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Présentation du Collectif des 12 Singes

 

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Publié par Collectif des 12 Singes

Météorite de Willamette, pesant environ 15 tonnes (plus grosse météorite trouvée en Amérique du Nord et la sixième dans le monde : 3,05 m de haut par 1,98 m de large et 1,3 m de profondeur)

Météorite de Willamette, pesant environ 15 tonnes (plus grosse météorite trouvée en Amérique du Nord et la sixième dans le monde : 3,05 m de haut par 1,98 m de large et 1,3 m de profondeur)

 

Les tribus indigènes à travers le monde ont vénéré des météorites, aux Amériques, au Groenland, au Tibet, en Inde, en Mongolie et en Australie. De même, les civilisations préhispaniques, européennes et orientales les ont érigées en objet de culte et ont tissé autour d’elles nombre de mythes et légendes.

 

Une météorite est un corps solide naturel d'origine intersolaire (dans le système solaire) ou extrasolaire (à l'extérieur du système solaire) à qui sa traversée dans l'atmosphère n'a pas fait perdre toute sa masse et dont le corps rocheux ou ferreux n'a pas été complètement volatilisé lors de l'impact avec cette surface. La traînée lumineuse produite par l'entrée dans l'atmosphère du météoroïde à des vitesses de l'ordre de dizaines de km/s s'appelle un météore, qui est soit une étoile filante (petit météoroïde dont la combustion illumine le ciel la nuit), soit un bolide (gros météoroïde brillant assez pour être visible même le jour), ce météore lumineux s'éteignant à une altitude le plus souvent de 20 km et prenant le nom de météorite lorsque son ablation dans la troposphère n'est pas complète et qu'il atteint le sol en chute libre.

La majorité des météorites proviennent de petits corps célestes du système solaire appelés météoroïdes (99,8 % des météorites analysées proviennent de fragments d'astéroïdes, quelques centaines de spécimens sont d'origine lunaire ou martienne), elles sont plus rarement produites par l'impact de gros astéroïdes. Ainsi, des millions d'astéroïdes tournent autour du soleil, la plupart dans une sorte de ceinture entre Mars et Jupiter ; ils tournent et s'entrechoquent, depuis 4,5 milliards d'années. Lorsque l'un d'eux s'approche de la Terre, il peut lui tomber dessus, attiré par la gravité de notre planète. Fin 2013, il y avait environ 46 600 météorites classifiées (ce nombre augmente d’environ 1 500 chaque année, sachant que 70 % des météorites ont été découvertes en Antarctique). Plusieurs dizaines de milliers de météorites tombent sur Terre chaque année, ce qui représente 40 000 à 100 000 tonnes de matière cosmique... pour l'essentiel sous forme de poussières, et la majorité tombe dans les océans. On aperçoit 6 chutes météoritiques par an en moyenne.

 

Plus de 160 structures d’impact météoritique sont connues sur Terre, parmi lesquelles seulement neuf champs d’impacts : Macha en Yakoutie, Sikhote-Alin en Sibérie, Morasko en Pologne, Kaali en Estonie, Rio Cuarto et Campo del Cielo en Argentine, Odessa au Texas, Henbury en Australie et Wabar en Arabie Saoudite. Les plus récents sont traités ici, les autres dans la synthèse Quand la Terre convulse et que le ciel lui tombe sur la tête.

Macha est un groupe de cratères de météorites en Yakoutie, dans la République de Sakha ouest, District fédéral extrême-oriental de Russie. Deux grands cratères de 300 et 200 m de diamètre forment le lac Abram en forme de poire, et trois cratères plus petits, dont le diamètre varie de 60 à 100 m, sont situés au nord. Ces cratères sont le résultat de la chute de météorites de fer (matériau comparable à l'événement de Toungouska), avec un âge estimé de l'impact d’environ 7300 ans, qui aurait dégagé une énergie de 150 kilotonnes, soit dix fois la bombe d’Hiroshima.

Ilumetsa, Estonie, est un cratère de météorite de 80 mètres de diamètre et dont l'âge est estimé à plus de 6600 ans.

La réserve naturelle de la météorite de Morasko est située à la limite nord de la ville de Poznań, Pologne. Elle a une superficie de 55 hectares et représente la plus grande pluie de météorites en Europe centrale (c’est également l'un des plus grands groupes de cratères sur la planète, à la fois quand on parle de la taille et du nombre des cratères). Le plus grand des sept cratères de la réserve a un diamètre d'environ 60 mètres, pour environ 11 mètres de profondeur, sachant que cinq de ces cratères, dont le plus grand, contiennent des lacs. La première météorite trouvée à Morasko a été découverte en 1914 par des soldats allemands travaillant à la construction d'une fortification militaire, elle pesait 290 kg. Depuis, de nombreux autres fragments ont été retrouvés, dont un pesant 78 kg en 1956. En septembre 2006, on a découvert une météorite qui pesait après nettoyage 164 kg. L'analyse a montré que la météorite contenait un alliage de fer et de nickel, ainsi qu’une petite quantité de silicates (pyroxènes) qui ne sont pas produites sur Terre. En octobre 2012, une météorite pesant 261 kg a été récupérée à une profondeur de 2,1 m. La météorite ferreuse de Przełazy (Seeläsgen, 130 km à l’ouest de Morasko) a été découverte en 1847 et pèse 102 kg. La météorite de Tabarz (Thuringe, à 585 km à l’ouest de Morasko) a été révélée en 1854 et pèse 150 g. La météorite de Jankowo Dolne (56 km à l'est de la capitale régionale Poznań) a été trouvée en mars 2004 et pèse 12 kg. Morasko et les fers similaires de Przełazy, Jankowo Dolne, et possiblement Tabarz, représentent une seule grande pluie de météorites (la masse totale de toutes les découvertes est estimée à plus de 1500 kg) qui a eu lieu il y a 5000 ans. La météorite de fer (sidérite) est probablement venue de la pluie d'étoiles filantes des Perséides, qui visite la Terre chaque année dans le milieu du mois d’août.

La Henbury Meteorites Conservation Reserve est une zone protégée dans le Territoire du Nord de l'Australie, située 145 kilomètres au sud-ouest d'Alice Springs. Henbury est l'un des cinq sites d'impact de météorite en Australie associés à des fragments de météorites et l'un des exemples dans le monde d'un petit champ de cratères les mieux conservés. Ainsi, il y a 13 à 14 cratères allant de 7 à 180 mètres de diamètre et jusqu'à 15 mètres de profondeur, dispersés sur un kilomètre carré, qui ont été formées quand un météore s’est rompu avant l'impact (masse totale de 2 tonnes de fer-nickel). Un objet de quelques dizaines de mètres de diamètre se déplaçant à environ 20 km par seconde (plus de 60 fois plus rapide qu'une balle) s'est désintégré dans l'atmosphère, libérant une énergie équivalente à plusieurs millions de tonnes de TNT (la bombe d’Hiroshima avait une puissance d'environ 15 kilotonnes). L'impact aurait été ressenti dans toute la région et aurait causé des dommages graves ou la mort à quiconque était présent à plusieurs kilomètres du lieu de l'impact. Les cratères ont été découverts en 1899 par le directeur du centre d'élevage d’Henbury Station, mais n’ont été investigué qu’après l'intérêt suscité par la chute météoritique de Karoonda (masse totale de 41,73 kg) en Australie du Sud en 1930. Le site est estimé dater de 4200 ans, plus ou moins 1900 ans. Le champ de cratère Henbury est considéré comme un site sacré pour les peuples autochtones Arrernte (appelé chez eux Tatyeye Kepmwere ou Tatjakapara) et aurait eu une incidence au cours de l'habitation humaine de la région. En effet, les aborigènes âgés ne camperait pas à moins de quelques kilomètres des cratères Henbury, les qualifiant de chindu china waru chingi yabu, ce qu’on peut traduire par « promenade du soleil sur les roches du diable du feu ». De même, les peuples autochtones ne boiraient pas l'eau de pluie recueillie dans les cratères, craignant que le « diable du feu » les remplissent avec un morceau de fer.

Boxhole est un jeune cratère d'impact situé à environ 180 km au nord-est d'Alice Springs dans le Territoire du Nord, en Australie. Il a 170 mètres de diamètre et son âge est estimé à 5400 ans, plus ou moins 1500 ans. En 1937, on a découvert des fragments métalliques contenant du nickel et des boules de schiste ferreux similaires à ceux trouvés à Henbury au sud d'Alice Springs. Une recherche plus tardive a permis de trouver une masse de fer de 82 kg (masse totale récupérée de 500 kg). Le site serait donc le lieu d’impact secondaire, de plus nombreux fragments ayant atterri à Henbury.

Le cratère Dalgaranga est un petit cratère d'impact de météorite situé 75 km à l'ouest de Mount Magnet (ou au nord de Yalgoo), en Australie occidentale. Il a 24 m de diamètre et 3 m de profondeur, étant le seul connu à avoir été produit par un projectile de mésosidérite, d’une masse de 500 à 1000 kg (masse totale récupérée de 12,2 kg). Nombre d’auteurs suggèrent un âge aussi jeune que 2700 ans.

 

Les auteurs de langue arabe consignaient dans leurs ouvrages les chutes de pierres, tel Avicenne dans la section géologie de son Livre de la Guérison, n'hésitant pas à affirmer que deux types de pierre tombent du ciel, des fers et des pierres, et à réaliser des expériences de fusion de météorites pour voir si elles sont métalliques.

De fait, l'utilisation du métal trouvé dans les météorites est également enregistrée dans les mythes de beaucoup de pays et de cultures où la source céleste était souvent reconnue. Les peuples autochtones ont souvent prisé les météorites de fer-nickel comme une source facile, même si limitée, de fer métallique. En effet, le fer pur a toujours été rare et donc il n'est pas étonnant que les météorites ferreuses aient été particulièrement convoitées par les civilisations anciennes comme matière première pour les couteaux cultuels et des armes dans les temps avant l'âge du fer (vers -1 100 dans le monde méditerranéen, la métallurgie du fer nécessitant une température plus élevée que celle du bronze et donc la connaissance technique d'un four portant à une température de 1 500°C). Ces couteaux et poignards ont été retrouvés dans les tombes des pharaons égyptiens et dans des sanctuaires mésopotamiens autant que dans des tombes des dirigeants aztèques, mayas et incas, dans les deux Amériques.

Les tribus des Clackamas, dans l'Oregon, affirment qu'elles adoraient la Willamette, l'une des principales météorites en fer-nickel connues (91% de fer et 7,62% de nickel, avec des traces de cobalt et de phosphore), pesant environ 15 tonnes (plus grosse météorite trouvée en Amérique du Nord et la sixième dans le monde : 3,05 m de haut par 1,98 m de large et 1,3 m de profondeur). Les scientifiques pensent que la météorite est le noyau ferreux d’une planète qui est entrée en collision avec une autre planète ou un astéroïde il y a des milliards d'années, quand notre système solaire s’est formé. Après avoir orbitée autour de notre système solaire, une autre collision il y a des centaines de milliers d'années a fait pleuvoir des fragments sur la surface de la Terre, s’écrasant dans l'inlandsis de la Cordillère. Il n'y avait aucun cratère d'impact sur le site de la découverte, les chercheurs estimant que la météorite a atterri dans ce qui est aujourd'hui le Canada ou le Montana et a été transportée comme bloc erratique (fragment de roche de taille relativement importante qui a été déplacé par un glacier parfois sur de grandes distances) jusqu’à la vallée de Willamette lors des inondations de Missoula (aussi appelées inondations de Spokane ou encore inondations de Bretz : importantes inondations qui ont ravagé périodiquement l'est de État de Washington et la gorge du Columbia) à la fin de la dernière période glaciaire (il y a environ 13 000 ans). Les Clackamas croyaient que la météorite était arrivée dans la vallée en tant que représentante du Peuple du Ciel (d’où son nom de Tomanowos) et qu’une union avait eu lieu entre le ciel, la terre et l'eau dès qu'elle se posa sur le sol et qu’elle recueillie l’eau de pluie dans ses cavités. Cette eau de pluie a été une puissante source de purification, de nettoyage et de guérison pour les Clackamas et leurs voisins. Ainsi, avant leurs voyages de chasse, les Clackamas plongeaient la pointe de leurs flèches et lances dans l'eau qui s'était accumulée dans les grandes cavités de la météorite car ils étaient convaincus que ce rituel durcirait leurs armes et leur accorderait le succès dans leur chasse.

