fabriqués et cuits dans la cavité qui devait leur servir de berceau.

Pour ces périodes antérieures au -IVè siècle si nous ne croyons pas à l'importation de dolia, nous pensons que le déplacement de dolia de taille moyenne sur de courtes distances devait être possible ce qui n'aliène en rien l'origine de la pièce mais remet en cause la notion de fabrication locale. Disons plutôt qu'il s'agit d'une production régionale.

Selon nous, les premiers exemplaires d'avant 500 av. J.-C. sont probablement importés; ensuite la fabrication des dolia est probablement due à des artisans utilisant des techniques helléniques (plutôt qu'à des artisans grecs) et se déplaçant (avec leur dégraissant voire avec l'argile) site par site, ou produisant dans un lieu donné pour tout un secteur.

Cette dernière hypothèse est appuyée par l'analyse des dolia provenant de la région de Béziers, Ensérune, Mailhac et Pech-Maho qui possèdent tous un dégraissant coquille et une argile issue de l'embouchure de l'Aude. De plus on trouve des parallèles dans des observations ethnologiques récentes. En effet, selon M.C. Amouretti (60) «la technique de fabrication de ces grandes jarres, si elle demande un soin particulier ne nécessite pas d'installations coûteuses. En Crête, en 1961, des groupes d'artisans parcouraient encore la montagne (plateau de Lassithi), s'installant pour huit jours dans un village et fabriquant sur place les commandes ».

S'il s'agit bien au départ d'une « importation », c'est que le dolium correspond à un besoin nouveau ou alors que son utilisation s'avère nécessaire en complément ou en remplacement d'un autre procédé. Comme nous savons que l'on utilisait au vie siècle avant notre ère plusieurs autres techniques de stockage des céréales, il semble bien que le dolium vienne en complément. Son adoption, puis son emploi de plus en plus répandu, s'expliquant parce qu'il est plus facile à entretenir et à fabriquer que les silos [Le dolium est un récipient de stockage de moindre capacité que le silo. Ce grenier d'argile offre l'avantage d'être facile à construire. Il constitue un nouveau mode de conservation et d'accumulation des céréales en atmosphère non confinée(A titre indicatif, nous rappellerons la récente analyse du mythe de la création de la première femme, Pandora, la faim et l'espoir d'Hésiode qui justifie le choix de la jarre, du pithos, à travers une série d'équations : pithos = femme = ventre de la femme = faim alimentaire et sexuelle = humidité)], mieux adapté à la conservation à court terme, d'utilisation plus aisée et de contenance plus importante que les récipients en matériaux périssables et les grandes urnes en céramique non tournée.

Avant le II s. av. J.-C, les dolia étaient, de l'avis de tous, utilisés comme récipients de stockage des céréales. Outre la découverte de grains en relation avec les dolia, les réparations au plomb de nombreux exemplaires brisés attestent que les dolia étaient impropres à la conservation des liquides. En Languedoc méditerranéen, les dolia n'ont dû que rarement contenir de l'huile et du vin et, au plus tôt, aux nc et Ier s. avant notre ère. Ils ont pu servir de chais ou de cuve à fermentation; ce procédé est largement décrit dans les « géoponiques » et dans le De re. rust. (I. 13-6). C'est aussi la fonction généralement admise par les archéologues italiens pour certains exemplaires datant des derniers siècles avant notre ère en Etrurie(63) et par J.-P. Tardieu dans le Sud de la Gaule (64). Si, en Provence, on connaît de nombreux blocs de pressoirs et maies attestant des installations de pressurages probablement oléicoles, on ne connaît cependant pas le mode de stockage du produit pressuré. En Languedoc, on notera la présence de maies à Lattes et Murviel-les-Montpellier.

 

entre 490 et 450 avant J.-C, soit en moins d'un demi-siècle, les dolia passent de 1,82% des céramiques à près de 30%. Cette augmentation considérable du nombre des dolia correspond à l'adoption en masse de cette technique de stockage par les habitants des oppida protohistoriques languedociens.