Plusieurs tribus amérindiennes ont vénérés des fragments de la météorite Diablo Canyon, une météorite géante de fer qui a creusé le célèbre Meteor Crater/Cratère Barringer d'Arizona il y a environ 50 000 ans. Le plus gros fragment jamais trouvé est la météorite Holsinger, pesant 639 kilogrammes (les autres morceaux pèsent 485 kg, 360 kg, 242,6 kg, 225,9 kg, 162 kg, 136 kg, 122 kg, 179 kg, 100 kg, 54 kg et 22 kg pour la Basket Meteorite), pour un total initial estimé de 30 tonnes. Des découvertes archéologiques à travers les États-Unis et le Mexique ont prouvé que des fragments de Diablo Canyon avaient été commercés des siècles avant Christophe Colomb, comme l’atteste la découverte de perles amérindiennes de fer météorique trouvées dans un tumulus à Hopewell (culture qui s'est développée le long des cours d'eau du nord-est et du midwest des États-Unis, entre le -IIè siècle et le Vè siècle, elle se caractérise par le développement d'un réseau de communication à longue distance et l'ampleur de ses sépultures).

Les Esquimaux utilisaient des fragments de la météorite Cape York pour former des arêtes de coupe pour des outils et des pointes de lance. Découverte à Savissivik (« Lieu du fer météorique » ou « Couteaux »), dans le nord du Groenland, elle est l'une des plus grandes météorites de fer du monde (3,4 x 2,1 x 1,7 m) et est entrée en collision avec la Terre il y a près de 10 000 ans. Les masses ferreuses étaient connues des Inuits comme Ahnighito (« La tente ») pesant 31 tonnes, le fragment « La femme » pesait 3 tonnes et « Le chien » 400 kg, sachant que la météorite est estimée avoir pesé 100 tonnes avant qu'elle n'explose. En 1963, la quatrième pièce majeure de la météorite Cape York a été découverte sur la péninsule Agpalilik. Connue comme « L'homme », son poids est d'environ 20 tonnes. D’autres petites pièces ont également été trouvées, comme les 3 tonnes de la météorite Savik 1 retrouvée en 1911 et les 250 kilogrammes du fragment Tunorput trouvé en 1984 (masse totale récupérée de 58,2 tonnes). Cape York est une météorite de fer (octaédrite médium, catégorie de météorites ferreuses la plus répandue) contenant beaucoup de nodules allongés de troïlite, avec des inclusions de chromite, sulfures, phosphate, silice et cuivre. Pendant des siècles, les Esquimaux vivant près des météorites les ont utilisées comme une source de métal pour les outils et les harpons : ils travaillaient le métal à l'aide du forgeage à froid, par emboutissage et martelage. Ce fer météorique est soupçonné d'avoir attiré vers -2 500 la migration des Esquimaux de l'Arctique sibérien (culture paléo-eskimaude de Saqqaq issue des Tchouktches, peuple paléosibérien venant de la péninsule située à l'extrême Est de la Russie).

De même, le fer dont sont formés les couteaux et les harpons des Inuits de la baie de Baffin (vaste golfe ouvert de l'Atlantique, prolongement de la mer du Labrador situé entre le Groenland à l'est, la Terre de Baffin à l'ouest et l'île Ellesmere au nord), contient 3% de nickel, composition qui assigne à ce fer une origine météorique. En effet, à quelque distance de la côte septentrionale de la baie de Baffin, dans un endroit nommé Sowallik, il y a deux masses du même genre : l’une paraît être solide, l’autre est pierreuse et mêlée de morceaux de fer, avec lesquels les indigènes fabriquent leurs armes.

Le Campo del Cielo est un groupe de météorites trouvées en Argentine. La zone d'impact est criblée de cratères créés par la fragmentation d'une même météorite vers -2 700/-2 200. Le champ de cratères couvre une zone de 3 km sur 20 et contient au moins 26 cratères, le plus grand mesurant 115 mètres de long sur 91 mètres de large. Au moins deux des cratères possèdent des milliers de petits fragments métalliques. La zone couverte par des fragments plus petits s'étend encore au-delà, sur 60 km. Les premières mentions écrites de la météorite remontent à 1576. Le gouverneur d'une province du nord de l'Argentine (alors colonie espagnole) commissionna l'armée pour rechercher une grande masse de fer, que les Indiens utilisaient pour leurs armes. Ceux-ci prétendent que cette masse était tombée du ciel dans un endroit qu'ils appellent Piguem Nonralta, traduit par les Espagnols en Campo del Cielo (« Champ du Ciel »). Les Indiens de la région du Chaco avaient des sentiers leur permettant facilement, même à plus de 50 km de là, de converger vers l'emplacement de la météorite. Les tribus autochtones de la région se réunissaient là pour vénérer le Dieu du Soleil, personnifiant leur dieu dans cette mystérieuse masse de fer, qui, selon eux, sortit d’une magnifique étoile. Dans les histoires de batailles, de passions et de sacrifices de ces tribus, est née une fantastique légende de la transfiguration de la météorite en un arbre merveilleux, s'enflammant aux premiers rayons du soleil avec des lumières rayonnantes et des bruits comme une centaine de cloches, remplissant l'air, les champs et les bois avec des sons métalliques et des mélodies de résonance, pour lesquels cet arbre d’une magnifique splendeur se courba en révérence et adoration envers le Soleil. Les traînées de fumée du bolide entré dans l’atmosphère expliqueraient « l’arbre merveilleux », avec la trajectoire de la météorite principale provoquant le tronc et les trajectoires des fragments créant les branches. L'expédition militaire trouva une grande masse de métal sortant du sol. Elle supposa qu'il s'agissait d'un filon métallique et rapporta quelques échantillons, décrits comme d'une pureté inhabituelle. Suivant les légendes indiennes, don Bartolome Francisco de Maguna redécouvrit la masse de fer en 1774 et la nomma el Meson de Fierro (« la Table de Fer »). Maguna pensa qu'il s'agissait du sommet d'un filon de fer. L'expédition suivante, conduite par Rubin de Celis en 1783, utilisa des explosifs pour dégager le sol autour de la masse et trouva qu'il s'agissait vraisemblablement d'une pierre unique. Celis estima sa masse à 15 tonnes, la tint pour sans valeur et l'abandonna. Lui-même ne pensait pas que la pierre soit tombée du ciel et supposa qu'elle avait été formée par une éruption volcanique. Toutefois, il envoya des échantillons à la Royal Society de Londres. Ces échantillons contenaient 90 % de fer et 10 % de nickel, et on leur désigna une origine météorique. Par la suite, de nombreux fragments furent trouvés dans la région, leur masse allant de quelques milligrammes à 34 tonnes. Une masse d'une tonne, Otumpa, fut localisée en 1803. Découpée, sa partie la plus importante (634 kg) fut amenée à Buenos Aires en 1813, et donnée ensuite au British Museum. Le plus gros fragment, d'une masse de 37 tonnes, fut localisé en 1969 à une profondeur de 5 m par un détecteur de métal. Nommé El Chaco, il s'agit du plus gros morceau de météorite connu après la météorite d'Hoba (60 tonnes). La somme totale des fragments de Campo del Cielo dépasse cependant 60 tonnes de très loin (environ 100 t), en faisant la plus grosse météorite jamais retrouvée sur Terre. La distribution inhabituelle des fragments suggère que le corps météorique initial s'est fragmenté après être entré dans l'atmosphère terrestre, mais avant d'atteindre le sol. On estime que la taille de ce corps mesurait au moins 4 m de diamètre.

La météorite de Gibeon s'est désintégrée en de nombreux fragments avant son impact en Namibie. Le champ d'éparpillement des fragments de la météorite recouvre une zone elliptique de 275 km de long sur 100 km de large. Sa masse totale connue avant impact atteint 26 tonnes, ce qui en fait l'une des plus grosses météorites connues. La météorite de Gibeon est constituée d'un alliage fer-nickel et contient également du cobalt et du phosphore. Les fragments de la météorite sont connus depuis plusieurs siècles par les Namaquas (« les gens de Nama » : ils ont beaucoup en commun avec les Bochimans/San, partageant les mêmes racines et caractéristiques linguistiques, c'est pour cela qu'on les regroupe sous le nom de Khoisan), peuple de pasteurs d'Afrique australe, qui s'en servent pour construire des flèches et d'autres outils. La météorite fut découverte en 1836 par le capitaine britannique J. E. Alexander qui en recueillit quelques échantillons et les expédia à Londres. John Herschel les analysa et confirma leur origine extraterrestre.

Officiellement découverte en 1930 (mais à l'époque on pensait qu’il s’agissait d’une pierre sacrée pour les Indigènes, qui l’appelaient kimondo), la météorite géante de Mbosi (Tanzanie) est un énorme morceau de métal venu de l’espace, de 3 mètres de long et 1 mètre de hauteur pour un poids estimé à 16 tonnes. Comme pour beaucoup de météorites, il n'y a aucun signe de cratère d’impact (mais le bloc était à moitié enterré), ce qui peut dire que la météorite était là depuis des milliers d’années.

 

Le complexe des Taurides est un essaim météoritique dont le corps principal est la comète périodique Encke. Cette comète, avec son noyau d’un diamètre de 4,8 kilomètres, et les Taurides sont les restes d'une comète beaucoup plus massive, qui s'est désintégrée au cours des 20 000 à 30 000 dernières années, se brisant en plusieurs morceaux et dispersant des fragments par son activité cométaire, ou peut-être, occasionnellement, à la suite de rencontres avec les forces de marée de la Terre. L'essaim étant assez étalé dans l'espace, la Terre met plusieurs semaines à le traverser, d'où une assez longue période d'activité météoritique, comparée à celle d'autres essaims. En effet, en raison des perturbations des planètes, tout particulièrement de Jupiter, les Taurides se sont étalées avec le temps : on peut en observer deux sections distinctes, les Taurides du Sud (STA) actives du 10 septembre au 20 novembre et les Taurides du Nord (NTA) actives du 20 octobre au 10 décembre, de plus les Beta Taurides (flot de débris que la Terre croise à deux reprises, une fois à la fin octobre et une fois à la fin de juin) et les Zeta Perséides (qui ont lieu environ du 20 mai au 5 juillet) sont d'autres sections du même courant de matière.

Les Taurides ont un cycle d'activité culminant tous les 2500 à 3000 années. À l'intérieur de ce cycle, des pics d'activités plus rapprochés résultent de sections plus denses de l'essaim, sachant que le volume total de ce courant de matière est le plus important du système solaire interne. En remontant les orbites de Encke et Oljato (un astéroïde Apollo de 1,8 km de diamètre), on constate qu'il y a 9500 années leurs orbites étaient presque identiques, Oljato étant dans une orbite qui a croisé le plan orbital de la Terre durant quelques siècles, aux environs de -3 000.

 

La tablette "Planisphère", inscrite vers -700, a été déterrée dans les restes de la bibliothèque du palais royal assyrien de Ninive, près de la Mossoul moderne, en Irak. Il s'agit d'une copie du journal nocturne d'un astronome sumérien contenant des dessins de constellations et les noms de constellations connues. Elle décrit les événements dans le ciel avant l'aube du 29 juin -3 123 : une moitié fait état de positions de planètes, l'autre moitié enregistre un objet assez grand pour que sa forme soit notée et suit sa trajectoire par rapport aux étoiles.