 

Sur les oppida, les dolia sont généralement retrouvés isolés dans le coin d'une pièce d'habitation.

Cela semble indiquer une production de grains modeste, familiale, et une gestion non collective des biens. C'est vrai en Languedoc méditerranéen mais aussi en Provence. Plusieurs « greniers » (pièce spécialisée dans la conservation du grain) contenant des dolia ont été mis au jour en Languedoc méditerranéen (Les principaux « greniers » sont ceux de Mailhac/Le Cayla, Narbonne/Montlaures, Sigean/Pech-Maho, Clermont-l'Hérault/La Ramasse, Fabrègues/La Roque et Gailhan/Le Plan de la Tour).

C'est un fait marquant lorsque l'on connaît leur absence en Provence.

 

l'enceinte 1 de Murviel et celle de La Roque [sur le territoire actuel de Fabrègues, lieu-dit l’Estagnol : Sur le site de ce que, quelques décennies plus tard, les romains nommeront l’Oppidum de la Roque, implanté à l’extrémité Nord Est de la Gardiole (commune de Fabrègues), des céramiques et une coupe ornée d’un personnage grec debout, revêtu d’un manteau. Des fibules en bronze (épingles de manteau), des foyers autels décorés, installés dans les demeures, destinés aux cultes domestiques figureront parmi les nombreuses découvertes] laissent voir dans la masse de calcaire local des blocs parallélépipédiques en calcaire coquillier dont les carrières (notamment celle de Saint-Martin) sont situées à quelques kilomètres des deux sites, sur le territoire de Pignan. La taille de la pierre, si elle reste une activité limitée, n'en est pas moins une réalité à l'époque préromaine (La présence de la pierre de Pignan à La Roque paraît bien indiquer une exploitation de ces carrières antérieure au milieu du IIIe s. Le parement extérieur de la tour de Mauressip, des blocs trouvés à Ambrussum dans un niveau préromain confirment cette exploitation de calcaire coquillier au 2e Age du Fer).

 

 

En novembre 1995, une riche tombe à incinération du Haut-Empire a été découverte (et immédiatement pillée) par un prospecteur clandestin, sur les premières collines dominant la plaine de Pignan. La couverture de la tombe, enfouie à faible profondeur, est d’abord apparue sous la forme de six tegulae probablement posées sur quelques branchages. Cette protection recouvrait un simple loculus d’environ 80 x 100 cm, d’une profondeur maximale d’environ 50cm. La fouille clandestine a consisté à extraire le mobilier métallique correspondant à une série d’offrandes secondaires déposées dans la partie méridionale de ce loculus : un grand bassin, deux cruches et deux patères en bronze, ainsi qu’une série de quatre strigiles en fer montés sur leur anneau. Ce pillage n’a heureusement fait qu’entamer l’urne cinéraire placée au nord, à l’intérieur d’un grand vase en terre sombre de fabrication régionale.

Les ossements incinérés avaient été déposés en partie dans un pot ovoïde (lsings 67a), mais aussi à l’intérieur du vase protecteur en terre cuite et dans la fosse. Ces restes étaient accompagnés d’autres offrandes secondaires : lampe miniature en bronze avec son petit support, bol en verre et balsamaires. Quelques vestiges ténus témoignent aussi de la présence, sur le bûcher, d’offrandes primaires (vases en sigillée, lampe Loeschcke lV).

Ce mobilier permet de bien dater l’enfouissement des années 80-100 de notre ère.

Cette opération ponctuelle nous renseigne donc sur l’aspect paradoxalement très modeste, des sépultures régionales qui ont livré le plus riche mobilier. Ces tombes fournissent une image mitigée du niveau de romanisation des propriétaires ruraux, loin du contexte urbain où les véritables élites atteignaient un autre niveau social et culturel.

 

 

rencontre avec Pierre Michel et au vu de ses connaissances sur la région que cette opération est apparue nécessaire. En effet, depuis de nombreuses années ce bénévole prospecte le territoire des communes de Pignan et de Cournonterral où il a reconnu une centaine de sites historiques et préhistoriques.

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