Un des fragments de la comète Encke pourrait avoir été la météorite Gebel Kamil, qui a frappé à plus de 3,5 km/s le sud-ouest de l’Égypte (à proximité de la frontière soudanaise) il y a environ 5000 ans. Ce météore devait avoir 1,3 mètre de largeur et peser de 5 à 10 tonnes, laissant un cratère de 45 m de diamètre pour 16 m de profondeur, entouré par des milliers de morceaux d’éclats de fer avec un poids total d'environ 1600 kg.

Toujours est-il que neuf petites perles martelées à partir de fer météoritique ont été trouvées dans le nord de l'Égypte et ont été datées d’environ -3 200. En outre, la pierre benben du temple solaire d'Héliopolis était une pierre sacrée sur laquelle les premiers rayons du soleil tombaient. Prototype possible des pyramidions coiffant les obélisques ou les pyramides (le mot benben, dérivé de la racine wbn « s'élever en brillant », désigne également les obélisques), il est possible que le benben d’Héliopolis ait été une météorite. Dans le mythe fondateur égyptien, c'est du haut de Benben que le dieu du disque solaire Rê créa l'univers.

 

Le corps principal de ce bolide pourrait avoir engendré le Burckle Crater, un relief sous-marin supposé être un cratère d'impact, probablement formé par une très grande (environ 3 km de diamètre) comète ou météorite. Il est estimé avoir environ 30 km de diamètre, son emplacement étant à l'Est de Madagascar et à l'Ouest de l'Australie occidentale, dans l'océan Indien Sud, à 3800 m sous la surface. Il est à noter que, comme pour l’évènement Toungouska de 1908, ce cratère pourrait être issu d’un fragment de la comète Encke. Si nous remontons son orbite, nous constatons qu'Encke a recoupé celle de la Terre vers -3 100 et 200 (orbite ascendante) et vers -2 800 et -100 (décroissante).

Le cataclysme qui a suivi aurait créé une série de tsunamis qui sont venus s'écraser contre les côtes du monde entier (cela peut fournir une origine à la couche de 2,6 m de sédiments découverte lors d'une fouille de la cité sumérienne d'Ur), ainsi qu’il aurait envoyé dans l'atmosphère des panaches de vapeur d'eau surchauffée et des particules d'aérosols. En quelques heures, la chaleur et l'humidité se seraient répandues dans les courants-jets et auraient engendré des super-ouragans qui auraient matraqué l'autre côté de la planète. Pendant environ une semaine, le matériel éjecté dans l'atmosphère aurait plongé le monde dans les ténèbres.

L'oscillation Piora est une période froide et humide brutale dans l'histoire du climat de l'Holocène, généralement datée de la période d’environ -3 200 à -2 900. Au Moyen-Orient, la surface de la mer Morte a augmenté de près de 100 mètres, avant de retomber à un niveau plus habituel. Une carotte de glace du Groenland, GISP2, montre un pic de sulfate et de méthane vers -3 200, ce qui suggère un événement inhabituel, soit une éruption volcanique soit l’impact d'un météore.

 

Au moins vingt anciens mythes narrent des dévastations de la nature et de l'ampleur de l'impact d’un astéroïde, y compris le mythe grec antique de Phaéton (traité plus loin car il apparaît tardivement). Quand une comète dépasse le soleil, souvent sa queue est soufflée en avant par les vents solaires, de sorte qu'elle la précède réellement. C'est pourquoi tant de descriptions de comètes dans la mythologie mentionnent qu'elles portent des cornes. En Inde, un poisson céleste décrit comme « brillant comme un rayon de lune », avec une corne sur la tête, mit en garde contre une inondation épique qui allait amener un nouvel âge pour les humains. Ainsi, quelques commentateurs ont associé les changements climatiques de cette période avec la fin de la période d'Uruk, le début d’un âge sombre.

Le premier "Âge sombre", une période sur laquelle on sait peu de choses malgré beaucoup d'informations avant et après ce laps de temps, s'est produit d’environ -3 100 à -2 900. Par exemple, en Mésopotamie, cette période est appelée Djemdet Nasr. Les débuts des civilisations, en dépit du dommage immédiat, ont eu un premier grand essor, après qu’une centaine d'années ait passé. En effet, aux environs de -3 100, il y eut soudain un changement vers des âges plus primitifs par rapport à la période précédente d'Uruk. Par exemple, le système de jetons numériques diminua, mais vers -3 000 il y eut une reprise soudaine avec des sceaux cylindres, le système de numération, l’écriture, des progrès artistiques (sculptures en ronde bosse et en relief), tout comme le nombre des temples retrouvés augmenta rapidement. Cette période marque la transition vers les Dynasties archaïques, qui ont commencé à avoir une sorte de système centralisé alors que peu avant on assista à un retrait de l'influence de la civilisation d'Uruk et à l'émergence de cultures régionales.

À partir du milieu du -IVè millénaire, on glisse progressivement vers la phase la mieux connue, celle de l'« Uruk récent », qui dure jusque vers -3 200 ou -3 100. C'est en fait cette période qui rassemble les traits généralement attribués à la civilisation de la période d'Uruk : haut développement technique, développement d'agglomérations urbaines importantes avec leurs monuments imposants, apparition de l'État, et expansion de la culture urukéenne dans tout le Moyen-Orient. Cette phase de l'Uruk récent est suivie d'une autre phase (niveau III de l'Eanna) qui voit le déclin de la civilisation d'Uruk, et l'éclatement du Moyen-Orient en plusieurs cultures locales bien distinctes : on l'appelle couramment période de Djemdet Nasr, d'après un autre site mésopotamien (près de Kish). On considère parfois qu'il s'agit d'une période d'« Uruk final », qui voit un début de concentration de l'habitat et sans doute une réorganisation du pouvoir. Succédant à la période d'Uruk qui a vu la formation des premiers États, des premières villes et l'invention de l'écriture, cette époque est caractérisée - du moins à ses débuts - par l'existence d'États encore peu développés et peu étendus, désignés comme des « cités-États ».

Ses caractéristiques socioculturelles, distinctes de celles de la période d’Uruk, sont constatées dans de nombreux sites à travers le centre-sud de l'Irak (Abou Salabikh, Shuruppak, Khafajah, Nippur, Tell Uqair, Ur et Uruk). Elle est contemporaine du début de la période V de Ninive en Haute Mésopotamie et le stade proto-élamite dans l'ouest de l'Iran, et partage avec ces périodes caractéristiques une bureaucratie émergentes et les inégalités : les poteries peintes sont associées à des individus ou à des activités de haut statut, même si les genres littéraires tels des hymnes et des listes de rois, qui deviennent très populaires plus tard dans l'histoire mésopotamienne, sont absents. Les textes traitent sans exception des questions administratives telles que le rationnement des denrées alimentaires. Les bâtiments centralisés, les tablettes cunéiformes administratives et les sceaux-cylindres suggèrent que les colonies de cette époque étaient très bien organisées, avec une administration centrale réglementant tous les aspects de l'économie, de l'artisanat à l'agriculture au rationnement des denrées alimentaires. Il est d’ailleurs à souligner que l'économie semble avoir été principalement concernée par la subsistance basée sur l'agriculture et le pastoralisme des moutons et chèvres, ainsi que le petit commerce (très peu de pierres précieuses ou de marchandises exotiques ont été trouvés sur les sites de cette période). Cependant, si la période suggère des échanges intensifs entre les établissements du sud de la plaine mésopotamienne, elle est également marquée par l'expansion commerciale de la Mésopotamie du Sud vers Suse, Tepe Sialk et Tepe Hissar (près de la Caspienne) en Iran, Alisar et Troie en Anatolie, Tartaria en Roumanie, la Syrie du Nord, la Phénicie, la Palestine, Oman et l’Égypte de la période prédynastique, peut-être pour combler ses besoins en ravitaillement. Toujours est-il que la ville d'Uruk atteint sa taille maximale au Dynastique archaïque (le Dynastique archaïque I, de -2 900 à -2 750 représente en particulier la période de la plus intense occupation), quand elle recouvre une surface de 400 hectares environ, la population de la région semblant se concentrer encore plus dans la ville-centre, si on en juge par la disparition de nombreux villages et hameaux.

 

La liste des rois sumériens de la période prédynastique dépeint dans les temps antédiluviens le passage de la puissance d’Eridu dans le sud à Shuruppak, jusqu'à ce qu’un déluge majeur se produise.

Ziusudra (l’équivalent de l’akkadien Utnapishtim, qui a donné corps à Noé), était le dernier roi antédiluvien de Shuruppak dans les derniers temps de la période Djemdet Nasr, qui a pris fin vers -2 900 avec les inondations qui ont laissé quelques mètres de sédiments jaunes dans les villes de Shuruppak et Uruk, autant qu’elles ont touché le nord jusqu'à Kish. Les archéologues ont confirmé la présence d'une couche généralisée de dépôts d'alluvions fluviaux, peu après l'oscillation Piora, interrompant la séquence de colonisation.

Des passages descriptifs dans l'Épopée de Gilgamesh (cinquième roi, peut-être légendaire, de la première dynastie d’Uruk, généralement situé à l’époque protodynastique II, vers -2 500) peuvent avoir amalgamé la chute d’un énorme météore vers -3 100 (Gilgamesh aurait vu à l'horizon une colonne de fumée noire avant que le ciel ne devienne obscure pendant une semaine) et de fortes pluies ayant engendré de grandes inondations du Tigre et de l’Euphrate (sachant que l'oscillation Piora, période froide et humide, a pu accumuler de grosses quantités de neige sur les sommets avoisinants leurs bassins versants), donnant corps au récit du Déluge sumérien : « ... et les sept juges des Enfers, les Anunnaki, levèrent leurs torches, éclairant la terre avec leur flamme livide. Une stupeur de désespoir monta au ciel quand le dieu de l'orage transforma la lumière du jour en obscurité, quand les assises de la terre immense se brisèrent comme une jarre. Une journée entière la tempête fit rage, alimentant la fureur comme elle venait, se répandant sur le peuple comme une marée de batailles ; un homme ne pouvait pas voir son frère, ni le peuple être vu du ciel. Même les dieux étaient terrifiés par l'inondation, ils ont fui vers le plus haut des cieux, le firmament d'Anu ; ils s’accroupirent contre les murs, recroquevillés comme des cabots ». En se rappelant que la comète à courte période Encke, responsable de la pluie de météores (météorites et étoiles filantes) des Bêta Taurides, a pu engendrer le cratère Burckle vers -3 100, il n’est pas inintéressant de souligner que son orbite (décroissante cette fois) a recoupé celle de la Terre vers -2 800, ravivant le souvenir du cataclysme qui marqua la fin de la période d’Uruk. De plus, certains astronomes pensent que les dates d'érection de certaines structures mégalithiques telles que Stonehenge sont associées aux pics d'activité des Taurides (le premier monument, Henge Monument, date du Néolithique secondaire/final, vers -2 800. Il n'était constitué que d'une enceinte circulaire délimitée par une levée de terre et un petit fossé à l'extérieur, mesurant environ 110 m de diamètre, avec une entrée principale orientée vers le Nord-Est, et une entrée plus petite vers le Sud).

Il est à noter que parmi les 175 mythes d’inondation, deux ont un intérêt particulier. Un mythe hindou décrit un alignement des cinq planètes brillantes qui ne s'est produit qu'une seule fois dans les 5000 dernières années, et une histoire chinoise mentionne que la grande inondation est survenue à la fin du règne de l'impératrice Nuwa. De plus, 14 mythes d'inondation mentionnent spécifiquement une éclipse solaire totale. En croisant des dossiers historiques avec des données astronomiques, on obtient une date pour cet événement : le 10 mai -2 807.

On remarquera également que dans la mythologie grecque Ogygès/Ogygos peut être lié avec l’Okeanos grecs (« océan »), le Titan qui personnifiait le grand océan du monde, soupçonné d'entourer le disque de la Terre. Par la suite, Ogygos est venu à signifier « primitif, primal » ou « depuis les premiers âges » et aussi « gigantesque ». Les auteurs anciens plaçaient sous son règne un déluge antérieur au déluge de Deucalion (qui eut lieu selon les Chronique de Paros en -1 528). Premier roi de Béotie et d'Attique, les Béotiens voyaient en lui le créateur de l'humanité, sachant que les premiers habitants de la Béotie (associés à la ville d’Orchomène) étaient appelés Minyens (que les Grecs ne distinguaient pas clairement de la culture, pré-grecque et non-indoeuropéenne, des Pélasges) et que leurs maisons rondes datent de l'Âge du Bronze ancien (-2 800 à -1 900).

De fortes pluies sont provoquées par des noyaux de condensation nuageuse, notamment suite à l’injection massive de fumée et les retombées de poussière et de cendres, ainsi que par des incendies étendus. Les feux sauvages étendus, engendrant fumées et cendres, ont pu être causés par les énormes vagues de chaleur causées par l’impact cosmique lié au cratère Burckle de -3 100. Les pluies qui ont pu en découler se seraient en partie transformées en neige à l’occasion de la froide oscillation Piora, elle aussi liée à l’impact météoritique, réserves montagnardes qui auraient pu alimenter de grandes inondations avec le retour de la douceur quelques 300 ans plus tard.

 

Preuve de la forte activité météoritique à cette époque, la plus vieille météorite répertoriée remonte à -2 500 en Mésopotamie/Irak. Il s’agit des météorites ferreuses BM.1972,229 et -230, d’un poids respectif de 0,64 g et 0,1 g. Elles sont tombées au lac Al-hammar, un lac salé des plaines de basse Mésopotamie, à 20 km à l’ouest d’Ur, dont la superficie varie de 600 à 1300 km² et sa profondeur de 1,8 m en hiver à 3 mètres en été.

 

On note l’apparition régionale dans le nord de la Syrie d'une couche avec un assemblage pétrographique rare, datée de -2 350. Elle se compose de fines billes, des sphérules de différentes compositions : des fragments, de taille millimétrique, d'une matière noire vésiculaire, faite de silicates avec du carbonate Mg-Ca et des inclusions de phosphate ; des micro-agrégats ovoïdes de cristaux denses et des fragments anguleux exogènes d'une roche ignée grossièrement cristallisée. Toutes ces particules, à forte connotation météoritique, ne sont présentes que dans cette couche spécifique et sont finement mélangées avec des débris de briques crues ou avec une surface brûlée dans les sols contemporains. Cela suggère la désintégration des briques de boue utilisée dans la construction par un panache d'air chaud. Dans le sol vierge, l'horizon brûlé contient de la suie noire et du graphite, et semble avoir été instantanément fossilisé lors d'un lavage colluviale rapide et rare, telle une importante inondation.

Contrairement à l’Épopée de Gilgamesh qui date le Déluge vers -2 800, la Genèse le date de l'an 600 de la vie de Noé, donc, toujours selon la Bible, 1656 ans après la création d'Adam, soit 2348 ans avant la naissance de Jésus. Plus proche des régions sémitiques du Levant, cette catastrophe pourrait être liée à la chute d’une météorite ayant soulevé de grandes masses d’eau, affectant l’Anatolie dans un sens très large, de la mer Égée à la mer Caspienne. Ainsi, des dépôts de plaine inondable ayant jusqu'à 3 mètres d'épaisseur et s'étendant jusqu'à 15 kilomètres à l'intérieur des terres, datés de -2 300, ont été détectés entre Tirys/Tyriaion et Mycènes.

 

Le deuxième "Âge sombre" a duré de -2 200 à -1 900, avec une période extrêmement sèche. Pendant plus de deux cent ans la désertification continua, perturbant les sociétés de l'Europe du sud à l'Asie centrale, autant que l’Ancien Empire égyptien, les villes de Palestine et les grandes villes de la vallée de l'Indus.

Le grand lac Umm al Binni, à 60 km à l’Est d’Ur (Sud de l’Irak), en raison de sa forme presque circulaire, légèrement polygonale (3,4 km de diamètre, profond au maximum de 3 m), contrastant avec les formes d'autres lacs de la région, et de son emplacement (à environ 45 km au Nord-Ouest de la confluence du Tigre et de l'Euphrate), pourrait représenter un cratère d'impact de météorite. On estime l'âge du cratère à moins de 5000 ans, en raison du dépôt de sédiments de la plaine du Tigre et de l'Euphrate à la suite du recul de 130-150 km du golfe Persique au cours de cette période (en effet, auparavant, la région d'Al Amarah était sous le golfe Persique, à une profondeur d'environ 10 m).

Il a été suggéré que les brusques changements climatiques et les événements catastrophiques aux environs de -2 200 pourraient être liés à un impact de comète ou d'un astéroïde : l’éventuel impact à Umm al Binni pourrait être responsable de cette catastrophe, ayant produit une énergie équivalente à des milliers de bombes Hiroshima (18 kilotonnes de TNT). On a en effet calculé, en utilisant des équations décrivant les effets d'impacts, une énergie de 190 à 750 mégatonnes de TNT, respectivement pour un impact d'astéroïde et de comète. Ce résultat dépend de la densité de l'impacteur, sa taille et sa vitesse d'impact : pour produire un cratère d'impact avec les dimensions du lac d’Umm al Binni, une comète aurait eu entre 200 et 300 m de diamètre tandis qu’un astéroïde aurait eu entre 90 et 110 m de diamètre. Les effets de l'impact résultant auraient causé des dégâts massifs dans une zone de milliers de kilomètres carrés.

Ainsi, on note que le niveau de poussière dans le Golfe d'Oman a soudainement été multiplié par cinq, le record pendant l’Holocène (les sédiments entre le Groenland et l'Islande montrent également un pic froid autour de -2 200), sachant que ce pic de poussière contient des éclats de verre, qui peuvent être le résultat de la cristallisation du sable et des roches lors de l’impact météoritique.

Les fouilles à Tell Leilan dans le nord de la Syrie ont révélé une couche de 3 mètres de sédiments ne contenant pas de preuves d'habitation humaine, une sécheresse suffisamment grave ayant affecté l'agriculture. Cela confirme la théorie de l'effondrement soudain de l’empire d’Akkad, fondé sur un changement climatique brutal, les gens ayant fui en masse entre -2 200 et -1 900 les plaines assyrienne et du Habur (affluent du Tigre qui rejoint la frontière Irak-Turquie), et le règne de Shar-kali-sharri s’interrompant soudainement vers -2 193.

 

L'empire d'Akkad fut vers -2 300 la deuxième civilisation à fusionner des sociétés indépendantes dans un seul État, le premier étant l'Égypte antique autour de -3 100, deux dates qu’on peut rapprocher de grandes catastrophes ayant nécessité une profonde réorganisation. La période de Sargon, à partir de -2 334 à -2 279, était très prospère. Si l'événement anatolien de -2 300 était assez localisé, il explique parfaitement l'attaque de Sargon sur le sud de l'Anatolie. Sous le règne de son petit-fils Naram-Sin, à partir de -2 254 à -2 218, tout semblait encore "normal". Mais vers -2 200 la saison des pluies se fit rare et les tempêtes les ont remplacées, recouvrant de poussière les champs de blé. Cela vida les villes et les villages, envoyant les gens se heurter au Sud avec les pasteurs nomades, afin de chercher leur fourrage le long des rivières et des ruisseaux. Il existe des preuves archéologiques d’un abandon généralisé des plaines agricoles du nord de la Mésopotamie et de l'afflux dramatique de réfugiés dans le sud de la Mésopotamie vers -2 170, un mur de 180 km de long, le "répulsif des Amorites", ayant été construit à travers la Mésopotamie centrale pour endiguer les incursions nomades au sud. En fait, avant -2 300, il n'y avait pas de grande différence entre le Nord et le Sud de la Mésopotamie. Mais quand le Nord était en plein chaos, cela signifiait à la fois le bien-être et des difficultés pour les pays du Sud. De fait, la population a augmenté brusquement, ce qui a stressé l'approvisionnement alimentaire et semble avoir poussé les gens affamés encore plus loin vers le sud, vers l'Égypte.

 

On remarque également que des effondrements sociaux simultanés sont documentés dans la mer Égée, en Égypte, Palestine, Iran et dans la vallée de l'Indus. Ainsi, les changements climatiques semblent avoir contribué aux transformations culturelles importantes qui ont eu lieu en Grèce entre la période Helladique Ancien II et la période HAIII (vers -2 200).

De même, on note les baisses de niveau des lacs dans le Sahel, le Sahara, le nord-ouest de l'Inde et le Tibet occidental à cette époque. Pépi II est le dernier pharaon de l’Ancien Empire, son règne s’achevant en -2 152, laissant place à la « Première période intermédiaire » qui débute une période vue comme obscure, marquée par des troubles, la fragmentation territoriale et une instabilité chronique.

 

Si on reste sur l’hypothèse qui veut que le grand lac sud-irakien d’Umm al Binni soit le résultat de l’impact d’un corps céleste entre 100 et 300 m de diamètre selon sa nature, il est concevable qu’un important fragment s’en soit détaché lors de son entrée dans l’atmosphère et soit tombé dans la partie sud de la mer Morte.

La Genèse (18:20-21), relate que « Le soleil se levait sur la terre quand Loth entra dans le Tsoar. Alors l'Éternel fit tomber sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de soufre et de feu ; ce fut l'Éternel lui-même qui envoya du ciel ce fléau. Il détruisit ces villes et toute la plaine, et tous les habitants de ces villes. Abraham se leva de bon matin et se rendit à l'endroit où il s'était tenu en présence de l'Éternel. De là, il tourna ses regards du côté de Sodome et de Gomorrhe et vers toute l'étendue de la plaine ; et il vit monter de la terre une fumée, semblable à la fumée d'une fournaise ». Dans le Coran également le peuple de Lût est détruit, la cité est « renversée » et victime d'une série de phénomènes atmosphériques qui participent à l'anéantissement de la ville : « Nous renversâmes [la cité] de fond en comble, et fîmes pleuvoir sur elle en masse des pierres d'argile dure succédant les unes aux autres, portant une marque connue de ton Seigneur » (ce qui pourrait être la croûte de fusion due à l’échauffement atmosphérique), un « nuage chargé de cailloux » et enfin un « cri », habituellement assimilé au claquement de la foudre mais qui peut également être un bang supersonique dû à la fragmentation du météore ou le bruit de l’impact (« Nous lâchâmes sur eux un seul Cri, et voilà qu'ils furent réduits à l'état de paille d'étable »). Les archéologues s'accordent pour dire qu'il semble y avoir eu un phénomène de régression de la civilisation urbaine en Palestine vers le milieu du troisième millénaire avant notre ère, les villes étant abandonnées et leurs habitants se tournant alors vers un mode de vie pastoral, nomade ou villageois. L’hypothèse que la chute d'un bolide météoritique serait à l'origine de ce cataclysme est tout à fait probable.

La légende raconte qu'à l'époque de la naissance d’Abraham il y eut une nouvelle étoile visible, une supernova. Les Annales du Bambou en mentionnent une en -2 287. Toujours selon la légende, Abraham avait 99 ans quand Sodome et Gomorrhe ont été détruites, ce qui situerait leur destruction vers -2 188. Si ces cités ne sont pas clairement situées, on remarquera qu’il existe le Mont Sodome (en hébreu Har Sedom) ou Jebel Usdum (en arabe Jabal(u) 'ssudūm), une colline de sel gemme le long de la partie sud-ouest de la mer Morte, mesurant 8 km de long pour 5 km de large, située 226 m au-dessus du niveau de l'eau de la mer Morte pour 170 m au-dessous du niveau des mers.

Il y a eu des fouilles sur la péninsule de Lisan, qui coupe presque la partie sud de la mer Morte du reste de celle-ci. La profondeur est très différente du reste de la mer Morte, avec seulement 10 m de fond en moyenne. Si l’on prend en considération qu’une grande catastrophe a détruit Sodome et Gomorrhe, il est intéressant de noter que le niveau de la mer Morte a chuté de 100 mètres autour de -2 200, résultant peut-être d’une catastrophe cosmique.

 

 

La première mention d'une météorite (« qui est en haut ») dans le corpus écrit occidental est due à Anaxagore (dit de Clazomènes, en Ionie, philosophe présocratique ayant vécu de -500 à -428) qui cite la chute de météorites en Crète en -1 478 : il pense avec audace que les comètes sont des pierres incandescentes détachées des astres. Malchos de Philadelphie (historien de langue grecque qui écrivait à la fin du Vè siècle) indique que cette information se retrouva sur le marbre Chronique de Paros (inscription chronologique grecque composée de trois fragments en marbre trouvés dans l'île de Paros ; datée de -264, elle a pour ambition de fournir une liste de tous les événements marquants du passé jusqu'à cette date). Cette stèle mentionne également qu’une masse de fer fut trouvée en -1 168 sur le mont Ida, en Crète (Chronique de Paros, ligne 22 : « Quand Minos [le premier est devenu roi de Crète et installa Apollonius] et du fer a été découvert au Mont Ida, par Celmis [et Damnameneus] des Dactyles Idéennes, [__ années], quand Pandion était le roi d'Athènes »).

En -1460, « Dieu envoya de grandes pierres du ciel » (Conrad Lycosthène, Prodigiorum ac ostentorum chron). La stèle de Djebel Barkal, érigée en l'honneur du pharaon Thoutmosis III (règne de -1479 à -1425), décrit également un événement céleste fantastique pendant une guerre : « Une étoile est tombée à leur position Sud. Elle a frappé ceux qui s'opposent à lui (les Nubiens). Personne ne pouvait se tenir. [L'étoile] se plaça au-dessus d'eux comme si ils n'existaient pas, et puis ils tombèrent dans leur propre sang. Maintenant, [l'étoile] était derrière eux (éclairant) de feu leurs visages ; aucun homme parmi eux ne pouvait se défendre, aucun d'entre eux ne regarda en arrière. Ils n'avaient pas leurs chevaux, comme [ceux-ci] avait fui dans la montagne, effrayés... Tel est le miracle qu’Amon fit pour moi, son fils bien-aimé afin de faire que les habitants des pays étrangers voient la puissance de ma majesté ». Le bolide a dû se désintégrer à des centaines de kilomètres de là, vers le Liban.

En -1451, une pluie soudaine de pierres détruisit les ennemis du peuple juif à Beth-Horon (Beït-Horon est une petite chaîne montagneuse de calcaire située à proximité des monts de Judée et au nord de la vallée d'Ayalon) : « Comme ils fuyaient devant Israël, et qu’ils étaient à la descente de Beth-Horon, l’Éternel fit tomber du ciel sur eux de grosses pierres jusqu’à Azéka, et ils périrent ; ceux qui moururent par les pierres de grêle furent plus nombreux que ceux qui furent tués avec l’épée par les enfants d’Israël. Alors Josué parla à l’Éternel, le jour où l’Éternel livra les Amoréens aux enfants d’Israël, et il dit en présence d’Israël : soleil, arrête-toi sur Gabaon, et toi, Lune, sur la vallée d’Ajalon ! Et le soleil s’arrêta, et la Lune suspendit sa course, jusqu’à ce que la nation eût tiré vengeance de ses ennemis. Cela n’est-il pas écrit dans le livre du Juste ? Le soleil s’arrêta au milieu du ciel, et ne se hâta point de se coucher, presque tout un jour » (Josué, X, 10).

 

Tout au long des siècles, les météorites ont été vénérées comme des objets sacrés par différentes cultures et civilisations antiques. La chute spectaculaire (lumière intense, parfois phénomènes sonores) d'une météorite a toujours suscité l'imagination humaine, évoquant la peur (« S'il pleut des pierres, c'est que les vents les ont d'abord enlevées », Pline l'Ancien), le respect ou l'adoration, entraînant la recherche de ces objets tombés du ciel pour en faire des objets sacrés du pouvoir et des cérémonies religieuses, tels les bétyles (littéralement « la maison du dieu »). Sur la base de 8,7 évènements par an de météores de plus d'un kilo concernant une surface d'un million de kilomètres carrés, l'aire comprenant l'Italie, la Grèce et la Turquie a du recevoir plus de 12500 météorites de plus d'un kilo en 1200 ans, de l'époque d'Homère à la fin de l'empire romain d'occident. Nous ne traiterons ici que des bétyles météoritiques, mais nous consacrerons par la suite une synthèse complète aux pierres-maisons du dieu, proches symboliquement de nos menhirs mégalithiques.

 

Dans l'Histoire phénicienne, il est dit qu'Astarté/Ishtar (déesse connue dans tout le Proche-Orient, de l'Âge du Bronze à l'Antiquité, présentant un caractère belliqueux elle présidait également à la fertilité, aux naissances et à la croissance), régnant alors sur le monde, coiffée des deux cornes divines, aurait recueilli « un astre tombé du ciel » et l'aurait dédié dans un temple qu’elle érigea à l'endroit où la pierre céleste était tombée, à Sidon. Les monnaies de Sidon représentent un char processionnel, sur lequel repose un brancard, lui-même chargé d'un "globe" sur lequel sont posés, l'un au-dessus de l'autre, deux objets qui se présentent comme des couronnes, que flanquent deux sphinx en marche, dont les ailes s'étalent sur les côtés du siège et dont les seins paraissent être indiqués par des cercles pointés. En fait de globe, il s’agit plutôt d’une stèle ou d’un bétyle, sculpté sur un trône comme s'il y était posé, tel qu'il se présentait aux fidèles dans le temple d'Astarté à Sidon (une des plus vieilles villes de la côte phénicienne/libanaise, capitale du royaume cananéen aux environs du -XVè siècle, l'un des plus importants ports de la Méditerranée orientale aux environs du -XIIIè siècle avant sa dévastation probable par les Peuples de la mer vers -1 200). En certaines occasions, on extrayait le bétyle pour le conduire en procession sur une litière à deux brancards, qui pouvait elle-même prendre place sur un char processionnel : c'est la scène que représentent les monnaies.

 

Dans l'arrière-pays des ports phéniciens de Byblos et Tyr, le dieu du soleil Élagabal/Héliogabale [en raison du fréquent tabou sémitique qui déconseille ou interdit de prononcer le nom propre de la divinité, Élagabal n’est pas un nom propre mais une périphrase formée sur El (dieu) et gabal (montagne). Élagabal est donc un « Dieu-de-la-montagne », comme le Yahweh du mont Horeb (cf. l’Exode) ou le Dusarès (Dhu Sharâ, « Celui du mont Sharâ ») des Arabes Nabatéens] de Émèse/Homs était vénéré comme une pierre noire conique (en forme de pain de sucre) protégée par un aigle, l’oiseau solaire syrien. Hérodien écrit : « On ne voit pas dans le temple, comme chez les Grecs et les Romains, de statue faite à l'image du dieu par la main d'un artiste habile ; mais on y remarque une grande pierre, ronde par le bas et se terminant en pointe : elle a la figure d'un cône ; sa couleur est noire : les habitants se glorifient de cette pierre, qu'ils disent tombée du ciel ; ils font voir aux étrangers qui la considèrent quelques inégalités, quelques formes peu apparentes. Ils affirment que c'est une image imparfaite du soleil, et ils la révèrent à ce titre ». Cette description rappelle la morphologie de la météorite Lafayette (nakhlite de 800 g trouvée en 1931 dans l’Indiana), l’une des rares roches martiennes tombées sur Terre (elle avait été en interaction avec une saumure hydrothermale dont la température pouvait atteindre 150°C, probablement aux abords d’un cratère d’impact il y a 700 millions d'années).

Une pièce de monnaie impériale d'Émèsa en Syrie, du temps de l'empereur Élagabal (218-222), montre un aérolithe conique transporté sur un quadrige. On peut remarquer qu'avant d'être exhibée, la météorite a été gravée de l'image d'un aigle, emblème de majesté et de pouvoir. Mais le témoignage d'Hérodien est formel : le bétyle ne portait aucune représentation, seules les irrégularités naturelles de la pierre pouvaient suggérer des images astrales. Cette pierre était de couleur noire, et mesurait sans doute environ un mètre de haut. C'était peut-être une très grosse météorite, puisqu'on la disait tombée du ciel, ou plus simplement un bloc de basalte. Le bétyle lui-même se trouvait dans l'adyton (ou saint des saints) de la cella, encadré de quatre parasols. Au milieu du IIIè siècle au plus tard, peut-être avant, il était enfermé dans une arche richement décorée, couverte de voiles précieux. La pierre est cerclée de trois guirlandes de feuillage entre lesquelles on discerne les aspérités dont parle Hérodien. Le sommet conique est constellé de pierreries et flanqué de deux pointes plus petites. Le tout est enveloppé dans un ample manteau. Lors de certaines cérémonies, le bétyle était promené en procession sur un char rituel attelé de six chevaux, représentant le quadrige du dieu-Soleil, mené par un prêtre marchant à reculons (afin de ne pas tourner le dos au dieu abrité par le bétyle). C’était le cas lors du solstice d’été, où le culte émèsien était inspiré par la fête babylonienne d’Akitu.

Quand le grand-prêtre Varius Avitus Bassianus fut proclamé empereur en 218 (connu sous le surnom d’Élagabal), il fit transférer à Rome le bétyle du Soleil Invaincu, Élagabal. Ce bétyle fut installé dans un premier temps à l'intérieur du palais impérial sur le mont Palatin, et, selon la formule arabe antéislamique bien connue, d'autres divinités lui furent associées pour former une triade : le Palladium, ancienne statue de Pallas Athéna transférée depuis le temple de Vesta sur le Forum romanum, et la statue de Junon Cælestis transférée depuis son temple de Carthage, en Afrique. Plus tard, l'empereur-prêtre fit construire ou plutôt réaménager un temple plus vaste, à l'extrémité orientale du Palatin, là où s'élevait un sanctuaire construit pour la divine Faustine la Jeune (épouse de Marc Aurèle, et ancêtre mythique de la dynastie des Sévères), et un jardin consacré au dieu syrien Adonis. Dans ce nouveau temple, l'Élagabalium, l'Histoire Auguste dit que l'empereur fit transférer d'autres divinités romaines et reliques sacrées comme les boucliers sacrés de la Regia, conservés jusque-là sur le Forum romanum. La constitution de cette triade, et cette association de nombreuses divinités à la divinité majeure en un même sanctuaire, correspondent au schéma arabe qui est celui de la Kaaba de la Mecque avant Mahomet (Allah était associé à ses « filles », Allat, Uzza et Manat, sans compter les autres « idoles » que Mahomet expulsera de la Kaaba). Un sanctuaire secondaire fut construit pour le Soleil Invaincu Élagabal au nord de la ville, dans les jardins du Vieil Espoir. Lors d'une fête qui lui était consacrée, le bétyle était transféré d'un temple à l'autre au cours d'une grande cérémonie populaire.

L'empereur-prêtre semble s'être livré dans le cadre de ce culte à la prostitution sacrée (bien attestée en Orient, particulièrement en Phénicie). Il a fait célébrer à Rome des jeux et des concours en l'honneur du dieu, usage grec inconnu à Émèse auparavant. Il a créé un collège de magistrats-prêtres du Soleil Invaincu, Élagabal, selon l'usage romain, et a associé le Sénat à ce culte promu religion officielle de l'Empire. Malgré un indéniable succès populaire, la promotion de ce culte solaire à l'orientale rencontra bien des oppositions dans les milieux dirigeants de Rome, et jusque dans la famille de l'empereur, originaire pourtant elle aussi d'Émèse ou de Syrie. Le jeune empereur, âgé d'à peine 18 ans, finit par être assassiné en 222 avec sa mère Julia Soaemias et remplacé par son cousin, syrien comme lui, Alexandre Sévère (222-235).

Alexandre Sévère fit rapporter le bétyle à Émèse, et reconsacra l'Élagabalium de Rome à Jupiter Vengeur. Le culte du bétyle se poursuivit à Émèse. Des monnaies émises dans cette cité en 253 par l'usurpateur Uranius Antoninus reproduisent l'aspect du temple ou l'arche recouverte de voiles dans laquelle il était enfermé. En 273, selon l'Histoire Auguste, l'empereur Aurélien (270-275) en guerre contre l'usurpatrice Zénobie (271-272) fit un pèlerinage au temple du Soleil d'Émèse. Le culte d'Élagabal dura sans doute jusqu'à la christianisation de la cité au IVè siècle.

 

 

La croyance envers les bétyles existait aussi dans le monde des Grecs. Une autre forme en était les Hermaï, des bustes surmontant un bloc quadrangulaire, représentant souvent le dieu Hermès, et généralement ornés d'un phallus : ils avaient en Grèce antique la fonction de sanctifier et de marquer les limites (seuils, carrefours, frontières, etc.). Nous ne traiterons ici que des bétyles météoritiques, les autres étant liés au culte très ancien, néolithique avec les menhirs, des piliers comme seules représentations autorisées d’une divinité.

 

Orchomène de Béotie est une ancienne cité grecque sur le fleuve Céphise, au nord de la plaine du lac Copaïs où le fleuve débouchait. Pausanias mentionne, comme objets les plus remarquables du lieu, une source d'eau et les temples de Poséidon et d'Aphrodite, ainsi que des statues faites dans de la pierre météoritique, tombée vers -1 200.

Orchomène fut le siège d'un culte des Charites, où le temple qui leur était dédié passe pour un des plus anciens de toute la Grèce (la région étant d’ailleurs le théâtre de nombreux mythes grecs primitifs). Dans la mythologie grecque, les Charites, assimilées aux Grâces par les Romains, sont des déesses personnifiant la vie dans toute sa plénitude, et plus spécifiquement la séduction, la beauté, la nature, la créativité humaine et la fécondité. Euphrosyne, Thalie et Aglaé étaient adorées comme divinités des eaux dans le fleuve Céphise. Elles étaient vénérées dans leur temple par trois pierres dites tombées du ciel du temps du roi légendaire de Thèbes, Étéocle (le fils du mariage incestueux d'Œdipe avec sa mère Jocaste).

Il est intéressant de noter que la mythologie grecque parle de trois inondations, dont les légendes d’Ogygès et de Deucalion sont les plus célèbres. Dans la mythologie grecque, Ogygès/Ogygos est le premier roi de Béotie et d'Attique. Ogygès peut être lié avec l’Okeanos grecs (« océan »), le Titan qui personnifiait le grand océan du monde, soupçonné d'entourer le disque de la Terre ; ainsi Ogygios en est venu à signifier « primitif, primal » ou « depuis les premiers âges » (les Béotiens voyaient en lui le créateur de l'humanité) et aussi « gigantesque ». Interprété comme une inondation locale liée au lac Copaïs, il n’est pas impossible que ce mythe relate le déluge résultant de la chute d’une météorite dans ce lac ou le fleuve proche. De même, ce serait près du fleuve Céphise que se seraient rendus Deucalion et Pyrrha au temple de Thémis (déesse de la Justice, de la Loi et de l'Équité, elle assiste Zeus dans l'Olympe), qui leur révéla le moyen de repeupler la Terre après le Déluge (qui eut lieu selon les Chronique de Paros en -1 528).

 

Certains pensent que le Palladium ou Palladion (statue sacrée de Pallas Athéné en arme, portant la javeline et l'égide d'Athéna) de Troie était une météorite. La déesse, attristée par la mort de son amie Pallas, fit une sculpture de bois à sa ressemblance. Il faut savoir que la déesse Athéna était adorée sur l'Acropole d'Athènes sous plusieurs noms et cultes, le plus illustre étant celui d’Athena Poliás, « ( protectrice) de la ville ». L'image du culte des Poliás était une effigie en bois, souvent désigné comme « xóanon diipetés » ("sculpture qui tombait du ciel"), faite en bois d'olivier et déposée dans l'aile orientée à l'Est du temple d'Érechthéion à l’époque classique. Elle était placée sous un portrait en bronze d'un palmier et une lampe d'or brûlait en face d'elle. Le moment central de la grande fête des Panathénées était le remplacement du voile de laine de cette statue par un nouveau tissé. La sculpture était également amenée à la mer par les prêtresses et cérémonieusement lavée une fois par an, lors de la fête appelée Plynteria, le « lavage ». Athéna fixa cette effigie de bois sur le bouclier qui avait épouvanté la jeune Pallas, déposa son image auprès de Zeus et lui rendit les honneurs. Mais le jour où Électre, violée par Zeus, se réfugia près du Palladion, Zeus le jeta dans la région d'Ilion, en même temps que la jeune fille. Ensuite Ilos, fondateur éponyme de Troie (Ilion), prit part à des jeux organisés par le roi de Phrygie, où il remporta le concours de lutte : il reçut en récompense cinquante jeunes hommes et cinquante jeunes filles. Le roi, faisant suite à un oracle, lui donna également une vache, en lui disant de fonder une ville là où l'animal se coucherait : cela se produisit finalement sur une colline nommée Átê (« Folie », d'après la déesse éponyme incarnant la Faute et l'Égarement). Archéologiquement, la première couche de la cité, Troie I (Ouest anatolien AB 1), date de -3 000 à -2 600. Se conformant à l'oracle, Ilos entreprit de dessiner les fondations d'une ville, et pria Zeus de lui envoyer un signe afin de témoigner de sa faveur : tombant du ciel, la statue du Palladium apparut devant sa tente. Il décida d'ériger un temple consacré à la déesse afin de l'honorer (la statue conférant l'inexpugnabiblité à Troie).

Le Palladion était lié aux mystères de Samothrace à travers la figure préolympique d’Électre, mère de Dardanus, ancêtre de la lignée royale de Troie, et d’Iasion, fondateur des mystères de Samothrace (une illustration montre Nike, déesse de la Victoire, offrir un œuf à un serpent enroulé autour d'une colonne surmontée du Palladion de Troie). Lors du siège de Troie, le Palladion devient un enjeu majeur : en effet Hélénos, capturé par Ulysse, révèle que Troie ne tomberait pas tant qu'il abriterait la statue. Dans la tradition grecque, elle est alors dérobée par Ulysse et Diomède qui la ramènent au navire. Ulysse complota pour tuer Diomède et réclamer le Palladion pour lui-même. Diomède aperçut la lueur de l'épée au clair de lune et désarma Ulysse, lui attacha les mains et le poussa en battant son dos avec le plat de l’épée : de cette action serait née l'expression proverbiale grecque « la nécessité de Diomède », appliquée à ceux qui agissent sous la contrainte. Selon la tradition romaine, le Palladion est emporté par Énée en Italie et sera placé plus tard dans le temple de Vesta sur le Forum romain pendant des siècles. Il était considéré comme l'un des pignora imperii, des souvenirs sacrés ou des promesses de la domination romaine (imperium). Pline l'Ancien dit qu’en -241 Lucius Caecilius Metellus qui est pontife se précipite dans le temple de Vesta en flammes et sauve les objets sacrés dont le Palladion, y perdant la vue. Cicéron affirme que c'est la vue des objets sacrés qui le rend aveugle, et non l'incendie. Lorsque l'empereur controversé Héliogabale (règne de 218 à 222) a transféré les reliques les plus sacrées de la religion romaine de leurs sanctuaires respectifs à l’Elagabalium, le Palladion était parmi eux.

 

Le poème orphique apocryphe Lithica contient une histoire légendaire éventuellement liée à une météorite. Le dieu Apollon a fait don de la pierre appelée Orites au troyen Hélénos, fils de Priam et d’Hécube, également appelé Scamandrios (comme le dieu-fleuve). Hélénos, frère jumeau de la prophétesse Cassandre, utilisait la pierre Orites (qui avait la faculté de parler) dans sa divination. La pierre, aussi appelée sidérite, est décrite comme rugueuse, ronde, lourde et noire. En outre, elle présentait sur toute sa surface des marques circulaires en relief.

 

La « pierre noire » de Pessinonte, associée au culte de Cybèle, est un bétyle considéré comme météoritique. Pessinonte/Pessinus est une ville de Galatie, région où les Galates Tectosages (« à la peau laiteuse » en grec), peuple celte passé vers -278 au service de Nicomède Ier, roi de Bithynie, qui l'a installé en Anatolie, se sont arrêtés après la Grande expédition (campagne militaire d’une coalition de divers peuples celtes formés autour d’un noyau de Galates du sud du Massif central). En -335, une ambassade gauloise est reçue par Alexandre le Grand. Selon l’anecdote, à la question de ce dernier leur demandant ce qu’ils craignent le plus, les Gaulois répondent que la seule chose qu’ils redoutent est que le ciel leur tombe sur la tête... alors qu’il s’attendait à ce qu’ils répondent qu’ils le craignaient lui. On ne sait pas si cette réponse, si la légende dit vrai, est un trait d’humour ou bien une allusion à un évènement naturel, tel la chute de météorite, mais on sait que les Gaulois plaçaient des « pierres à foudre » dans le creux de leur bouclier, pour triompher dans les combats et se garantir de la foudre.

Le bétyle qui représentait Cybèle (la pierre cubique noire à l'origine de son nom, Kubélè, sachant que Kybélê signifie « gardienne des savoirs » et Kubaba peut signifier un récipient creux ou une grotte) serait tombé du ciel, comme la semence de Zeus qui l'enfanta. Une tradition veut qu'à l'origine le centre de son culte soit à placer dans une caverne du mont Dindymon (elle était donc déjà une déesse née de la pierre, roche à la base chtonienne avant de devenir céleste), proche de l'ancienne Pessinonte, aujourd'hui Ballihisar. Il est à noter qu’initialement la divinité de la montagne de Pessinonte était Agdistis, une déité possédant des organes sexuels mâles et femelles, en rapport avec le culte phrygien d'Attis et Cybèle : son androgynie était considérée comme symbolique d'une nature sauvage et incontrôlable.

Le roi légendaire Midas aurait fondé la cité et y aurait construit le premier temple consacré à Cybèle, au -VIIIè siècle, Pessinuntica (de Pessinonte) étant un surnom de la déesse. Principalement associée à la fertilité, elle incarnait aussi la nature sauvage, symbolisée par les deux lions qui l'accompagnent (Atalante et Hippomène, héros grecs punis pour avoir copulé dans son temple). Elle était une médiatrice entre les « limites du connu et de l’inconnu » : le civilisé et le sauvage, les mondes des vivants et des morts. Son association avec des faucons, des lions et la pierre du paysage montagneux désert d'Anatolie, semble la caractériser en tant que mère de la terre dans son état naturel sans entrave, avec le pouvoir de gouverner, de modérer ou d’adoucir sa férocité latente, et de contrôler ses risques potentiels pour une vie civilisée réglée. On mentionne en effet un riche temple-état, dirigé par un grand-prêtre d’Attis (son tombeau est sur le site) et un subordonné nommé Battakes (prêtre de la Mère des Dieux), dans la vallée de Gallos, près du mont sacré Dindymos, à une dizaine de kilomètres de la rivière Sangarios, à partir duquel le mythologique roi Midas (-738 à -696 ?) aurait géré un grand royaume phrygien. En fait, la ville s'est développée autour de -400, au plus tôt, sur le haut plateau anatolien à 950 m d'altitude. À proximité, le site de Tekören se compose d'une grande zone de peuplement (environ 10 ha), avec des traces non seulement phrygiennes mais aussi de l'Âge du Bronze, et un sanctuaire en plein air avec des monuments paléo-phrygiens comme des tombes à chambre découpées dans la roche, un autel en gradins et un pressoir à vin (ou bassin rituel).

Cybèle est sans doute l'une des plus grandes déesses de l'Antiquité au Proche-Orient. Elle fut connue en Grèce dès le -VIè siècle et se confondit bientôt avec Rhéa, la mère des dieux, et Déméter. Dans la mythologie romaine, Cybèle fut dénommée Magna Mater deorum Idaea (« Grande-Mère idéenne des dieux »). En effet, il existe l’Ida phrygien, par opposition à l'Ida crétois (« Montagne de l’oie », Aphrodite ayant plusieurs fois été représentée sur un char tiré par des oies blanches ; elle s’unit à Anchise qui gardait ses troupeaux sur le Mont Ida et lui donna un fils, Énée, un des héros de la guerre de Troie, qui est le fondateur mythique de Lavinium à l'origine de Rome, puis de sa monarchie). Il faut dire que la Crète est le pays classique de Baitylos, la pierre de Cronos, qui représente la première forme matérielle du Zeus indigène, né sur l’île (Rhéa, sa mère, s'y était réfugiée pour le soustraire à une mort promise par son père ; Cronos, ayant appris qu’un jour l’un de ses fils le détrônerait, exigea de sa femme Rhéa qu’elle lui livre chaque nouveau-né, qu’il engloutissait aussitôt. Elle réussit à éviter ce sort à son sixième enfant en lui substituant une pierre enveloppée d’un lange, l’omphalos, le « nombril »). Ainsi, Idaea est une nymphe crétoise (qui éleva Zeus), mais également la nymphe épouse du dieu-fleuve Scamandre, et mère du roi Teucer (le roi de Troie), tout autant que l’épithète de Cybèle. En fait, Ida et Rhéa sont associées à la déesse-mère dans les couches les plus profondes du mythe pré-grecque, dans ce mont Ida en Anatolie qui était consacré à Cybèle, tandis que Rhéa est souvent identifiée à Cybèle, la « Grande Mère » (Magna Mater).

À l'Âge du Bronze, la région autour de la montagne avait une ethnographie peu mélangée. Les Tjeker habitaient la Çanakkale actuelle, que les Grecs appelaient la Teucri. Ils étaient l'un des Peuples de la mer, considérés comme le peuple qui a développé le port de Dor en Canaan au -XIIè siècle, d'une petite ville de l'Âge du Bronze à une grande cité. Leur nom est lié à l'ethnonyme Zakro, le nom d'un lieu dans l'Est de la Crète. Le nom Ida (Ἴδη) est d'origine inconnue, mais pré-grecque. Les instances de i-da en linéaire A (écriture de l'époque minoenne, une période et une civilisation de la Crète antérieure aux invasions grecques, d’environ -2 000 à -1 450) sont souvent estimées se référer à cette montagne ou à son homonyme en Phrygie. Il est intéressant de rappeler que les Chronique de Paros (inscription chronologique grecque qui a pour ambition de fournir une liste de tous les événements marquants du passé) mentionnent à la ligne 22 qu’une masse de fer fut découverte en -1 168 sur le mont Ida, en Crète. Il était donc logique de faire le lien entre une météorite équivalente tombée à Pessinonte et le mont Ida de Troade, colonisé par d’anciens crétois (Kaz Dağı, 350 km à l’Ouest du lieu de culte de Cybèle, le mont Dindymon, dans les terres alors que le mont Ida est en bord de mer).

Et voici ce que dit Hérodien : « Il ne sera peut-être pas hors de propos de rappeler ici, d'après les traditions historiques, la cause du respect particulier que portent les Romains à Cybèle. La statue de la déesse est, dit-on, tombée du ciel. On n'en connaît ni la matière, ni l'ouvrier ; on est persuadé qu'elle ne sort point de la main des Hommes. On raconte qu'elle tomba jadis du ciel en Phrygie, dans un lieu qui fut nommé Pessinonte. Ce lieu, dit-on, tira son nom de la chute de la statue (Pessinus signifie « tomber »), qui y parut pour la première fois. C'était à Pessinonte que les Phrygiens célébraient autrefois les bacchanales, sur les bords du fleuve Gallus, duquel ont tiré leur nom les eunuques, prêtres de la déesse ».

Il s’agit d’une pierre, pas de grande taille, de couleur fauve et noire, une roche ayant une surface irrégulière et rugueuse comme signe de la bouche, et ne ressemblant pas à une image. Cette pierre, de forme conique donc phallique, est aussi appelée « l'aiguille de Cybèle » (acu Matris deum), tout comme celle de Paphos (Chypre) par rapport à Aphrodite. En fait, le langage, symbolique et matériel, des épingles et des aiguilles, était au cœur du façonnement et de l’initiation sexuelle de la jeune fille. Cette dernière devait acquérir ce langage afin d’intérioriser les codes de séparation des sexes, l’art d’être une femme, retenue et sensuelle, au plus profond de son corps ; les marques rouges sur le textile préparaient l’enfant à ce nouvel état, puis signifiaient à la jeune femme, au propre et au figuré, l’atteinte dans sa chair : marquette (abécédaire) de la jeune écolière, linges souillés par les menstrues, initiales brodées sur le trousseau de la future mariée, draps tachés du sang de l’hymen puis du sang des couches…

Le culte de Cybèle, limité d'abord à l'Asie Mineure, s'étend massivement à la fin du -IIè siècle. L'empire fondé par les Romains commençait à s'accroître, lorsqu'un oracle leur promit que cet empire serait florissant, durable, et ferait sans cesse de nouveaux progrès, s'ils transportaient parmi eux la déesse de Pessinonte. Au printemps -204, au plus fort de la seconde Guerre punique, les citoyens de Rome s'étaient, depuis peu, mis dans l'esprit un scrupule religieux. En effet, consultés à cause de la fréquence exceptionnelle des pluies de pierres cette année-là, on avait trouvé dans les Livres sibyllins (la plus ancienne collection d'énoncés sibyllins, recueils d'oracles consultés à la suite d'un prodige/présage grave pour savoir quel dieu apaiser et par quels rites, fait à l'époque de Cyrus à Gergis, ville sur le mont Ida, attribuée à la Sibylle Hellespont), une prédiction disant qu'à quelque moment qu'un ennemi étranger portât la guerre en Italie, on pouvait l’en chasser et le vaincre si l'on transportait la Mère de l'Ida de Pessinonte à Rome. On alla demander à l'oracle de Delphes quel était l’espoir de mener à bien cette mission. L'oracle répondit que, grâce au roi Attale, ils obtiendraient ce qu'ils demandaient, et que, quand ils auraient transporté à Rome la déesse, ils devaient veiller à ce que ce fût l'homme le meilleur de Rome qui lui donnât l'hospitalité.

Ainsi, dans la perspective d'obtenir des alliés dans la seconde guerre punique contre Carthage, et de lutter contre les Macédoniens, Rome passa une alliance avec Attale, roi de Pergame. Les Romains obtinrent facilement la statue des Phrygiens, en faisant valoir l'espèce de parenté qui les unissait et l'origine phrygienne qu'ils avaient reçue d'Énée. On embarqua la statue de la déesse, escortée pendant le voyage de retour par cinq quinquérèmes (type de galère antique qui se caractérise par la présence de cinq rameurs par section verticale ; ils ne manœuvrent pas chacun leur aviron, mais sont plusieurs à pousser sur un seul). Quand elle fut arrivée à l'embouchure du Tibre, qui servait alors de port aux Romains, le bâtiment s'arrêta tout à coup, comme par une force surnaturelle (ou la vase). Tous les efforts du peuple ne purent parvenir à le mettre en mouvement ; il ne céda qu'à la vestale Claudia Quinta. On accusait cette jeune fille d'avoir violé son vœu de virginité. Sur le point d'être jugée et craignant d'être condamnée à la mort, elle obtint par ses prières que le peuple s'en remette pour le jugement à la déesse de Pessinonte. Elle détacha aussitôt sa ceinture, la lia à la proue du navire, et pria à haute voix la déesse de permettre au vaisseau de la suivre, s'il était vrai qu'elle soit pure et innocente. Le vaisseau, entraîné par la ceinture de la vestale, vogua aussitôt. Et tous les Romains, dans l'admiration, reconnurent à la fois et la puissance de la divinité et l'innocence de la vierge. On recommença trois journées des Jeux Romains, sept des Jeux Plébéiens.

Dans un premier temps, la pierre de Cybèle fut placée dans le temple de la Victoire situé au sud-ouest de la colline du Palatin à l'intérieur du Pomœrium, en attendant l'achèvement de son propre temple dédié le 9 avril -191 sur le Mont Palatin (la statue représentant la vestale Claudia Quinta échappa par deux fois à la fureur des flammes et fut consacrée dans le temple de la déesse Cybèle), où elle a été vénérée pendant 500 ans. Le culte fit l'objet d'une surveillance étroite jusqu'à la fin de l'époque républicaine, et les citoyens romains n'avaient pas le droit de participer au sacerdoce et aux rites (encore qu'ils aient pu participer à la fête de la déesse, les Megalesia). Les Romains l'adoptèrent en l'assimilant notamment à Cérès. Ils organisaient en son honneur, à partir du 4 avril, des jeux qui furent très populaires sous l'Empire, marqués par des représentations théâtrales sur sept jours.

 

Comme celle des autres établissements ioniens, la colonisation d'Éphèse remonte au -Xè siècle. Le site était alors occupé par les Lélèges et les Cariens et les colons se heurtèrent au culte de la déesse-mère Cybèle, culte alors dominant dans la majeure partie de l’Anatolie. Pour se concilier les populations autochtones, les Grecs optèrent pour une politique de syncrétisme en fusionnant les cultes d’Artémis et de Cybèle. Un dictionnaire biblique déclare : « Artémis présente de si étroites analogies avec Cybèle la déesse phrygienne, et avec d’autres représentations féminines de la puissance divine dans les pays d’Asie, telles que Ma de Cappadoce, Astarté ou Ashtaroth de Phénicie, Atargatis et Mylitta de Syrie, qu’on peut penser que toutes ces divinités ne sont que les variantes d’un seul et même concept religieux, qui présente quelques différences selon les pays, différences qui s’expliquent du fait que ce concept a évolué en fonction des circonstances locales et de la mentalité du pays ».

Artémis / Diane, déesse grecque de la chasse et de la nature sauvage, avait son culte dans le temple d'Éphèse, à cinquante kilomètres au sud d'Izmir (Turquie). Sur l'emplacement d'un sanctuaire très ancien (bien antérieur à l'époque de l'immigration ionique dans la région d'Éphèse, et plus ancien même que le sanctuaire de l'oracle d'Apollon à Didymes, les Amazones ayant construit l'espace sacré), un temple est bâti vers -560 par Théodore de Samos et financé par le roi Crésus de Lydie. Ses dimensions colossales (137,74 m de longueur et 71,74 m de largeur) et la richesse de sa décoration expliquent sa mention dans 16 des 24 listes des Sept merveilles du monde qui nous sont parvenues. L’origine de l’Artemísion proviendrait de l'observation de la chute d’une météorite, comprise par les contemporains d'être tombée sur terre depuis la demeure des dieux. Ainsi, Saint Paul évoque dans les Actes des Apôtres, Ch. 19, v. 35, « Citoyens d'Éphèse, qui donc dans le monde ignore que la ville d'Éphèse est la gardienne du temple de la grande Artémis et de sa statue venue du ciel ? ».

 

Les boucliers sacrés des Saliens (prêtres romains), ou anciles (en latin ancilia, « découpé des deux côtés »), sont des objets sacrés que l'on dit avoir été taillés dans une météorite. La huitième année du règne de Numa, une maladie pestilentielle, qui désolait l'Italie, exerça aussi ses ravages dans Rome. Pendant que chacun était plongé dans la douleur, le bruit se répandit qu'un bouclier d'airain (bronze) était tombé du ciel entre les mains de Numa ; on s'imagina que les dieux avaient envoyé ce bouclier pour le salut de la ville. Le roi Numa Pompilius (second des sept rois de la monarchie romaine, son règne s'étend de -715 à -673) avait trouvé dans sa demeure un bouclier d'airain surgi de nulle part, et de forme particulière, ovale avec des échancrures latérales au milieu (en termes modernes, on dirait qu'il était en forme de 8). Affirmant que ce bouclier avait une origine céleste et divine, Numa lui organisa un culte voué à Mars. L’Ancile était probablement une masse de fer tombée en 707, à peu près de la même forme que celles du Cap de Bonne-Espérance et d’Agram (Plutarque).

À peu près à la même époque, les Étrusques s’installèrent en Italie, avec également leurs pratiques divinatoires, l'Etrusca disciplina. L’augure ou haruspice est, dans la religion romaine, un prêtre chargé d'interpréter les phénomènes naturels considérés comme des présages. Les augures étaient les interprètes des volontés de Jupiter, maître des signes ; il était hors de question de partir à la guerre, de choisir l'emplacement d'un temple, de désigner un homme pour une fonction politique, sans consulter les augures. Les devins, pour prendre les présages, se tournaient vers le Nord, de manière à avoir l'orient à droite et l'occident à gauche. Les météores servaient à prendre l'augure : s'ils venaient de l'Orient, ils étaient réputés heureux ; s'ils passaient du Nord à l'Ouest, c'était tout le contraire (il passait à gauche, sinister, qui a donné le mot « sinistre »).

 

Curieusement absente des sources archaïques, la légende de Phaéton se déroule au temps de Crotopos (un des premiers rois d’Argos), tout comme apparaît à cette époque le déluge de Deucalion (selon Clément d'Alexandrie dans son Stromata), soit vers le -VIIè siècle (selon les Chronique de Paros le Déluge eut lieu en -1 528). Phaéton « Le brillant » se vanta auprès de ses camarades de son ascendance. Ceux-ci ne le croyant pas, se moquèrent de lui et lui demandèrent une preuve. C’est ainsi que Phaéton se rendit jusqu’au palais du dieu Soleil, qui lui demanda alors ce qu'il était venu chercher. Phaéton lui répondit que, d'après sa mère, le dieu Soleil serait son père et qu'il était venu demander confirmation. Hélios/Phoebus ne voulant pas renier son fils confirma les propos de Clymène et afin de prouver aux camarades de Phaéton que ce dernier était bien son fils il lui accorda un souhait. À peine ces paroles prononcées, Phaéton demanda le char de son père et le droit de conduire ses chevaux ailés pendant un jour. Le dieu du Soleil ne pouvant pas revenir sur sa promesse, fit tout pour convaincre son fils de faire un autre vœu, celui-ci étant trop dangereux. Hélios/Phoebus lui dit qu'il est le seul à pouvoir conduire son char et que même le maître de l'Olympe ne pourrait le conduire. Ensuite il lui dit que la route est très dangereuse, que le matin la pente est si raide que même lui a peur de regarder vers le bas et le soir la descente est tellement dure que Thétys elle-même se demanda comment il ne chutait pas et enfin pendant tout le chemin il ne rencontrera que des bêtes sauvages comme le Taureau, le Scorpion, le Lion ou encore le Cancer. Mais les tentatives du dieu furent un échec et Phaéton s'élança pour son voyage et comme l'avait prédit son père, il perdit le contrôle du char. Très vite les plus grandes montagnes s'enflammèrent et les fleuves se desséchèrent. « Le Nil, effrayé, s'enfuit aux confins du monde et dissimule sa source, qui est encore cachée aujourd'hui... » (Ovide, Les métamorphoses). Ne pouvant pas supporter davantage cette fournaise, la Mère Terre poussa un grand cri qui parvint jusqu'aux dieux. Zeus n’eut d’autre choix que de foudroyer Phaéton pour stopper ce chaos. Phaéton tomba en laissant une longue traînée comme une étoile filante (ou une comète) dans le fleuve Éridan qui le reçut, celui-ci éteignit les flammes et lava le corps du garçon. Hélios, hors de lui par le chagrin, se cacha le visage, laissant le monde sans sa lumière pendant une journée entière.

L’Éridan coule à l'occident du monde : êrion signifie « sépulcre, tombeau », vraisemblablement au sens de « lieu sacré »/hierón (même si le terme a été tardivement compris comme signifiant « du matin » comme dans êrigéneia, « qui nait du matin »), et danós « don, présent, offrande ». C’est donc une allégorie du soleil couchant. Le bruissement des feuilles de peupliers noirs (arbre propre à l'hémisphère boréal, il semble avoir été autrefois présent très près de la mer dans le nord) qui le bordent est comparé aux pleurs des sœurs de la divinité déchue, les Héliades, et leurs larmes à l'ambre qu'il charrie. Justement, l’Éridan est mentionné dans les écrits grecs comme une rivière riche en ambre, dans le nord de l'Europe. L'ambre, une résine fossile de conifère, rarissime en Méditerranée, était très recherché par les peuples de l'Antiquité classique (on a retrouvé dans la chambre funéraire du pharaon Toutankhamon des objets faits d'ambre de la Baltique, et l'on sait que des offrandes en ambre étaient expédiées de la mer du Nord vers le sanctuaire d'Apollon à Delphes).

Selon Pline et Timée de Tauroménion, l'explorateur grec Pythéas, qui navigua entre -350 et -320, accosta en Mer du Nord sur une île du nom d'Abalos où les habitants se chauffaient en brûlant de l'ambre, qu'ils vendaient aussi aux Teutons. Les Romains firent sous le règne d'Auguste une campagne d'exploration en allant jusqu'à remonter l'Elbe et donnèrent aux îles de la mer du Nord le nom d'îles électrides (« elektron » signifie « ambre » en grec ancien, et l'Océanide Électre personnifie les Nuages teintés d'ambre). Il semble donc que les Anciens, par pays de l'ambre, ont désigné les îles frisonnes (archipel côtier d'îles sablonneuses du nord-ouest de l'Europe, s'étendant du nord des Pays-Bas au sud du Danemark en passant par le nord-ouest de l'Allemagne, entre la mer du Nord et la mer des Wadden ; avec la côte allemande de la baie d'Heligoland - signifiant « terre sacrée », elle accueillait un sanctuaire dédié à Fosité, le dieu marin du peuple frison - elles forment la Frise). Toutefois, il semble que les villes de Kaup et Truso, en Prusse Orientale, ont été créées le long de cette route, donc la matière première devait être récoltée sur toute la côte.

La route de l'ambre est, avec la route de l'étain, l'une des plus importantes voies de commerce de l'Antiquité classique. Cette route reliait la mer Baltique à la mer Méditerranée en suivant le cours de la Vistule, de l'Elbe et du Danube. Concernant l’Elbe, les Grecs, les Celtes et les Romains nommaient le fleuve Albis (il traverse d’abord le nord de la Bohême tchèque en décrivant un grand arc, puis traverse l’Allemagne en passant en particulier par les villes actuelles de Dresde, Magdebourg et Hambourg avant de se jeter dans la Mer du Nord à Cuxhaven). Il est donc permis de penser qu’une météorite ou une comète aurait été observée, voire se serait écrasée, vers le -VIIè siècle quelque part le long de l’Elbe et qu’un lien aurait été fait avec l’ambre et sa couleur proche de celle du soleil, le mythe tardif de Phaéton faisant l’amalgame entre ces différents éléments.

Toutefois, certains estiment que le meilleur candidat à une trace concrète du mythe de Phaéton serait le groupe Kaali de 9 cratères d'impact situé à Saaremaa, en Estonie, peut-être le seul exemple connu d'un impact majeur ayant eu lieu dans une zone peuplée. Selon l'étude des sédiments au fond du lac, ces cratères ont été formés il y a plus de 4000 ans, et d'autres estimations avancent son âge à 7600 ans (âge des sphérules de silicate dans les tourbières estoniennes). Les cratères ont été formés par un météore avec une masse totale comprise entre 20 et 80 tonnes métriques, arrivant par le Nord-Est avec une vitesse d'impact estimé entre 10 et 20 km/s. À une altitude de 5-10 km, la météorite s'est brisée en morceaux et est tombée sur la Terre en fragments, le plus grand produisant un cratère d'un diamètre de 110 m et une profondeur de 22 m (le diamètre des huit petits cratères, tous moins d'un kilomètre du cratère principal, varie de 12 à 40 mètres et leur profondeur respective varie de un à quatre mètres). L'énergie d'impact d'environ 80 TJ (20 kilotonnes de TNT) est comparable à celle de l'explosion de la bombe de Nagasaki. L'explosion a retiré environ 81 000 mètres cubes de dolomite et d'autres roches et a formé un échappement de gaz extrêmement chaud de 7 à 8 km de haut, carbonisant toute végétation dans un rayon de 6 km.

L'événement figurait en bonne place dans la mythologie régionale, et le lac Kaali était, et est toujours, considéré comme un lac sacré (d’où son autre nom de « Puha Jarv » ; il existe même des preuves archéologiques indiquant qu'il peut avoir été un lieu de sacrifice rituel : à un certain moment au cours de l'Âge du Fer, le lac fut entouré par un mur de pierre de 470 mètres de long, avec une largeur moyenne de 2,5 mètres environ et d'une hauteur moyenne de 2,0 mètres). Selon la mythologie finlandaise (runes 47, 48 et 49 du Kalevala), Louhi, le sorcier maléfique, vola au peuple le soleil et le feu, provoquant l'obscurité totale. Ukko, le dieu du ciel, ordonna qu’un nouveau soleil soit fait à partir d'une étincelle. La vierge de l'air commença à faire un nouveau soleil, mais l'étincelle tomba du ciel et frappa le sol. Cette étincelle alla à un lac « Aluen » ou « Kalevan » et provoqua la hausse de ses eaux. Les héros finlandais virent la boule de feu tomber quelque part « derrière la rivière Neva » (la direction de l'Estonie à partir de la Carélie). Les héros prirent cette direction pour chercher le feu, et ils ont finalement récupéré les flammes d'un feu de forêt. Selon une théorie, il est possible que Saaremaa était la légendaire île de Thulé, d'abord mentionnée par le géographe grec Pythéas, sachant que le nom de « Thulé » peut être relié au mot finnois tule signifiant « (de) feu » et au folklore de l'Estonie, qui dépeint la naissance du lac de cratère de Kaali (d’ailleurs considéré comme le lieu où « le soleil se coucha »).

Si certaines études évaluent l’âge des cratères Kaali à -700, ce qui correspond à l’apparition de la légende de Phaéton dans le corpus mythologique grec, il n’est de toute façon pas impossible que des évènements différents aient été intégrés en un seul mythe.

 

 

Les Chinois et les Japonais notaient avec beaucoup d’exactitude toutes les circonstances relatives à l’apparition de ces singuliers phénomènes. Ils avaient remarqué que les pierres tombent quelquefois par un temps parfaitement serein. Ils comparaient les détonations qu’elles font entendre à celles du tonnerre, au bruit d’un mur qui s’écroule, au mugissement d’un bœuf, et le sifflement qui accompagne leur chute au bruissement des ailes des oies sauvages ou d’une étoffe qu’on déchire. Selon eux, les pierres sont toujours brûlantes au moment où elles atteignent le sol, leur surface extérieure est noire, quelques-unes résonnent comme des substances métalliques quand on les frappe. Le nom qu’ils leur donnent veut dire étoiles tombantes changées en pierres.

Les Chinois croyaient que les apparitions des aérolithes étaient liées aux événements contemporains, et c’est pour cela qu’ils en formaient des catalogues. Ainsi, la pluie d'étoiles filantes du 22 avril -687, fut consignée dans le Zuo Zhuan (chronique de l'État de Lu de -722 à -480), qui la décrit ainsi : « En ce jour d'été du xīn-mǎo du 4è mois de la 7è année du roi Zhuang de Lu, à la tombée de la nuit, les étoiles fixes sont invisibles, à minuit, les étoiles tombèrent comme la pluie ».

Les Lyrides désignent un important essaim d'étoiles filantes (on compte généralement entre 5 et 20 météores par heure, en moyenne 10) qui débute le 16 avril et finit l

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